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Je n'aime pas South Park, ni la série, ni le film, alors j'y suis allé seulement pour comparer les marionnettes du fil de la vie danoises et les américaines. Quelle claque ! Dès la première image, on est inquiet et choqué, et on sait que ce ne sera pas un film consensuel à la 15ème seconde, on rentre dans un labyrinthe fait pour choquer et interroger. Ne manquez pas le pavage parisien dans la première scène. D'ailleurs, il ne faut pas rater grand-chose, tout est bon. Une maîtrise du script mélangeant "Usual Suspect" et "Y-a t'il un pilote dans l'avion", une intelligence de scénario qui résume tout ce qu'un intellectuel peut penser d'Hollywood, de Bush, et du niveau de réflexion des descendants de garçons vachers. Tout comme une critique de l'adulescence à la mode, avec le détournement des séries TV de notre enfance. Une vraie camouflet américain, qu'aucun européen n'aurait osé faire ! C'est méchant, très drôle, très rythmé (quand ça ne l'est pas, c'est pour mieux souligner les rouages psychologique à un Euro des films made in America). Rien n'est laissé au hasard. C'est en fait un sacré boulot. D'une ironie que l'on a jamais vue à ce point méchante dans un film. Certaines scènes remettent en cause le fonctionnement même du divertissement en partant du concept de la marionnette. La scène du vomi est exemplaire de cette manière de nous distancier intellectuellement, sans pour autant que notre esprit parvienne totalement à maîtriser notre estomac ! La scène a fait exploser de rire la salle, et ce n'est pas la seule. On est loin des pitreries de certains film de Stiller (excepté "Zoolander"), tout est réfléchi et pas forcément de mauvais goût. Dans le générique de fin, on peut lire que les acteurs ont refusé que leur nom soit associé aux marionnettes, on peut le comprendre, et ça donne une raison supplémentaire d'être d'accord avec le raisonnement du film. La chanson sur Michael Bay et "Pearl Harbour" est d'ailleurs ultra drôle, comme la caricature au quatrième degré de Matt Damon (déjà faite dans "Ocean's Twelve"). C'est l'anti Soderbergh, pas de classe ni de consensus, pour mieux dénoncer le vide intersidéral de la pensée machiste ou gauchiste de l'Amérique d'aujourd'hui. Une remarque sur le 11 septembre et les capacités d'Al Quaïda à les perpétrer ne manque pas de sel. Tout comme la scène du canal de Panama donne un moment extraordinaire de mal à l'aise même avec des marionnettes (non voulu, le tsunami est arrivé après). Plus fort que le dessin animé ou l'image de synthèse. L'humour général sera plus accessible aux personnes de culture TV et ciné, mais aussi masculine, ceux qui ne riront pas à la vue d'une Lamborghini Diablo Limo perdront un bon quart de l'humour du film. Par contre, ce n'est définitivement pas pour les enfants ! Bizarre que personne n'en parle, ne le ratez pas, et en VO obligatoirement.
Ajoutée le 06 févr. à 00h06 Signaler un abus
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