Andreï Roublev
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jroux86
jroux86

17 abonnés 47 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 février 2024
Sans même parler de sa beauté formelle, époustouflante, voilà un film qui ouvre bien des portes. Au fond, qu’est-ce qui permet à l’homme d’avancer, de construire, de transmettre malgré ses pulsions destructrices ? Qu’est-ce qui guide son geste, ancestral, de créateur ? Sa foi en Dieu ? Ce serait trop simple et la question reste en suspens longtemps après visionnage, la fabrication de la cloche (véritable morceau de bravoure) n’allant pas clairement chercher sa motivation dans le divin - ce qui du reste n’exclut pas la foi. Le rapport de Boris, jeune fondeur, avec son père (dont le lien de transmission a été rompu), la relation de Andreï avec la femme muette (qu’il protège sans qu’on sache s’il la désire ou s’il considère son innocence comme un signe du sacré) sont autant de pistes suggérant toute la complexité du processus de création. Pistes dont Tarkovski exploite tout le potentiel esthétique par une mise en scène d’une ampleur très impressionnante.
Niels C.
Niels C.

1 abonné 12 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 septembre 2021
J'ai tellement bien fait de ne pas le finir la première fois. J'étais épuisé, et je n'avais pas réussi a me plonger dedans.

Mais le rewatch de bon matin, avec une tasse de café, a été grandiose.

Quelle fresque !! Quelle lettre d'amour à la Russie !! Le travail de reconstitution frôle la perfection !

Pour moi, une des meilleurs représentation de la foi, qui fonctionne comme la deuxième face d'une pièce, la première étant le 7ème sceau de Bergman. Il me parait évident que Malick s'est inspiré de Andrei Rublev pour son Hidden Life.

Tarkovsky dégaine toute sa science du plan, toute sa puissance évocatrice dans sa deuxième partie. J'aime comme le cinéma russe considère le plan séquence. Il n'y a pas d'artifices de réalisation, juste un traveling simple ou un plan fixe. Tout est dans la composition du plan et dans l'interprétation des comédiens.
Et évidemment, les plans quasi zénithaux de Tarkovsky sont d'une maitrise incroyable et ajoute une grande dimension dramatique à l’œuvre.

Le passage à la couleur dans les derniers instants pour mieux apprécier les icônes de Rublev marque également l'arrivée de la couleur dans le cinéma du Russe.

M'a donné envie d'enchainer direct avec Solaris.
Musomuse
Musomuse

12 abonnés 237 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2021
Un film qui se résume avec le fondeur de cloche qui a été pour moi ce qui m'a le plus émue. Le reste du film ne m'est autrement pas apparue. Je me suis assez peu sentit concerné par le reste en synthèse.
Chaîne 42
Chaîne 42

221 abonnés 3 571 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 novembre 2020
Un film complexe, impérieux et long de 3 heures en 8 tableaux sur la Russie du XVème siècle davantage que sur Andréi Roublev même si on peut rester sur l'idée que c'est un biopic. Car à côté de Roublev les tableaux s'intéressent à d'autres personnages tels l'histrion, son "ami" Kirill qui est important dans le film, le peintre connu Théophane le grec, Foma un de ses assistant, Dorushka la muette, Boriska le fondeur de cloche. C'est une fresque grandiose de la Russie orthodoxe, brutale, violente, miséreuse qu'il nous montre. Ainsi qu'un substrat spirituel indéniable dans la lecture de passages de la Bible, les interrogations sur la foi à différents moments, les doutes, les retraits. Le film se termine par 7 minute 30 de vues avec musique des oeuvres de Roublev bien circonstanciées par rapport au film. Ce qui me dérange dans ce film est un mysticisme marqué par des silences énigmatiques et une violence, une crudité non exagérée mais affichée. L'ensemble du film est complexe à suivre et à comprendre, c'est sans doute dû au caractère slave qui montre et qui est dans la retenue. Il faudrait le revoir mais pour le moment je me contente du bon résumé lu sur wikipédia. Je dirais que c'est certainement un chef d'oeuvre mais que je note sur mon ressenti subjectif du contenu et non de la maitrise et de l'intérêt du film.
Vador Mir

304 abonnés 999 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 19 décembre 2021
Absolument fascinant, vertigineux et agrémenté de fulgurances de génie. Tarkovski filme de façon superbe les paysages naturels et les acteurs. ça donne une fresque hypnotisante et profonde. Inimitable.
Attigus R. Rosh
Attigus R. Rosh

