La tentative de Tavernier de montrer ces hommes comme des gens broyés par la guerre est totalement vaine,vu que Tavernier est incapable d'insuffler la moindre humanité a ses personnages. De plus il fait le choix de prendre Philippe Torreton comme principal acteur de son film,malheureusement celui-ci croit joué ses scènes avec une rare intensité,hors il les déclame d'une façon si théâtrale qu'il n'en n'est que ridicule.
Pari risqué, mais Tavernier relève habilement le défi. La fresque est prenante, émouvante voire précieuse. Le jeu d'acteur est remarquable. Sans prétendre au réalisme, Tavernier entre pleinement dans le sujet, avec lucidité et une franchise qui rappelle à maints égards le talent d'un Renoir. Les questions délicates sont soulevées, sans artifice, extrêmement finement : qui gagne une guerre, héros ou criminel, qui est responsable de la violence commise par certains hommes? Au milieu de tout cela, le portrait de Conan est habillement dressé, et tout en se rapprochant d'un certain idéal type, Tavernier parvient à le faire exister. Oeuvre bien écrite et réalisée, qui parvient à toucher à la fois notre esprit d'historien et notre oeil de cinéaste. (14.4/20)
Une vaste fresque historique à la française, où les décors se remarquent, les maitres artificiers se régalent et les acteurs se croient sur les planches. A ce jeu Torreton est loin devant les autres. Très concentré, il s’échine à singer Gabin, voire Depardieu, dans un argot ancienne mode difficilement interprétable par nos oreilles d’aujourd’hui. Le Bihan essaie tant bien que mal de le suivre, en vain. Au moins comprend-on ce qu’il dit. Malgré tout, malgré l’intrigue tardive, la guerre illisible, la mayonnaise finit par prendre. La reconstitution fonctionne, et on se prend au destin de ces hommes courageux, volontaires, qui ont donné leur âme à l’armée, qui ne vivent plus que par elle, quand les soldats traditionnels évitent les risques et se planquent dès qu’ils peuvent. Le fier Conan l’affirme : ce sont eux qui ont gagné la guerre, les autres ne l’ont que faite. Mais aujourd’hui c’est l’heure de payer la note, de répondre des crimes – car il y en a eu, beaucoup – on n’arrête pas une tête brûlée. L’occasion d’assister à une belle opposition de vues : le fougueux capitaine, le raisonné Norbert, le droit De Scève, le blasé Pitard, tous autant de manières d’aborder l’enfer. Et en cela quoi qu’on dise, l’enseignement de Tavernier joue son rôle.
Adapté d'un excellent roman de Roger Vercel (avec qui j'ai le point commun de la ville de Dinan, c'est pas rien !!!) qui prend comme sujet celui méconnu des soldats, des guerriers plutôt, de la Première Guerre Mondiale qui ne peuvent vivre autrement que par et pour la Guerre et sont totalement incapables de s'adapter à la vie civile, "Capitaine Conan" parvient aussi à être une très bonne œuvre de cinéma même si Bertrand Tavernier ne peut hélas s'empêcher de se laisser aller à sa mauvaise habitude à savoir se montrer très didactique dans sa critique, ici de l'Armée, et ne pas faire suffisamment confiance à l'intelligence du spectateur (contrairement au roman !!!). La reconstitution est convaincante, les scènes de bataille sans avoir le réalisme d'un "Soldat Ryan" ne manquent pas d'ampleur, et les acteurs sans être transcendants s'en sortent pas trop mal ; même Samuel Le Bihan c'est dire. L'ensemble ne manque pas de souffle ce qui n'est pas négligeable non plus et de quelques très bonnes répliques ; juste dommage que le roman n'ait pas été adapté par un cinéaste plus subtil dans la critique sinon ça pouvait faire un chef d’œuvre, enfin bon...
Film magnifique, d'une intensité extraordinaire, servi par une brochette d'acteurs superbe ! Le chef d'oeuvre de Tavernier ! on ne se lasse pas des aventures de cette armée magnifique et terriblement franchouillarde ! Les scènes d'action sont exceptionnelles !
