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Un long métrage fascinant et intense, formellement impressionnant, surtout quand on sait que pour une partie du film Losey, malade, dictait par téléphone à Dirk Bogarde ses instructions pour qu'il puisse tourner à sa place. «The Servant» est une accumulation de talents, le tout formant une oeuvre inoubliable, véritable sommet du cinéma britannique. Le scénario est brillant, très ambigu, bourré de non-dits sur cette relation qui se noue entre le maître et son serviteur, tout en offrant une critique acerbe des différentes classes de la société ainsi que des rapports entre ces membres, qu'ils soient issus ou non de la même classe. Sans parler de cette sexualité latente, cette homosexualité même, illustrée assez explicitement chez des personnages secondaires, mais jamais avouée chez les deux principaux protagonistes. La mise en scène est quant à elle magistrale : l'influence de Welles et de l'expressionnisme se font sentir, mais Losey développe son propre style avec sa caméra sans cesse en mouvement, sublimant l'espace et imparable quand il s'agit de créer une atmosphère oppressante et malsaine uniquement à l'aide de la composition du plan. Et ensuite les acteurs. Le novice James Fox est excellent, tout comme la jeune Sarah Miles. Mais c'est surtout Dirk Bogarde que l'on retiendra, absolument époustouflant dans son rôle de domestique manipulateur. Il porte véritablement le film sur ses épaules, lui conférent une violence et une complexité remarquables : très charismatique, son personnage ne laisse pas indifférent tant il trouble et repousse à la fois. «The Servant» est un film en état de grâce du début à la fin. Un chef-d'oeuvre mémorable. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 17 mai 2012 à 12h33 Signaler un abus
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