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Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
françois ozon signe encore une fois un film intense, vrai, et bouleversant. ce drame est d'une beauté époustouflante qui vous hantera longtemps. melvil poupaud signe quant à lui sa meilleure performance, restée injustement ignorée aux césars.
Il navait dyeux que pour elles, maintenant cest au tour de lui. Lui cest Romain, premier personnage masculin central dans la filmo d'Ozon qui tourne vraisemblablement beaucoup et vraisemblablement de meilleur en meilleur. Romain cest à première vue un mec pressé qui pose son regard uniquement sur lui-même et sur son numérique par pur mépris pour les collègues et la famille. Atteint dun cancer généralisé, les risques den sortir sont faibles mais il y a une lueur de guérison. Romain sy soustrait et se condamne. La première sortie en extérieur, avec le poids de la mort sur la conscience, lève son regard regretté sur des petites choses devenues impressionnantes : les nonchalants allongés sur les jardins publics, les minets des sous-sols sadomaso de boîtes gay, les gosses soucieux de rien sur les balançoires Romain récupère la parole autour de lui, pas de la manière délicate pour ce personnage bourru, il règle ses comptes dans cette irréversibilité coupable dun tracas maladif mais aussi libérateur, à côté du choix de ne mettre presque personne au parfum de sa pénitence. Son corps se ternit et la souffrance le poignarde, son appareil photo dans les mains est la mémoire du deuil quil marque dinstants précieux et de preuves de rédemption. Pour Le temps qui reste Romain retrouve, dans son reflet, le visage de lenfant quil était ou dans les lieux de souvenirs et de leçons, la première marquante sur la mort dun lapin. Le film est triste, pas le genre de cobaye pour kleenex mais une sensibilité déplaisante qui fiche le spectateur aux pupilles brûlées dans un mal ambigu. Ozon offre aussi quelque chose de beau pour briser des tabous, la dernière image mémorable du coucher de soleil sur une âme soignée, une vie remerciée, un corps inerte sur la plage.
Autant Ozon est désastreux quand il joue dans le registre comédie autant il est plutôt juste dans la tragédie. Le traitement du sujet, et notamment l'absence de spectaculaire dans les choix de vie de Romain pour les quelques semaines qui lui restent à vivre, me semblent un parti-pris judicieux. La faille majeure réside dans cette invraisemblable histoire d'enfant "station-service" à trois qui donne au film un coté fantasme pédé assez pénible. Il y a à la fois une juste distance qui permet de ne pas tomber dans le pathos, à la fois une trop grande distance qui permet de ne pas être vraiment en empathie avec Romain. En résumé c'est plutôt un bon film (avec un Melvil Poupaud squelettique hallucinant) mais il manque quelque chose pour que ce soit un vrai bon film.
Ce film est un chef d'oeuvre. C'est une oeuvre si simple et si compliquée à la fois.Une oeuvre tellement réaliste,bouleversante.Une bénédiction.Ozon en état de grâce
C'est sûr le style d'Ozon est spécial, et dans "Le temps qui reste" franchement dérangeant, limite choquant pour les spectateurs non avertis... Mais ce film est avant tout boulversant. On essaie de comprendre les réactions d'un personnage qui sont à juste titre fort déroutantes compte tenu du peu de temps qu'il lui reste. Il faut se contenter d'un rayon de soleil comme unique lueur d'espoir. Poignant.
Voici un film magnifique et magistralement interprété. C'est beau, émouvant et Melvil Poupaud est criant de vérité. Ozon porte un regard cru et réaliste sur le mal-être d'un homme qui se sait condamné sans pour autant jouer sur la corde de l'appitoiement. Une réussite !
Melvil Poupaud est magnifique et au début, vraiment beau. Il joue bien. J'avais détesté 8 Femmes tellement j'avais trouvé que les actrices, et en particulier Virginie Ledoyen, jouaient mal, mais là, j'ai trouvé que c'était un beau film. D'accord, on peut lui reprocher son côté un peu poussif, et rempli de bons sentiments, mais ça m'a touchée. Je ne voulais pas le voir et on m'y a emmenée, et j'ai beaucoup aimé !
Très beau film, beau dans le sens si bien interprété et magnifiquement bien filmé jusqu'à la dernière seconde. On se laisse emporter et on arrive à la fin sans s'en rendre compte.
OZON a fait mieux que ce petit film sans surprises qu'on a l'impression d'avoir vu mille fois. Les acteurs sont excellents et le film comporte quelques scènes réussies par ci par là (celles avec Valeria BRUNI TEDESCHI notamment).
