Boulevard du crépuscule
Note moyenne
4,3
4967 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

256 critiques spectateurs

5
113 critiques
4
100 critiques
3
26 critiques
2
11 critiques
1
3 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Dora M.
Dora M.

78 abonnés 544 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 juin 2026
Joe (William Holden), scénariste fauché, tombe un jour par hasard sur la maison de Norma Desmond (Glora Swanson), ancienne actrice du muet qui vit avec son majordome dans le souvenir de sa gloire passée. Il s’installe chez elle pour travailler sur le scénario qu’elle a écrit et qui, elle l’espère, pourra la faire revenir au sommet.
L’histoire est très originale et osée sur le cinéma et son fonctionnement. Le mode de narration est très immersif, on est de suite dans l’ambiance. Les acteurs sont parfaits dans ces personnages aux fortes personnalités. On est tenu en haleine, c’est beau et moderne niveau image.
Criticman17
Criticman17

11 abonnés 287 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 février 2026
Un film indémodable. La chute d'une actrice du cinéma muet qui ne s'adapte pas à ce nouveau cinéma. Un réalisateur Orson Welles qui conduit ce film de mains de maître. Des actrices et acteurs incarnés monumentaux par leurs prestations. On suit avec délectation ce film en forme d'entennoir qui conduit à une impasse à une mort certaine. A voir pour les cinéphiles et les non cinéphiles pour cette beauté du Cinéma.
Martin P
Martin P

11 abonnés 52 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 février 2026
Billy Wilder est sans doute le plus grand cinéaste de comédie intelligente et populaire et pourtant il s'est aussi illustré dans des films dramatiques et narrativement impressionnant comme ce célèbre Boulevard du crépuscule. Un film à voir et à étudier. Comme toute l'œuvre de Billy Wilder.
jldee
jldee

6 abonnés 181 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 23 janvier 2026
UN CLASSIQUE DU CINÉMA.
Toujours aussi captivant, une réalisation et des acteurs à leur TOP à voir et revoir
Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 janvier 2026
Un film sur le cinéma, coécrit et magistralement mis en scène par Billy Wilder.
Joe Gillis, scénariste dans le besoin, arrive par hasard chez Norma Desmond, la grande star du muet qui a tourné il y a 20 ans avec Cecil B. DeMille. Elle va l'héberger et lui demander de l'aider à finaliser le scénario de son prochain film.
Ce Drame Romantique est magnifiquement interprété par les acteurs de grand talent que sont William Holden dans rôle du scénariste, Gloria Swanson dans celui de Norma Desmond et Erich Von Stroheim le majordome de Norma.
Armand Hennon
Armand Hennon

2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 5 janvier 2026
Revu en version restaurée sur grand écran. Le choc est toujours là . Ce film est envoûtant , sa distribution prodigieuse et sa mise en scène sont parfaits. William Holden fut vraiment un acteur puissant et sensible à la fois. Le personnage de Stroheim est déchirant et Swanson une Norma Desmond grandiose. Plusieurs scènes d'anthologie comme le retour de Norma aux studios Paramount et le final époustouflant. L'intimité étouffante des personnages et les états d'âme de Joe (Holden) en font le plus grand film de Wilder. Pour les fans de ce film et de Wilder il faut évidemment voir Fedora (1978),qui est en est une sorte de prolongement. Et lire le roman de Jonathan Coe "Billy Wilder et moi"
golum2310
golum2310

15 abonnés 83 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 décembre 2025
Un classique ayant à la fois le charme du suranné et d'une modernité bluffante. Un jeu de dupe malsain, dont la fin tragique est connue d'avance. Une dissection du Hollywood des 50' déguisée en film noir, ancré dans la réalité de son temps. Sunset Boulevard joue avec la réalité, faisant revenir les étoiles palies du cinéma muet dans leur propre rôle, et faisant de Gloria Swanson un nom qui marquera Hollywood à jamais.
Albertb
Albertb

19 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 décembre 2025
Boulevard du crépuscule, réalisé par Billy Wilder en 1950, est un chef-d’oeuvre intemporel du cinéma noir. Le film met en scène William Holden dans le rôle de Joe Gillis, un scénariste sans le sou, qui trouve refuge chez Norma Desmond, une ancienne star du cinéma muet recluse dans sa somptueuse villa de Beverly Hills. Norma, fascinée par sa propre gloire passée, rêve d’un retour à l’écran, et Joe se retrouve pris dans le tourbillon de ses illusions.

