Les Enfants de Belle Ville
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Cadreum
Cadreum

61 abonnés 784 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 avril 2026
Akbar a dix-huit ans. Ce simple chiffre le fait basculer d’un centre pour mineurs vers la prison pour adultes, et vers l’exécution pour un meurtre commis à seize ans. Son ami Ala tente alors l’impossible : obtenir du père de la victime un pardon monnayé, selon le principe du « prix du sang ». Le film pourrait être un plaidoyer contre la peine de mort. Il ne l’est pas frontalement. Il pourrait être un mélodrame sacrificiel. Il ne cède pas à cette tentation. Farhadi pose plutôt une question plus inconfortable : que devient la valeur d’une vie lorsque la justice elle-même se négocie ?

La première intuition de mise en scène tient dans le traitement de l’espace carcéral. La prison n’est pas un enfer. C'est un lieu ordinaire qui n'est pas son sujet, mais cette banalité produit un effet plus troublant que n’importe quelle surdramatisation : l'horreur n’explose pas, elle progresse à date fixe. Cette banalité procédurale rend l’exécution plus glaçante encore. Puis le récit se déploie dans la ville, au rythme des démarches d’Ala. Chaque porte frappée, chaque discussion, chaque attente dessine une cartographie de la pression sociale. Plus il avance, plus la solution semble s’éloigner.

Au cœur du film se trouve la loi du Talion. Mais Farhadi ne la filme ni comme une barbarie archaïque ni comme une simple règle religieuse. Le pardon est possible, mais il a un coût (le double de la vie d'une femme). La vie d’Akbar devient un objet de transaction. On parle chiffres, délais, modalités de paiement. Ce déplacement du tragique vers l’économie est glaçant. Non parce qu’il serait cynique mais parce qu’il est rationnel. Le système prévoit la vengeance, la clémence, la compensation. Tout est encadré. Et pourtant, rien ne résout la douleur du père ni l’angoisse d’Akbar.

Farhadi orchestre, ce que l'on pourrait appeler, une guerre du bien contre le bien. Le père endeuillé n’est pas un monstre mais un homme qui tient à la mémoire de sa fille. Ala n’est pas un saint ; son acharnement à sauver son ami frôle parfois la manipulation. Personne ne ment par pure perversité, chacun défend une vérité partielle. La mise en scène épouse cette complexité par une grande retenue formelle. Plans moyens, cadres resserrés, visages filmés à hauteur d’homme.

La relation entre Ala et Firoozeh introduit une ligne mélodramatique que le film traite avec prudence. Elle pourrait devenir un refuge sentimental. Elle ne l’est jamais totalement. Firoozeh aspire à une forme d’émancipation mais elle demeure prise dans des obligations familiales et économiques. L’amour existe dans les regards, dans quelques gestes mais il se heurte sans cesse au poids des contraintes qui les excèdent.

Déjà, Farhadi nous place dans une position inconfortable. Nous comprenons le père, nous espérons pour le condamné, nous admirons la ténacité d’Ala puis nous doutons de ses méthodes. Les Enfants de Belle Ville n’est peut-être pas encore l’architecture implacable d’Une séparation mais on y sent déjà toute sa conviction.
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 427 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 janvier 2023
Le grand succès public et critique de " une séparation " ours d'or à Berlin ( 2011), à permis de tourner le regard en direction des opus précédents de A. Farhadi, cineaste iranien de premier ordre.

" les enfants de Belle ville " ( ce sont les enfants délinquants qu'évoque le titre, Belle ville étant le nom du quartier ou se trouve le centre de rétention), propose une critique de la peine de mort mais aussi une réflexion sur le pardon, l'amour, la compassion et le don de soi.

Farhadi se tire à merveille de ce foisonnement thématique à partir d'un scénario parfaitement agencé dont la qualité sera par la suite sa marque de fabrique.

Un jeune homme cherche à obtenir le pardon de la famille de la victime d'un de ses co détenu devenu majeur qui sans cela va être exécuté.

La conclusion sera laissée au spectateur dans ce film d'une grande maîtrise.

