La Belle et la bête
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Barth
Barth

6 abonnés 325 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 mars 2014
La Belle et la Bête de Cocteau doit beaucoup à ses sublimes décors et à ses acteurs qui mettent de la force à une histoire un peu trop simpliste.
Caine78

7 757 abonnés 7 399 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 février 2014
Difficile de ne pas faire la comparaison avec la version 2014, surtout lorsque vous avez vu cette dernière la veille... Pourtant je n'aime pas trop ce genre de procédés, et vais donc essayer d'en faire le moins possible sur le sujet, d'autant que les points forts et faibles sont en définitive un peu les mêmes. La principale différence (et elle est essentielle), c'est que le film de 1946 est un cran au-dessus à tous les niveaux. Inventivité, trouvailles, décors, photographie... Si le Christophe Gans s'en sort mieux sur quelques détails, il faut reconnaître qu'il n'a pas l'élégance et encore moins la poésie d'un Jean Cocteau touchant parfois au sublime, notamment lors de la découverte du château par Belle : un très grand moment. Après, ce n'est pas parce que celui-ci est un monument du cinéma français qu'il est interdit d'émettre quelques réserves. D'abord, la relation entre les deux héros a beau avoir de bons moments et proposer de belles choses, elle n'est pas toujours totalement convaincante, d'autant que Cocteau a beau être Cocteau, certains dialogues seraient juste interdits aujourd'hui (« Belle, vous êtes la plus belle », désolé, mais non!), sans oublier une Josette Day franchement médiocre. Mais par ailleurs on ne s'ennuie jamais, l'histoire reste intemporelle, Jean Marais est plutôt bien (non, non, ce n'est pas une vanne) et son maquillage impressionnant. Et puis c'est tout simplement l'une des rares vraies réussites hexagonale dans le registre fantastique, alors malgré ces réserves et un léger coup de vieux, « La Belle et la bête » reste une œuvre importante que j'ai pris plaisir à (re)découvrir au cinéma.
sword-man
sword-man

103 abonnés 1 017 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 février 2014
Classique parmis les classiques du cinéma français, réalisé par Jean Cocteau, artiste touche à tout (poème, peinture, théatre, cinéma ) en 1946, "La belle et la bête" est l'un des rares films français fantastiques acclamés par une industrie qui reste assis sur ses acquis, et n'ayant aucune envie de cinéma aujourd'hui. L'économie de moyens déployés à l'écran force le respect et contribue à l'ambiance étrange du film. Le noir et blanc est superbement utilisé, il n'est pas "beau" mais renforce le sentiment d'étrangeté et de peur. Car oui, à mon sens "La belle et la bête" version Cocteau fait peur en tout cas à moi. Le réalisateur nous le demande en début de film "bien que cette histoire soit fausse et naïve je vous demande d'y coire comme un enfant". Et bien ça fout les jetons... C'est autre chose que les films de serial killers ou de monstres sanguinaires. ça c'est plutôt pour le côté positif, car j'ai trouvé la narration plus théâtral que cinématographique et qui sort un peu de l'immersion. Mais heureusement les dialogues sont excellents et très poétiques.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 25 février 2014
La meilleurs versions de la belle et la bête, encore inégalé aujourd'hui
JohanJett
JohanJett

39 abonnés 209 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 21 février 2014
Bien, que Jean Cocteau a pris quelques libertés sur la troisième version du conte, celui de Madame Jeannne-Marie Leprince De Beaumont,car deux autres existaient avant celle de la conteuse,une au deuxième siècles avant J-C par Apulée et une autre au IV ème siècle par Madame Gabrielle- Suzanne De Villeneuve qui représentait une créature reptilienne mi homme-mi bête avec des écailles qui était beaucoup plus proche du mythe que du conte .