Ce qui rend ce film inoubliable, c’est avant tout la performance magistrale de Gloria Swanson. Norma Desmond est à la fois tragique et fascinante : fragile, démesurée, presque folle, elle incarne à la perfection la solitude et la déchéance d’une star oubliée. Le scénario mêle habilement tension dramatique et humour noir, avec des dialogues cyniques qui soulignent la cruauté du monde hollywoodien, mais aussi son charme théâtral.

La mise en scène et la photographie sont elles aussi exceptionnelles. Wilder joue avec les ombres et les lumières, les décors imposants et les cadrages dramatiques pour créer une atmosphère unique, à la fois réaliste et magnifiquement stylisée. La musique de Franz Waxman renforce l’émotion, soulignant le tragique de la situation tout en accentuant la théâtralité du récit.

Mais Boulevard du crépuscule ne se limite pas à une belle esthétique : c’est une critique intemporelle d’Hollywood, où le glamour cache souvent la solitude et la vanité du succès. Le film explore la mémoire, le temps qui passe et la désillusion du rêve hollywoodien, des thèmes qui résonnent encore aujourd’hui.

En somme, Boulevard du crépuscule est un incontournable. Que vous découvriez le cinéma classique ou que vous soyez un cinéphile averti, ce film vous captivera par sa puissance dramatique, son humour noir et ses personnages inoubliables. Ce film grandiose est une expérience cinématographique qui touche profondément, fait réfléchir et marque durablement.
Arthur Bradol
Arthur Bradol

1 abonné 148 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 9 décembre 2025
Il était temps de s'intéresser à une oeuvre unique du 7eme art, j'ai nommé "Sunset Boulevard" de l'incroyable Billy Wilder.

Tout d'abord j'avais conscience de sa réputation et de son adoration, je m'attendais donc à quelque chose de spécial, ajouté à cela m'on adoration de deux de ses autres oeuvres ; "La Garconnière", "Poison".

Cependant je ne peux pas dire que ce film m'ai particulièrement fait de l'effet, certes comme toujours dans les films de Billy, la morale et le message est fort et puissant. Hélas, avec ce film je n'ai réussi à ressentir ces messages, ces émotions de la même intensité qu'avec ces autres oeuvres. Je trouve que le film est finalement relativement long, on attend la fin avec impatience et pourtant elle m'a déçu, un simple meurtre passionnel. J'aime les films où la fin me secoue, m'intrigue, m'interroge, or ici je m'attendais à une fin et je l'ai eu. En bref ce film est beau et réussi notamment grâce aux acteurs William Holden et Gloria Swanson mais j'ai du mal a trouver une perfection ou une particularité.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 331 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 septembre 2025
Hollywood est une usine à rêve mais également une industrie d’une grande cruauté. Le passage du muet au parlant en a été l’exemple le plus flagrant. Billy Wilder, ayant débuté sa carrière lors de ce moment marquant de l’Histoire du cinéma (certes en Allemagne), a dû être marqué par cette constatation. C’est donc avec une certaine connaissance de son sujet qu’il peut traiter un film comme Boulevard du crépuscule puisque celui-ci parle d’une star du muet déchue à cause du parlant.
C’est donc avec une sincérité très visible qu’il traite cette fiction (jouant avec des codes (comme la voix-off ou le flashback) issus du film noir, un genre dans lequel Wilder avait excellé avec Assurance sur la mort, même si l’intrigue est loin d’appartenir à, ce registre) s’inspirant grandement de la réalité. En effet, il choisit d’offrir le rôle de l’actrice oubliée à une véritable ancienne vedette de cette époque : Gloria Swanson qui offre une composition extraordinaire de sincérité. Celle-ci avait été révélée par Cecil B. De Mille. Qu’à cela ne tienne : Wilder choisit d’appeler ce dernier pour jouer son propre rôle et en faire pour le personnage de Norma Desmond l’équivalent de ce qu’il a pu être dans la réalité pour Swanson. De même, il choisit de prendre dans le rôle du majordome de l’ex-gloire spoiler: (qui se révélera être le premier mari et ancien réalisateur de cette dernière)
rien moins qu’Erich von Stroheim dont la marquante carrière de cinéaste s’écroulera avec le passage au parlant et surtout à cause du tournage chaotique de La Reine Kelly interprétée par… Gloria Swanson ! Si cela n’était pas suffisant, Wilder offre également de brèves apparitions dans leurs propres rôles à la journaliste Hedda Hopper, aux pianistes Ray Evans et Jay Livingston et surtout aux anciennes stars du muets . Warner, Anna Q. Nilsson et le grand Buster Keaton.
Il est dès lors clair que Billy Wilder jette un regard désabusé sur Hollywood, la célébrité et son aspect éphémère. L’usine à rêve est représentée comme un lieu rempli d’individus près à tout pour réussir quitte à être sans pitié ou à renoncer à leur dignité spoiler: (Joe acceptant de servir Norma et de lui faire croire qu’il l’aime uniquement pour devenir riche)
. Et quand ce succès est terminé, ceux-ci ne l’acceptent jamais spoiler: (Norma disant qu’elle est toujours grande et que c’est le cinéma qui est devenu petit ou repoussant, dans la séquence du studio de tournage, le micro passant à côté d’elle pour signifier son rejet du cinéma parlant qui lui a coûté sa gloire)
.
Wilder et ses coscénaristes Charles Brackett et . Marshman Jr. livrent une intrigue passionnante de bout en bout et se permettent même de s’offrir une audace narrative très amusante puisqu’on sait dès le départ que le film est un flashback raconté par… un mort !
Si on ajoute à cela une sublime photographie en noir et blanc de John F. Seitz, des costumes signés Edith Head et une musique composée par Franz Waxman spoiler: (à l’intérieur de laquelle détail ironique pour les francophones, on entend des musiciens jouer Ce n’est qu’un au revoir quand Joe comprend qu’il ne pourra pas quitter Norma)
, on comprend que Boulevard du crépuscule touche à l’excellence dans tous les domaines. Il n’est d’ailleurs pas surprenant que le film ait marqué les générations de cinéastes suivantes (David Lynch, grand fan, nommera son personnage dans Twin Peaks Gordon Cole en y reprenant celui d’un personnage secondaire).
Ainsi, Boulevard du crépuscule est clairement un des plus grands films traitant d’Hollywood et une œuvre incontournable du cinéma.
pierrre s.