253 abonnés 2 692 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 4 juillet 2020
Andreï Roublev m'a au final moyennement emballé pour un film qui a l'allure d'une épopée.
Je ne connaissais pas du tout le personnage historique qui a inspiré ce film et je ne savais du coup rien de son histoire. Malheureusement, à l'image des autres films d'Andreï Tarkovski, le film extrêmement long (Solaris et Stalker duraient entre deux heures et demie et trois heures) et c'est assez difficile de tenir les trois heures de visionnage d'un trait (le terme de long-métrage ici n'est pas galvaudé). Je ne suis pas sûr que la vie d'Andreï Roublev valait un film aussi long. On peut tout de même apprécier le temps que Tarkovski passe à dépeindre avec précision une Russie médiévale (à travers les différents chamboulements auxquels elle a été frappée tout au long du XVe siècle) sans doute très proche de la réalité. Le film ne lésine pas sur le nombre de figurants et les reconstructions historiques et il n'y a strictement rien à reprocher sur ce point. Mais au final, c'est l'intrigue autour du personnage éponyme qui m'a le moins convaincu.
Au final, je retiendrais sans doute de très beaux visuels et une immersion historique remarquable, mais finalement pas grand chose de l'artiste dont ce film est la biographie sur grand écran.
Patjob
Patjob

43 abonnés 757 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 octobre 2019
Un chef d'œuvre absolu. Le film de Tarkovski évoque la vie du peintre d'icônes du début du 15ème siècle, son itinéraire physique et spirituel, qui constitue la genèse de ses œuvres ; s'étendant sur 24 ans, il est construit en huit parties, portant chacune sa thématique. Cette construction évoque les polyptyques du moyen âge constitués d'une juxtaposition de panneaux. Chaque partie a son intérêt propre, mais les correspondances entre ces différentes parties se révèlent au fur et à mesure de l'avancement du film, pour lui donner une cohérence globale parfaite.
C'est un film philosophique, qui comporte quelques propos de cet ordre, mais qui fait surtout ressentir les thèmes abordés. Thèmes fondamentaux s'il en est : le rôle de l'artiste dans une société, la liberté de l'artiste par rapport au pouvoir et aux commanditaires, les différentes formes d’oppression, les fondements de la foi, le rôle de l'église, la coexistence du bien et du mal, la nature de l’humanité...
C'est aussi un film mystique, sur une terre et sur une âme ; la terre Russe, d'où émerge symboliquement la cloche qui rendra hommage à Dieu ; l'âme Russe, dont le film est imprégné.
Le film est long (la version diffusée en salle, comme celle disponible en DVD, fait 3 heures 02), ample, posé, majestueux. Son esthétique génère un émerveillement constant, sa richesse est inépuisable, sa symbolique d'une puissance rare, et les moments de poésie semblent touchés par la grâce.
Tout est parfait, voire magique, comme ce dernier plan de l'épilogue, rappelant celui du prologue, qui dit tout à la fois la beauté du monde et l'éternité du propos.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 10 avril 2019
Quand un film est connu pour avoir souffert la censure soviétique, c’est généralement qu’il est digne d’un visionnage patient et attentif, car il s’agit vraisemblablement là d’une œuvre teintée d’anarchisme et que la vérité tient à cœur. Avec Andreï Rublev, on n’est pas déçu. Il faut bien se vider la tête au préalable car nous voilà partis pour trois heures d’une création très russe, avec tous les thèmes qui vont avec : religion, fierté, oppression, guerre, un goût pour l’Histoire et surtout un talent exhibé pour la dramaturgie.

**Contexte**

L’histoire se passe au début du XVème siècle dans le District fédéral central (pour schématiser grossièrement, une région un peu plus grande que la France autour de Moscou, à mi-chemin entre la mer de Barents et la Caspienne). À cette époque-là, on rencontre une Russie des princes profondément religieuse, où l’orthodoxie s’est largement répandue et n’admet comme opposition directe que le shamanisme de l’envahisseur tataro-mongol (le bouddhisme faisait déjà sa percée depuis deux siècles chez ce peuple mais restait marginal).

Pour les gens de l’époque, il y avait deux choix possibles : ou l’orthodoxie salvatrice, ou le paganisme libérateur. Être sauvé ou être libéré ? La plupart prenaient la première possibilité, mais pas toujours de leur plein gré ; le bûcher était de mise pour les hérétiques, et le feu est un très bon élément persuasif quand il ne purifie rien.