La version de Madame De Beaumont qui fut la plus adaptée au cinéma dont l'histoire est une métaphore entre la beauté et la laideur,la lumière et l'ombre des lieux éclairés du coté de la Belle,et de l'obscurité du coté de la Bête est certainement de loin la meilleur par rapport aux deux autres conteurs avant elle,car elle est beaucoup plus psychologique ,très proche du mythe grecque de Psyché.

le poète Jean Cocteau à réussit l'un des plus grands films de conte,et sans doute le meilleur grâce à une méthode de truquage qui inspira plus d'un cinéastes talentueux qui suivront comme Tim Burton la méthode coctoliene.

Après avoir vu les versions de Christophe Gans qui est à demi réussie , seuls, les décors sont somptueux ,les couleurs chatoyantes sont magnifiques et les effets -visuels extraordinaires, tout le reste fut catastrophiques,et celle de Disney,dont les personnages principaux sont bien dessinés avec une excellente animation,car les studios Disney se sont inspirés de l'ouvrage de Cocteau,comme la bougie et l'horloge avec un scénario original malgré l'éloignement du conte originel de Madame De Beaumont. C'est celle du cinéaste,scénariste et poète Jean Cocteau qui est la plus proche adaptation du conte De Beaumont,car le visionnaire avait réalisé une syntaxe en faisant un découpage des textes . Dans son film,Cocteau n'a rien ôté des textes qu'il n'appartenaient pas au récit du conte,ni aucuns dialogues,il à simplement découpé quelques mot en raccourcissant la phrase tout en gardant l'essentiel,on appel cela être un génie.

Le scénario est excellent,les dialogues sont pleins de poésies,les truquages,les décors et les costumes ,le maquillage de la Bête , sans oublier la photo de Alekan,la composition musicale angoissante de Auric, et le travail d'une mise en scène de l'un des plus grands plasticiens français du 7ème Art, Cocteau était un perfectionniste qui savait rendre le coté surréaliste de son film comme un véritable ouvrage.

Bien ,que ce film soit très daté,c'est celui qui est le plus étudiés dans les écoles françaises d'arts et d'essais avec "La Règle du Jeu", mais comme aux Etats-Unies et partout,à l'étranger. les cinéastes Martin Scorcese ,Tim Burton et bien d'autre grands maître de la mise en scène le considèrent comme l'un de leurs films étrangers préférés. Orson Welles avait dit en voyant pour la première fois La "Belle et la Bête" de Cocteau en 1947 aux Etats-Unies "C'est un Ruban de rêve".

Le film n'est pas seulement excellent par sa mise en scène,mais également par un jeu extraordinaire des acteurs principaux: À commencer, par le grand Jean Marais qui interpréta trois rôles différents celui du prince , de Avenant et de la Bête ,laquelle dans mon enfance me faisait des nuits cauchemardesques ,car le masque de celui de Marais était plus réussi et bien plus terrifiants que de toute les adaptations du conte De Beaumont ,y compris celui de Vincent Cassel où j'avais l'impression de sympathiser avec une image numérique. la comédienne qui joua Belle fut la plus remarquable de toute les interprètes ,y compris celle de Léa Seydoux dont son rôle ne m'a pas donné autant de forces et d'émotions que le personnage magnifiquement bien campé,par la plus Belle des Belles,Josette Day. Les second rôles comme les deux soeurs sont les plus extraordinaires de sincérité dans leurs jeux bien que théâtraux que celles qui sont mal interprétées dans les autres adaptations,aucuns acteur jouaient faux,tous étaient excellents.

La Belle et la Bête est un chef-d'oeuvre plein de poésie du patrimoine français et l'héritage que nous a laissé le grand Cocteau.

