Les Coen sont décidément bien difficiles à suivre, et Barton Fink fait partie sans nul doute de leurs œuvres les plus impénétrables. Malin celui qui trouve un sens à cette histoire qui paraît basique au départ, avant de partir dans un délire entre film paranoïaque, polar à l'ancienne et humour absurde. Les frangins recyclent et mixent à tout va la mythologie du cinéma US, mais cela aboutit à un bouillon bien indigeste, où l'on se sent aussi perdu que John Turturro, entre les marins, les nababs en costard et les petites pépées. C'est parfois amusant, le plus souvent déroutant, mais pour tout dire le rythme très lent et les changements d'angle narratifs sont trop agaçants. Je ressens Barton Fink comme une œuvre trop prétentieuse, trop calibrée "film de festival". Dommage pour les acteurs qui sont vraiment très bons.
Certains voient dans Barton Fink un satire sur Hollywood. Cela m'a toujours semblé totalement anecdotique dans ce film. Je résumerais ainsi le film : c'est l'histoire d'un auteur égocentrique qui jusque là écrivait sur les gens du peuple mais sans les avoir jamais rencontré (il ne les voyait qu'à travers une carte postale symbolisée dans le film par cette fille sur la plage). Un jour, il rencontre réellement le peuple dont il parlait (Goodman) et devient aveugle. Seul le feu lui redonnera la vue et la possibilité d'enfin entrer dans la carte postale, de découvrir le réel (il est sur la plage avec la fille) et de comprendre que jusque là il ne savait rien, n'avait rien vu. Paralysé par cette révélation, il voit sa plume (symbolisé par un oiseau) tombée dans l'eau. Fin de l'écriture et de sa prétention.
Palme d'or au Festival de Cannes 1991, Barton Fink est un film très intelligent, à la fois drôle, poétique et sombre. Il raconte l'histoire d'un écrivain new-yorkais solitaire et idéaliste, incarné par John Turturro, qui va se retrouver un peu malgré lui à Hollywood pour y écrire des scénarios pour des films de série B. Ce changement entraînera chez lui des bouleversements personnels profonds, et un état de dépression dont seul la complicité d'un voisin d'hôtel très louche – superbement incarné par John Goodman – le soulagera. La musique et les décors sont magnifiques, participant grandement à cette atmosphère si particulière créée par les frères Coen.
Pas évident de se retrouver dans cette histoire délirante ni dans sa fin en suspension. Certaines scènes sont enlevées voire drôles. Mais l'ensemble ne convainc qu'à moitié. Les Coen ont fait bien mieux dans le genre.
Un film sur la création, sur la difficulté de remplir une page blanche, sur la solitude de l'auteur également, témoin ce long couloir qui apparaît souvent et qui se remplira lors de la scène du feu et de l'hallucination de l'auteur. Mais est-ce vraiment la réalité ce que vit ce jeune homme? C'est parfois comique et parfois obscur. Qu'y a-t-il dans cette valise? Que signifie la dernière scène? Il y a du Lynch ici. Assez intéressant
Formidable. C'est l'un des films les plus originaux des frères Coen (Joel à la réalisation, Joel et Ethan au scénario) et l'un de leurs meilleurs. C'est aussi leur dernier film indépendant, plus ou moins autoproduit, avant qu'ils ne soient attirés par les studios hollywoodiens comme leur malheureux héros, Barton Fink. Ironie du sort, c'est donc avec une satire hollywoodienne aux accents kafkaïens qu'ils vont s'ouvrir cette voie. Dans leur viseur : un patron de studio furieusement volubile, tout en démesure louangeuse ou assassine ; un producteur hyper stressé ; des scénaristes alcooliques ou névrosés jusqu'à la folie... Les frères Coen se sont inspirés du Hollywood des années 1940 et notamment de quelques modèles précis pour les personnages de scénaristes : Clifford Odets et Ben Hecht pour Barton Fink ; William Faulkner pour W. P. Mayhew. Avec ça, ils ont brodé une histoire incroyable, toujours surprenante et déroutante, mélange savoureux de drôlerie et d'angoisse. Une histoire d'abord réaliste qui évolue crescendo vers un surréalisme absurde, pur produit de l'esprit fragile et délirant du héros. Avec une intelligence malicieuse vraiment réjouissante, qui oscille entre cruauté et attachement presque tendre pour certains personnages, les réalisateurs-scénaristes parlent ainsi des affres de la création sous pression et d'un système infernal qui broie les talents. Leur inspiration follement originale est canalisée dans un scénario très construit, une réalisation très maîtrisée, témoignant d'un grand sens du détail. Et leurs acteurs sont assez géniaux, John Turturro et John Goodman en tête.