556 abonnés 3 428 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 5 septembre 2025
Sorte de tragédie moderne où l'on suit les déboires d'une ancienne gloire du muet jusqu'à sa chute devenue inévitable. Pas si incroyable que ça finalement.
Kouto
Kouto

29 abonnés 4 749 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 août 2025
Grand classique du cinéma « Sunset Boulevard » est un chef-d’œuvre d’une part pour l’audace narrative et la qualité de l’interprétation dont il fait preuve mais surtout d’autre part pour sa capacité à exposer la chute d’un cinéma et sa cruauté pour ceux incapables de s’acclimater aux changements. Cynique pour ne pas dire cruel le film de Billy Wilder atteint des sommets dans la qualité de ses dialogues et un sens du cadrage remarquable.
soniadidierkmurgia

1 436 abonnés 4 339 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 août 2025
En 1948, Billy Wilder est installé depuis douze ans à Hollywood où il a d’abord œuvré comme scénariste pour la Paramount en association avec Charles Brackett scénariste maison depuis 1926 et devenu producteur pour le studio en 1943. Les deux hommes ont notamment collaboré pour « La huitième femme de Barbe Bleue » (1938) et « Ninotchka » (1939) deux énormes succès d’Ernst Lubitsch. Après avoir participé à l’écriture de 28 longs métrages (dont 14 en Allemagne), Wilder obtient à 36 ans du producteur Arthur Hornlow Jr. la possibilité de réaliser son premier film, une comédie (« Uniformes et jupons courts ») qui sera un honnête succès.
S’ensuivent cinq films dont « Assurance sur la mort » en 1944 qui est immédiatement reconnu comme un classique du film noir. Le film est nommé pour sept Oscars. Un an plus tard ce sera « Le poison » qui achèvera d’asseoir la réputation de Billy Wilder avec quatre Oscars majeurs à la clef et une Palme d’or à Cannes. Hormis pour « Assurance sur la mort » où l’écrivain Raymond Chandler participait au scénario, le tandem constitué avec Charles Brackett est constamment à l’œuvre.
Devenu résident fortuné sur les hauteurs de Los Angeles, Wilder remarque les villas somptueuses qui font la spécificité de Sunset Boulevard. Les plus pompeuses et ostentatoires sont celles des grandes stars du muet devenues immensément riches dont la plupart ne travaillent plus depuis l’arrivée du parlant qui remonte désormais à près de vingt ans. Très intrigué, Wilder devenu à son tour une célébrité, s’interroge sur la manière dont ces acteurs pionniers autrefois adulés vivent sur le long terme leur retombée dans l’anonymat. Ce qui fut un choc frontal et très soudain peut être comparé métaphoriquement à la disparition des dinosaures qui à la suite de la chute d’un météore géant 66 millions d’années avant notre ère, furent incapables de s’adapter à leur nouvel environnement.
L’idée d’un film germe très vite dans l’esprit de Wilder et de Brackett. La plupart des carrières ont été brutalement stoppées par l’arrivée du parlant notamment celles de grandes stars comme Marion Davies, John Gilbert, John Barrymore, Pola Negri ou encore Clara Bow qui sont justement celles auxquelles pense Wilder. Les patrons des grands studios toujours en place ayant traité cette mutation sans ménagement quand ce ne fut pas avec cynisme, Wilder et Brackett producteur sont bien conscients que leur projet ne va pas susciter l’enthousiasme. Ils travaillent donc un certain temps dans l’ombre sans trop dévoiler les contours précis de l’intrigue.
Plutôt que de situer l’action en plein cœur de la tourmente de cette transition difficile et parfois tragique (John Gilbert, Douglas Fairbanks…), ils décident d’opter pour un drame contemporain confrontant, une star féminine oubliée vivant recluse dans une villa en semi-décomposition de Sunset Boulevard et un jeune candidat scénariste plein d’ambition un peu à la dérive. Pour la crédibilité de l’histoire Wilder sait qu’il lui faudra convaincre une ancienne déesse de l’écran de quasiment revivre à l’écran sa propre déchéance professionnelle. Greta Garbo ayant pris sa retraite depuis 1941 parait idéale pour le rôle mais fidèle à sa décision, l’actrice refuse la proposition. Mae West, Mary Pickford et Pola Negri pour différentes raisons ne feront pas l’affaire.
