Derniers Avis : L'Année dernière à Marienbad - Page 5
L'Année dernière à Marienbad
Note moyenne
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ElAurens
91 abonnés
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0,5
Publiée le 8 août 2011
Un supplice visuel, une torture cinématographique, un calvaire incommensurable, une souffrance absolue. Je félicite toutes les personnes qui ont pu aller au bout, moi j’en ai été absolument incapable. Compter le nombre de cailloux qu'il y a devant chez moi me serait plus agréable que de regarder ça.
Existe-t-il film plus surprenant, plus fascinant et plus mystérieux que L'Année dernière à Marienbad ? Alain Resnais persiste à dire qu'il ne s'agit ni plus ni moins qu'un exercice de style. Mais ce film, unique, adaptation du Nouveau roman, n'en finit pas d'hypnotiser le spectateur, qui n'a qu'à se laisser bercer par le flot ensorceleur du voyage à travers ce labyrinthe cinématographique.
Dans un décor écrasant, des âmes errantes ne se souviennent plus très bien de l'année dernière à Marienbad ou ailleurs... Ce film au combien vain et prétentieux, finit par faire sourire quand il n'agace pas. C'est en tout cas devenu une curiosité historique, car le temps des aventures formelles est un peu disparue (fort heureusement). Cette œuvre qui finit par briser toute possibilité de narration aurait bien pu enterré le cinéma définitivement. Reste ici et là le charme désuet et baroque de l'esthétisme, de simple sensations photogéniques. "Toujours des murs toujours des couloirs toujours des portes"... et toujours le maniérisme de Resnais qui atteint le paroxysme du ridicule dans le déhanchement sophistiqué de Delphine Seyrig. Contrairement aux personnages de ce cauchemar schizoïde nous ferions peut-être mieux d'oublier ce film et une grande partie de l'œuvre inutile d'Alain Resnais et de son comparse Robbe Grillet
J'ai du mal avec les début de Resnais dans le long-métrage. Continuant dans la lignée d'Hiroshima, mon amour de par sa prétention et son ennui chronique, ce film repose sur une intrigue toute con : Est-ce que les deux personnages étaient à Marienbad l'année d'avant ? On aura jamais la réponse et on s'en fout. L'année dernière à Marienbad ressemble à un cauchemar, c'en est l'idée même à la fois pour les personnages et malheureusement pour le spectateur également. Il reste une mise en scène impeccable et un très beau décor mais qui ne sauve pas le film d'un ennui putride pour citer mon prof de documentaire.
Un film de Resnais écrit avec un pape du Nouveau roman, Robbe-Grillet, qui m'a fait exactement le même effet que les romans du genre qu'on m'avait enseigné à l'école : intelligence, virtuosité de composition, mais aucune empathie, un exercice passablement gratuit (comme le jeu, grand thème du film). C'est d'une beauté plastique extraordinaire, la construction narrative est superbe, le baroquisme des décors répond à la l'indétermination et à l'aspect en trompe l'oeil du récit, les visions des paysages ont un mystère à la De Chirico et Delphine Seyrig est fascinante. Mais bien long… Bref, vu entre ennui et admiration.
Second film d'Alain Resnais aprés le sublime "Hiroshima mon amour". Dés le début du film on sait que l'on va assister à un film poétique comme la était sa premiére oeuvre même si "L'année dernière à Marienbad" ne l'ai pas autant que son premier film. L'ambiance totalement onirique et suréaliste de ce film est assez troublante au début mais on finit par être emporté par ce récit grace à une mise en scéne assez spécial mais trés reussi. La musique du film est quant à elle aussi troublante que le film. Une reussite ce second film d'Alain Resnais.
Robbe-Grillet et Resnais, deux potos amateurs d'auto-branlette mentale s'allient pour chier cinq heures de chef-d'oeuvre moderniste - ah non 1h30. Des images léchées et "super, on comprend que dalle à moins de se retaper dix fois chaque séquence, calepin en main", voilà les bons points. Dans les mauvais, y en a quand même un gros : non seulement tu te fais chier, mais en plus ça devient une vraie torture de regarder, big up à la pourrave musique d'orgue bouillabesque, là 80% du temps. Ma demi-étoile, c'est parce que ça ravira les faqueux de cinéma snobinards ou high, ou les fans de Resnais tellement à fond qu'ils se rendent pas compte qu'il a complètement déconné sur ce coup-là.
Un film difficile à apprécier, en particulier le début. La voix-off impose au spectateur de longs monologues, pas forcément désagréables au demeurant, mais souvent soporifiques. L'arrière-plan musical devient vite soulant, même pour ceux qui aiment l'orgue. Le cadrage est en revanche finement pensé, le noir et blanc lui donnant encore plus de force. L'intrigue est plus que légère et surtout alambiquée, du coup on décroche assez vite. Le trio d'acteur n'a rien d'exceptionnel. Delphine Seyrig est une beauté fadasse, son apathie n'arrangeant rien. Les deux coqs qui s'affrontent pour son amour se livrent à un combat digne du duel entre Gérard et René lors de la finale régionale des chiffres et des lettres. La voix envoûtante de Giorgio Albertazzi n'y change rien. Pas pour moi donc.
Un film parfait pour les pédants! Certes "L'année dernière à Marienbad" est un classique français. Certes Alain Resnais est un excellent réalisateur. Pourtant l'ambiance m'a rebuté et j'ai trouvé les dialogues et le scénario très lent et sans évolution (même s'il y a de nombreux flash-back, ellipses, etc): je me suis ennuyé. Mais ce film d'Alain Resnais n'est tout de même pas mauvais selon moi, donc je lui mets tout de même deux étoiles. Je me demande parfois comment les gens notent les films, si cette note est influencée par les critiques qui fichent comme "classique" certains films, ou si c'est moi qui manque le coche...