La grande actrice Suédoise,la Divine Greta Garbo,lorsque le film français de Cocteau était présenté aux Etats-Unies devant le gratin de Hollywood,disait en voyant pour la première fois en 1947 le visage de Jean Marais"Rendez-nous la Bête",car peut être que vous l'ignorez,c'était le film étranger préféré de la plus part des acteurs de l'époque de l'Age d'Or d'Hollywood,et je suis d'accord avec la Divine et Orson Welles,le Chef-d'oeuvre du plus grand poète de France,Jean Cocteau est "un Ruban à Rêve".
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 février 2014
Lorsque j'ai vu ce film pour la première fois, j'avais à la fois une envie folle de le regarder car c'est mon compte préféré mais j'étais aussi pleins de doutes car c'était un film des années 40.
Mais je n'ai pas étais déçu du tout de voir ce film, car pour sa date de création, les effets spéciaux, les costumes, les décors, etc, on était si bien fait que l'on pourrait pratiquement croire que c'est un film des années 2000, sauf, que le film est en noir et blanc.
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 6 février 2014
La belle et la bête est un conte de Jeanne Marie Leprince de Baumont, il est un de mes contes préférés, je l'ai lu puis ensuite j'ai visionné le Disney que j'ai adoré et ce film. La magie n'a pas eue lieu. C'est très théâtral, j'ai pas trouvé ça poétique, pour ce qui est des acteurs j'ai eue l'impression de voir des robots qui récitaient machinalement leurs textes sans y croire. Le costume pour la bête est assez loupé car il ressemble plus a un vampire qu'a une bête. Le noir et le blanc ne met pas en valeur le château magique ni la pellicule ! Bref je comprends cependant que les gens aient aimé ce film ^^
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 2 février 2014
Vu pour la première fois il y a quelques semaines, j'avoue un peu honteusement que je ne suis jamais rentré dans ce film. Oser critiquer un chef d'oeuvre confère presque au blasphème, mais je trouve que ce film a mal vieilli. Les scènes de forêt me rappellent irrésistiblement Thierry la Fronde, c'est vrai que ça n'aide pas à trouver la magie. Au 2/3 du film on perd le fil narratif avec des longueurs certaines dans le village de la belle.
Les deux acteurs principaux sont intéressants, et le maquillage de la bête certainement novateur à l'époque. Dans le château j'ai bien aimé les chandeliers et autres objets anthropomorphes.
Par contre pour moi la scène finale est rédhibitoire, la transformation de la bête en prince en collant et culotte bouffante est tout simplement ridicule.
Ciné2909
Ciné2909