Mais les plus minoritaires n’étaient pas les plus discrets : quelle surprise de voir soudain cette vague de gens dénudés aller s’ouvrir aux plaisirs terrestres comme en 68 ; ceux-là ne voulaient que s’aimer les uns les autres, alors que les détenteurs de la foi donnent tout leur amour à Dieu. C’est un bienfait de voir une société soviétique qui n’est pas épurée de ses minorités.

**Les idoles**

Avec son deuxième long-métrage, le réalisateur avait dans l’idée de démontrer l’histoire russe – on sait qu’ils en sont fiers – par le christianisme. Non seulement par lui mais en montrant bien que le monde ne pouvait alors guère être vu au travers d’autres lunettes.

Par le biais du personnage réel au cœur de l’histoire, Andreï Roublev (quoique Roublyov serait une meilleure retranscription), Andreï Tarkovsky va nous montrer un outil mésestimé dont la religion disposait : l’art. En l’occurrence, la représentation picturale, les idoles. Ces peintures sans profondeur qui étaient une forme primitive de la propagande. Elles étaient puissantes, et leurs créateurs respectés. Alors quand le peintre, qui est un homme comme un autre, perd l’inspiration, on l’accuse de perdre la foi, on le menace et on le rejette.

Une tournure inattendue quand on n’a pas les moyens de l’anticiper.

**Le pêché**

Il y a une chose étrange dans cette Russie d’alors. Il est assez sûr de pouvoir en parler sur la base de ce film, car c’en est une vision réaliste que les historiens corroborent : la nature du pêché. Dans notre culture religieuse occidentale sophistiquée, la religion est là pour nous rassurer, nous pardonner, effacer nos erreurs au moins dans les apparences. Quant à eux, leur croyance pardonne aussi mais elle ne fait pas semblant de tout réparer : Dieu absout, mais l’homme aura toujours sa faute sur les épaules. Dieu n’est là que pour adoucir la pénitence.

Il est assez impressionnant de voir les personnages formuler des regrets et de voir que leurs occupations matérielles – ils n’avaient pas la chance de pouvoir les mettre de côté comme à notre époque – sont incapables d’occulter leur culpabilité. Et surtout le pardon divin en lequel ils croient sans jamais le considérer comme un pardon terrestre, au point qu’ils se mortifient en regrets exprimés sans plus de dignité, voire en faisant vœu de silence.

Dans une argumentation athée, on soulignerait que c’est la position exacte qu’adopte une divinité fictive qu’on se fantasme pour s’aider soi-même – un concept spirituel véritable, celui-là – sans nécessairement se l’inventer pour rejeter la responsabilité. Un pêché, une faute inassumée ? Mais comme ce n’est pas l’objet, on va simplement laisser cette incise incomplète dans l’espoir de semer quelque zizanie.

D’autre part, un personnage le dit lui-même, « comment ne pas fauter dans ce siècle ? » Un homme peut tolérer la disette, le climat et les rapports de force. Rares sont ceux qui doivent tout supporter à la fois dans les grandes largeurs, mais l’humanité à démontré à maintes reprises qu’elle le pouvait. Un homme dans ces conditions peut rester conforme à ce que lui impose sa croyance, ce fond intelligent commun à toutes les religions qui veut ramener la bonté de l’individu à la surface de son comportement. Mais comment s’y soumettre encore quand des impies saccagent, violent et tuent ?

C’est là qu’on se rend compte du vrai cœur de l’histoire : ce qu’il se produit quand des artistes, des peintres d’idoles, doivent garder la foi en des temps difficiles pour l’inspirer à ceux qui en ont besoin. Et si le film a été censuré, c’est parce qu’il n’est jamais unilatéral, et prend bien soin de nous montrer ceux qui pensent autrement, en l’occurrence les épicuriens, tous ces gens nus et sans convictions doctrinaires.

Il y a aussi cette femme muette, que le générique appelle « l’idiote », qui accepte une proposition pacifiste d’un chef mongol d’en faire sa femme et chevauche avec eux, la tête pleine d’espoir d’être bientôt joliment parée.

