Vivre sa vie: Film en douze tableaux
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chrischambers86

16 171 abonnés 13 132 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 décembre 2012
Dans les annèes 60, Jean-Luc Godard s'est très vite imposè comme l'une des personnalitès les plus originales de cette nouvelle gènèration de cinèastes. "Vivre sa vie" rèvèle une fois de plus un crèateur extraordinairement fècond, une oeuvre en douze tableaux pouvant difficilement être classèe dans un genre cinèmatographique plutôt que dans un autre! En jeune vendeuse qui n'arrive plus à joindre les deux bouts en se livrant à la prostitution, Anna Karina trouve en Nana le plus beau rôle de sa carrière! Drôle et triste, sensible et magnifique, il faut voir ce petit animal plein de grâce pleurer devant "La passion de Jeanne d'Arc" ou danser dans une salle de billard pour apprècier sa prestation à sa juste valeur! D'une ètonnante originalitè et de surcroît admirablement interprètèe, le film se termine par la plus sèche des manières! Mais pouvait-il en être autrement! A noter la très belle partition de Michel Legrand où Godard utilise remarquablement le temps d'une scène une chanson de Jean Ferrat: "Ma môme"...
jerry974
jerry974

19 abonnés 449 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 9 décembre 2012
Tourné dans la première partie de sa vie, Vivre sa vie nous parle d'un sujet que semble connaitre Godart ; la prostitution. Son actrice, et son épouse du moment, l'interprète superbement. Les images, en noir et blanc, sont quelquefois saisissantes de beauté. Il aime son sujet, cela se voit. On entre dans ce monde à travers une succession de tableaux qui nous apprennent par touches le quotidien d'une prostituée. On est dans Paris des années 60. Le charme des cafés, des rues presque désertes... Même si son sujet est brulant, et son interprète magnifique, on fini par s'ennuyer un peu au fur et à mesure des tableaux. Par manque de sentiments, d'attachement aux situations et aux personnages. Cette description un peu clinique quelquefois, manque de rythme, et on pense que le film, toujours bon, a un peu vieilli, finalement.
Sebmagic
Sebmagic

202 abonnés 1 128 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 novembre 2012
Quel ravissement ! C'est le premier film de Godard que je tente (j'ai un peu honte de m'y prendre si tard), et j'ai été conquis du début à la fin, alors que je craignais terriblement de ne pas apprécier le style. Et pourtant, j'ai regardé le film ce matin et il m'est resté en tête toute la journée. La surprise a été de taille pour moi, et j'ai maintenant hâte de découvrir d'autres films du même genre. La seule chose qui m'embête, c'est de ne pas avoir les références ni les outils nécessaires pour analyser ce type de cinéma. J'ai savouré les plans, les dialogues, la réalisation du film, mais j'ai eu la sensation que mon manque de culture sur ce domaine m'a privé d'un tas de choses. N'ayant jamais suivi un seul cours de cinéma, ne connaissant pas la vie ni l'oeuvre de Godard, je n'ai pas les bases nécessaires à l'analyse de ce film, à la compréhension des mouvements de caméra, à la signification des thèmes abordés pour le cinéaste. Pour cette raison, je ne peux pas vraiment proposer d'analyse fine ou correcte de ce film (ça viendra peut-être avec les visionnages, au cours du temps). Comme toujours, je peux uniquement retranscrire ce que j'ai ressenti en voyant ce film, et ce que j'ai cru comprendre. Comme toujours, cette crtique sera purement subjective, appuyée sur mes sensations et émotions personnelles. ce n'est pas dérangeant en soi, mais c'est la première fois que ce manque de culture me gêne autant, car je sens bien que je suis loin d'avoir tout perçu. Mais bref, comme je l'ai dit, j'ai néanmoins savouré Vivre sa vie du début à la fin, j'ai dégusté chacun des 12 tableaux, ébloui par la qualité de la réalisation et le regard d'Anna Karina. Jean-Luc Godard ne cesse de sublimer cette actrice tout au long du film, chaque plan étant centré sur d'elle, sur son personnage captivant. Les cadrages sont travaillés, réfléchis et on sent que chacun des plans a été pensé, et même quasiment millimétré. On est bien loin du cinéma "facile" qui consiste à filmer les choses dans le seul but de les filmer. Vivre sa vie propose un panel magnifique de plans-séquences délicieux où chaque mouvement de caméra, chaque prise de vue a sa signification. J'ai par exemple trouvé le générique superbe, notamment le jeu d'ombre et de lumière sur le visage gracieux d'Anna Karina, visage lui-même dissimulé par l'affichage du casting comme pour appuyer le fait que cette femme n'est rien de plus qu'une actrice, comme pour rappeler que le film n'est rien de plus qu'un film. Et pourtant, le film et son personnage sont captivants et m'ont hypnotisé pendant 1h20, le regard d'Anna Karina étant tellement fascinant qu'il est difficile de s'en détacher. A travers ce personnage et 12 tableaux, Godard dépeint la vie d'une prostituée et sa recherche d'indépendance, de liberté, le titre "Vivre sa vie" prenant évidemment tout son sens. Le regard de l'actrice est souvent mélancolique, et certaines de ses expressions m'ont franchement troublé. Deux ou trois regards de tristesse furtifs, qui passent par-là l'espace d'une demie-seconde, m'ont fait leur petit effet sans que je sache vraiment pourquoi. Mention au regard caméra vers la fin du film lors de la discussion avec le philosophe, auquel je ne m'attendais pas mais qui m'a ému, pour une raison que j'ignore. Toute la discussion avec le philosophe est d'ailleurs savoureuse, j'étais pendu aux lèvres des deux personnages. Autre temps fort du film qui m'a ébloui : la danse du personnage principal dans la salle de billard. Encore une fois, j'ignore pourquoi cette scène m'a plu, peut-être est-ce le fait de voir ce personnage donner l'impression d'être heureuse, ou tout simplement le charme de l'actrice, mais j'ai adoré ce passage et notamment la musique "Swing Swing Swing" de Michel Legrand. Tant de scènes méritent d'être citées, comme l'émotion que suscite le film sur Jeanne d'Arc sur le personnage principal ou l'hommage aux films muets assez émouvant. Dans tous les cas, j'ai réellement apprécié le film qui m'a fait l'effet d'un petit choc dans ma vie cinématographique. C'était inattendu et c'était bon.
Antonin T.
Antonin T.