93 abonnés 1 668 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 janvier 2014
Réalisé en 1946 par Jean Cocteau, le poids des années se traduisent par le noir et blanc et quelques effets spéciaux aujourd’hui clairement dépassés. En revanche, l’œuvre tout comme Josette Day reste magnifique avec notamment cet incroyable château qui prend soudainement vie à travers les bras qui surgissent des murs. De même, l’apparence de la Bête reste encore bluffante avec un Jean Marais totalement méconnaissable ; élément tout de même indispensable pour ne pas tomber dans le ridicule. La Belle et la Bête est un classique du cinéma français qui n’a finalement pris aucunes rides et que tout amateur de contes de fée doit découvrir.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 16 janvier 2014
Le charme et la magie qui se dégagent de cette oeuvre sont indescriptibles. J'ai été totalement surpris par la profondeur des dialogues joués par d'excellents acteurs, eux même dirigés par un réalisateur hors pair. Voilà le cinéma français dans toute sa splendeur, tout son éclat, pénétrant les âmes tourmentées pour les divertir et les apaiser. Un trésor du septième art dont on ne se lasserai jamais. 5/5
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 janvier 2014
Cocteau, inutile de le préciser, fut un artiste aux multiples talents. Peintre, poète, réalisateur, acteur, scénariste, l'homme remplissait autant de fonctions d'autant qu'il était doué dans ce qu'il entreprenait. Après de multiples essais cinématographiques plus ou moins expérimentaux ("Le Sand d'un poète" par exemple), Cocteau décide en 1946 d'adapter au cinéma le célèbre conte de Mme de Beaumont, j'ai nommé "La Belle et la Bête". L'histoire d'une fille décidemment très belle qui, pour sauver son père de la mort, décide de prendre sa place auprès du bourreau, une bête. Toutefois, cette bête ne se révèle pas être un monstre au fond de son cœur, bien au contraire... Tout le monde connaît le speech de ce conte, notamment ceux bouffés par l'adaptation made in Disney (qui s'est largement inspiré du film de Cocteau, soulignons-le). Mais venons en plutôt à l'essence même de l'œuvre de Cocteau. Celle-ci commence d'ailleurs d'une manière plutôt originale. On aperçoit le réalisateur inscrire à la craie, sur un tableau noir, le nom de ses deux interprètes principaux, le formidable Jean Marais et la charmante Josette Day, suivi du titre du film. Tout cela rappelle (ou du moins, m'a rappelé) ces années collèges ou les professeurs essayaient tant bien que mal, d'intéresser les élèves aux classiques de la littérature. Cocteau commence son film ainsi. Il est le professeur, le conteur. A nous d'écouter ce qu'il a à nous raconter. Enfin, pour conclure le dit générique, Cocteau se permet même d'insérer le début d'une prise, qu'il coupe immédiatement, pour laisser place à un texte demandant au spectateur de retrouver sa naïveté enfantine. Non pas pour être dénué d'esprit critique, loin de là, mais pour profiter pleinement du conte qui va suivre, et être au maximum réceptif à toute la magie qui va en découler. Effectivement, "La Belle et la Bête" est l'un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir, et ce en ayant adopté la naïveté tant voulue par le réalisateur. Tout est excellent, du scénario aux dialogues, de la mise en scène aux décors en passant par les costumes. En regardant le film, rien qu'en étant un minimum attentif aux plans montrés, on ne peut que saluer le travail fait par Cocteau et son équipe, tant ça regorge de détails. Tout est relevé d'un imaginaire fabuleux, de la salle à manger du château avec ces chandelles portées par des bras humains, de ces statues humaines près de la cheminée qui crachent de la fumée. Le maquillage de la Bête est, lui aussi, formidablement réussi grâce au travail d'orfèvre de Christian Bérard. On s'amusera aussi à reconnaître l'influence de la peinture flamande (notamment Vermeer ou Van Eyck) pour les scènes dans la maison du père, et de l'expressionnisme allemand et du cinéma surréaliste d'avant-garde pour les scènes au château. Jean Cocteau signe ici un véritable chef d'œuvre intemporel, dont la magie, encore aujourd'hui, reste intact et fait rêver adultes comme enfants. Malgré certaines libertés prises par rapport au contre d'origine, le film rend pleinement hommage aux écrits de Mme de Beaumont et au Septième Art tout simplement. Un film réalisé avec amour de la part de Cocteau. Amour de la littérature, de la peinture, du cinéma, des arts en général.
Malevolent Reviews

