OH, la belle arnaque. Je ne sais pas ce qui est passé par la tête de la presse fantastique française qui a encensé ce naveton.
Si la rencontre avec le "double" est plutot efficace, les tics du réalisateur qui abuse des mêmes effets à répétition agaçent très vite. Il sature la bande son d'effets sonores aussi bruyants qu'inutiles, il pallie au manque de moyens en faisant gigoter sa caméra (la scène du temps, risible). La photo est correcte sans toutefois être originale : encore des filtres bleus-verts poussiéreux... Le réal filme l'actrice de près, de loin, caméra à l'épaule en s'approchant, puis en s'éloignant... Il s'amuse certainement comme un petit fou à trouver de nouveaux angles dans la maison hantée, mais tout ça n'a aucun sens cinématographiquement. Mettre des effets partout et tout le temps, ça revient à les désamorcer quand ils sont réellement importants. Sans oublier un montage désastreux quand il s'agit de construire deux actions en parallèle.
Le scénario ensuite, est d'une bêtise consternante. En tant que fan du genre fantastique, je peux laisser passer une invraisemblance, puis deux, puis trois... Mais à la quinzième connerie de suite, j'abdique. La fin du film est à ce titre un véritable foutage de gueule. Il n'y a aucune justification à aucun des actes, rien ne fait sens, et surtout, tout ça ne veut RIEN DIRE. Angoisse de la mort ? Traumatisme du "cercle" familial ? On ne sait pas. De la même manière qu'il saupoudre sa mise en scène d'effets inutiles, le réalisateur ne parvient qu'a injecter des bribes scénaristiques, le tout au dernier moment, car il faut bien faire semblant d'avoir raconté une histoire pendant une heure trente.
Le cinéma fantastique espagnol, si je m'en tiens au derniers exemples que j'ai vus (Fragile et Abandoned) est sérieusement en train de se mordre la queue, à l'image du plus mauvais cinéma horrifique japonais, comme l'affreux Ju-on.
Allez, je retourne voir le Labyrinthe de Pan, vive le Mexique.