On dit que les frères Coen, alors en manque d'inspiration, ont écrit ce film en 3 semaines! Cette fois ils nous plongent dans un univers étrange et décalé (entre Shining et Ed Wood) habilement teinté d'humour noir, et taclent au passage la machine Hollywoodienne. La mise en scène est ingénieuse, mais comme toujours dans leurs film, ce sont surtout les personnages qui valent le détour. (Bien)
"Barton Fink", une sorte de pendant cohénesque du "Mulholland drive" de David Lynch. L'originalité est de mise, avec un gros travail sur la symbolique et une intéressante recherche dans la réalisation. Pourtant, je n'ai absolument pas adhéré, regrettant le déséquilibre entre la première partie soporifique car trop classique et le virage fantastico-métaphorique du dernier tiers.
Pas mal, vers le début je n'ai pas été très pris car il ne se passe pas grand chose, mais après ça devient plus intéressant et les deux acteurs John Turturro et John Goodman ont fait une excellente performance. Par contre c'est assez difficile de donner un sens à la fin du film.
On connait les frères Coen pas besoin de rappeler leur genre cinématographique. Ce sont les meilleurs au niveau drame/comédie, on passe avec eux du drame et thriller au rire noir grâce à des performances et des dialogues et extrêmement recherché. C'est exactement le cas ds Barton Fink, l'histoire de cet artiste assez perdue comme aux grandes habitudes des frères Coen. Ce personnage est pourtant charismatique par son jeu et sa force de persuasion campée par un acteur génial. Puis il ne faut pas oublier John Goddman qui a mon sens livre sa meilleure performance de sa carrière (sachant qu'il ne joue que des rôles soit similaire soit nul ajd). La satire de Hollywood et de ses studios encore problématiques (voire le boycott du dernier film de Schrader 21/10/2014). Cette satire est crée grâce a deux perso, le producteur et l'auteur. Il y a un sens du cadre et du mouvement incroyable, mais aussi un sens du tempo. Il y a une ambiance propre a leur ciné et il y a surtout du rire ou aucun cinéaste n'arrive à en implanter. C'est pour cela que Barton Fink est l'u ou peut être le meilleur film des frères Coen. A voir immédiatement, je suis moi même triste de ne le découvrir qu'a 17 ans. Finissons sur une bonne note "ce que les gens sont cruels"-John Goodman est cette réplique donne le ton du film.
Un film superbement mis en scène et parfaitement interprété. Barton Fink n'échappe pas au classique maniérisme des frères Cohen : assez élitiste, plutôt guindé et assez maniéré scénaristiquement, le film se perd parfois dans des considérations un brin intello. Malgré tout, les cinéastes s'en tirent grâce à une mise en scène assez admirable, simple mais pleine de bonnes idées. Hollywood est caricaturé à grand coup de truelle, mais cela reste assez charmant. Les personnages sont plutôt attachants et sont incarnés de façon très convaincante par un John Turturo au sommet de son art et un John Goodman assez génial. L'histoire est au final assez incompréhensible et parfois creuse, mais on finit par se laisser emporter. Les seconds rôles aussi sont assez délicieux.
Palme d'Or 1986, Barton Fink, le 4ème film des frères Coen, est pétillant d'intelligence. S'inspirant d'une histoire assez simple (un écrivain new yorkais s'essaye à Hollywood mais est confronté au syndrome de la page blanche dans le milieu hollywoodien), Barton Fink est un film complexe, qui fait aller du rire aux larmes avec beaucoup d'efficacité. D'abord, il rejoint cette lignée de films proposant un regard assez critique sur Hollywood (Maps to The Stars, Mulholland Drive, Boulevard du Crépuscule...), avec le personnage du directeur de la scoiété de production, mégalo, ivre de pouvoir et domination sur les autres, qui traitent les émotions du cinéma comme des techniques du vente . Mais c'est loin d'être le seul atout du film ! L'hôtel délabré ,par exemple ,dans lequel loge Barton Fink (John Turturro qui ressemble trait pour trait à Harold Ramis dans SOS Fantômes) est décrit par exemple avec beaucoup de finesse et de détails, tantôt kafkaïen (le papier peint !), tantôt lynchien (les longs plans inquiétants des couloirs). Il semble être responsable du blocage de Barton. De même, le jeu de John Goodman est exceptionnel, passant du gentil copain, affectueux au tueur psychopate. Encore un des éléments qui vient pimenter ce magnifique film Et enfin, la fin, que je ne révèlerai pas, la dernière réplique, qui vient résumer toute la tragique ironie du film. Bref, un film compliqué mais réellement sublime !