38 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 17 mai 2013
Le plus beau rôle d'Anna Karina. Un film d'une grâce et d'une retenue époustouflante.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 26 mai 2012
Film sur l'art, la liberté, l'amour à partir d'un budjet très mince. Ce qui frappe dans un premier temps, c'est cette pure économie de moyens : faire du cinéma et même du grand cinéma avec peu d'argent. Le résultat est très bon, ce qui venant d'un metteur en scène comme Jean Luc Godard n'a rien de surprenant. La mise en scène est tout d'abord appréciable. Le jeu d'acteurs est intéressant, Karina se libère peu à peu au fur et à mesure du film jusqu'à livrer une prestation satisfaisante. Les plans sont esthétiquement bien établis et la gestion du mouvement semble être l'un des principaux atouts du film. Cette gestion du mouvement vient accompagner une rupture totale des liens sensori moteur: image perception, image affection, image action. L'exemple phare de cette rupture est cette étrange scène où Anna Karina danse d'une manière assez frivole, dans la salle possèdant la table de billard, accompagnée d'une musique simple. Honorable également dans ce film, la musique. De qualité certes, mais surtout très bien utilisée dès le générique de début. Concernant le scénario, on ne pourra qu'apprécier l'ode à la liberté que signe Godard à travers ce film. Pouvoir disposer librement de soi même dans la phrase de Montaigne qui apparait au début du film "Il faut se prêtrer aux autres mais ne se donner qu'à soi même". Qu'elles sont les conditions qui font de nous des êtres capables de nous prêter aux autres sans pour autant nous donner ? Comment nous donner à nous mêmes ? Tant de questions essentielles qui animent le film. Cette jeune femme est-t-elle finalement libre ou victime de son manque de réflexion? Les dialogues également sont de grande qualité. Sommes nous réellement assez libres pour pouvoir vivre nos vies ? "Vivre sa vie" apparait également comme le tableau représentant la passion de Godard pour son actrice et sa femme: Anna Karina. Dans sa complexité, ce film ne pourra ravir que le public capable d'ouvrir ses sens et son esprit.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mai 2012
Dreyer, Bresson, Bergman, Mizoguchi, Montaigne, Edgar Allan Poe, Sartre, Brice Parain,... autant d'éminentes figures convoquées dans un film qui s'avère pourtant d'une ascèse remarquable. Loin de la flamboyance d'un «Pierrot Le Fou», «Vivre Sa Vie» est un long métrage austère, sobrement divisé en douze tableaux, mais qui demeure pourtant l'un des films les plus humains de Godard. Comme pour la belle musique de Michel Legrand, qu'il rompt brusquement lorsqu'elle devient lyrique, Godard s'abstient de tout sentimentalisme et brise tout effet larmoyant : les quelques séquences d'émotion pure en deviennent d'autant plus bouleversantes. Bien que traitant du thème difficile de la prostitution, Godard filme avec subtilité et retenue, évitant la complaisanse et le racolage dont bien des réalisateurs ont fait preuve à ce sujet. Il s'attache à montrer la détresse existentialiste tout autant que la détresse purement physique de sa jeune héroïne. S'ensuivent ainsi des discutions sur la parole (avec un émouvant hommage aux films muets), la pensée, la responsabilité, l'erreur, le mensonge, la vérité, etc... après des séquences sur le quotidien des prostituées. Bien sûr on ne peut pas parler de «Vivre Sa Vie» sans évoquer Anna Karina, sublimée par le regard de son mari d'alors et plus belle que jamais. Son visage est filmé sous tout les angles, dégageant une aura aussi forte que les actrices du muet, et le moindre regard, le moindre sourire suffit à crever l'écran. D'ailleurs le passage où est cité «Le Portrait Ovale» de Poe résonne particulièrement vu la relation qui unit Godard à Karina, peintre vampirisant en quelque sorte son modèle. Il réalise là un chef-d'oeuvre admirablement photographié, porté par le charme extraordinaire d'Anna Karina et par des thématiques comme toujours traitées avec acuité et pertinence. Magnifique. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mai 2012
Tout simplement géniale.

