Boulevard du crépuscule
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Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 16 mai 2012
Au vu des critiques allocinéennes dithyrambiques, je ne m'attendais pas à une telle déception (relative bien sûr). Le film noir que j'attendais s'avère plutôt être une tragicomédie grinçante. Certes, ce long métrage est loin d'être dénué de qualités ou d'intérêts : la mise en scène est très bonne, le noir et blanc parfait, et la critique d'Hollywood et de la folie de ses stars, sans être effrontée, est intelligemment formulée. Le premier problème vient du scénario, assez convenu, ultra prévisible et pas toujours des plus captivant, d'autant plus que la voix-off commentant les péripéties finit par être lourde avec son insistance et sa quasi-omniprésence. Le deuxième problème vient du déséquilibre des rôles : si Gloria Swanson est délicieuse en diva acariâtre sur le déclin, narcissique et obsédée par sa beauté d'autrefois, persuadée d'avoir conservé tout son charme et ses admirateurs alors que plus personne n'en veut, les rôles de Eric Von Stroheim et William Holden sont quelque peu stéréotypés et plutôt fades. Toutefois c'est un bon film, les apparitions de quelques stars d'Hollywood sont savoureuses et la démesure de l'époque est brillament retranscrise. Pour conclure, un long métrage sympathique donc, de bonne facture, mais manquant de piquant et d'audace. [2/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Kill-Jay
Kill-Jay

80 abonnés 928 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 mai 2012
Considéré comme un classique du cinéma, "Boulevard du crépuscule" délivre une vision péjorative de l'industrie qu'est Hollywood, avec l'histoire d'un scénariste raté qui se retrouve par le plus grand des hasards dans le manoir du ancienne grande star du cinéma muet aujourd'hui déchue qui tente tant bien que mal grâce à une histoire qu'elle a, elle même, écrit de retrouver sa gloire d'autrefois et pouvoir ainsi jouer la vedette de ce scénario. Composé d'imperfections elle demande à ce scénariste de le modifier. Le scénario est parfait avec une fin en apothéose mais l'histoire traîne parfois un peu en longueur. C'est dommage car la mise en scène est en plus excellente de la part de Billy Wilder. Par contre, comment ne pas parler de la performance de Gloria Swanson que j'ai personnellement trouvé exceptionnelle dans un rôle qui retrace quelque peu sa propre histoire (hormis la fin évidemment), parfois exaspérante à raison, toujours dans son rôle.
-marc-
-marc-

20 abonnés 233 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 mai 2012
Un monument incontournable du cinema. Une vision sombre et cynique d'hollywood, un monde de faux-semblants où chacun s'enferme dans le personnage qu'il s'est construit. La communication entre ces bulles narcissiques ne se fait que par mensonges et quiproquos. Le héros signe sa perte en choisissant d'abandonner le monde réel pour ce monde. Les autres acteurs ne jouent pas, ils sont les personnages: Gloria Swanson, ex-star du cinema muet, d'où son jeu très théâtral; Erich von Stroheim, ancien réalisateur rejeté par l'Amérique puritaine; Cecil B. de Mille qui a réussi son passage au parlant, tourné vers l'avenir ne peut que croiser les précédents...Je regrette que la scène de la partie de cartes hebdomadaire des rejetés du parlant n'ait pas été plus valorisée: il y avait matière à une scène culte. C'est aussi la fin d'un monde, où ceux qui s'y accrochent sont inexorablement broyés par ceux qui vont de l'avant.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 21 mars 2013
Billy Wilder dépeint dans son film, la dureté d'Hollywood qui fait et défait ses stars, d'ailleurs c'est toujours d'actualité aujourd'hui! On dit que c'est un chef-d'oeuvre, que dire de plus? Si, un clin d'oeil à Buster Keaton et à Erich Von Stroheim, stars du muet, tout comme Gloria Swanson, face à un William Holden au sommet de son art:-))
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 7 juillet 2012
Conduit dès les premières secondes au travers de ce drame profond, le long-métrage n'a cessé de prendre de l'ampleur au fil des minutes. Pourtant, l'issue de cette histoire nous est révélé d'emblée, avec la voix-off de Joe, évoquant sa propre mort tandis que son corps repose inerte au fin fond d'une piscine sur Sunset boulevard.

