Grizzly Man
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Francois H
Francois H

21 abonnés 4 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 février 2015
Grizzly Man est un objet (cinématographique ?) insaisissable où se mêlent inextricablement la prose parfois grotesque d'un individu en proie à la folie, et la poésie d'une fuite rédemptrice. Car il ne faut pas s'y tromper, l'objet c'est l'homme. Porté visuellement par le contraste entre l'immensité de l'Alaska et l'intimité des plans d'un univers sauvage, ce documentaire n'a d'autre sujet que son acteur/réalisateur Timothy Treadwell.

Destin extraordinaire que celui d'une « personne normale », moyenne même, qui prit dans la spirale de la dépression, la déprise de sa propre vie, embrasse une autre voie. Celle-ci le conduira à vivre pas moins de 13 ans dans le parc naturel du Katmai en Alaska auprès des grizzlis. Dans cette retraite « into the wild », Timothy Treadwell réalisera avec une minutie surprenante une série de documentaires dans lesquels il raconte son adaptation et sensibilise à la « cause » de ses amis grizzlis et renards. C'est bien à 1h40 d'immersion intense et privilégiée dans un espace où se fait rare la présence humaine, que convoque ce documentaire.

Personnage charismatique qui n'est pas sans évoquer le personnage des Racines du Ciel de Romain Gary, Morel, ardent défenseur des éléphants en Afrique, Timothy Treadwell est un homme qui par la puissance, la radicalité de son engagement à « protéger les grizzlis », a cette vertu de nous confronter au sens de nos existences. C'est là, me semble-t-il la force de ce reportage que de nous introduire dans l'âme tourmentée d'un laissé-pour-compte de la civilisation, d'une figure obscène de la société individualiste, de ce « monde d'individus » (c'est ainsi que la nomme Treadwell) qui trouve un refuge (rédempteur ?) dans ce que personne avant lui n'avait probablement réussi à faire : vivre sans armes auprès des bêtes parmi les plus dangereuses du règne animal. C'est au prix d'une espèce de renoncement à son humanité, ou pire, de son érection en « Ennemi » fantasmé de la cause animale, que Treadwell adopte ce choix de vie radical.

Mais voilà, l'ours n'est pas un animal de meute, encore moins un animal social. Là où Treadwell devait voir la reconnaissance et la tendresse de ses congénères, parions qu'il n'y avait qu'une « indifférence molle pour une vulgaire source de nourriture ». spoiler: C'est dévoré par ceux à qui il a tout sacrifié que s'achève la vie de Timothy Treadwell. Issue tragique, s'il en est, mais qu'importe, l'essentiel est ailleurs.
S'il dit « avoir trouvé une vie » auprès des grizzlis, s'il a sans doute vécu heureux, si plus fondamental encore il semble avoir ramené son quotidien à un sens auquel il semble avoir pleinement adhéré, spoiler: si en somme il est mort libre
, l'abandon de l'homme pour une image fantasmée de l'ours, en vaut-il la peine ? C'est toute la question que suggère en creux ce documentaire souvent poignant.
Tupois Blagueur
Tupois Blagueur

75 abonnés 1 162 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 janvier 2015
"Grizzly Man" est un documentaire comme seul Werner Herzog peut en faire. On y retrouve clairement son style de narrateur qui se veut objectif et filme de manière neutre tout ceux qui ont connu, de près ou de loin le fameux Timothy Treadwell. Cet homme, qui a passé treize saisons sur treize ans dans le Katmai National Park and Preserve en Alaska, a tenté de faire changer l'image négative des ours sauvages auprès du grand public en filmant des documentaires de sensibilisation controversés où il s'est mis en danger. Le dernier lui a coûté la vie, ainsi qu'à sa compagne. Composé de scènes extraites des 100 heures de prises de vues tournées avant la mort de Treadwell par lui-même et d'interviews de ses proches, "Grizzly Man" tente de comprendre l'homme qui se cachait derrière l'écologiste avec juste ce qu'il faut de bons sentiments et de suspense pour maintenir le spectateur en alerte tout au long du film, sans pour autant l'assommer avec du pathos malvenu. Encore une réussite de la part du cinéaste allemand.
MaxLaMenace89
MaxLaMenace89

