Le Cauchemar de Darwin
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Note moyenne :   3,6 pour 2 054 notes dont 222 critiques  | 
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Rémi M.

1 abonné | Lire ses 12 critiques |

  5 - Chef d'oeuvre

Et pendant ce temps, au bord d'un lac infesté de perches voraces, les Tanzaniens, eux, continuent comme si de rien n'était à crever en silence. Même la tête de perche crevée est devenue inabordable...

hpjvswzm5

13 abonnés | Lire ses 253 critiques |

  3 - Pas mal

Ça commence par un début où je fais la gueule car on me montre un mec dans une tour de contrôle écraser des abeilles sur les vitres. Hum... Oui et? Ça sert à quoi? Bon sinon le fait que le film soit posé n'est pas une mauvaise chose, au moins ça cherche pas à vous gueuler son message si fort que vous le sentirez résonner dans vos oreilles. Au moins on nous amène le sujet de façon plus posée à travers la population et si je mets une note correcte c'est parce qu'il se dégage une certaine beauté de ces scènes-là, sans musique pourrie pour nous faire pleurer ou réagir comme tout bon documentaire bien réac' et bien débile. Bon après c'est tout, au bout d'un moment ça commence à sérieusement tourner en rond, le film est trop long et un peu misérabiliste. Surtout que tout ce qu'il dit est clairement discutable. De plus, c'est pas très bien foutu, bricolé quoi (comme si on voulait apporter de l'authenticité à ce qu'on montre, moui bof). Mais bon, disons que c'est ni bon ni mauvais, mieux que des documentaires nanardisants mais se foutant un peu de son sujet en fait et alignant pas mal de clichés. Ça se laisse simplement regarder mais ne provoque pas grand chose. Bref, pas de quoi en faire un foin.


cylon86

79 abonnés | Lire ses 2279 critiques |

  3 - Pas mal

"Le cauchemar de Darwin" c'est aussi celui de l'humanité, Hubert Sauper nous montre la dure réalité de la Tanzanie et plus généralement de l'Afrique qui fait profiter l'Europe. Ça commence par l'introduction de la perche du Nil dans le lac Victoria, causant la disparition de toutes les autres espèces. A partir de là, des avions ne cessent d'aller et venir pour ramener les perches du Nil en Europe mais amènent également des armes dans un pays rongé par la misère et la maladie. Les images et les témoignages parlent d'eux-même, faisant froid dans le dos. Les personnages sont conscients de leur misère mais continuent de vivre quand même. Des femmes prostituées aux pêcheurs qui meurent souvent en passant par les enfants des rues qui sniffent de la colle, les pilotes russes et le curé du village dont la religion interdit de conseiller aux hommes de porter des préservatifs malgré les maladies. Le film est long et comporte quelques séquences de trop mais explique sans trop de lourdeurs une situation qui ne cesse de se dégrader et dont tout le monde se fiche. Parmi les images du film on retiendra surtout celle d'une jeune fille qui se prostitue et qui chante avec mélancolie une chanson de son pays ou encore celle d'un gardien de nuit défendant un bâtiment seulement armé d'un arc et de flèches empoisonnées. Glaçant.