Cette adresse représente deux facteurs clés : D'une part elle symbolise la toute puissance de Los Angeles. Et d'autre part, elle symbolise aussi la perte de l'éclat matinal, comme une fleur qui s'apprête à faner pour toujours, en restant persuadée de posséder encore toutes ses couleurs. Il y a donc un procédé métaphorique provenant de cette adresse, comme il y en a un dans le fait de commencer par la fin, ou encore de remonter l'avenue avec un travelling arrière qui renvoie toujours à l'idée de regarder derrière soi à la place de regarder devant soi.

À vrai dire, si pour la star déchue – Norma –, regarder derrière elle lui permet d'oublier qui elle est devenue et de croire en ses illusions, c'est-à-dire de se sauver elle-même ; pour Joe le fait d'oublier de regarder derrière lui causera sa perte, puisque c'est par des balles dans le dos qu'il trouvera la mort.

Après cette entrée en matière marquante et sa richesse narrative nous revenons au point de départ, six mois avant la mort du protagoniste, qui continue de commenter ses dernières semaines de vie. Notre homme, Joe Gillis, est un scénariste un brin arrogant, endetté et au bord du gouffre. Et lorsque sa voiture rencontrera un problème mécanique, il se retrouvera malgré lui contraint d'entrer dans une demeure. Cet accident mécanique et cette demeure scelleront son destin.

Cette immense demeure, qui paraît comme un château surplombant les falaises de Californie, abrite deux personnages complexes. Joe les découvrira un à un. Le premier, Max, sera un serviteur dont on ne comprendra jamais véritablement les intentions. Il apportera toujours la sensation à Joe d'être épié, et une étrange relation se nouera entre eux deux, mais une barrière les séparera toujours. Cette barrière c'est Norma, la Maîtresse de maison. Ancienne star oubliée et qui n'arrive pas à se remettre de la perte de célébrité, elle dicte la vie dans son antre, cette dernière étant d'ailleurs à son Image : L'intérieur sera très soigné, vestiges d'une gloire passée, avec ces divers tableaux et photos aux effigies de la légende-vivante. Par contre, l'extérieur sera rongé par le temps qui passe, comme un corps étique et faible.

Dans cette maison, suite à un concours de circonstances, Joe devra y vivre, se coupant de toute relation extérieure. Une grosse partie du film va donc être consacrée à l'évolution du personnage dans ce lieu mystérieux où les relations deviendront ambigües et où un malaise constant se fera ressentir. La narration, bonifiée par cette voix-off qui continue de nous en apprendre d'avantage, se révèlera très poétique : Envolées lyriques faisant penser à de la littérature, bercées par des musiques de choix en fond, comme un morceau de piano du récital de Bach (Toccata et fugue), qui correspondent à la noirceur du film et à la condamnation inéluctable de Joe.

Le film ne se prive pas d'aborder un tas de thèmes intéressants : L'amour, la fierté, la folie, le mensonge...
Effectivement, Max, le serviteur, sera le premier à témoigner cet amour envers sa maîtresse, dévoué pour la vie. Joe caressera aussi ce sentiment amoureux. Il rencontrera cette jeune femme – Betty –, avec qui il partagera des moments doux et romantiques. Mais jamais on ne le sentira respirer cet amour. Le personnage paraîtra étouffé dans cette maison, utilisé comme un jouet des mains de Norma. Finalement, que veut Joe, réellement ? Nous ne le saurons jamais. Il a quitté une prison pour en rejoindre une autre, et on comprend que rien ne peut le satisfaire, ni le sauver, dans cette Californie désolée.