C’est George Cukor qui lors d’un dîner évoque le nom de Gloria Swanson, archétype de la star glamour et égérie sensuelle de Cecil B. DeMille au début des années 1920. Si elle n’a pas réussi sa transition vers le parlant n’ayant tourné que cinq films depuis 1931, l’actrice n’est pas restée inactive ajoutant à sa palette radio, télévision puis activisme politique. La star reconvertie hésite d’autant plus que Wilder veut lui faire passer une audition. Mais Cukor lui assure que ce film au sujet inédit et provocateur dirigé par un réalisateur talentueux la fera passer à la postérité. Gloria Swanson sera donc une Norma Desmond inoubliable chargée de tout le passé glorieux de son interprète. Le rôle de Joe Gillis jeune scénariste arrogant et arriviste initialement prévu pour Montgomery Clift qui renonce échoit finalement à William Holden un peu en déshérence depuis sa percée en 1939 dans « L’esclave aux mains d’or » de Rouben Mamoulian. Fait partie de la distribution Erich Von Stroheim, réalisateur et acteur prestigieux du muet qui monnaye désormais son talent dans des seconds rôles tout d’abord à Hollywood avant de s’envoler définitivement pour la France juste après « Sunset Boulevard ». Il est accompagné pour des figurations pleines de sens de Buster Keaton, . Warner, Anna Q. Nilsson et de Cecil B. DeMille qui pour une courte apparition interprète son propre rôle, saisi en plein tournage de « Samson et Dalila ». Gloria Swanson est en terrain connu qui connait très bien DeMille et Von Stroheim qu’elle a accompagné sur « Queen Kelly » (1929), le film qui mit un terme à sa carrière de réalisateur reconnu. A ce sujet on notera la mise en abyme un peu cruelle pensée par un Wilder toujours cinglant qui fait de Max Von Mayerling, le majordome de Norma Desmond interprété par un Erich Von Stroheim émouvant, un réalisateur célèbre qui fut autrefois le premier mari de la jeune actrice qu’il avait lui-même fabriquée avant de se faire rejeter par Hollywood.
Le tournage commence au début du mois de mai 1949 alors que seulement un tiers du scénario est achevé et que Wilder hésite encore sur l’issue qu’il veut donner à l’intrigue. « Sunset Boulevard » sera le premier film mettant l’industrie du cinéma hollywoodien face à un miroir lui renvoyant une image assez peu reluisante consécutive à la manière dont les « moguls » traitent ceux qui contribuent à son succès. En premier lieu bien sûr les acteurs qui étant les plus exposés sont les plus fragiles mais aussi les réalisateurs et les scénaristes souvent considérés comme de simples exécutants. Entouré de John F. Steiz à la photographie, déjà présent sur « Assurance sur la mort », de Franz Waxman (oscarisé pour le film) à la composition musicale, de sa costumière habituelle Edith Head (huit Oscars sur l’ensemble de sa carrière), et de Doan Harrison et Arthur P. Schmidt au montage, Billy Wilder livre un chef d’œuvre absolu du cinéma qui nous parle encore aujourd’hui, les mœurs d’Hollywood si elles se sont sophistiquées n’ayant pas franchement évolué sur le fond.
Le tour de force admirablement réussi par Wilder à son sommet est de mêler étroitement une dénonciation impitoyable insérée dans un drame bouleversant prenant parfois des allures de film noir tout en distillant avec parcimonie quelques instants comiques ou le grotesque se mêle au pathétique. Le tout nimbé de références esthétiques à l’expressionnisme d’un Murnau ou d’un Fritz Lang que Wilder côtoie à Hollywood. La voix-off envoûtante du jeune scénariste qui emmène le spectateur dans cette immense villa en voie de délabrement (qui était en réalité située sur Wilshire Blvd, ancienne demeure de la femme de J. Paul Getty construite dans les années 1920) expose avec une certaine ironie le rapport vicié et destructeur qui se tisse entre celui qui veut « devenir » et celle qui veut « revenir ».