cioran53

0 abonné | Lire ses 86 critiques |

  4 - Très bien

Le voyage à la poissonnerie est toujours un dépaysement total. Odeur et couleurs se mêlent à des noms de poissons exotiques. Parfois, une tête décorative semble vous accuser de dévorer ses congénères. Parfois, des crabes et autres crustacés au fond d’un aquarium avancent comme vous pensez déjà au festin qu’ils composeront, quand ils seront ébouillantés vivants. Au milieu de ces papillotes de couleurs, un nom prend une importance non négligeable : la perche du Nil. Filet dont la seule vision vous transporte sur les traces du docteur Livingstone, bravant cannibales, jungle hostile et animaux sauvages. Mais le film d’Hubert Sauper est là pour replacer la triste réalité. Tous ces clichés sur les sources du Nil sont bien éculés. Et de nature, il en reste peu dans la région des grands lacs. Par une démonstration édifiante, le réalisateur passe à la moulinette de sa caméra la géopolitique régionale. Ou comment un poisson est devenu la plaque tournante du commerce de la mort. Car cette fameuse perche n’est pas une espèce endogène. Elle fut introduite « par mégarde » et par des scientifiques occidentaux, dans les années 60, dans les eaux du lac Victoria, berceau de l’humanité. Petit à petit, ces horribles poissons – un mélange de Guy Carlier pour le regard et de Sim pour le design – ont détruit toute sa faune. Pour le plus grand bonheur de notre palais, puisque 500 tonnes de ce poisson sont exportée chaque jour dans des avions pilotés par des Russes bourrés. Pour le plus grand malheur des habitants locaux, qui continuent à mourir de faim. Pour le plus grand danger de tous, tant le déséquilibre du lac pourrait avoir des conséquences sur l’écosystème de l’Afrique centrale, et par conséquent sur le monde entier. Hubert Sauper, en dressant le portrait croisé de ces Russes, Tanzaniens, Indiens et autres conseillers du FMI, touche là où ça fait mal. De la mondialisation déraisonnée aux conflits africains (ceux qui arrangent beaucoup de monde) en passant par le dérèglement écologique, il parvient avec cette perche tendue vers chacun de nous à expliquer l’inexplicable. La fable du poisson qui se transforme en kalachnikov.

stillpop

25 abonnés | Lire ses 1444 critiques |

  3 - Pas mal

On y va alléché par le résumé, fort de quelques secrets d'actualité et on ressort estomaqué mais déçus. Le reportage ne choisit pas vraiment le côté scientifique ou économique de l'intrigue. Ils essayent de faire des recoupements par interviews de personnes qui risquent de perdre leurs jobs (si on peut appeler ça comme ça) donc c'est assez peu fiable. Il s'agit plutôt d'une promenade éprouvante, un cliché à un instant T de plusieurs protagonistes de plusieurs pays pendant un mois ou deux autour d'une pêcherie du lac. Le gamin Tanzanien qui sniffe les déchets chauffés d'emballages de poissons destinés à l'Europe. Le "riche" exploiteur indien qui fait tourner une usine dernier cri pour balancer 500 tonnes quotidiennes de Perche du Nil au Japon et aux européens. Poisson dont les filets ne touchent jamais le sol ou la langue d'un Tanzanien ! Toute la lourde démonstration selon laquelle le pays est en famine alors qu'il exporte suffisamment de poissons pour nourrir 20 Tanzanies pour les 50 ans à venir est un peu surannée. Depuis 100 ans, toutes les politiques économiques ou coloniales ont toujours consisté à affamer un pays pour produire des produits qui ne leurs sont pas destinés, le meilleur exemple restant pour longtemps le coton, cause de sécheresse et de disparition de terres cultivables pour les autochtones, sauf que l'Inde s'en est sortie, elle. Donc on n'apprend pas grand chose. Le problème de fond de l'Afrique Noire est toujours là. Et le documentaire ne fait qu'effleurer la contradiction. Pourquoi ce pays est incapable de sortir de la corruption, de la famine, du sous-emploi et de toutes les autres calamités de la politique économique actuelle (VIH compris) alors que les indiens, les asiatiques et dans une moindre mesure les pays arabes pétroliers ont réussi ? C'est le grand mystère, et ce n'est pas l'évocation du trafic d'armes organisé par les européens qui va expliquer le phénomène. Les indiens se sont débarrassés des envahisseurs sans un seul coup de feu. Bref, c'est dommage, cette manière de travailler ne fait qu'effleurer, ne donne aucune clé fiable, et est surtout un peu trop "humaniste". Les vrais problèmes sont des problèmes de responsabilité et ce n'est pas en ayant un regard misérabiliste que l'on les résoudra. Car de l'ukrainien trafiquant d'arme malgré lui à la prostituée d'aéroport en passant par le philosophe instituteur devenu pêcheur de Perche, on a le droit à toute la panoplie de déracinés qui survivent. Quoique le mérite de ce docu par ailleurs bien tourné, c'est de montrer qu'il ne s'agit même plus de survie. On a l'impression d'être face à des Zombies, des morts vivants qui s'accrochent parce que quelque chose leur fait peur. Ce n'est pas l'espoir qui les maintient en tout cas puisque aucun n'a l'espoir de vivre une vie normale avant longtemps. C'est indéfinissable, mais c'est impressionnant. Ensuite, il y a aussi les prises de vues dérangeantes, comme l'œil unique d'une femme, des asticots sur les poissons et les pieds des personnes travaillant dans une "manufacture" de déchets destinés à la consommation interne. Et le pire est évidemment cette scène où les gosses de rue shootés à la colle se battent comme des chiens pour attraper des miettes de riz en en renversant la moitié alors qu'un improbable samaritain avait essayé de faire une distribution équitable. Le bonus, c'est ce gardien de nuit avec ses flèches empoisonnées, son regard et son sourire sont terrifiants, tout comme son discours très simple, clair et pas idiot. Les réalisateurs lui donnent un sacré temps de présence et ils ont raison, c'est la vedette incontestable du film face à l'angélisme puéril des réalisateurs. Quand au soit-disant complot scientifique pour introduire une espèce prédatrice dans un élevage de luxe, sans preuves, l'hypothèse est un peu "conspirationiste", car l'écrevisse rouge ne sert à rien dans nos rivières française, et c'est juste un accident. Le capitalisme n'est sûrement pas encore assez structuré pour imaginer faire les choses aussi bien. Par contre, quand on voit qui sont les chefs et qui sont les ouvriers, on se dit que les structures du capitalismes sont décidément bien distribuées dans le temps et l'espace ! Des fois, on se demande si le mieux à faire ne serait pas de fermer les frontières de toute l'Afrique noire, qu'elle réapprenne à cultiver ses terres et chasser son gibier ou pêcher son poisson. Et que dans le même temps l'Occident n'ait plus du tout accès à leurs ressources (évidemment !). Puisque aucune autre solution ne fonctionne depuis 50 ans d'aide humanitaire et d'exploitation autre qu'esclavagiste.