" les enfants..." se situe dans l'univers des familles pauvres et démunies, registre dont Farhadi s'éloignera dès son film suivant " la fête du feu".
Raphaëlle Gr
Raphaëlle Gr

2 abonnés 57 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 septembre 2022
Coup de cœur : « Les enfants de Belle Ville », second film d’Asghar Farhadi, sorti en 2004.

Ne vous fiez pas à son titre banal (la version anglaise ne remonte pas le niveau : « Beautiful city »), ce film est magnifique !

Le jour de sa majorité, Akbar pleure devant ses compagnons de prison. Il a été incarcéré pour avoir tué une jeune fille dont il était follement amoureux, une histoire à la Roméo et Juliette, ils voulaient se tuer ensemble… Pour éviter la peine de mort de son ami, Ala retrouve Firouzeh, la sœur d’Akbar, ensemble ils vont se rendre chaque jour au domicile du père de la morte pour le supplier de retirer sa plainte…

Nombreuses sont les questions de société abordées dans ce film, peine de mort, mariage arrangé, lois basées sur la religion dont une dont j’ignorais l’existence : celle du prix du sang.
Un scénario extrêmement intelligent, où chaque personnage détient une complexité, une humanité, on s’attache à tous sans exception… Comment alors prendre parti si chacun possède un intérêt compréhensible ?

Quelques maladresses vers la fin du film, le rythme s’étiole un peu et la fin m’a déçue. Malgré tout je me risque à qualifier ce que j’ai vu de grand cinéma !

Et j’ai découvert des acteurs sensationnels : la belle Taraneh Alidoosti, l’émouvant Faramarz Gharibian, et le jeune Babak Ansari.
soulman
soulman

140 abonnés 1 404 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 septembre 2016
Beau film d'un cinéaste qui a aujourd'hui le vent en poupe. Une histoire simple, non dénuée de redites, mais bien narrée et, surtout, magnifiquement interprétée.
DaeHanMinGuk
DaeHanMinGuk

231 abonnés 2 457 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 mars 2016
Ce film a été réalisé par Asghar Farhadi en 2004, bien avant la consécration mondiale de son dernier film sorti chez nous : « Une Séparation » mais il a pu sortir chez nous grâce au succès de celui-ci.
J’aime ce Cinéma iranien à message : après « Une Séparation » qui évoquait le divorce, il s’agit ici de traiter de la peine de mort et, dans chaque film, avec une critique en règle des incohérences de la religion et de l’état. Étonnamment, il y a une certaine similitude entre la justice iranienne et la justice américaine : toutes les deux sont des justices de nantis où l’argent est du côté du « vainqueur ». En Iran, c’est très arithmétique et j’ai appris, grâce à ce film, que le prix de la vie (ou de la mort) d’un homme vaut celui de deux femmes. Incroyable, non ? Chaque personnage est suffisamment bien étudié – et magnifiquement interprété - pour nous laisser voir sa bonté et sa part d’ombre. Ici, il n’y a pas les bons d’un côté et les méchants de l’autre et, comme dans « Une Séparation », c’est cette complexité qui donne tout le charme du film : pour chaque personnage, les choix ne sont pas simples. Ce film donne beaucoup de matière au spectateur : une histoire d’amour vraiment magnifique, une religion à géométrie variable et surtout une amitié qui emmène très très loin...
I'm A Rocket Man

