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Grizzly Man
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note moyenne
3,7 229 notes dont 50 critiques
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JimBo Lebowski

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4,0Très bien • Publiée le 02/05/2016

Documentaire poignant et tout à fait passionnant sur un homme qui décida pour défendre leur cause de vivre au milieu de grizzlys en plein coeur de l’Alaska, où son obnubilation a entrainé sa mort tué par ces mêmes animaux majestueux qu’il protégeait. Herzog va y apposer un regard à la fois bienveillant et critique, soutenu également par les témoignages de ses amis mais aussi de personnes plus partagé quant à ses idéaux, ce qui est intéressant c’est qu’on nous laisse une place pour être juge, ce type parait autant illuminé que héroïque mais il y a un message à travers tout ça, c’est que la nature aussi belle et harmonieuse qu’elle puisse paraitre est aussi et surtout redoutable et chaotique. Tout ce qui tourne autour des circonstances de sa mort ainsi que celle de son amie également présente sur les lieux est absolument fascinant en terme de puissance émotionnelle, on ne nous montre rien, on ne nous fait rien écouter, mais on ose imaginer l’horreur, et ça Herzog le capte d’une manière incroyable, rien que l’explication pré-mortem du médecin légiste (qui lui a entendu les bandes) fait froid dans le dos, comme également le moment où Herzog lui même écoute péniblement une partie de la tuerie, terriblement scotchant. Après il y a peut être un peu de pleurnicherie et d’indécence vers la fin (typiquement américain dans le genre Michael Moore) mais globalement le documentaire frappe fort et juste dans ce qu’il veut démontrer, c’est que la nature appartient à tout le monde et à personne, que le combat pour préserver ce qu’elle a de plus pure ne peut que se concrétiser qu’à un prix qu’il faut savoir anticiper. La nature humaine et animale sont tout autant liées qu’imprévisibles, c’est ça qui fait qu’elle reste à la fois magnifique et sauvage, qu’il ne faut pas croire à l’Eden, si ce n’est dans les instants où la caméra laisse filer des images sur le vif comme cette famille de renards qui quitte son terrier pour venir se laisser caresser, et dont l’aventurier retrouvera le corps déchiqueté d’un d’entre eux entre les rochers, sinistre présage ... "le dénominateur naturel prédominant est le chaos".

Kloden

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4,0Très bien • Publiée le 22/03/2016

L'intérêt, proche de la fascination, que peut exercer ce Grizzly Man tient en deux mots : Werner Herzog. Réalisateur de fiction ou documentariste, l'allemand, qui a toujours été obsédé par le sauvage et le dépassement de sa condition humaine (thème central d'Aguirre, par exemple), a trouvé dans l'histoire de Tim Treadwell, un écolo quasi-névropathe qui a vécu 13 étés au milieu des grizzlys d'Alaska, le miroir idéal pour poursuivre sa quête de lui-même et de sa passion pour les limites humaines. Le sujet et le personnage filmés sont à eux-seuls fascinants ; davantage l'est encore la manière dont Herzog s'empare de l'histoire, à travers une narration triple qui laisse d'abord parler les images de Treadwell (qui se filmait lui-même dans un but de sensibilisation), puis des témoignages de ses proches filmés par Herzog lui-même, et enfin la voix-off de l'allemand comme ultime degré de lecture et comme recul possible. Tout d'abord, les bandes tournées par Treadwell jouent un double tour ; celui de rendre à cette histoire son caractère véridique, intangible et brut, tout en y laissant planer un certain parfum de doute. Par son montage, c'est-à-dire l'ordre mais surtout le choix des séquences, Herzog déploie l'image d'un homme complexe et tourmenté, guidé par des sentiments profonds (le rejet d'un monde auquel il est inadapté, la volonté de transgression presque blasphématoire de frontières essentielles) mais aussi par moments truqueur (quand il répète devant la caméra et agence son documentaire avec trop de calcul pour pouvoir prétendre restituer l'exact flux qui portait son expédition). A un deuxième niveau, Herzog parait rechercher presque avec cruauté un grotesque dont l'ironie ne fait aucun cadeau à Tim Treadwell, qu'il montre comme un personnage à l'hystérie infantile et dont l'entourage est montré comme lourdaud voire stupide par le biais d'interviews au sensationnalisme vulgaire. Ces entretiens, rappelant eux-mêmes de mauvais documentaires plus guidés par l'impact facile que par une quête du vrai, amène encore du recul face à une histoire qu'Herzog ne comprend pas et qu'il parait alors regarder avec mépris. Et c'est là, justement, qu'intervient la voix-off du réalisateur pour transformer cette arrogance en perplexité : celle-ci ne livre aucune conclusion mais continue de s'interroger. Après avoir montré (par ses propres vidéos, l'air de dire que tout ça ne tient qu'au personnage) la vision de Treadwell sur son propre mode de vie comme celle d'une communion avec le monde des ours, puis décapé avec ironie la naïveté apparente de ce regard, Herzog parait en dernier recours mettre en doute le doute qu'il avait justement formulé, et tenter à nouveau de comprendre, comme pris au jeu de forces trop grandes pour lui, le geste de ce personnage a priori fou et pourtant si profondément fascinant. Avec la conclusion modeste (ou peut-être simplement impuissante) d'un réalisateur face aux limites de son moyen d'expression comme de sa capacité de discernement, Herzog retourne avec brio au sens le plus profond du mot primitif, et admet de façon infiniment perturbante que le terme recouvre justement cette part de nous qui est depuis trop longtemps oubliée pour qu'on en retrouve la maîtrise. Un grand, très grand documentaire sur l'impuissance de l'homme à s'affranchir de lui-même.

gimliamideselfes

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5,0Chef-d'oeuvre • Publiée le 21/03/2016

Je crois que je n'avais jamais entendu parler de ce film, même en cherchant des films à voir dans la filmographie d'Herzog, jusqu'à il y a quelques jours... Et c'est absolument fabuleux. C'est un film dont il est extrêmement difficile de parler tant il aborde de sujets différents au travers du destin de cet homme, sans doute un peu fou, du moins jugé comme tel par ses contemporains, qui vécu pendant 13 été parmi les ours. Le film s'ouvre limite avec l'annonce de la mort du personnage principal, juste après qu'on l'ait vu parler de ses ours et où j'avoue m'être un peu moqué de ce pauvre type à la coupe de cheveux improbable qui semble totalement à l'ouest. Alors forcément ça calme tout de suite lorsqu'on te dit que ce type a été retrouvé avec sa copine dévoré par un ours. On sent que le destin est en marche et que peu importe ce que l'on va voir à présent, aussi proche qu'il pourra sembler des ours ou de la nature, cette même nature finira par en faire son déjeuner. Et là le film devient absolument fabuleux, parce qu'on a différents niveaux de narration, on a juste Tim Treadwell qui décrit ce qu'il voit, qui se met en scène devant sa caméra, on a les entretiens que mène Herzog et tout au-dessus de ça on a Herzog qui impose son propre commentaire. Au début il laisse pas mal dire les gens qui l'ont connu avant de prendre la main et de mettre en avant sa propre vision. Je dois dire que j'ai été vraiment touché, à la fois par ce que j'ai vu de la vie de cet homme, mais aussi parce que dit Herzog sur cette vie, j'aime sa façon de venir intellectualiser (ou est-ce juste une sensation ?) les images produites par Treadwell, où il va les expliquer, faire des liens avec son propre travail, ou tout simplement se questionner, se demander si finalement tout ça n'a pas un sens. D'ailleurs j'ai l'impression (il le dit explicitement à la fin en plus) que Herzog est à la recherche d'un sens à ces images, au comportement de Treadwell, comme si ça ne pouvait pas être juste malade qui vit avec les ours. On peut remarquer que les commentaires des gens qui l'ont bien connu son vraiment bienveillant et qu'au contraire, ceux qui le connaissaient mal le prenaient vraiment pour un fou. Et ce que j'ai vu dans ce film c'est pas forcément quelqu'un de très intelligent, mais quelqu'un qui a réussi à créer son propre système de valeur, prenant en grippe la société (Herzog le souligne très bien) et montrant une place possible pour un être humain loin de la civilisation, vivant non pas en harmonie avec la nature, mais dans la nature, avec ses risques, ses hauts et ses bas. D'ailleurs on apprend qu'il était sous antidépresseur à un moment et il a cessé de prendre ses médicaments exactement pour cette raison, pour vivre pleinement car la vie n'est pas un continuel entre deux, mais bel et bien une montagne russe (Nietzsche ne dit pas autre chose). Donc rien que pour ça ce type a mon respect, cependant je rejoins tout à fait Herzog lorsqu'il devient plus critique et qu'il met en exergue la naïveté du bonhomme qui croit à une harmonie de la nature, un "Eden" où tout serait parfait et qu'on le voit alors confronté à la nature, la vraie, celle qui fait mal, celle qui tue, celle qui est injuste. Ou même lorsqu'il s'en prend aux mauvaises personnages, où il n'a pas la finesse d'esprit pour accuser les bonnes personnes des maux de ce monde et de mettre un nom sur le mal qui le ronge : "la société". Ce que j'ai compris c'est que ce type ceux qui ne l'ont pas connu ne peuvent pas le juger car ils sont dans la société, et si on fait partie de ce monde et qu'on juge quelqu'un qui n'en fait partie, il est forcément désigné comme un fou, comme un malade, car il met en péril la société rien qu'en montrant qu'autre chose est possible. Il est rejeté par sa différence, car il a trouvé de nouvelles valeurs. C'est vraiment un film qui m'a ému aux larmes à de nombreuses reprises, notamment lorsque Herzog dit que les images que Treadwell filme sont uniques, inattendues et que l'on voit sa relation avec un renard, c'est quelque chose d'extrêmement pur, qui si ce n'était pas contrebalancé plus tard pourrait faire croire à cette harmonie tant désirée. Et finalement je veux aussi vivre dans la nature, pour vivre ça, pour vivre. Je ne peux pas conclure cette critique sans parler du moment fatidique, le moment le plus marquant du film, le moment où on a un légiste qui raconte la mort après avoir entendu la bande audio de la mort de Treadwell, où d'une manière assez étrange (une requête de Herzog ?) il mime la mort du couple. De plus il est debout, or dans un entretien classique on a plutôt l'habitude qu'un professionnel soit assis à son bureau ou s'il est debout qu'il nous montre quelque chose, là il se met totalement en scène, filmé d'assez prêt en plus. C'est vraiment déstabilisant et ça nous fait vraiment rentrer dans la mort de ces gens. Il est évident que j'étais tout remué, mais là où Herzog fait très fort c'est qu'il en remet une couche en se montrant lui-même écouter cette bande audio, et on le voit se retenir de pleurer juste après avoir vu un gros plans sur l'amie de Treadwell qui n'a jamais entendu la bande et qui sait ce qu'il y a dessus se retenir elle aussi de pleurer. Le dispositif reste assez sobre, un gros plan, mais pas de musique et ça retranscrit toute la dureté de la scène, notre imagination fait le reste. C'est limite plus dur que de voir cette agression. Et je ne peux pas m'empêcher de faire un parallèle avec une agression d'un ours bien plus récent au cinéma, qui si elles sont forcément différentes, n'arrive pas du tout à avoir l'impact de celle de TimTreadwell. Je pense bien entendu à celle de The Revenant. Comme quoi, bien que les conditions soient différentes, la radicalité n'est parfois pas forcément une affaire de virtuose, mais de simplicité du dispositif et d'émotion... parce que lorsque Herzog demande à arrêter la bande parce qu'il ne tient plus... ben c'est fort, tu sais tout ce que tu as besoin de savoir, si lui ne tient pas, toi non plus tu ne tiendras pas. C'est que c'était vraiment horrible. Surtout que cette scène intervient alors que l'on connaît déjà bien le personnage, qu'on s'est attaché à lui, et qu'on l'aime... Renforçant ainsi l'impact émotionnel. En parlant d'amour, on a plein de discussions de Tim avec lui-même, dont une que je trouve vraiment drôle où il raconte qu'il aurait aimé être gay pour avoir moins de problèmes qu'avec les femmes et puis où au fil de son monologue finit par conclure que les gay doivent également avoir des problèmes. Et puis il y a cette énigmatique femme, que Tim Treadwell ne filme pas, dont on ne sait rien... et son rôle, ce qu'elle fait au moment de l'attaque de l'ours. Glaçant et beau. Surtout lorsque l'on apprend à la fin du film les circonstances de l'accident, qu'elle avait eu toutes les occasions de partir, mais qu'elle était là, avec l'homme qu'elle aime... Un film terrible qui explore comme seul Herzog sait le faire l'âme humaine.

zormano

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3,0Pas mal • Publiée le 07/10/2015

Beau documentaire, la découverte de cette personne m'as plu. Les témoignages beaucoup moins. Selon moi, il n'avait rien d'un écologiste, comme l'explique l'anthropologue Sven Haakanson. Sa façon de vivre, n'aider pas les ours, mais plutôt lui. Cependant Timothy Treadwell a fait de superbes plans et manipulé bien sa caméra.

Shephard69

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3,5Bien • Publiée le 23/08/2015

Un documentaire dans le pur style de Werner Herzog, profond, troublant, chargé d'émotions qui réserve quelques moments magiques notamment dans les rencontres entre Timothy Treadwell et la faune locale comme les ours ou les renards mais aussi un portrait à la fois touchant et saugrenu d'un personnage sensible et un peu illuminé. Quelques plans superbes, un film qui apporte une indéniable fraicheur.

Empi H.

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1,0Très mauvais • Publiée le 03/04/2015

Par où commencer ... peut-être le sujet de ce documentaire : Timothy Treadwell. Je m'attendais à voir des morceaux de vie d'un homme passionné par les ours et qui ferait tout pour les protéger. Un genre de Dian Fossey des ours ! Je me suis bien trompée. Très vite j'ai réalisé que ce personnage, très perturbé psychologiquement, ne m'intéressait pas. Pire j'avais pitié de lui, de voir à quel point il essayait d'oublier son passé et de se créer une relation amicale, totalement fictive, avec les ours. Parfois j'étais aussi énervée, parce qu'une personne qui dit aimer autant la nature et les animaux n’empiéterait pas autant sur leur territoire. J'y vois un délire personnel hyper égoïste. Si on se limite à ce documentaire on n'a pas l'impression que cet homme a aidé la cause des ours, au contraire (il a peut-être fait d'autres choses plus perspicaces pour ces animaux, mais on ne le voit pas dans ce documentaire). Alors pourquoi en avoir fait un documentaire, d'1h50 ... c'est une question que je me pose, j'essaye de comprendre l'intérêt de ce film. Est-ce que c'est pour montrer le destin d'un homme perdu, écorché par la société ? On a du mal à comprendre où le réalisateur se situe,Spoiler: il écoute les témoignages larmoyants des amies de Timothy (le moment où il écoute la cassette est très dérangeant), il demande également au docteur de témoigner (ce passage est d'un ridicule). Il essaye d'incorporer des témoignages de personnes ayant des avis divergents sur l'histoire de Timothy Treadwell. C'était plutôt une bonne idée, mais très vite ça part dans tous les sens. Je retiendrai le témoignage très intéressant de Sven Haakanson (un aluttiq) dans le musée de Kodiak's Aluttiq Museum. Il explique clairement que les "natives communites" d’Alaska ont un respect pour l'ours et qu'il y a une limite à ne pas franchir, dépasser cette limite est une marque d'irrespect pour les ours. Niveau réalisation, les choix du réalisateur ne m'ont pas convaincue. Il y a trop d' images de T. Treadwell et en plus on doit supporter la voix OFF du réalisateur qui franchement n'apporte pas grand chose. Très déçue donc par ce film qui décrédibilise T. Treadwelll. C'est gênant et très délicat comme sujet, d'autant plus lorsqu'on voit comment cela se termine. Je n'aime pas juger la personne qu'il était, chacun à une histoire, un passé, une conception de la vie différente. Pour moi, c'était pas nécessaire d'en faire un documentaire. J'espère seulement que les gens ne vont pas penser que la majorité des défenseurs des animaux sauvages et de la nature lui ressemble. Et surtout il ne faut pas essayer de comparer cet homme à H. D Thoreau ou encore à Christopher McCandless.

Francois H.

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3,5Bien • Publiée le 05/02/2015

Grizzly Man est un objet (cinématographique ?) insaisissable où se mêlent inextricablement la prose parfois grotesque d'un individu en proie à la folie, et la poésie d'une fuite rédemptrice. Car il ne faut pas s'y tromper, l'objet c'est l'homme. Porté visuellement par le contraste entre l'immensité de l'Alaska et l'intimité des plans d'un univers sauvage, ce documentaire n'a d'autre sujet que son acteur/réalisateur Timothy Treadwell. Destin extraordinaire que celui d'une « personne normale », moyenne même, qui prit dans la spirale de la dépression, la déprise de sa propre vie, embrasse une autre voie. Celle-ci le conduira à vivre pas moins de 13 ans dans le parc naturel du Katmai en Alaska auprès des grizzlis. Dans cette retraite « into the wild », Timothy Treadwell réalisera avec une minutie surprenante une série de documentaires dans lesquels il raconte son adaptation et sensibilise à la « cause » de ses amis grizzlis et renards. C'est bien à 1h40 d'immersion intense et privilégiée dans un espace où se fait rare la présence humaine, que convoque ce documentaire. Personnage charismatique qui n'est pas sans évoquer le personnage des Racines du Ciel de Romain Gary, Morel, ardent défenseur des éléphants en Afrique, Timothy Treadwell est un homme qui par la puissance, la radicalité de son engagement à « protéger les grizzlis », a cette vertu de nous confronter au sens de nos existences. C'est là, me semble-t-il la force de ce reportage que de nous introduire dans l'âme tourmentée d'un laissé-pour-compte de la civilisation, d'une figure obscène de la société individualiste, de ce « monde d'individus » (c'est ainsi que la nomme Treadwell) qui trouve un refuge (rédempteur ?) dans ce que personne avant lui n'avait probablement réussi à faire : vivre sans armes auprès des bêtes parmi les plus dangereuses du règne animal. C'est au prix d'une espèce de renoncement à son humanité, ou pire, de son érection en « Ennemi » fantasmé de la cause animale, que Treadwell adopte ce choix de vie radical. Mais voilà, l'ours n'est pas un animal de meute, encore moins un animal social. Là où Treadwell devait voir la reconnaissance et la tendresse de ses congénères, parions qu'il n'y avait qu'une « indifférence molle pour une vulgaire source de nourriture ». Spoiler: C'est dévoré par ceux à qui il a tout sacrifié que s'achève la vie de Timothy Treadwell. Issue tragique, s'il en est, mais qu'importe, l'essentiel est ailleurs. S'il dit « avoir trouvé une vie » auprès des grizzlis, s'il a sans doute vécu heureux, si plus fondamental encore il semble avoir ramené son quotidien à un sens auquel il semble avoir pleinement adhéré,Spoiler: si en somme il est mort libre, l'abandon de l'homme pour une image fantasmée de l'ours, en vaut-il la peine ? C'est toute la question que suggère en creux ce documentaire souvent poignant.

Tupois Blagueur

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3,5Bien • Publiée le 21/01/2015

"Grizzly Man" est un documentaire comme seul Werner Herzog peut en faire. On y retrouve clairement son style de narrateur qui se veut objectif et filme de manière neutre tout ceux qui ont connu, de près ou de loin le fameux Timothy Treadwell. Cet homme, qui a passé treize saisons sur treize ans dans le Katmai National Park and Preserve en Alaska, a tenté de faire changer l'image négative des ours sauvages auprès du grand public en filmant des documentaires de sensibilisation controversés où il s'est mis en danger. Le dernier lui a coûté la vie, ainsi qu'à sa compagne. Composé de scènes extraites des 100 heures de prises de vues tournées avant la mort de Treadwell par lui-même et d'interviews de ses proches, "Grizzly Man" tente de comprendre l'homme qui se cachait derrière l'écologiste avec juste ce qu'il faut de bons sentiments et de suspense pour maintenir le spectateur en alerte tout au long du film, sans pour autant l'assommer avec du pathos malvenu. Encore une réussite de la part du cinéaste allemand.

MaxLaMenace89

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3,5Bien • Publiée le 07/09/2014

Portrait post-mortem d'un paria illuminé et massacré par l'animal qui le hantait, GRIZZLY MAN est un documentaire en totale adéquation avec son sujet, théâtral et tragicomique, ouvrant sur un fond absolument pertinent et touchant. À travers le dispositif opté et le motif constant et conscient de la mise en scène, alternant d'excessifs témoignages et mises en situation avec les nombreuses vidéos personnelles de l'intéressé, Werner Herzog va alors au-delà de son sujet pour une autopsie viscérale du reflet humain dans l’œil d'une caméra, devenant mythe au-delà de toute crédibilité. Dans un scintillement de suffisance, le cinéaste offre alors enfin des spectateurs à ce passionné méprisé et méprisant qui, imposant sa figure encadrée dans l'implacable cohabitation Homme/Nature, ne voulait attirer l'attention qu'en vivant ses rêves, ode absurde et désespérée à la marginalité dans une civilisation bestiale. http://shawshank89.blogspot.fr/2014/09/critique-grizzly-man.html

Dragon Eliott

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3,5Bien • Publiée le 25/04/2013

Très belle histoire, magnifiquement narré par Werner Herzog. Je suis rentré dans le film directement grâce à cet intriguant personnage, complètement fou, et au final dans l'attente un peu perverse d'une violente scène mortelle qui n'arrive jamais. Quelques longueurs par-ci par-là mais dans l'ensemble un bel hommage à un quelqu'un qui a dédié sa vie à une cause noble et unique.

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