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"On doit tout mettre dans un film", écrivait Jean-Luc Godard dans un article publié en mai 1967. Oui, on doit tout dire et pour cela bousculer les codes de la narration traditionnelle, insérer un dialogue philosophique ou une référence cinématographique majeure. Dans ce film daté de 1962, on trouve de tout: Brice Parain et la question du langage, un extrait de "La Passion de Jeanne d'Arc" de Carl Dreyer avec le beau visage souffrant de Marie Falconetti, des trucs de série B (le film est du reste dédié aux films de série B), une lecture du "Portrait ovale" d'Edgar Poe, bref c'est du Godard pur jus made in années 60, intelligent et terriblement provocateur. Le comble de la provocation étant atteint par ces deux vues de dos qui marquent le début du film, admirables et en même temps si peu conformes aux codes cinématographiques. Pour le reste, c'est "l'histoire d'une petite vendeuse qui gagne sa vie tant mal que bien et qui trouve plus facile de se laisser aller à la prostitution" (dixit Jean-Luc Godard). Et cette petite prostituée est bien sûr incarnée par la délicieuse Anna Karina dont - suprême audace ou simple paradoxe - on ne verra que le haut du dos nu. Un film qui fête ses 50 ans et qui n'a pas vieilli.
Ajoutée le 26 janv. à 14h48 Signaler un abus
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