390 abonnés 3 781 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 février 2016
Excellente surprise que ce film de Farhadi ! J'avais beaucoup aimé Une Séparation mais j'avais été totalement déçu par la Fête du feu, A propos d'Elly et même par le Passé ! Je me suis donc mis à celui ci avec des appréhensions mais là j'ai vraiment adoré ! L'histoire est originale, les acteurs excellents et alors les rebondissements en série amènent une vraie fraicheur au film ! On ne ressent pas les longueurs du tout car il y a toujours un nouvel élément qui nous recaptive ! Vraiment passionnant ! J'ai passé un super moment !
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 15 avril 2015
Ce film m'a très agréablement surprise, d'autant qu'aux dires de beaucoup il était inférieur à Une Séparation ou A propos d'Elly, ce qui n'a pas été mon sentiment. J'ai apprécié la richesse de la réflexion, morale, religieuse, amoureuse également et adoré quelques scènes, notamment celle du restaurant. Ce cinéma qui invite Zola et Shakespeare en Iran mobilise autant l'esprit du spectateur que sa sensibilité grâce à une façon de filmer qui suggère beaucoup et évite les lourdeurs (sauf peut-être au tout début). Ce qui est montré ici du "système judiciaire" iranien a de quoi faire frémir tout Occidental attaché aux valeurs laïques et à l'égalité homme-femme mais ce n'est pas cette dimension qui attache au film car on s'intéresse surtout aux cas de conscience des différents personnages, à leurs problématiques qui ont quelque chose d'universel puisqu'il est question de pardon, d'humanité et même en un sens d'héroïsme. Reste que leurs choix ne sont pas libres à cause du poids tragique des mariages arrangés, de l'obscurantisme de la Charia et des entraves de la misère. A ce propos, tout le film montre l'importance non seulement de l'argent (qui résoudrait en partie les choses) mais également des tractations (tout se monnaye, tout se paye). Un film que j'ai trouvé prenant, n'ayant pas du tout ressenti les longueurs que certains lui reprochent. Quant aux acteurs, je trouve qu'ils portent les personnage avec beaucoup d'intensité, de lumière, de grâce et qu'ils sont convaincants d'un bout à l'autre.
CLEM 06
CLEM 06

13 abonnés 198 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 juillet 2014
Film très beau nottamment grâce aux nombreux gros plans sur les personnages pour exprimer leurs sentiments.
spoiler:
Ce film se lance dans le traitement de plusieurs sujets : La religion qui est très présente dans le film elle est montré dans le sens ou dans tout les religions le pardon existe. La maltraitance de la femme et son non respect. La pauvreté des villes et des gens.

Demander pardon à une famille brisée, cela m'a mis un froid dans le dos car c'est une situation que chaque personne peut rencontrer une fois dans sa vie.
Je pense que je ne serais pas capable de pardonner mais je ne sais pas si cela est par manque de croyance religieuse, par colère ou autre chose.
Le message du film c'est de pardonner mais pour cela il faut avant tout en être capable.
spoiler:
Certaines longueurs tout de même : Le restaurant avec l'acordéoniste , le générique de début avec toujours les mêmes sons , le train qui passe....

Dans certains passages très émouvants il n'y avait pas de musique.
Pas de musique, pas d'humour il n'y avait aucun passages pour s'éloigner un peu de ce drame.

4/5 Très bon et beau film malgré quelques longueurs. Pour moi un film qui pose de questions est toujours positif
Hotinhere

791 abonnés 5 472 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 mai 2023
La lutte acharnée de deux jeunes adultes iraniens pour sauver le frère de l’un d’entre deux, condamné à mort, et obtenir le pardon face à la loi du talion.
Un drame social intense et passionnant qui nous plonge dans la complexité du système judiciaire iranien.
Plume231

4 407 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 juin 2013
Plongée en Iran par le futur réalisateur d'"Une Séparation" où la Société apparaît moderne sur certains points mais totalement archaïque (le prix du sang, consternant !!!) sur d'autres notamment à cause de la forte présence de la religion. On peut reprocher des longueurs et des répétitions mais le souci du cinéaste de ne jamais se montrer manichéen ou de juger ses personnages rend ces derniers très proches de nous et inévitablement suscitent l'empathie. Une oeuvre qui a le mérite de regorger d'humanité et de justesse.
Septième Sens
Septième Sens

99 abonnés 762 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 mai 2013
En 2012, Une Séparation remporte le César et l'Oscar du meilleur film étranger. Par ce succès et pour notre plus grand bonheur, les premiers films (La Fête du feu, À propos d'Elly) de Farhadi sortent tour à tour sur grand écran pour nous faire connaître un grand cinéaste, créant des drames prenants et dotés d'une juste vision de son pays.
C'est aujourd'hui Les enfants de Belle Ville que nous prenons plaisir à découvrir, ou l'histoire d'Akbar, un adolescent de dix huit ans qui va se faire exécuter pour le meurtre d'une jeune femme. La sœur et le meilleur ami du condamné vont tout faire pour demander le pardon du père de la défunte afin d'éviter la sentence.

