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Première scène du film : une jeune femme pleure à l’arrière d’un taxi puis convainc la femme qui le conduit de la laisser l’accompagner en Jordanie. Durée : 9 minutes. 1 plan fixe. Deuxième scène : les deux femmes passent la frontière. Durée : 7 minutes. 1 plan. Mais là au moins la caméra bouge un minimum. Troisième scène : un interminable flash-back de 8 minutes en surimpression, aussi laid que lourd. Tout le film est comme ça. Faussement naturaliste et lourdingue. Amos Gitaï transforme tous ses personnages et toutes ses séquences en métaphores ou en paraboles pachydermiques. La seule chose à sauver se sont les trois actrices du film qui parviennent à donner de la consistance à leurs personnages. La fin est particulièrement caractéristique du film dans son ensemble. Le cinéaste semble se rendre compte qu’il trimballe le spectateur depuis 1h30 et qu’il est temps de finir son film. Il fait alors une chose que je DETESTE au cinéma, il largue ses persos au milieu de nulle part en ne résolvant aucun des enjeux qu’il a posé au cours de son histoire. Passe encore pour les enjeux matériels. On peut voir les 30.000 $ que cherche Hanna Laslo comme une sorte de McGuffin. Quant au fils disparu de Hiam Abbass, c’est un alibi comme un autre pour qu’elle reste dans le taxi. Mais aucun enjeu humain n’est résolu non plus. On a droit à la place à une conclusion aussi lourdement métaphorique que tout ce qui a précédé. On a donc le personnage israélien et le personnage palestinien dans le taxi, espace exigu où les deux doivent cohabiter. Ils s’engueulent, il fait jour. Cut. Ils s’engueulent toujours, il fait nuit. Subtil, non ? Quant au personnage de Portman c’est encore mieux, elle sort du taxi et part en courant. Où va-t-elle ? Que lui arrive-t-il ? On ne le saura jamais et apparemment on s’en fout. Gitaï nous balade donc au final durant 90 minutes pour nous expliquer que si Palestiniens et Israéliens se parlaient au lieu de se mettre sur la gueule il y aurait une meilleure ambiance dans la région. Bref l’amour c’est beau et la guerre c’est pas bien.
Ajoutée le 10 juin 2012 à 16h04
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