Merci François Ozon de nous offrir de beaux films tels que Le Temps Qui Reste. Ce film narre le parcours de Romain, un jeune homme de 30 ans qui est atteint d'un cancer généralisé et qui n'a plus que quelques mois à vivre. C'est alors que nous le suivons dans ses relations de famille ( l'amour pour sa grand mère, la haine puis la réconciliation avec sa soeur, etc...) et dans sa recherche de lui même. Le film de Ozon est lent, pure et possède la beauté d'un diamant. Melvil Poupaud est génial dans le rôle de Romain, tout comme l'est Jeanne Moreau dans le rôle de la grand mère. La musique d'Arvö Part ( hommage à Gerry ? En tout cas, il s'agit bien des derniers jours du protagoniste comme dans le film de Gus Van Sant ) distille subtilement l'émotion et les images sont belles, très belles même, et calmes de surcroît. Je pensais avoir vu avec Huit Femmes le chef d'oeuvre de François Ozon, mais je m'étais trompé: Le Temps qui reste tient également du chef d'oeuvre, en tout cas il en a la force...
Comme d'habitude avec François Ozon, Le Temps Qui Reste est un film magnifique sur les derniers mois d'un photographe atteint d'un cancer incurable... Dans la droite lignée de Cinq Fois Deux où le pathos n'était pas grotesque mais simplement silencieux et douloureux, Ozon dirige Melvil Poupaud (dont la transformation physique est impressionante) et Valeria Bruni Tedeschi avec une rare maestria. Encore une fois, Ozon a frappé en plein coeur !
Quel beau film ! Melvil Poupaud est magnifique, il trouve enfin un rôle à la mesure de son grand talent. La caméra et les dialogues de François Ozon sont sans complaisance aucune et montrent superbement le parcours intérieur du héros (mais s'agit-il d'un héros?). On peut simplement regretter que le personnage de Jeanne Moreau ne soit pas plus à l'écran. L'émotion est présente du début du film jusqu'à la scène finale, finale et définitive..
Melvil Poupaud grandiose... Un film sur un sujet pas facile, qui aurait vite pu tomber dans le sentimentalisme et le larmoiement à deux euros, mais qui nous prend à contre pied... L'homme solde sa vie, comme il peut, comme il est... Sa personnalité détestable et pourtant si touchante nous met à distance du film, si bien que lorsqu'il meurt (ou pas? la scene de la plage est très allégorique), on ne ressens pas grand chose, si ce n'est un soulagement pour le personnage... Un film doux amer, qui commence à me faire apprécier Ozon.
Certes la réalisation est encore une fois superbe. Cependant François Ozon est loin du sublime 5X2 et de Swimming Pool. La faute ? Un personnage loin d'etre sympathique et vraiment pas attachant dont on a alors du mal à s'y identifier et à s'y intéresser. L'excellent Melvil Poupaud signe une belle prestation mais c'est son personnage dont on se fout un peu. Ozon parle encore de l'homosexualité (il serait peut-etre temps qu'il change un peu de registre) et de la famille avec quelques touches très émouvantes notamment lors de la belle et poigante confrontation Poupaud-Daniel Duval. Ozon aborde le theme de la mort de façon paisible sans jamais pour autant tomber dans le mélodrame. Le final n'est pas sans rappeler celui de son précédent film, sans toutefois en retrouver la force, la beauté et l'originalité. On ne sent pas vraiment d'évolution dans le parcours initiatique limité du personnage de Romain. Le personnage est si méprisant que le spectateur n'est pas aussi ému que le laissait présager une telle histoire. La prestation de Jeanne Moreau n'a rien d'exceptionnel et la partie avec Valeria Bruni-Tedeschi est ridicule, comme si le réalisateur avait cherché une intrigue permettant à son film de dépasser une heure. Réussite technique irréprochable (mais cela fait longtemps qu'Ozon n'a plus rien à prouver quant à sa maitrise de la caméra), « Le temps qui reste » est un film assez superficiel, au personnage principal vraiment pas attachant et qui ne touche que rarement le spectateur.
Sur un sujet délicat, François Ozon continue son exploration des sentiments humains avec une certaine acuité psychologique et un grand sens de l'économie. Dans la lignée de "Sous le sable" et de "5x2", ce nouvel opus traite d'un sujet casse-gueule pouvant entraîner une surenchère dans l'émotion. Pourtant, le cinéaste choisit plutôt de suivre le parcours d'un personnage assez antipathique et qui le reste pendant longtemps. Mais, face à la mort programmée celui-ci se réconcilie avec la vie et la nature, à défaut de se réconcilier avec ses proches. Le cinéaste préfère la sobriété et évite les grandes effusions sentimentales au profit d'une émotion plus sourde et souterraine qui finit par ressurgir dans une magnifique scène finale, très poétique. C'est le troisième film du cinéaste qui se termine ainsi sur une plage, lieu du chaos, mais aussi de la sérénité retrouvée. L'interprétation est parfaite et l'ensemble est vraiment maîtrisé. Par contre, il faut être prévenu : ce n'est pas le genre de film à voir un soir de déprime. Magnifique, tout simplement.