Sur fond de misère sociale, le réalisateur traite du pardon et des responsabilités qu'il peut engendrer. Vis à vis de ses proches mais également de Dieu, ce père en deuil ne sait pas quoi faire et son incertitude est parfaitement retranscrite à l'écran. Parallèlement à cette histoire, une autre naît entre le meilleur ami et la sœur du prisonnier. Très pudique et discret, un amour silencieux voit le jour entre ces personnages rassemblés par la souffrance.
Toujours politique, Farhadi nous rappelle par cette fiction que la peine de mort existe toujours dans son pays, où des centaines de personnes continuent de mourir chaque année par ce châtiment.

Les Enfants de Belle Ville est un très beau drame moins bavard que son successeur, Une Séparation. Une fois de plus, le réalisateur nous propose un récit qui n'a ni début ni fin, mais qui a pour but de faire réfléchir sur le monde et sur l'homme. Deux entités très complexes.
lugini
lugini

22 abonnés 249 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 avril 2013
Je ne pourrais pas choisir entre une séparation et les enfants de belle ville. Ce sont deux films magnifiques d'une intelligence et d'une justesse terrible. On y découvre la société iranienne autrement plus réelle qu'à travers des infos plus ou moins tronquées.
Le cinéphile

791 abonnés 2 796 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 mai 2013
Un film intéressant et simple, qui soulève de nombreuses questions de société. La technique est parfaite et le jeu des acteurs convaincant.
Cluny
Cluny