1 105 abonnés 3 207 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 janvier 2014
Bien que la version Disney soit la plus connue (mais aussi la plus réussie, n'ayons pas peur de l'affirmer), La Belle et la Bête de Jean Cocteau parvient toutefois à conserver tout son charme d'antan. Certes très théâtral, surjoué et parfois assez cucul, le film n'en demeure pas moins une œuvre poétique, truffée d'effets spéciaux immortels et d'une atmosphère onirique inébranlable, appuyé par des décors somptueux, des costumes éblouissants et une mise en scène légère et envolée où l'on assiste, impuissant, à ce drame fantastique prenant... Chateau aux pièces sans fin, miroir magique, statues vivantes, cheval blanc aux vertus surnaturelles, gants pouvant déplacer la personne qui le porte là où elle le désire... Les éléments fantastiques sont omniprésents, défiant le temps, dévoilant le talent de Cocteau à mêler imagination et système D pour des effets spéciaux intelligents qui accentuent le côté onirique du long-métrage (les mains servant de trépieds aux torches en sont le parfait exemple). Reprenant fidèlement l'intrigue poétique du conte de Jeanne-Marie Leprince de Beaumont, le scénario y rajoute de l'humour, un décor concret et de nouveaux personnages pour une adaptation pleinement réussie. On pourra peut-être regretter le jeu froid de Josette Day ou encore celui, très poussif, d'un Jean Marais un peu trop impliqué sur le projet mais la beauté du film et celle de son histoire émouvante nous font oublier ces détails d'interprétation (également dus à l'époque). Ainsi, La Belle et la Bête version 1946 est un long-métrage sincèrement magnifique, presque un chef-d'œuvre qui a certes extrêmement vieilli (notamment au niveau des dialogues et de quelques maquillages) mais qui conserve en lui toute l'innocence d'un amour profond pour le conte d'origine retranscrit ici à la perfection.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 janvier 2014
En fait je n'aime pas le conte de La Belle et la bête. C'est aussi simple que ça, et on aura beau l'analyser d'une façon psychologique ça ne changera rien pour moi. Le Disney me gonflait déjà petit d'ailleurs. Alors bon, le film de Jean Cocteau est pas mauvais, au contraire même, il y a des plans vraiment réussis, avec un côté clair-obscur très intelligent pour montrer la dualité du personnage de la Bête (une mise en scène au service de son scénario c'est quand même l'intérêt du cinéma, non ?), mais après je n'accroche jamais complètement parce qu'on aura beau me raconter l'histoire de cinquante façons différentes je pense que je n'arriverais pas à y accrocher vraiment (à voir avec les prochaines versions de la Belle et la Bête qui vont sortir en 2014 d'ailleurs). Bref, un bon film même si je n'ai pas plus aimé que ça.
boies
boies