PanzerFaust

0 abonné | Lire ses 34 critiques |

  5 - Chef d'oeuvre

Effrayant déroutant, acide exposant des réalité crues et totalement absurde. En voyant tout j ai peine à croire que nous sommes en pleine évolution.

loeil38

10 abonnés | Lire ses 486 critiques |

  5 - Chef d'oeuvre

à voir absolument ce documentaire est hallucinant c'est choquant de voir le profit de l'europe envers ce pays des tonnes de poisson parte chaque jour vers l'europe alors que leur pays crève la dale (pauvre monde c'est toujours la mème chose l'argent et le profit qui détruit les plus faibles) perso je ne connaissais pas l'histoire de ce lac en tanzanie heureusement que des reportages comme celui là existe pour nous montrer ce que d'otre nous cache

13 m2

28 abonnés | Lire ses 2078 critiques |

  4 - Très bien

Presque culte, vous n’avez aucune excuse si vous ne l’avez pas vu !

Zoumir

6 abonnés | Lire ses 520 critiques |

  4 - Très bien

Encensé avant de voir son authenticité remise en question, mettons de côté la polémique. Ce documentaire coup de poing vous reste en travers de la gorge et trouve sa force bien sur dans son sujet mais aussi dans la promiscuité de tous les maux qui ballotent le lac Victoria: désastre écologique, famine, pauvreté, exploitation, abandon, trafic d'armes. Malgré la remise en cause de certains aspects, on ne peut qu'être désolé pour ces villages de pêcheurs détruits par la mondialisation abusive et ce besoin toujours plus présent de profits pharaoniques. Et pourtant, nous voyons malgré tout des gens sourires et prendre leur mal en patience, parfois comme un excès d'optimisme, trop souvent car c'est pour eux une fatalité. Le cauchemar de Darwin reste malgré l'ambiguité de ces faits un documentaire qui vous prends à la gorge pour vous faire détester votre propre espèce qui balaie tout sur son passage. Pas si différente de cette perche du Nil en somme.

caltadetiped

1 abonné | Lire ses 48 critiques |

  5 - Chef d'oeuvre

Reportage choc, à voir et faire voir absolument

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