Vivre sa vie se décompose en douze parties et raconte l'histoire d'une femme qui se prostitue pour lutter contre l'ennuie, mais aussi et surtout pour subvenir à ses besoins.

Godard dévoile une nouvelle fois une vision atypique du cinéma qui s'exprime avec des cardages magnifiques, des angles improbables et une mise en scène ingénieuse et au-delà de cela ce qui m'a le plus touché dans ce film ce sont les dialogues et les pensées philosophiques d'Anna Karina:On est toujours responsable de ce qu'ont fait, tout est beau il n'y a qu'à s'intéresser aux choses, l'art et la beauté c'est la vie.

J'ai adoré la scéne du dialogue philosophique qui est un subtil questionnement sur la vie en société.

Anna Karina est d'ailleurs bouleversante, douce avec un regard mélancolique bref elle est tout simplement captivante.

Godard dépeint le milieu de la prostitution.

Il est clair que ce film est pour Godard une déclaration d'amour à Anna Karina, sa caméra ne la quitte pas du regard.

D'une autre manière on peut voir dans ce film une nouvelle critique du capitalisme.

Captivant et parfois hypnotisant, Vivre sa vie est un pur chef-d'oeuvre!
Charles R
Charles R

59 abonnés 424 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 26 janvier 2012
"On doit tout mettre dans un film", écrivait Jean-Luc Godard dans un article publié en mai 1967. Oui, on doit tout dire et pour cela bousculer les codes de la narration traditionnelle, insérer un dialogue philosophique ou une référence cinématographique majeure. Dans ce film daté de 1962, on trouve de tout: Brice Parain et la question du langage, un extrait de "La Passion de Jeanne d'Arc" de Carl Dreyer avec le beau visage souffrant de Marie Falconetti, des trucs de série B (le film est du reste dédié aux films de série B), une lecture du "Portrait ovale" d'Edgar Poe, bref c'est du Godard pur jus made in années 60, intelligent et terriblement provocateur. Le comble de la provocation étant atteint par ces deux vues de dos qui marquent le début du film, admirables et en même temps si peu conformes aux codes cinématographiques. Pour le reste, c'est "l'histoire d'une petite vendeuse qui gagne sa vie tant mal que bien et qui trouve plus facile de se laisser aller à la prostitution" (dixit Jean-Luc Godard). Et cette petite prostituée est bien sûr incarnée par la délicieuse Anna Karina dont - suprême audace ou simple paradoxe - on ne verra que le haut du dos nu. Un film qui fête ses 50 ans et qui n'a pas vieilli.
Maqroll
Maqroll

203 abonnés 1 123 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 7 janvier 2012
Un très bon film de Godard de sa première période, après À bout de souffle et avant Pierrot le fou. Anna Karina, fascinante et lumineuse, est la figure centrale, presque unique, de cette étude au microscope de la condition féminine à travers une petite employée d’un magasin de disques qui décide de se prostituer pour pouvoir payer son loyer. De ce point initial, les événements vont s’enchaîner en douze tableaux jusqu’à sa fin tragique. La caméra suit avec amour et même avec passion le visage de l’héroïne, lui donnant parfois des airs de Madone ! On reconnaît là le goût de la provocation ainsi que l’anti cléricalisme de Godard qui, dans ce portrait de femme, renoue avec un genre qu’il affectionne et qu’il avait déjà abordé avec Une femme est une femme… Il y reviendra régulièrement. Techniquement, c’est un cinéma de virtuose avec des recherches incessantes sur les cadrages, le montage, la lumière et les sons. Les acteurs sont dirigés au millimètre, leurs dialogues étant parfois à la limite du compréhensible, ce qui accentue l’impression de perplexité et de confusion devant ce monde en marge.
Plume231