97 abonnés 593 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 octobre 2012
Après un plan sur le drapeau iranien flottant devant le haut-parleur du centre de détention, le film débute par un gros plan de la sculpture que peaufine Akbar, seul dans son atelier. Survient un codétenu affolé qui, tel Bernardo, lui mime ce qui vient d'arriver : Ala s'est tailladé les veines. Akbar se précipite, fait irruption dans la chambre où tous les détenus sont rassemblés autour du lit où Ala git sous une couverture... jusqu'à ce que celui-ci se redresse et lance la fête d'anniversaire de son ami. Eclatent les chants, les danses, un pauvre pain fait office de gateau, alors que la caméra isole progressivemnt Akbar tétanisé au milieu de la foule qui lui fait fête : ses 18 ans signifient pour lui l'imminence de son exécution.
D'emblée, Ashgar Farhadi nous signifie que dans son film, et plus largement en Iran, ce qu'on voit n'est pas forcément la vérité, ou qu'en tout cas il en existe d'autres ; le titre est déjà annonciateur de cette dualité, Belle Ville étant le quartier pauvre et dangereux dans lequel vit Firouzeh, qui a accepté de vivre sous la surveillance jalouse de son ex-mari qui tient une échoppe juste à côté de sa maison afin de pouvoir dissimuler sa liberté. Tourné en 2004, le film bénéficie comme "La Fête du Feu" du succès mondial d'"Une Séparation" (Oscar et César, un million de spectateurs en France, record pour un film iranien puisque même "Le Goût de la Cerise" de Kiarostami, Palme d'Or en 87, n'avait pas atteint ce résultat). Il permet ainsi d'apprécier à la fois la constance du travail de Farhadi et son évolution.
Du point de vue de l'histoire, "Les Enfants de Belle Ville" est plus proche d'"Une Séparation" que d'"A propos d'Elly". On y retrouve la progression linéaire d'un récit à partir du télescopage d'une particularité du droit iranien (ici la loi du talion qui laisse la décision de la mise à mort au père de la victime, là la connaissance de la grossesse de la victime qui requalifie une bousculade en meurtre), du débat moral et religieux qu'il suscite, et des conséquences dramatiques qu'il provoque chez les différents protagonistes. De même, Farhadi présente les points de vue de tous les personnages, et quand le religieux dit à Ala "Ce n'est pas à vous de juger du bien", on sent bien que c'est aussi le réalisateur qui s'adresse en ces termes au spectateur.
Les personnages existent réellement, et ne se limitent pas à des stéréotypes, notamment ceux qui représentent la pouvoir. Ainsi, le responsable du centre éducatif, plus éducateur que maton, s'échine lui aussi à obtenir le pardon du père ; mais il renvoie Ala à son propre choix dans la discussion intense de la fin. De même le religieux explique que le Coran commence par la référence à un Dieu miséricordieux et non vengeur, et il fait tout pour convaincre le père d'abandonner sa vengeance. Mais quand Ala s'indigne de le voir partir à la prière plutôt que de le suivre pour empêcher le père de commettre un acte irréparable en lui disant" Alors, la prière est plus importante que la vie humaine ?", il répond sans une hésitation "Evidemment !"
Au fur et à mesure que la confrontation entre le père de la victime et Ala avance, les lignes se brouillent, avec la nouvelle épouse qui prend partie pour le pardon en espérant en tirer un profit pour sa fille handicapée, ou la relation entre Ala et Firouzeh qui prend une autre dimension. Mais en même temps, de nouvelles embûches se dressent, comme cette loi du sang hallucinante : comme la vie d'une femme vaut la moitié de celle d'un homme, le père devra donc payer une somme importante pour compenser la différence entre la "valeur" de sa fille et celle de son assassin ! A la différences des deux derniers films de Farhadi, celui-là ne se concentre pas sur la classe moyenne ou sur la lutte entre les classes symbolisée par l'opposition entre Nacer et le mari de Razieh dans "Une Séparation". Le conflit oppose ici un ouvrier licencié à une femme célibataire allié à un SDF sorti de prison, et le manque d'argent qui permettrait de résoudre les blocages juridiques représente un levier important du drame.
Farhadi vient du théâtre, et cela se voit par la précision de sa mise en scène, le crédit donné aux acteurs et l'importance du texte. Il a un sens de la tension dramatique qui compense une certaine langueur qu'on ne trouve plus dans ses films ultérieurs. La qualité de sa mise en scène est concentrée dans la magnifique scène du repas entre Firouzeh et Ala où se révèle leur amour, alors qu'un accordéoniste joue un air nostalgique. Farhadi s'attarde sur des détails, des petits gestes, Firouzeh qui donne sa viande à Ala, des regards, des sourires retenus... Il y a une dimension néoréaliste dans ce film, et la formidable Taraneh Alidoosti évoque par son alternance de souffrance et de beauté radieuse les Mères Courages incarnées par Anna Magnani. Moins achevé, moins complexe et pour tout dire un peu moins subtil qu'"Une Séparation", "Les Enfants de Belle Ville" possède néanmoins tous les germes de ce cinéma brillant qui fait appel à l'intelligence du spectateur ; comme dans "Une Séparation", il laisse le spectateur face à l'incertitude quant au choix final des héros, ses dilemnes kafkaïens ressemblant furieusement à une métaphore de cette société bloquée qu'est l'Iran des mollahs où malgré tout s'expriment les valeurs de l'humanité que sont la compassion, le pardon et la solidarité.
http://www.critiquesclunysiennes.com/
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 24 septembre 2012
Un nouveau grand film du réalisateur iranien Asghar Farhadi auteur de l'inoubliable Une Séparation.
Les enfants de Bellville fonctionne de la même façon; présentation des personnages dont l'un d'eux, un jeune homme de 18ans attendant sa condamnation à mort pour un crime passionnel. Son meilleurs copain et sa soeur devront faire des choix dramatiques pour le sauver, dans une ville ou modernité et respect des traditions religieuses rendent les situations de ce genre très complexes.
La montée graduelle de la tension issu de l'histoire et du caractère des personnages atteint un tel niveau, que le générique de fin arrive avec soulagement.
Un film marquant, à voir absolument si vous aimez vraiment le cinéma.
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