Toute cette ambiance d'influences psychologiques contribuera petit à petit à ancrer les personnages dans leur bulle détestable. La folie s'imposera de plus en plus comme la seule issue possible pour éviter que la bulle explose. Cette folie sera étroitement liée au mensonge, qui parcoure tout le long-métrage. Dans chaque scène un mensonge est prononcé, et la première victime de ces non-dits sera Betty. Sa jeunesse et sa naïveté apporte beaucoup de charme au film et rajoute une innocence et un côté bienveillant à cet aspect très sombre des autres personnages.

Chaque passage du film ne cessera de gagner en intensité, de révéler un ensemble plus cohérent et tragique que jamais. Tout ceci pour arriver à une séquence finale d'une puissance émotionnelle forte, avec cet escalier, symbole d'ascension, emprunté à l'envers. Billy Wilder livre un film qui s'impose comme une prouesse artistique et narrative. C'est la marque des chefs-d'œuvres intemporels et celui-ci en est un, clairement, pour ses qualités cinématographiques et la passion qu'il engendre chez le spectateur.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 4 mars 2012
Histoire réel qui présente la vie de Gloria Swanson une superstar du muet , déchu par l'arrivée du cinéma parlant. Elle tente de relancer sa carrière à l'aide d'un écrivain arrivé chez elle par hasard , alors qu'il est poursuivit par des policiers , pour la saisie de sa voiture. Isolé de toute urbanisation , dans un manoir vide où est reclus un majordome nommé Max Von Mayerling , et une vieille dame égocentrique et nostalgique. Entre amour , solitude , et semblant de célébrité , Billy Wilder rend ici un hommage à une actrice du muet aujourd'hui oublié. On prend plaisir à voir des compères tels que Buster Keaton lors d'une partie de carte. La façon dont certains plans sont tournés font beaucoup penser aux film de Murnau où le thème de prédilection est l’expressionnisme. Une époque qui n'est pas oublié par certains cinéastes , la preuve avec "The Artist" de Michel Hazanavicius qui reprend un scénario semblable , où Jean Dujardin alias George Valentin va voir sa carrière ternir lors de l’avènement du parlant !
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 24 février 2012
Chef d'oeuvre parmi les chefs d'oeuvre, "Sunset Boulevard" est un film indispensable, très souvent imité et jamais égalé (si ce n'est par "Mulholland Drive"). Billy Wilder rend hommage au cinéma muet en mettant en lumière les conséquences désastreuses (mais inévitables et évidemment nécessaires) du passage au parlant. Le film garde toujours une actualité vibrante, 60 ans après : "The Artist" ne parle guère pas d'autre chose (en forcément moins bien). En cela, "Sunset Boulevard" peut même maintenant être vu comme une sorte de documentaire, aussi bien sur le Hollywood des années 20 que celui des années 40. Le film est une mise en abyme permanente : Norma Desmond et Gloria Swanson, c'est quasiment la même personne. Le casting porte déjà un discours, et ce n'est évidemment pas un hasard si Swanson joue aux côtés de Erich von Stroheim et Cecil B. de Mille, deux réalisateurs l'ayant dirigée 25 ans plus tôt. Sous ses allures de film noir (le premier récit du film est celui de la mort d'un loser), "Sunset Boulevard" est également un pur drame, une comédie noire (le cynisme de Wilder se retrouve dans les dialogues) et presque un film d'épouvante (on pense aux films de vampires lors des scènes dans la demeure de Norma). Magnifique film sur le cinéma, réalisé à la perfection (Billy Wilder est étonnamment méconnu aujourd'hui par le grand public alors qu'il est un des plus grands réalisateurs de son époque), "Sunset Boulevard" est assurément un très grand film.
elisa2102
elisa2102

168 abonnés 1 484 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2012
J'ai découvert cette semaine Sunset Boulevard, film noir de Billy Wilder mené par une actrice pour le moins talentueuse, Gloria Swanson. Elle joue ici le rôle troublant d'une actrice glorieuse du muet qui est passée dans l'ombre, ce qui la menera à la folie. La bande originale est entraînante, la voix-off est attrayante, elle m'a permis de trouver beaucoup d'intérêt à ce film, le scénario est dôté de pas mal de mystère et au final, de beaucoup d'émotion. Je suis d'accord avec le fait que ce film mérite largement d'être qualifié de chef d'oeuvre, c'en est un, à mon avis bien meilleur que certains autres mieux classés..
annastarnomberon
annastarnomberon

