Plus de quinze ans que je n'avais pas revu « Basic Instinct », cette ressortie en salles était donc une belle occasion de se plonger dans le thriller vénéneux de Paul Verhoeven qui avait tant fait parler à sa sortie. L'une des premières remarques que je me suis faite, c'est « qu'est-ce que cela aurait pu être mauvais dans des mains moins expertes... ». En effet, qu'il devait être tentant de tomber dans du racolage facile, où l'érotisme aurait pris le pas sur la mise en scène, l'histoire et les personnages.
Le futur auteur de « Stasrhip Troopers » en est d'ailleurs parfaitement conscient et en joue énormément : sous-entendus sexuels fréquents, sensualité exacerbée, musique lancinante omniprésente... Tout a été pensé dans cette perspective, quitte à en surjouer par moments. Sauf qu'avec le « hollandais violent », ça n'a évidemment rien d'anodin. Tous ces éléments sont au service de l'atmosphère, du récit, de la relation trouble entre le flic et sa suspecte, où l'on est très, très loin du manichéisme fréquent.
Assez peu nombreuses, les scènes « érotiques » sont, une fois n'est pas coutume, toujours au service du scénario et se justifient toujours par le suspense qu'elles engendrent. Sans qu'il y ait vraiment de doute sur l'identité du responsable, la tension reste constante, et ce jusqu'à la dernière scène, inoubliable (au moins autant, à mon sens, que le fameux (dé)croisement de jambes stonien!).
Quelques incohérences pour « arranger » l'avancée des événements, mais ça reste du très bon boulot, Michael Douglas en anti-héros subjugué par sa « proie » et Sharon Stone, sublime, digne héritière des plus belle femmes fatales de l'Histoire du cinéma dans ce qui est, de loin, le personnage le plus intelligent du film (peut-être est-ce ça, le « vrai » féminisme sur grand écran?), formant un duo devenu incontournable pour tout cinéphile. Le scandale vieillit parfois fort bien.