Allez à l'encontre de la critique pour ce film est difficile. Evidemment Renais est un grand réalisateur qui signe une oeuvre d'art somptueuse mais prétentieuse à en rebuter plus d'un.
16 171 abonnés
13 132 critiques
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4,0
Publiée le 9 avril 2020
Alain Resnais nous offrit, il y a près de soixante ans, une oeuvre rèvolutionnaire : "L'annèe dernière à Marienbad". Des critiques et cinèastes aussi diffèrents aimèrent passionnèment ce film gèomètrique où le montage faisait alterner le passè, le prèsent et le futur mais aussi le rèel ou l'imaginaire! Un exemple unique de langage filmè qui baigne dans une atmosphère ètrange reflètant l'univers inconscient de personnages filmès de « l'intèrieur » . L'aspect physique des acteurs colle parfaitement à cette histoire en introduisant le spectateur dès les premières images dans le fantastique : Delphine Seyrig, languissante et intemporelle, mais aussi le visage impassible et glacè de Sacha Pitoëff (cf. les allumettes). Complexe et difficile d'accès, ce film de Resnais n'en reste pas moins fascinant à chaque nouveau visionnage même s'il demande au public une attention soutenue! En tout cas ça donne envie de visiter le château de Nymphembourg et le parc du château de Schleissheim pour s'ègarer de nouveau dans ce très fascinant labyrinthe kafkaïen...
Je n'ai peut-être pas autant accroché à l'histoire de ce film qu'à celle d'hiroshima mon amour, mais ce film est vraiment beau, envoûtant où le passé se mêle en présent, le montage fait en sorte de maintenir cette confusion et de mettre les deux dans la même séquence… un film sur le souvenir, l'amour. Un beau film, bien que répétitif dans ses propos, dans ses scènes, mais c'est ça qui fait la beauté de ce film.
En parallèle de la Nouvelle Vague (à laquelle il n'appartient pas), Resnais explore de nouvelles façons de raconter une histoire avec un film en prolongeant la démarche du nouveau roman. Sur le thème de la mémoire, ou plutôt de l'oubli, Resnais raconte finalement une histoire ô combien classique (une femme mariée rencontre un homme, ils se donnent RDV dans un an pour éventuellement faire leur vie ensemble), mais de façon très opaque. En effet, la description dans la parenthèse n'est même pas un spoiler car de tout cela on ne sait ce qui est arrivé, rêvé, souvenu ou oublié. Le chateau et ses longs couloirs tantôt déserts, tantôt habités, est la métaphore de la mémoire qu'on parcourt sans trop savoir où l'on va, si on veut vraiment trouver ce que l'on cherche... Le film regorge de nouvelles techniques de mise en scène (un plan coupé brièvement par un autre, puis de plus en plus longuement avant de lui faire totalement place, surexposition aveuglante de lumière blanche, bande-son sans rapport direct avec l'image...) pour figurer la confusion de Delphine Seyrig, l'imperceptible mélange des différents univers qui se mélangent. Il en est même parfois difficile à suivre. Pas évident de ne jamais décrocher, mais comme dans Hiroshima mon amour, le drame devient émouvant vers la fin du film, faisant de ce dernier quelque chose de plus qu'un film expérimental, lui conférant une âme, même si la sincérité de Resnais ne fait jamais de doute. Il s'agit vraiment d'un objet unique, qui surprend et étonne inévitablement au premier visionnage, comme très peu de films. Précieux, donc.
Du parc aux salles d’un château, des voix résonnent comme un écho. «L’année dernière à Marienbad» (France, 1961) d’Alain Resnais situe une horde de bourgeois dans les méandres d’un temple aristocratique. Après ses collaborations avec Jean Cayrol (le capital «Nuit et brouillard») et Marguerite Duras («Hiroshima mon amour»), Resnais s’associe avec Alain Robbe-Grillet pour appliquer la révolution du Nouveau Roman au bouleversement cinématographique engagée à travers le monde dans les années 60. Un homme étranger rencontre une femme dans un château à l’architecture classique. Il la reconnaît et lui apprend l’avoir déjà vu l’année dernière. La femme, par dédain ou par lacune, ne se souvient pas de cet homme. Les premiers films de Resnais, forts d’expériences formelles quasi-élégiaques, cristallisent les déchéances politiques et humaines qu’a connu la majorité du monde au cours de la seconde guerre mondiale. Poursuivant sur le thème final du texte de Cayrol, dit par Michel Bouquet dans «Nuit et brouillard», Resnais développe la notion de négationnisme. Par la méconnaissance de la femme (Delphine Seyrig) vis-à-vis de l’étranger (Giorgio Albertazzi), Resnais formule une image de l’oubli. La façon très mesurée avec laquelle il filme les couloirs de ce théâtre de l’esprit absurde représente les lieux comme les limbes des Enfers. Projection de l’esprit, tous les évènements qui façonnent «L’année dernière à Marienbad» et qui le configurent selon une géométrie vertigineuse et centripète donnent à l’ensemble une forme trouble. Composé d’éléments disparates, le «tout» du film est un animal hétérogène sublime. La même année, Antonioni poursuit sa trilogie et réalise «La Notte» dans lequel un couple se perd et s’oublie. La notion de perdition, appliquée au niveau de la mémoire par Resnais, interroge le devoir de l’individu à préserver la connaissance des évènements du passé. La mise en scène par laquelle en passe Resnais pour exprimer une telle idée est assurément extraordinaire.