148 abonnés 239 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2012
Boulevard du Crépuscule n'est pas juste un film captivant, c'est un film qui fascine. L'attrait est immédiat dès la voix-off lancée, et ne fait que grandir. On se demande même comment il est possible de ne pas rester suspendu à l'intrigue jusqu'à la dernière minute tant elle est fluide. Billy Wider maîtrise ici subtilement, l'art de l'ellipse : Joe vient souvent nous rappeler que l'on a tout intérêt à continuer à écouter son histoire pour en découvrir toujours plus et parvenir à l'omniscience avec laquelle il nous raconte le film. Certains passages ont une esthétique splendide, j'en retiens particulièrement une scène de grâce où l'on voit les profils contrastés de Betty et Joe qui flirtent sur le trottoir d'un des décors reconstitués de la Paramount. La construction des personnages est solide : ils sont très denses et ne restent pas dans une espèce de surface (c'est drôle d'ailleurs car ce sujet de la profondeur des œuvres au cinéma est abordé au sein-même du film). La performance des acteurs est remarquable. William Holden (dont les faux airs de Tom Hanks sont assez frappants) incarne à ravir le cynisme et la distanciation permanente de Joe tandis que Gloria Swanson sait se faire grave et inquiétante grâce à un jeu très expressif qui passe par ses regards exorbités, ses intonations ou sa gestuelle... Max n'est pas en reste, bien qu'il ne soit que le domestique, l'ambigüité de son personnage intrigue. Sur le fond le film est juste passionnant et nous propose une visite d'1h50 dans les couloirs de la folie. L'histoire de cette pauvre femme narcissique, pourrie d'illusions, totalement dépendante de la gloire et si tournée vers le passé que sa vie semble être sur pause depuis 20 ans est d'un tragique incroyable, on se désole pour elle. La relation qu'entretient Joe avec elle est en partie ce qui rend le film fascinant : cette froideur, cette rationalité, qui le font accepter de vivre avec elle alors qu'elle ne semble lui inspirer que pitié, une pitié qui n'est pas même teinte par une admiration pour ce qu'elle a pu être autrefois... C'est un peu comme vendre son âme au diable. On a droit à des scènes quasiment pathétiques, comme celle où Norma imite Chaplin telle un Auguste triste, dans lesquelles la désinvolture de Joe met presque mal à l'aise. On mesure le contraste entre les sentiments respectifs de Joe et Norma, on anticipe même sur la tournure que peuvent prendre les choses compte tenu de l'extrême fragilité de Norma... La musique est angoissante et accentue cette impression que la situation va se dégrader. Parallèlement aux dérives de cette relation malsaine, les scènes dans lesquelles Joe et Betty sont en tête à tête sont elles d'une grande sensualité, la tension qui les lie monte au fil de leurs rencontres, et on prend un plaisir énorme à suivre le cour de leurs conversations dont l'écriture est extrêmement agile. La scène finale parachève le tout, la folie jusque là flottante de l'idole déchue nous explose à la figure, et wouaw, ça ne laisse pas indifférent.
Julien D

1 338 abonnés 3 461 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 28 août 2012
Billy Wilder, avec son cynisme et sa superbe patte expressionniste, nous offre là une vision particulièrement morbide des dérives du star-system hollywoodien. Ce film intemporel est une page dans l’Histoire du cinéma américain car il est le premier miroir qu’il se créé en traitant d’une actrice ayant perdu son statut de star suite à l’avènement du cinéma parlant (4 ans avant CHANTONS SOUS LA PLUIE). Il s’agit donc à la fois d’une intrigue passionnante autour de la difficulté d’un scénariste à percer à Hollywood en plein âge d’or et d’une véritable déclaration faite au cinéma grâce à une accumulation de références, ne serait-ce que dans le casting pleins de célébrités interprétant des rôles proches de leur propre rôle, tel que Gloria Swanson y jouant un ersatz surdimensionné à l’ex-star est était vraiment, et des apparitions de Cecil B. DeMille et Buster Keaton.
matt240490
matt240490