**La forme**
Puisque ni le fond ni la forme n’ont été laissés au hasard, il faut en parler également.

Les moyens sont gigantesques, un peu comme si les Soviétiques voulaient que nous voyions la taille de leur pays au travers de la taille de leurs films. On n’a pourtant pas besoin de cela pour s’imaginer ces steppes infinies et glacées où des villages sont réunis sinon dans l’espace, sinon dans leur irréductibilité nordique que… Bon, tout bien réfléchi, peut-être bien qu’on a besoin d’une piqûre de rappel. Après tout, les Russes eux-mêmes ne peuvent avoir qu’une idée bien faible de l’immensité de leur pays. En fait, leurs propres œuvres cinématographiques leur ouvre les yeux sur ce qu’ils ont juste devant eux ; leur fierté serait incompréhensible s’il n’y avait rien pour leur en rappeler l’objet…

L’histoire adopte une forme chapitrée. Comprenez ici un néologisme chafouin pour dire « sous forme de chapitres ». L’année n’est pas toujours la même, les événements qui y sont contenus sont toujours différents ; seuls les protagonistes restent. En plus de permettre une richesse énorme, cela ouvre le film à une représentation légitimement variée des faits réels, contrairement aux biopics modernes qui en choisissent généralement une poignée assez arbitrairement pour conserver une certaine linéarité.

Un autre vice de forme est la post-synchronisation. Qu’on ne s’y méprenne pas, elle est très bonne, à plus forte raison que le film a été rénové en 2004. Mais ce sont ces deux qualités qui accentuent une chose assez horripilante : pourquoi doit-ce être des voix de personnes derrière les bruits d’animaux ? Il y a une scène où un chien est battu à mort (c’est d’ailleurs magnifiquement filmé : on ne voit pas le chien, qui en vrai n’est bien sûr pas frappé, mais la suggestion est convaincante) et ses cris d’agonie sont réalisés par un homme. C’est toute la violence de la scène qui s’évapore avec ce procédé.

**En bref**
Andreï Roublev, c’est un de ces électrons libres du cinéma soviétique, nés du paradoxe d’un budget faramineux et d’une censure menaçante. Imprégné d’une volonté de retranscrire la vérité d’une époque, celui-ci gagne à ne jamais faire de proposition unilatérale, et nous offre au final une réflexion profonde et étonnamment distrayante sur la Russie médiévale. Les grandes largeurs dans la mise en scène sont à peine gâchées par les petits grumeaux que révèlent une excellente rénovation.

septiemeartetdemi.com
anonyme
Un visiteur
2,0
Publiée le 10 avril 2019
Grand monument de l’ennui, le mysticisme de la religion me dépasse autant que l’abstraction de la science fiction qu’est le vertigineux « Solaris ». La réalisation revient sur Terre au 15ème siècle d’abord pour y glisser dans la mise en scène de l’ambiguïté, l’orthodoxie moyenâgeuse contre le paganisme libéral. Une pincée de portée politique qui a fortement déplus aux autorités soviétiques censées les convaincre, son dirigeant quittait les lieux en pleine projection avant la conclusion iconographique, sa pensée d’étatisme athée fut de le juger indécent, l'enclenchement de la censure. C’est brouillon à s’éparpille dans de multiple péripétie, racontant l’histoire russe des seigneurs et ses princes, l’arrivée sanglante des Tatars mongoles ravageant leurs campagnes. Le christianisme rassemble les chrétiens désunis, une œuvre contemplative destinée aux religieux adorateurs des icônes, c’était inintéressant à regarder au fil du défilement des dialogues non dénués de sens prosélyte. Les athées sceptiques devront passer leur chemin, ce n’est pas génial quand on trouve le temps du film long.
Carlos Stins
Carlos Stins

88 abonnés 657 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 11 septembre 2018
Il y a des long-métrages quasi unanimement considérés comme des chefs-d’œuvre auxquels on n'arrive pourtant pas à accrocher. C'est le cas de "Andreï Roublev" dont je reconnais bien entendu la maîtrise technique, le talent de Tarkovski n'étant évidement pas sujet à débat. Il reste que le film m'a profondément ennuyé, les dialogues interminables sur la notion de foi et de religion m'ont littéralement assommé et la longueur astronomique du film a eu raison de ma patience. J'ai tenu tant bien que mal jusqu'au bout mais je retire finalement très peu de chose du visionnage de "Andreï Roublev" dont très peu de scènes sont parvenues à capter mon intérêt.
peter W.
peter W.

56 abonnés 1 137 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 février 2018
L'esthétique apparait une nouvelle fois superbe mais la progression chaotique du récit déroute et les dialogues resteront le plus souvent hermétiques aux béotiens. Je suppute en plus qu'on peut tirer un double sens d'une partie d' entre eux, ce qui n' a sans doute pas échappé aux nombreux spécialistes de l'ex union soviétique ici présent.
 Kurosawa

674 abonnés 1 509 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 novembre 2017
"Andreï Roublev" est un grand film, mais pour des raisons plus intéressantes que celles qui plaident en faveur du style monumental de Tarkovski ou du discours assez prévisible sur le questionnement sur la foi dans un monde dévasté – réflexion traitée de manière plus forte dans "Stalker". L'intérêt majeur du film tient plutôt à une histoire de point de vue, inhérente à la place de la parole et du silence. Après que le peintre ait commis un meurtre et décide de s'isoler en offrant son silence à Dieu, il s'efface en même temps du film, s'éloigne du centre qu'il constituait pour ne devenir qu'un témoin de l'action. Andreï Roublev ne joue pas un rôle prédominant lors de la bataille épique de la ville de Vladimir, ni ne s'oppose aux Tatars lorsque Durochka s'offre à eux, ni ne prend part à la construction de la cloche mais se contente d'observer le jeune Boriska. Si Roublev n'agit pas, c'est qu'il remet en cause ses discours initiaux sur l'ignorance des hommes et l'omnipotence de Dieu et, qu'en se mêlant à la société, il prend acte des vices et d'une misère insauvable. Malgré le pessimisme de Tarkovski, le dernier moment du film imagine une place pour la création dans un monde – la Russie – où domine la tyrannie. Dans le chaos, l'homme peut s'épanouir en se consacrant à son art : peindre les icônes moins pour le pouvoir qui les brûle que dans l'idée de les avoir fait exister, d'avoir laissé une trace, même temporaire, de la beauté dans le monde.
Ricco92
Ricco92

284 abonnés 2 331 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 10 octobre 2017
Second film d’Andreï Tarkovski, Andreï Roublev est loin d’être une biographie historique classique. En effet, le personnage-titre n’est qu’un prétexte pour le cinéaste pour montrer la vie de la Russie du début du XVème siècle et surtout pour enchainer les réflexions intellectuelles. En effet, si ce film permet à Tarkovski de montrer qu’il est capable d’offrir des séquences esthétiquement belles spoiler: (la séquence du chemin de croix ou celle où Marla fuit les soldats)
avec un sens du cadre évident et peux éviter d’ennuyer le spectateur spoiler: (le premier quart d’heure du film jusqu’à l’arrivée d’Andreï Roublev, la séquence de l’attaque des Tatars ou celle entre Durochka et les Tatars)
, Andreï Roublev est, à l’image des autres œuvres du réalisateur un film intellectualisant qui se moque la plupart du temps de l’aspect divertissant que peut revêtir le cinéma, ce qui peut facilement amener le spectateur à s’ennuyer, décrochant par la lenteur de la majorité des séquences et la longueur des dialogues métaphysiques. Ainsi, si on est hermétique à un cinéma purement intellectualisant, on aura du mal à se passionner pour ce film. Ce refus du sensationnel et l’aspect intellectuel seront encore accentués dans son film suivant qui appartient pourtant à la science-fiction, genre souvent spectaculaire : Solaris.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 14 juin 2017
Le plus beau film de l'histoire du cinéma, tout simplement.
La scène du cheval qui se relève au ralenti vaut à elle seule plus que des étagères de films entières.
La seule chose que l'on puisse regretter, c'est la quasi disparition de la version longue que j'avais eu la chance de voir à l'époque où le Cosmos, le cinéma communiste de la rue de Rennes à Paris, existait encore.
Accrochez-vous, ça vaut la peine!
Scorcm83
Scorcm83

121 abonnés 508 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 octobre 2016
Quelque chose de l'épopée dans cet *Andrei Roublev* lui confère une atmosphère assez singulière mais par dessus tout une aura que peu de films se targuent de posséder. Pour sa seconde réalisation, Tarkovski nous retrace le chemin de vie du moine et peintre Andrei Roublev dans la Russie du XVe siècle. Mais au delà du "biopic", Andrei Roublev est avant tout une peinture de la russie de cette époque et Tarkovski nous invite à vivre un voyage dans le temps et l'espace durant près de 180 minutes au cours desquelles nous rencontrerons de nombreux personnages, de nombreuses scènes de vie plus ou moins captivantes pour en arriver à une dernière partie magistrale sur la construction d'une cloche par un jeune garçon menacé de mort en cas d'échec. Difficile de résumer la totalité des 8 tableaux qui structurent ce film, mais une chose est sûre, la question de la foi est abordée, c'est un film sur l'humanité questionnée à travers les yeux du moine.

Je l'ai vu il y a quelques temps déjà, mais quelques scènes reviennent facilement en mémoire car il s'agit d'un film véritablement important.

A voir.
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