Alors que la popularité de Jean-Claude Van Damme ne cesse de baisser, il se lance dans un projet très différent de ces précédents films sous l’objectif de Peter MacDonald (Rambo III, L’histoire sans fin III), incarnant de nouveau un Français ici nommé Alain Lefèbvre. Le scénario prend place en 1924 à Marseille tandis que la mafia tente de corrompre le boxeur pour arranger des combats. Refusant finalement de se coucher en plein match et alors poursuivi par les malfrats, il n’a d’autre alternative que de changer d’identité et de rejoindre la Légion étrangère tandis qu’il tombe sur un bureau de recrutement en cherchant à se cacher. La narration prend alors rapidement une tournure dramatique avec un véritable enrôlement militaire, avec des séquences dignes des meilleurs films de guerre et des musiques d’une qualité étonnante mettant l’accent sur les valeurs de l’armée et illuminant la romance entre Alain et la femme qu’il avait connue, valorisée par des flashbacks et par des chansons comme Parlez-moi d’amour interprétée par Pilly de Vincente, ou encore Mon légionnaire par Ute Lemper lors du générique de fin.
Arrivé au Maroc, Alain se confronte à plusieurs camarades mais fait également la connaissance de Luther, joué par Adewale Akinnuoye-Agbaje (Ace Ventura en Afrique, 20 000 lieues sous les mers), et suit les consignes du sergent Steinkampf, sous les traits de Steven Berkoff (Orange mécanique, Barry Lyndon, Octopussy). La majeure partie du film se déroule dans le désert du Sahara, entre entraînements et batailles désespérées face aux rebelles berbères, notamment dans le fort Brenelle assiégé par Abd-El Krim, interprété par Kamel Krifa (Coups pour coups, Universal soldier, Risque maximum). Sous ses airs de film de guerre banal pourvu d’une jaquette et d’un titre sans la moindre originalité, Légionnaire est en fait d’une réalisation très intense traitant de thèmes forts comme celui du courage et de la valeur guerrière, mais aussi de l’abandon et de la réhabilitation.
Van Damme y joue un personnage ayant aussi bien fui
lors de son mariage
que pendant le match, et cherchant à se racheter en étant utile à sa patrie, la Légion étrangère représentant en réalité un simple moyen de fuite pour de nombreux autres de ses camarades, notamment le dénommé Mackintosh qui cherche pendant un moment
à le trahir pour tenter de retrouver l’honneur perdu devant sa famille
. Les morts et le sang versé ont beau avoir été vus et revus dans de nombreux films, la qualité des plans et de la photographie provoque une réelle empathie pour les soldats qui succombent. Ayant fait vraiment peu de bruit à son époque, Légionnaire fait partie de ses films méritant d’être valorisés des années plus tard, Van Damme faisant preuve d’un jeu d’acteur étonnant dans un des films les mieux réalisés parmi ceux dans lesquelles il tient le rôle principal. Une grande réussite dramatique qui aurait dû remonter l’acteur vers le haut !