65 abonnés 282 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 septembre 2014
Portrait post-mortem d'un paria illuminé et massacré par l'animal qui le hantait, GRIZZLY MAN est un documentaire en totale adéquation avec son sujet, théâtral et tragicomique, ouvrant sur un fond absolument pertinent et touchant. À travers le dispositif opté et le motif constant et conscient de la mise en scène, alternant d'excessifs témoignages et mises en situation avec les nombreuses vidéos personnelles de l'intéressé, Werner Herzog va alors au-delà de son sujet pour une autopsie viscérale du reflet humain dans l’œil d'une caméra, devenant mythe au-delà de toute crédibilité. Dans un scintillement de suffisance, le cinéaste offre alors enfin des spectateurs à ce passionné méprisé et méprisant qui, imposant sa figure encadrée dans l'implacable cohabitation Homme/Nature, ne voulait attirer l'attention qu'en vivant ses rêves, ode absurde et désespérée à la marginalité dans une civilisation bestiale.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 25 avril 2013
Très belle histoire, magnifiquement narré par Werner Herzog. Je suis rentré dans le film directement grâce à cet intriguant personnage, complètement fou, et au final dans l'attente un peu perverse d'une violente scène mortelle qui n'arrive jamais. Quelques longueurs par-ci par-là mais dans l'ensemble un bel hommage à un quelqu'un qui a dédié sa vie à une cause noble et unique.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 4 avril 2013
Quoi de mieux pour Herzog que l’histoire de Timothy Treadwell pour traiter de son thème fétiche, l’enfermement. Tim Treadwell est un américain né dans une famille modeste, enfant normal il bascule ensuite dans la drogue et l’alcool. Suite à une rencontre avec les ours il décide d’arrêter l’alcool et de vivre avec eux pour les protéger. Durant 13 ans Treadwell se filme à leur coté jusqu’en 2003, jour de sa mort. Herzog récupère alors les 100 heures de rushs laissés par Treadwell et recueille des témoignages poignants de proches pour en faire un documentaire tout à fait singulier. Ici comme dans Aguirre le personnage est prisonnier de sa condition dans une nature incommensurable.
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anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 12 mars 2013
Quoi de mieux pour Herzog que l’histoire de Timothy Treadwell pour traiter de son thème fétiche, l’enfermement. Tim Treadwell est un américain né dans une famille modeste, enfant normal il bascule ensuite dans la drogue et l’alcool. Suite à une rencontre avec les ours il décide d’arrêter l’alcool et de vivre avec eux pour les protéger. Durant 13 ans Treadwell se filme à leur coté jusqu’en 2003, jour de sa mort. Herzog récupère alors les 100 heures de rushs laissés par Treadwell et recueille des témoignages poignants de proches pour en faire un documentaire tout à fait singulier. Ici comme dans Aguirre le personnage est prisonnier de sa condition dans une nature incommensurable. Treadwell au fil de son périple devient de plus en plus marginal, refusant la compagnie des hommes et prônant les règles du règne animal. Herzog ne cherche pas à faire l’apologie de cet homme, il reste objectif. Treadwell, lui, ne réussi pas à prendre le recul nécessaire sur sa situation, sa fascination pour les grizzlys et la beauté naturelle lui empêche toute réflexions lucides. Herzog le montre à deux reprises, une première ou Tim Treadwell pleure la mort d’un renard oubliant la loi de la nature et une deuxième ou il critique sévèrement les gardiens du parc de réserve des ours. Le réalisateur s’efforcera de rester impartial tout au long du film en abordant tour à tour les points positifs de l’action de cet homme et les points négatifs.