13 abonnés 136 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 décembre 2013
Le plus grand chef-doeuvre de jean cocteau,une reusite absolu tout sinplement un chef-d'oeuvre,un regal absolu.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 6 novembre 2013
Pour les 50 ans de la mort de Jean Cocteau, Arte a diffusé "La belle et la bête" en version restaurée suivie par le documentaire "Cocteau-Marais, un couple mythique" il y a un mois environ. France 2, quant à elle, a rediffusé "Les parents terribles" tout juste avant "La belle et la bête". A la radio, RTL a annoncé l'ouverture de l'exposition "méditerranéenne" à Menton, fief de Cocteau, dès le jour de l'anniversaire de sa mort.
En véritable artiste de son temps (poète, romancier, dramaturge, homme de théâtre, cinéaste...), Jean Cocteau reste une référence du genre. Son premier film, le moyen-métrage "Le sang d'un poète" (1930), non-moins connu d'ailleurs, est tiré de son imagination. Associé au surréalisme, "Le sang d'un poète" est non seulement une œuvre expérimentale, mais il est considéré comme son film le plus personnel. "La belle et la bête", en production dès 1945, marque son retour derrière la caméra. Il s'agit de son deuxième film et premier long-métrage.
"La belle et la bête" a été restaurée en copie numérique puis est ressortie en salles courant septembre 2013, soit 67 ans après sa première sortie nationale (1946).
Le film ayant été tourné tout juste après la Guerre, Jean Cocteau rencontra plusieurs problèmes techniques : pellicules manquantes, pannes de courant, absence de courant. Il fut aussi contraint de travailler sous la torture en raison de sa maladie de peau. Hospitalisé et guéri durant le tournage, il réussit à finaliser le film tant bien que mal (Jean Marais avait été mobilisé par l'armée).
Mais revenons un peu plus sur le film en lui-même, premier pour Cocteau donc !
"La belle et la bête" prend origine du conte français de Madame Jeanne-Marie Leprince de Beaumont. Histoire (connu de tous d'ailleurs) : pour sauver son père qui a osé volé une rose sur les terres du château de la Bête, Belle va devoir vivre avec la Bête... .
Véritable hymne à la liberté, Jean Cocteau prend ses aises et nous balance sa magie à tout bout de champ. Aaah Cocteau... Jean Cocteau ! Et ses premiers amours de peindre un monde désenchanté ! Super !!
Réaliste dans sa dose de fantastique, il délivre la Bête de la bestialité qu'elle avait dès qu'on la rencontre. Le père (magnifique composition de Marcel André par ailleurs) est le premier à avoir peur et propose à la Bête de lui envoyer sa fille Belle (l'éclatante Josette Day) pour se racheter de son méfait. La Bête accepte et tombe amoureuse de Belle. Véritable "Roméo et Juliette" de par ses accents enchanteurs, Cocteau appuie là où ça fait mal. La Bête devient naïve (donc belle) rendant Belle bête face à ses sœurs toujours plus mesquines et radines à souhait (j'en profite pour dire que les actrices (les sœurs) jouent bien). Cocteau met ainsi un point d'honneur à inverser les rôles principaux et faire de cette dualité un assemblement particulier, celui du mariage. En cela, la scène finale clôt admirablement le conte entamé par le génie de Cocteau. Du très beau boulot ! "Il était une fois une fois... Jean Cocteau." Une histoire merveilleuse et malgré tout fantastique car dominé par un Jean Marais époustouflant de vérité. Exceptionnel !
De plus, parachevant avec sa mise en scène, Cocteau propose et crée de sa patte un monde merveilleux en acceptant les partitions de Georges Auric (compositeur sur "Orage" d'Allégret, "Le salaire de la peur" et tant d'autres...)(toutes aussi sublimes les unes que les autres sauf pour le final qui se fait vieillot), les costumes bestiaux de Christian Bérard (il s'agit de sa seule incursion cinématographique à ce poste)(maquillages, perruques, tenues et coutures (de Pierre Cardin !!, alors à ses débuts !) superbes), les décors gargantuesques (même si l'on reste dans les mêmes pièces du château, le sens du détail est on ne peut mieux aiguisé), les effets visuels et spéciaux (maîtrisés à la perfection, n'en déplaise aux diamants de Belle !), la photographie de Henri Alekan (il a continué à travaillé la photo pour Duvivier ("Anna Karenina"), "Les parisiennes" (avec Johnny)...)(un N&B épuré et stylisé) et des couleurs rafraichissantes à souhait (Josette Day illuminant et traduisant à merveille le rêve qu'elle nous fait vivre) ! Un conte de fées moderne qui puise son originalité dans nos peurs les plus profondes. Tiens, encore un antagonisme ! J'ai l'impression que Cocteau sait tellement bien jouer avec eux qu'ils les marient avec intelligence et parcimonie. Je peux ainsi dire qu'il s'agit d'un maître en la matière, et ce, seulement pour sa première réalisation !!!
Je termine avec le casting, féerique au possible : Jean Marais (véritable trogne d’époque : "Orphée", "Le bossu", "Fantômas"...), excellentissime dans un triple rôle (Avenant, la Bête et le prince), Josette Day (déjà vue chez Pagnol dans "La fille du puisatier"), éclaboussante de lumière, sublimissible, Marcel André (on a pu le voir dans "Hôtel du nord" et "Thérèse Raquin", tous deux de Carné !), magnifique dans le rôle du père, et Michel Auclair en bon jeune premier (il tourna ensuite pour Clouzot ("Manon"), Grangier...).
Pour terminer, "La belle et la bête" est un film d'auteur à part entière. Considéré comme le seul chef d’œuvre de Jean Cocteau, le film restera à jamais dans les annales du cinéma français, et fait partie, comme le "King Kong" de 1933 chez nos voisins américains, des monuments du septième art.
Un film mythique qui se verra adapté plusieurs fois dont la version de 1992 signé Walt Disney.
Notes : l'assistant-réalisateur n'est autre que René Clément, le futur réalisateur de "Paris brûle-t-il" !!
De plus, "La belle et la bête" a remporté le Prix Louis-Delluc lors de sa cinquième édition.
Spectateurs, le spectacle est garanti. Envoûtons-nous !
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