Quand Tavernier s'attaque au film de guerre, il est logique qu'il signe un film phare du genre. Armé de toute sa cinéphilie, il connaît tout ce qui a été fait et signe donc un film unique, qui ne ressemble qu'à lui tout en faisant référence aux classiques qu'il adore. Avec son casting d'hommes de théâtre et un roman comme base de départ, il signe un film qui s'intéresse à une page méconnue d'une guerre trop ignorée par le cinéma (il faut dire qu'il s'agit plus là d'une "vrai" guerre à l'ancienne, sans toute l'idéologie antisémite de la suivante) et nous montre comment ces machines à tuer (parce qu'il fallait la gagner cette guerre) gèrent le délicat retour au temps de la paix, surtout que ce dernier est plus flou et long à se dessiner. P. Torreton a droit à des dialogues majestueux dans lesquels il prête sa gouaille mais il se montre aussi très convaincant sur le terrain et son charisme aide beaucoup. Face à lui, S. Le Bihan s'en tire bien, malgré quelques loupés et le scénario est magnifique. Tavernier nous montre les horreurs de la boucherie, la rage de tuer de ces hommes attachants en dehors dans une mise en scène grandiose et ample. Un excellent film du genre, qui propose une réflexion intéressante et passionnante, avec une scène finale déchirante qui vous laisse KO. D'autres critiques sur
J'ai aimé ce film qui présente des aspects peu connus de la première guerre mondiale : le front des Balkans et les corps francs, aux méthodes de combats "rustiques". Je trouve les acteurs très justes : Torreton dans son rôle de chef de bande, Lecoq l'officier de la haute société et Claude Rich, que j'adore, mais aussi tous les seconds rôles.
Débutant et achevant son film sur deux belles batailles, Bertrand Tavernier laisse de côté les grandes dates du premier conflit mondial pour s'intéresser justement à sa conclusion, opposant deux visions divergentes, celle du soldat face à celle du guerrier, afin de démontrer l'absurdité d'une situation où l'on condamne sans sourciller un simple déserteur en même temps que l'on pardonne les crimes des héros de guerre, interrogeant ainsi le spectateur sur sa propre moralité. Si l'on pouvait craindre un film empoulé il n'en est rien, grâce à la mise en scène solide de Tavernier, à une reconstitution somptueuse et à la gouaille de Philippe Torreton.
Tavernier traite dans cette adaptation d’un roman-témoignage d’un ancien poilu de la sévérité de la justice militaire à l’encontre de ses propres soldats que la guerre a transformé en tueurs. Un thème déjà traité dans "Les sentiers de la gloire" mais forcément plus cinglant entre les mains d’un cinéaste français. Ce pamphlet antimilitariste trouve sa force dans le jeu de ses acteurs, dans la férocité des dialogues et dans la reconstitution détaillée du front est-européen. La minutie de la mise en scène nous plonger dans cette atmosphère violente et dans cette bataille post-armistice absente des livres d’histoire, malheureusement le récit à tendance à manquer de rythme et devenir, par moment, presque trop lent. La guerre filmée à hauteur d’homme est toujours la façon la plus brutale de la dépeindre, ce film en est un excellent exemple.
Un excellent film de guerre, sur un épisode oublié de la Première Guerre Mondiale, qui décrit de façon distante la boucherie des combats et pertinente l'incompétence de l'Etat-Major français à mener une guerre de mouvement moderne.
De la BALLE fils !!! Pas du genre "film de la 1ère guerre mondiale qu'on a déjà tous vu", les dialogues sont drôles et l'on a l'impression que ces scènes auraient pu se dérouler hier, ce qui est d'ailleurs le cas quand on y pense, c'était il n'y pas si longtemps sur l'échelle relative du temps que le capitaine Norbert et ses subordonnés vivaient dans un monde sauvage : élevés au rang de héros par leur qualité de tueurs sanguinaires, nul ne peut aujourd'hui les juger sur ce qu'ils ont fait.