98 abonnés 1 070 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mai 2016
Classique absolu, lauréat de trois Oscars (pour onze nominations au total), Boulevard du Crépuscule reste encore de nos jours plébiscité pour la qualité de son scénario, de son jeu d'acteur, de sa bande-originale, de ci, de ça, de ... Abordant le passage du muet au parlant, de manière différente que ne l'avait fait l'immense Chantons sous la Pluie, le métrage de Billy Wilder gagne rapidement la sympathie de son public, entre autres pour la qualité narrative et l'analyse comportementale qu'il met en avant (la femme est indépendante et riche, elle entretient son ex-mari devenu son domestique). Parsemé de dialogues de qualité, que s'envoient le trouple William Holden, la jolie Nancy Olson et sa talentueuse homologue Gloria Swanson, le film sorti en France en 1950 garde un place prépondérante dans la mémoire des jeunes comme des moins jeunes.
Shékiinä .
Shékiinä .

66 abonnés 678 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 octobre 2012
Un de ces films qui ne vieilli pas avec le temps. L'argent ne fait pas forcément le bonheur ; c'est l'histoire de la déchéance d'une femme qui cherche à tout prix la gloire à 50 ans, qui n’intéresse plus de cinéastes et qui vis cloitrée chez elle seule et malheureuse dans une grande demeure entouré d'or, mais une or qui lui sert que de réconfort à sa triste vie. Elle s'éprend d'un jeune homme (qui va lui tenir compagnie pendant un laps de temps), dont les sentiments ne sont pas réciproques, ce qui va la rendre terriblement folle de jalousie voir parano. Boulevard du crépuscule est un film Inoubliable et triste .
real-disciple
real-disciple

114 abonnés 1 024 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 décembre 2011
Un film réalisé avec talent sur la déchéance d'une star du muet. Presque un biopic finalement sur la star Gloria Swanson avec William Holden en scénariste arriviste, partagé entre sa prison doré et la jeune fille amoureuse de lui qui représente pour lui la liberté. Le film contient des plans sublimes, et le côté pathétique qui en ressort ne peut que faire réfléchir, c'est un film très dur car réaliste. Le film vaut bien entendu pour ses acteurs mais aussi pour son scénario vraiment riche.
Guillaume182
Guillaume182

148 abonnés 1 194 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 février 2012
Un des plus grands chefs-d'oeuvre du cinéma, il doit certainement faire partie du top 100 chez beaucoup de cinéphile.

J'ai bien senti qu'il s'agissait d'un film spécial avec une forte puissance émotionnelle.

Une ambiance froide qui règne tout le long du film.

L'histoire est passionnante.

La scène finale est splendide.

Une brillante critique d'hollywood réaliser par Maître Wilder.

Je pense que nous ne devons jamais regarder un film qu'une seule fois comme le disait Hitchcock, car il est très fréquent surtout pour les grandes oeuvres qu'on apprécie plus le film après l'avoir vu plusieurs fois, donc j'attendrai de le revoir pour avoir un avis définitif sur celui-ci.
B-Lyndon
B-Lyndon