Herzog alimente son documentaire d’une réflexion sur le pouvoir du cinéma en incluant des passages ou Treadwell se met en scène dans le but de dénoncer par l’image. Le paysage devient un décor et les récits de l’homme une réflexion existentielle. Enfin, Herzog met en place une fascination du spectateur effrayé mais impatient de découvrir la mort en direct de Tim Treadwell.

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anonyme
Un visiteur
1,0
Publiée le 6 février 2013
je suis aller voir ce film avec mon lycée en version original sous titré français perso je vais vous dire c mec est un malade je n'est vraiment pas apprécier ce film je m'en suis même endormis la preuve.
Peut-être que c'est pas mon style ou autres ou que je devais lire pendant tout le documentaire je ne sais pas mais au moin une seul chose que je sais c'est que ce mec est un malade mentale
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 17 janvier 2013
Surprenant. Vraie ou fausse, cette histoire pose des questions très vastes. Notamment sur la véracité des œuvres filmées.
Angela Ki La
Angela Ki La

66 abonnés 586 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 janvier 2013
Au fou !! On ne peut qu’être soit ahuri par l’inconscience de gars, soit fasciné par un courage qui confine à de la folie pure. Mégalo, asocial, artiste raté, individu au discours incohérent, c’est tout ça à la fois. Voilà un gars qui a créé son propre monde en pleine nature, mais paradoxalement, il a toujours une caméra à portée de main, et se met tout le temps en scène. Je vois un être mal dans sa peau, qui a trouvé là le moyen d’avoir son quart d’heure de célébrité. Sauver les ours d’accord, mais exister médiatiquement aussi, nous en mettre plein la vue, être aimé en somme. Le plus étonnant, qu’il est pu survivre 13 ans à ce jeu dangereux. Certaines images sont réellement impressionnantes, car même à la maison, j’ai eut froid dans le dos, de le voir côtoyer la mort d’aussi près. Les défauts du personnage finissent par prendre toute la place, si bien qu’on ne voit plus que ça, et on finit par trouver le temps long. Herzog ne force pas son talent. Il n’a pas peur des sujets audacieux, on la savait déjà, mais il se contente de monter le film, et de donner à Grizzly man le premier rôle dont il a toujours rêvé. A part le sujet en or, ça reste un docu-fiction sur un original qui va finir mal.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 5 septembre 2012
Superbe documentaire, beauté absurde de ce qu'une passion aveugle peut engendrer.
jamesluctor
jamesluctor

168 abonnés 1 704 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 3 juillet 2012
Une des plus belles blagues que j'ai pu voir au cinéma. Les gens qui notent 5 étoiles se rendent-ils compte que ce film ne rend pas hommage à Timothy Threadwell, mais qu'il salit son image ? Utilisant des sentiments à l'eau de rose, interviewant des personnages plus attardés les uns que les autres (mentions spéciale au médecin légiste, à pisser de rire devant ses grimaces outrancières quand il mime la mort de Timothy), filmant la vie d'un autiste vivant reclu au fond des bois disant qu'il aime les animaux, qui va tripoter le caca des ours, qui insulte les gardes des réserves et qui a peur des touristes (la scène hallucinante où il voit dans un smiley une menace), qui d'ailleurs n'est pas Timothy Treadwell (c'est un acteur qui lui ressemble et qui camoufle toujours ses yeux derrière des lunettes de soleil pour faire illusion), et dynamisé par la voie soporifique de Werner qui se présente comme un grand penseur de notre temps, Grizzly Man est d'une connerie nanarde si criante qu'il en devient difficile de rester sérieux pendant une projection. Et pourtant, on continue de crier au génie pour 2 raisons : parce que c'est Herzog qui l'a fait (pour le pognon, il a tourné ce docu uniquement pour financer son Bad Lieutenant), et parce qu'on ose pas rire d'un autiste qui a dédié sa vie à une cause qu'il ne comprend pas (ce mec ne fait pas de l'écologie, c'est un simplet qui se prend pour un ours et qui a fini becté par l'un d'entre eux).
Nico2
Nico2

98 abonnés 939 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 mars 2012
Un documentaire dressant le portrait Timothy Treadwell, un écologiste controversé , et de sa compagne Amie Huguenard, qui trouvèrent tous deux la mort, mutilés par des ours. Le film se compose pour moitié d'images d'archives de Treadwell en pleine nature approchant les grizzlys de près et de témoignages de gens l'ayant connu interviewés par Werner Herzog. Le réalisateur allemand dresse le portrait d'un homme ambigu, passionné des ours à tel point qu'il cherche à devenir l'un d'eux. Tête brûlée, il mettait néanmoins en scène ses déplacements, cherchant le bon angle de caméra ou le bon texte à réciter. Son action n'est pas apprécié de la même manière par tout le monde, on peut détester ou admirer le personnage, (il est vrai que sa naïveté et sa vision d'une nature totalement paradisiaque sans dangers peuvent prêter à sourire), sa passion jusqu'au-boutiste soulève de bonnes questions sur notre rapport à la nature et notre place dans le règne animal. Il aimait les ours qu'il préférait à l'Homme, pourtant ses images semblent en contradiction avec son discours, le grizzly étant un animal au comportement assez abject, n'hésitant pas à se livrer au cannibalisme ou à massacrer ses petits pour que la femelle ressente de nouveau des envies d'accouplement. Werner Herzog signe un documentaire passionnant et soulevant d'intéressantes questions philosophiques même si le film traîne en longueur sur ses vingt dernières minutes. Intéressant.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 5 janvier 2012
"Grizzly Man" est à 50% composé d'images tournées par Timothy Treadwell et il s'agit pourtant bien d'un film de Werner Herzog. De la même qu'il n'y avait que Treadwell pour partir ainsi en Alaska au milieu des ours, il n'y avait qu'Herzog pour faire ce film. Treadwell était probablement fou, mégalomane, potentiellement très énervant ; Werner Herzog l'est tout autant (rappelons pour l'anecdote que le brave homme est capable de manger ses chaussures), et avec "Grizzly Man", il fait également encore une fois un film sur lui-même, ce qui est souvent le cas dans ses documentaires, y compris dans "La Grotte des rêves perdus". Il y a donc de nombreuses mises en abyme dans ce documentaire, en parties dues à la capacité/volonté de son réalisateur de voir du cinéma partout. A l'écouter, Treadwell était le réalisateur et l'acteur de sa propre aventure, n'ayant que sa caméra pour seule partenaire. Sans doute Herzog en fait un peu trop, sans doute n'a t-il pas entièrement tort non plus, tout comme Treadwell, bien que sincère, déraille parfois complètement (et Herzog, faussement naïf, le sait très bien). "Grizzly Man" est un documentaire fait d'images amateurs, d'interviews et de quelques plans additionnels en extérieur. Par un montage malin et une voix-off qui n'appartient qu'à lui, Herzog en fait du cinéma. Et son film est au final bien plus complexe qu'il pourrait laisser croire.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 novembre 2011
Le souffle qui parcourt "Grizzly Man" emporte tout sur son passage. Le combat ubuesque de son héros et l'entreprise presque irrationnelle de Werner Herzog de voir du cinéma partout, tout le temps, s'allient pour donner naissance à un film d'ne incroyable générosité, sur le sacrifice à une cause (les grizzlys, le cinéma) mais surtout à la puissance et à l'envergure infinies.
elisa2102
elisa2102

168 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2011
J'ai compris Tim Treadwell, j'ai compris son combat, son amour pour les grizzlis qui est noble, ils représentaient pour lui un exutoire, une renaissance malgré la façon dont ça s'est fini pour lui. C'est un documentaire à découvrir pour ceux qui aiment les bêtes.
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