4 407 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 décembre 2011
Le sujet est très fort et Anna Karina, dont la beauté photogénique fait encore des étincelles, est merveilleuse. Il y a des séquences très fortes dans ce film mais on a toujours l'impression que ces séquences sont fortes, grâce bien sûr à son actrice, le plus souvent pas grâce à Godard mais malgré Godard. Je vais pas faire mon naïf, je sais très bien que Jean-Luc Godard est un cinéaste beaucoup plus intellectuel qu'émotionnel. Il y a deux-trois excellentes idées de mise en scène intellectuelles comme celle où on nous explique de manière très détaillé le mode de vie d'une prostituée mais pour le reste on a l'impression qu'il prend un malin plaisir à se couper l'herbe sous le pied, et cela à mesure que la fin approche, et ainsi d'empêcher toute émotion, toute force à son oeuvre (au passage Porthos ne meurt pas dans "Vingt ans après" mais dans "Le Vicomte de Bragelonne" !!!). "Vivre sa vie" est loin d'être une oeuvre qui laisse indifférente mais elle aurait pu encore moins laisser indifférente si Godard avait abandonné quelques-uns de ses réflexes intellos.
bidulle3
bidulle3

86 abonnés 335 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 11 décembre 2011
Nana n'arrive plus a s'en sortir, la vie est trop dur. Elle décide donc de se prostitué pour arrondir ces fin de mois.
Jean-Luc Godard signe un film sur deux points essentiel. La première est la mise en scène qui est remarquable, gros plan sur ces acteurs, musique magnifique, mouvement de caméra, tout y est, ça façon très a lui faire suivre les dialogues sont excellent, il joue même avec les reflets dans un noir et blanc très beaux. Paris est également a l'honneur. Le deuxième point, le plus fort du film c'est Anna Karina, sublime, elle joue avec beaucoup de justesse, beaucoup de sensibilité dans son personnage, étant le thème centrale du film, sa prestation est d'autant plus marquante.
Malheureusement, "Vivre sa vie" traîne, réalisé sous forme de douze petit chapitre, douze scène en faite, tout cela s'enchaîne mais sa n'avance pas, le rythme, très fidèle de son cinéaste peu posé problème, et sa réalisation bien qu'irréprochable sur le fond ne peu convenir a tout le monde et de ce fait, l'intérêt du film se perd.
Une oeuvre à voir surtout pour les fan de Jean-Luc Godard.
Cinephille
Cinephille

174 abonnés 634 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 juillet 2011
C'est très intéressant de voir ou revoir des films pas mal d'années après et alors qu'on connait la suite de la carrière et de la vie du réalisateur. Vivre sa vie a un coté très ambigu qui colle manifestement parfaitement à l'ambiguité de Godard lui-même. On sent qu'il ne parle pas de prostitution par hasard mais que c'est un sujet qui le concerne. Il fait comme si la prostitution était un métier léger, amusant, pas fatigant mais par petites touches et dans la scène finale il montre bien qu'il n'est pas dupe de son discours. Faire jouer à sa femme le rôle d'une prostituée d'abord indépendante puis maquée n'est pas non plus anodin. D'ailleurs le couple en subira les conséquences. On n'est que un an après Une femme est une femme mais le ton est très différent, beaucoup plus grave, sans légèreté, même dans les dialogues. C'est un film attachant, où la forme et les nombreuses références apportent beaucoup au propos. Malgré le temps qui a passé on ne ressent pas de coté démodé voire périmé. Et Karina est comme toujours superbement belle et intemporelle.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 mars 2014
12 tableaux parfaitement mis en scène. De belles images, de très belles répliques. Un film difficile mais optimiste.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 228 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 juin 2011
L'association Godard Karina n'a jamais été aussi magnifique, le plus beau rôle qu'il ait offert à sa muse de l'époque. Un film fort, percutant et émouvant.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 6 janvier 2011
Nana, à qui il manque 2000 francs pour payer son loyer, tombe peu à peu dans la prostitution. En 12 tableaux, Godard livre une fresque sociologique tout en simplicité voire même tout en austerité. Pour lui, la prostitution n'est rien de moins que le reflet de la société dans son ensemble. Ainsi, les règles de travail d'une prostituée et leur énoncé par Raoul, le mac, ne peuvent pas ne pas rappeler la forme d'un réglement intérieur d'entreprise.
Parralelement à cela se développe un regard plus personnel sur Nana (superbe Anna Karina). La mise en scène, en particulier le montage et la photographie, tend toute entière à sublimer Anna Karina et à la rendre encore plus belle qu'elle n'est. Godard filme amoureusement celle qui est à l'époque sa femme, mais le fait sans effet de style et sans paillettes. C'est une prostituée mais elle est belle, naturelle, elle pense (se faisant même la porte parole des réflexions de Godard sur la parole et le langage que l'on retrouvent dans Pierrot le fou en particulier). En résumé, elle est comme tout le monde et pourrait "Vivre sa vie" sans la fatalité de la prostitution ordinaire de la société de consommation.
Un grand film.
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