86 abonnés 45 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 septembre 2011
D’où est sorti ce film, où file t-il doucement, à travers les plateaux de cinéma et les portes sans serrures du palais de Norma Desmond ? Vers l’éternité ? Il semble embrasser tout les genres, et n’appartenir à aucun. C’est un mort qui raconte l'histoire. Son corps légèrement courbé flottant sur l'eau. L'eau qui a pris une couleur rouge. Il nous explique, soudain ironique, que l'homme gisant là avait toujours rêvé d'avoir une piscine. Et puis, il s'y met, doucement, à raconter l'histoire de cette bien morte personne, la personne qu'il est, lui, Joe Gillis (William Holden), scénariste malchanceux rattrapé par son destin. Un peu sarcastique, cynique, un peu réservé, tenu. Il nous amène dans une demeure vaste, sorte de palais antique où le temps passé se répète, inlassablement. Où la gloire d'une reine abandonnée semble perdurer, au plus profond des mensonges et des illusions. Perdurer jusqu'à la folie. Norma Desmond (Gloria Swanson) apparaît, comme par magie, sur le balcon de l'étage au dessus. Elle se tient dans une position extravagante, comme pour permettre à sa lumière de sortir. Sortir des ténèbres de ses habits noires et de sa maison spectre, où tout rappelle le temps qui se fixe et le passé triomphant. Gillis la fixe un peu, son visage halluciné, ses yeux fins et brillants, et puis la reconnaît, soudain. "Vous étiez grande, autrefois" lui lance t-il. Ce qui lui vaut cette réplique définitive : "Je suis toujours grande, ce sont les films qui sont devenus petits !" Oui, c’était une star, une vraie star, avec pour seuls mots dans ses films les traits de son visage et son regard perçant. Elle apprend qu'il est scénariste. En transe, elle lui explique. Lui raconte le scénario pathétique et périssable qu'elle travaille depuis des années, pressentant son retour qui n'aura jamais lieu. Elle à besoin d'un correcteur. Lui propose. Gillis se rend à l'évidence. Il a quelques problèmes. Il n'est pas bien riche. Même un enfant de huit ans réussirait à corriger l'odieux travail de la star. Il accepte. Il devient son amant. Son pantin. Sa marionnette. L'objet qui comble sa solitude. L’objet qui la laissera se détruire et l’objet qu’elle tuera. En la voyant pour la première fois, l'on sait, tout de suite, que sa fin sera tragique. D'autant plus qu'elle ne croit pas en sa propre fin. Elle est éternelle. Les milliers de lettres d'admirateurs qu'elle reçoit le disent. Les lettres que lui envoie, chaque jour, Max (Erich Von Stoheim), son majordome fidèle et glaçant, pour faire perdurer l'illusion terrible qui deviendra ce pourquoi elle se force à continuer à vivre. Ce personnage en apparence odieux est un monstre d'humanité, de solitude et de désespoir. Wilder critique, avec une mélancolie profonde doublée d’une férocité implacable, un Hollywood qui détruit ses vedettes, en fabrique de nouvelles, et les détruit à leur tour. Il ne cache pas son respect pour le Hollywood qui a inventé le cinéma, mais compte aussi, dans son constat, le délire de grandeur de ceux qui étaient trop grands. Ce portrait juste et piquant d'une industrie est peut-être ce que l'on a fait de plus beau dans le cinéma américain, autant dans sa maîtrise artistique que scénaristique. Il y a bien quelques passages gorgés de poésie, ici et là... Un par exemple où, lors de la scène de la visite à la Paramount, un micro vient effleurer la plume du chapeau de Swanson, et qu'elle repousse vulgairement. Il y a bien, aussi, un peu plus loin, ce projecteur qui se fixe sur elle, assise sur une chaise ; l’inondant de lumière. Les gens la reconnaisse, filent vers elle. Là, Wilder la filme en plongée, comme une sorte d'étoile morte, que tous acclament pour la dernière fois. Dernière ? Pas tout à fait, il y a bien aussi, ces caméras qui finalement - et par un malheureux concours de circonstances - se mettent à tourner, à la toute fin, la filmant descendre des escaliers, pleurer de bonheur d'être de « retour » et de lancer cette célèbre phrase : "Très bien monsieur De Mille, je suis prête pour le gros plan"...C'est un final splendide, où la grande Norma Desmond disparaît en fondu, un fondu pareil à un long voile blanc recouvrant son visage baignant dans la folie, et le fantasme imperturbable du renouveau de sa gloire passée. Voici un chef-d’oeuvre. 19/20.
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