A travers cette union « tarifée » toxique, le film évoque les relations de pouvoir, la gestion parfois névrotique de l’oubli, le refus de vieillir, le regard impitoyable et ingrat des générations montantes parfois prêtes à tout pour se faire leur place. Des questions vieilles comme l’humanité mais forcément portées à leur paroxysme quand il s’agit de l’accession à la célébrité et à la richesse qui en découle. spoiler: Mu par des motivations différentes liées à leur âge, leur passé et leur statut, chacun des protagonistes dévoile progressivement ses faiblesses et ses névroses avec à leur tête une femme parfois manipulatrice dont l’équilibre mental est sur le point de basculer confrontée depuis trop longtemps à une blessure narcissique jamais refermée.
Comme en apesanteur, Billy Wilder dirige à la perfection ses acteurs notamment Gloria Swanson et William Holden qui forment à leur manière un couple inoubliable dont le sort tragique était d’emblée scellé par les trajectoires incompatibles de deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer.
George Cukor avait raison, le visage de Gloria Swanson est désormais connu de tous les cinéphiles et sa prestation inoubliable parvenant à rendre émouvante cette femme devenue tyrannique reste dans tous les esprits alors que sans doute peu d’entre eux ont vu un film de Greta Garbo qui demeure paradoxalement une icône pour avoir elle-même provoqué sa plongée dans l’oubli qui fit beaucoup pour sa légende ("A la recherche de Garbo" de Sydney Lumet en 1984). William Holden pour sa part verra sa carrière relancée mais devra attendre d’avoir atteint l’âge de Norma Desmond pour s’accomplir pleinement auprès de Sam Peckinpah dans « La Horde Sauvage » (1970), Blake Edwards dans « Deux hommes dans l‘Ouest » (1971) , Clint Eastwood dans « Breezy » (1973), Sydney Lumet dans « Network : main basse sur la télévision » (1976) et enfin lors de retrouvailles magiques avec Billy Wilder pour « Fedora » en 1978 où il interprète spoiler: un scénariste sur le déclin sorte de prolongement du parcours d’un Joe Gillis qui n’aurait pas achevé prématurément sa carrière au fond d’une piscine
. La boucle était bouclée et William Holden pouvait rejoindre les étoiles trois ans plus tard.
Malgré les 75 ans qui se sont écoulés depuis la sortie de « Sunset Boulevard », le film de Billy Wilder était encore classé en 16ème position dans le Top 100 de l’American Institute Film en 2007. Les très grands films sont éternels !
HUGOCRITIQUE@!
HUGOCRITIQUE@!

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 juillet 2025
Une très belle découverte !
Boulevard du crépuscule raconte l’histoire d’un scénariste painant à vendre son scénario qui fait la rencontre d’une actrice oublié tombant dans la folie.
Billy Wilder nous propose une œuvre fascinante et captivante par sa narration et ses personnages magnifiquement interprétés par William Holden et Gloria Swanson (qui est dérangeante et impressionnante dans le rôle de Norma Desmond). Un film intense avec un scénario parfaitement maîtrisé.
Un grand moment de cinéma.
Un grand moment de cinéma !
Lucas Bachelier
Lucas Bachelier

4 abonnés 1 352 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2025
Un chef-d’œuvre du film noir hollywoodien, mêlant cynisme, tragédie et satire du système hollywoodien. La mise en scène de Billy Wilder est magistrale, et Gloria Swanson livre une performance inoubliable.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse