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    Grizzly Man
    note moyenne
    3,7
    291 notes dont 58 critiques
    répartition des 58 critiques par note
    19 critiques
    11 critiques
    12 critiques
    7 critiques
    6 critiques
    3 critiques
    Votre avis sur Grizzly Man ?

    58 critiques spectateurs

    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

    Suivre son activité 1546 abonnés Lire ses 3 710 critiques

    5,0
    Publiée le 21 mars 2016
    Je crois que je n'avais jamais entendu parler de ce film, même en cherchant des films à voir dans la filmographie d'Herzog, jusqu'à il y a quelques jours... Et c'est absolument fabuleux. C'est un film dont il est extrêmement difficile de parler tant il aborde de sujets différents au travers du destin de cet homme, sans doute un peu fou, du moins jugé comme tel par ses contemporains, qui vécu pendant 13 été parmi les ours. Le film s'ouvre limite avec l'annonce de la mort du personnage principal, juste après qu'on l'ait vu parler de ses ours et où j'avoue m'être un peu moqué de ce pauvre type à la coupe de cheveux improbable qui semble totalement à l'ouest. Alors forcément ça calme tout de suite lorsqu'on te dit que ce type a été retrouvé avec sa copine dévoré par un ours. On sent que le destin est en marche et que peu importe ce que l'on va voir à présent, aussi proche qu'il pourra sembler des ours ou de la nature, cette même nature finira par en faire son déjeuner. Et là le film devient absolument fabuleux, parce qu'on a différents niveaux de narration, on a juste Tim Treadwell qui décrit ce qu'il voit, qui se met en scène devant sa caméra, on a les entretiens que mène Herzog et tout au-dessus de ça on a Herzog qui impose son propre commentaire. Au début il laisse pas mal dire les gens qui l'ont connu avant de prendre la main et de mettre en avant sa propre vision. Je dois dire que j'ai été vraiment touché, à la fois par ce que j'ai vu de la vie de cet homme, mais aussi parce que dit Herzog sur cette vie, j'aime sa façon de venir intellectualiser (ou est-ce juste une sensation ?) les images produites par Treadwell, où il va les expliquer, faire des liens avec son propre travail, ou tout simplement se questionner, se demander si finalement tout ça n'a pas un sens. D'ailleurs j'ai l'impression (il le dit explicitement à la fin en plus) que Herzog est à la recherche d'un sens à ces images, au comportement de Treadwell, comme si ça ne pouvait pas être juste malade qui vit avec les ours. On peut remarquer que les commentaires des gens qui l'ont bien connu son vraiment bienveillant et qu'au contraire, ceux qui le connaissaient mal le prenaient vraiment pour un fou. Et ce que j'ai vu dans ce film c'est pas forcément quelqu'un de très intelligent, mais quelqu'un qui a réussi à créer son propre système de valeur, prenant en grippe la société (Herzog le souligne très bien) et montrant une place possible pour un être humain loin de la civilisation, vivant non pas en harmonie avec la nature, mais dans la nature, avec ses risques, ses hauts et ses bas. D'ailleurs on apprend qu'il était sous antidépresseur à un moment et il a cessé de prendre ses médicaments exactement pour cette raison, pour vivre pleinement car la vie n'est pas un continuel entre deux, mais bel et bien une montagne russe (Nietzsche ne dit pas autre chose). Donc rien que pour ça ce type a mon respect, cependant je rejoins tout à fait Herzog lorsqu'il devient plus critique et qu'il met en exergue la naïveté du bonhomme qui croit à une harmonie de la nature, un "Eden" où tout serait parfait et qu'on le voit alors confronté à la nature, la vraie, celle qui fait mal, celle qui tue, celle qui est injuste. Ou même lorsqu'il s'en prend aux mauvaises personnages, où il n'a pas la finesse d'esprit pour accuser les bonnes personnes des maux de ce monde et de mettre un nom sur le mal qui le ronge : "la société". Ce que j'ai compris c'est que ce type ceux qui ne l'ont pas connu ne peuvent pas le juger car ils sont dans la société, et si on fait partie de ce monde et qu'on juge quelqu'un qui n'en fait partie, il est forcément désigné comme un fou, comme un malade, car il met en péril la société rien qu'en montrant qu'autre chose est possible. Il est rejeté par sa différence, car il a trouvé de nouvelles valeurs. C'est vraiment un film qui m'a ému aux larmes à de nombreuses reprises, notamment lorsque Herzog dit que les images que Treadwell filme sont uniques, inattendues et que l'on voit sa relation avec un renard, c'est quelque chose d'extrêmement pur, qui si ce n'était pas contrebalancé plus tard pourrait faire croire à cette harmonie tant désirée. Et finalement je veux aussi vivre dans la nature, pour vivre ça, pour vivre. Je ne peux pas conclure cette critique sans parler du moment fatidique, le moment le plus marquant du film, le moment où on a un légiste qui raconte la mort après avoir entendu la bande audio de la mort de Treadwell, où d'une manière assez étrange (une requête de Herzog ?) il mime la mort du couple. De plus il est debout, or dans un entretien classique on a plutôt l'habitude qu'un professionnel soit assis à son bureau ou s'il est debout qu'il nous montre quelque chose, là il se met totalement en scène, filmé d'assez prêt en plus. C'est vraiment déstabilisant et ça nous fait vraiment rentrer dans la mort de ces gens. Il est évident que j'étais tout remué, mais là où Herzog fait très fort c'est qu'il en remet une couche en se montrant lui-même écouter cette bande audio, et on le voit se retenir de pleurer juste après avoir vu un gros plans sur l'amie de Treadwell qui n'a jamais entendu la bande et qui sait ce qu'il y a dessus se retenir elle aussi de pleurer. Le dispositif reste assez sobre, un gros plan, mais pas de musique et ça retranscrit toute la dureté de la scène, notre imagination fait le reste. C'est limite plus dur que de voir cette agression. Et je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec une agression d'un ours bien plus récent au cinéma, qui si elles sont forcément différentes, n'arrive pas du tout à avoir l'impact de celle de TimTreadwell. Je pense bien entendu à celle de The Revenant. Comme quoi, bien que les conditions soient différentes, la radicalité n'est parfois pas forcément une affaire de virtuose, mais de simplicité du dispositif et d'émotion... parce que lorsque Herzog demande à arrêter la bande parce qu'il ne tient plus... ben c'est fort, tu sais tout ce que tu as besoin de savoir, si lui ne tient pas, toi non plus tu ne tiendras pas. C'est que c'était vraiment horrible. Surtout que cette scène intervient alors que l'on connaît déjà bien le personnage, qu'on s'est attaché à lui, et qu'on l'aime... Renforçant ainsi l'impact émotionnel. En parlant d'amour, on a plein de discussions de Tim avec lui-même, dont une que je trouve vraiment drôle où il raconte qu'il aurait aimé être gay pour avoir moins de problèmes qu'avec les femmes et puis où au fil de son monologue finit par conclure que les gay doivent également avoir des problèmes. Et puis il y a cette énigmatique femme, que Tim Treadwell ne filme pas, dont on ne sait rien... et son rôle, ce qu'elle fait au moment de l'attaque de l'ours. Glaçant et beau. Surtout lorsque l'on apprend à la fin du film les circonstances de l'accident, qu'elle avait eu toutes les occasions de partir, mais qu'elle était là, avec l'homme qu'elle aime... Un film terrible qui explore comme seul Herzog sait le faire l'âme humaine.
    jamesluctor
    jamesluctor

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    0,5
    Publiée le 3 juillet 2012
    Une des plus belles blagues que j'ai pu voir au cinéma. Les gens qui notent 5 étoiles se rendent-ils compte que ce film ne rend pas hommage à Timothy Threadwell, mais qu'il salit son image ? Utilisant des sentiments à l'eau de rose, interviewant des personnages plus attardés les uns que les autres (mentions spéciale au médecin légiste, à pisser de rire devant ses grimaces outrancières quand il mime la mort de Timothy), filmant la vie d'un autiste vivant reclu au fond des bois disant qu'il aime les animaux, qui va tripoter le caca des ours, qui insulte les gardes des réserves et qui a peur des touristes (la scène hallucinante où il voit dans un smiley une menace), qui d'ailleurs n'est pas Timothy Treadwell (c'est un acteur qui lui ressemble et qui camoufle toujours ses yeux derrière des lunettes de soleil pour faire illusion), et dynamisé par la voie soporifique de Werner qui se présente comme un grand penseur de notre temps, Grizzly Man est d'une connerie nanarde si criante qu'il en devient difficile de rester sérieux pendant une projection. Et pourtant, on continue de crier au génie pour 2 raisons : parce que c'est Herzog qui l'a fait (pour le pognon, il a tourné ce docu uniquement pour financer son Bad Lieutenant), et parce qu'on ose pas rire d'un autiste qui a dédié sa vie à une cause qu'il ne comprend pas (ce mec ne fait pas de l'écologie, c'est un simplet qui se prend pour un ours et qui a fini becté par l'un d'entre eux).
    John Henry
    John Henry

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    4,0
    Publiée le 4 mai 2020
    En se basant sur la centaine d'heures de footages enregistré par ce grizzly man, Werner Herzog parvient à dépasser le cadre de ce qui est capturé à l'écran pour nous offrir une réflexion mélancolique sur l'homme, sa place dans l'univers, le sens de la vie avec la sobriété tout germanophone qui le caractérise. Beau et poignant.
    JimBo Lebowski
    JimBo Lebowski

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    4,0
    Publiée le 3 mai 2016
    Documentaire poignant et tout à fait passionnant sur un homme qui décida pour défendre leur cause de vivre au milieu de grizzlys en plein coeur de l’Alaska, où son obnubilation a entrainé sa mort tué par ces mêmes animaux majestueux qu’il protégeait. Herzog va y apposer un regard à la fois bienveillant et critique, soutenu également par les témoignages de ses amis mais aussi de personnes plus partagé quant à ses idéaux, ce qui est intéressant c’est qu’on nous laisse une place pour être juge, ce type parait autant illuminé que héroïque mais il y a un message à travers tout ça, c’est que la nature aussi belle et harmonieuse qu’elle puisse paraitre est aussi et surtout redoutable et chaotique. Tout ce qui tourne autour des circonstances de sa mort ainsi que celle de son amie également présente sur les lieux est absolument fascinant en terme de puissance émotionnelle, on ne nous montre rien, on ne nous fait rien écouter, mais on ose imaginer l’horreur, et ça Herzog le capte d’une manière incroyable, rien que l’explication pré-mortem du médecin légiste (qui lui a entendu les bandes) fait froid dans le dos, comme également le moment où Herzog lui même écoute péniblement une partie de la tuerie, terriblement scotchant. Après il y a peut être un peu de pleurnicherie et d’indécence vers la fin (typiquement américain dans le genre Michael Moore) mais globalement le documentaire frappe fort et juste dans ce qu’il veut démontrer, c’est que la nature appartient à tout le monde et à personne, que le combat pour préserver ce qu’elle a de plus pure ne peut que se concrétiser qu’à un prix qu’il faut savoir anticiper. La nature humaine et animale sont tout autant liées qu’imprévisibles, c’est ça qui fait qu’elle reste à la fois magnifique et sauvage, qu’il ne faut pas croire à l’Eden, si ce n’est dans les instants où la caméra laisse filer des images sur le vif comme cette famille de renards qui quitte son terrier pour venir se laisser caresser, et dont l’aventurier retrouvera le corps déchiqueté d’un d’entre eux entre les rochers, sinistre présage ... "le dénominateur naturel prédominant est le chaos".
    Alasky
    Alasky

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    2,5
    Publiée le 3 décembre 2018
    Avis plutôt mitigé pour ma part. Ce film oscille entre documentaire sérieux et film humoristique, où l'on voit un illuminé narcissique avec un déséquilibre mental approcher des grizzlis qui ne demandent qu'à être tranquilles dans leur environnement. Quelques belles images d'ours et de renards cependant, et les paysages de l'Alaska valent bien sûr le coup d'oeil.
    Nico2
    Nico2

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    5,0
    Publiée le 5 mars 2012
    Un documentaire dressant le portrait Timothy Treadwell, un écologiste controversé , et de sa compagne Amie Huguenard, qui trouvèrent tous deux la mort, mutilés par des ours. Le film se compose pour moitié d'images d'archives de Treadwell en pleine nature approchant les grizzlys de près et de témoignages de gens l'ayant connu interviewés par Werner Herzog. Le réalisateur allemand dresse le portrait d'un homme ambigu, passionné des ours à tel point qu'il cherche à devenir l'un d'eux. Tête brûlée, il mettait néanmoins en scène ses déplacements, cherchant le bon angle de caméra ou le bon texte à réciter. Son action n'est pas apprécié de la même manière par tout le monde, on peut détester ou admirer le personnage, (il est vrai que sa naïveté et sa vision d'une nature totalement paradisiaque sans dangers peuvent prêter à sourire), sa passion jusqu'au-boutiste soulève de bonnes questions sur notre rapport à la nature et notre place dans le règne animal. Il aimait les ours qu'il préférait à l'Homme, pourtant ses images semblent en contradiction avec son discours, le grizzly étant un animal au comportement assez abject, n'hésitant pas à se livrer au cannibalisme ou à massacrer ses petits pour que la femelle ressente de nouveau des envies d'accouplement. Werner Herzog signe un documentaire passionnant et soulevant d'intéressantes questions philosophiques même si le film traîne en longueur sur ses vingt dernières minutes. Intéressant.
    MaxLaMenace89
    MaxLaMenace89

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    3,5
    Publiée le 7 septembre 2014
    Portrait post-mortem d'un paria illuminé et massacré par l'animal qui le hantait, GRIZZLY MAN est un documentaire en totale adéquation avec son sujet, théâtral et tragicomique, ouvrant sur un fond absolument pertinent et touchant. À travers le dispositif opté et le motif constant et conscient de la mise en scène, alternant d'excessifs témoignages et mises en situation avec les nombreuses vidéos personnelles de l'intéressé, Werner Herzog va alors au-delà de son sujet pour une autopsie viscérale du reflet humain dans l’œil d'une caméra, devenant mythe au-delà de toute crédibilité. Dans un scintillement de suffisance, le cinéaste offre alors enfin des spectateurs à ce passionné méprisé et méprisant qui, imposant sa figure encadrée dans l'implacable cohabitation Homme/Nature, ne voulait attirer l'attention qu'en vivant ses rêves, ode absurde et désespérée à la marginalité dans une civilisation bestiale.
    Kloden
    Kloden

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    4,0
    Publiée le 22 mars 2016
    L'intérêt, proche de la fascination, que peut exercer ce Grizzly Man tient en deux mots : Werner Herzog. Réalisateur de fiction ou documentariste, l'allemand, qui a toujours été obsédé par le sauvage et le dépassement de sa condition humaine (thème central d'Aguirre, par exemple), a trouvé dans l'histoire de Tim Treadwell, un écolo quasi-névropathe qui a vécu 13 étés au milieu des grizzlys d'Alaska, le miroir idéal pour poursuivre sa quête de lui-même et de sa passion pour les limites humaines. Le sujet et le personnage filmés sont à eux-seuls fascinants ; davantage l'est encore la manière dont Herzog s'empare de l'histoire, à travers une narration triple qui laisse d'abord parler les images de Treadwell (qui se filmait lui-même dans un but de sensibilisation), puis des témoignages de ses proches filmés par Herzog lui-même, et enfin la voix-off de l'allemand comme ultime degré de lecture et comme recul possible. Tout d'abord, les bandes tournées par Treadwell jouent un double tour ; celui de rendre à cette histoire son caractère véridique, intangible et brut, tout en y laissant planer un certain parfum de doute. Par son montage, c'est-à-dire l'ordre mais surtout le choix des séquences, Herzog déploie l'image d'un homme complexe et tourmenté, guidé par des sentiments profonds (le rejet d'un monde auquel il est inadapté, la volonté de transgression presque blasphématoire de frontières essentielles) mais aussi par moments truqueur (quand il répète devant la caméra et agence son documentaire avec trop de calcul pour pouvoir prétendre restituer l'exact flux qui portait son expédition). A un deuxième niveau, Herzog parait rechercher presque avec cruauté un grotesque dont l'ironie ne fait aucun cadeau à Tim Treadwell, qu'il montre comme un personnage à l'hystérie infantile et dont l'entourage est montré comme lourdaud voire stupide par le biais d'interviews au sensationnalisme vulgaire. Ces entretiens, rappelant eux-mêmes de mauvais documentaires plus guidés par l'impact facile que par une quête du vrai, amène encore du recul face à une histoire qu'Herzog ne comprend pas et qu'il parait alors regarder avec mépris. Et c'est là, justement, qu'intervient la voix-off du réalisateur pour transformer cette arrogance en perplexité : celle-ci ne livre aucune conclusion mais continue de s'interroger. Après avoir montré (par ses propres vidéos, l'air de dire que tout ça ne tient qu'au personnage) la vision de Treadwell sur son propre mode de vie comme celle d'une communion avec le monde des ours, puis décapé avec ironie la naïveté apparente de ce regard, Herzog parait en dernier recours mettre en doute le doute qu'il avait justement formulé, et tenter à nouveau de comprendre, comme pris au jeu de forces trop grandes pour lui, le geste de ce personnage a priori fou et pourtant si profondément fascinant. Avec la conclusion modeste (ou peut-être simplement impuissante) d'un réalisateur face aux limites de son moyen d'expression comme de sa capacité de discernement, Herzog retourne avec brio au sens le plus profond du mot primitif, et admet de façon infiniment perturbante que le terme recouvre justement cette part de nous qui est depuis trop longtemps oubliée pour qu'on en retrouve la maîtrise. Un grand, très grand documentaire sur l'impuissance de l'homme à s'affranchir de lui-même.
    Tupois Blagueur
    Tupois Blagueur

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    3,5
    Publiée le 21 janvier 2015
    "Grizzly Man" est un documentaire comme seul Werner Herzog peut en faire. On y retrouve clairement son style de narrateur qui se veut objectif et filme de manière neutre tout ceux qui ont connu, de près ou de loin le fameux Timothy Treadwell. Cet homme, qui a passé treize saisons sur treize ans dans le Katmai National Park and Preserve en Alaska, a tenté de faire changer l'image négative des ours sauvages auprès du grand public en filmant des documentaires de sensibilisation controversés où il s'est mis en danger. Le dernier lui a coûté la vie, ainsi qu'à sa compagne. Composé de scènes extraites des 100 heures de prises de vues tournées avant la mort de Treadwell par lui-même et d'interviews de ses proches, "Grizzly Man" tente de comprendre l'homme qui se cachait derrière l'écologiste avec juste ce qu'il faut de bons sentiments et de suspense pour maintenir le spectateur en alerte tout au long du film, sans pour autant l'assommer avec du pathos malvenu. Encore une réussite de la part du cinéaste allemand.
    🎬 RENGER 📼
    🎬 RENGER 📼

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    4,0
    Publiée le 8 mars 2009
    Timothy Treadwell est à l’image du film de Sean Penn : Into the Wild (2008). Cet homme a fuit la civilisation pour vivre auprès des grizzlys. Un passé tumultueux et rongé par l’alcool et la drogue, il parvient pourtant à revivre auprès de ces ours. Ce sont eux qui lui ont sauvé la vie, mais hélas, ce sont aussi eux qui la lui ont repris. Après avoir passé treize étés en leur compagnie, seul avec ses caméras, il trouva la mort, dévoré par l’un d’eux (des restes furent trouvés sur place et dans le corps d’un des grizzlys). Grizzly man (2005) est l’histoire d’un homme hors du commun, atypique, décrié ou adulé par certains, vivant en reclus pour l’amour qu’il vouait à ces mastodontes. Un amour toujours en sens inverse mais il était trop naïf pour s’en rendre compte, tout comme le danger qu’il frôlait chaque jour (marchant auprès d’eux, les caressant ou se baignant avec eux). Werner Herzog lui rend hommage par le biais des quelques rushs qu’ils restent de lui, de très belles images, touchantes, émouvantes et drôles ! De sa rencontre avec les grizzlys en passant par celles avec les renards (où il court ou joue avec eux comme si c’était des chiens !). Véritable défenseur de la nature et des animaux (on lui doit l’association Grizzly People®), il les vénérait et était près à tout pour les défendre et rester auprès d’eux. Avec ce film, Werner Herzog tente aussi de comprendre l’obstination que vouait Timothy Treadwell à ces ours. Celui qui aimait s’appeler « le gentil guerrier » aura parvenu à surmonter bien des choses et à faire découvrir son combat par le biais de son association et des nombreux cours ou conférences qu’il donnait chaque année. Une rencontre étonnante, séduisante et émouvante, de celle d’un homme stupéfiant et humain, généreux et déterminé !
    elisa2102
    elisa2102

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    5,0
    Publiée le 14 février 2011
    J'ai compris Tim Treadwell, j'ai compris son combat, son amour pour les grizzlis qui est noble, ils représentaient pour lui un exutoire, une renaissance malgré la façon dont ça s'est fini pour lui. C'est un documentaire à découvrir pour ceux qui aiment les bêtes.
    anonyme
    Un visiteur
    3,5
    Publiée le 5 janvier 2012
    "Grizzly Man" est à 50% composé d'images tournées par Timothy Treadwell et il s'agit pourtant bien d'un film de Werner Herzog. De la même qu'il n'y avait que Treadwell pour partir ainsi en Alaska au milieu des ours, il n'y avait qu'Herzog pour faire ce film. Treadwell était probablement fou, mégalomane, potentiellement très énervant ; Werner Herzog l'est tout autant (rappelons pour l'anecdote que le brave homme est capable de manger ses chaussures), et avec "Grizzly Man", il fait également encore une fois un film sur lui-même, ce qui est souvent le cas dans ses documentaires, y compris dans "La Grotte des rêves perdus". Il y a donc de nombreuses mises en abyme dans ce documentaire, en parties dues à la capacité/volonté de son réalisateur de voir du cinéma partout. A l'écouter, Treadwell était le réalisateur et l'acteur de sa propre aventure, n'ayant que sa caméra pour seule partenaire. Sans doute Herzog en fait un peu trop, sans doute n'a t-il pas entièrement tort non plus, tout comme Treadwell, bien que sincère, déraille parfois complètement (et Herzog, faussement naïf, le sait très bien). "Grizzly Man" est un documentaire fait d'images amateurs, d'interviews et de quelques plans additionnels en extérieur. Par un montage malin et une voix-off qui n'appartient qu'à lui, Herzog en fait du cinéma. Et son film est au final bien plus complexe qu'il pourrait laisser croire.
    JamesDomb
    JamesDomb

    Suivre son activité 55 abonnés Lire ses 1 061 critiques

    5,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    Pendant près de quinze ans, Timothy Treadwell a vécu au milieu des grizzlys sauvages d’Alaska, militant pour leur préservation. En Octobre 2003, il est retrouvé avec sa compagne, à moitié dévoré par ceux qu’il protégeait. Werner Herzog dépeint le destin de cet individu hors norme qu’était Timothy Treadwell, homme fuyant la civilisation pour devenir véritablement un ours. Il se penche sur les mystères de l’aventure de cet aventurier malgré lui, anciennement alcoolique qui commençait à fréquenter des dealers durant sa jeunesse et qui compris quelle était sa « mission ». Herzog dresse donc le portrait de cet homme, personnage public loin de faire l’unanimité et qui reste une énigme encore aujourd’hui. Mythomane (il mentait sur ses origines), Herzog essaie de comprendre quelles étaient ses premières motivations lorsqu’il a fondé son association. Treadwell, équipé d’une caméra a filmé plus d’une centaine d’heures et se met en scène devant les ours. Les images sont toujours ahurissantes mais derrière ces images, c’est aussi l’occasion pour Treadwell de réaliser une sorte de journal intime et de combattre en direct ses démons, ses frustrations, de se libérer. Herzog, par les images tournées par Treadwell et grâce aux témoignages de son entourage, livre une odyssée humaine hors du commun où l’homme fait face à la puissance de la nature. Un des meilleurs films de l’année, un documentaire hallucinant, saisissant, émouvant, beau et prenant de bout en bout.
    Shephard69
    Shephard69

    Suivre son activité 122 abonnés Lire ses 2 045 critiques

    3,5
    Publiée le 30 août 2015
    Un documentaire dans le pur style de Werner Herzog, profond, troublant, chargé d'émotions qui réserve quelques moments magiques notamment dans les rencontres entre Timothy Treadwell et la faune locale comme les ours ou les renards mais aussi un portrait à la fois touchant et saugrenu d'un personnage sensible et un peu illuminé. Quelques plans superbes, un film qui apporte une indéniable fraicheur.
    Yoloyouraz
    Yoloyouraz

    Suivre son activité 23 abonnés Lire ses 566 critiques

    4,0
    Publiée le 29 septembre 2006
    Vraiment très rafraichissant. Au centre, un personnage complètement barré, limite funk, à fond dans son trip et qui fait plaisir à voir. Autour de lui, un environnement incroyable, une nature presque apprivoisée, et une vision de l'humanité troublante, intéressante. Et dans la forme, une réalisation sobre qui laisse souvent parler les images, et qui ne tache que par quelques temoignages parfois lourds. Un film qui fait du bien. Pas politique et polémique comme Moore, mais beaucoup plus léger et agréable à la vision.
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