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    Le Genou de Claire
    note moyenne
    3,8
    355 notes dont 44 critiques
    11% (5 critiques)
    41% (18 critiques)
    25% (11 critiques)
    14% (6 critiques)
    2% (1 critique)
    7% (3 critiques)
    Votre avis sur Le Genou de Claire ?

    44 critiques spectateurs

    stebbins
    stebbins

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    4,0
    Publiée le 23 avril 2009
    Le Genou de Claire est une oeuvre troublante et d'une profonde beauté. Le récit de ce conte moral est celui d'un désir pratiquement platonique, d'un désir qui ne peut décidément se concrétiser qu'à travers la parole. Il n'est d'ailleurs pas nouveau chez Rohmer de voir des personnages ayant le verbe facile : les héros de son univers sont pour la plupart de grands enfants qui verbalisent, des êtres plein de contradictions et d'afféteries frisant l'incongruité. Mais ici, leur maladresse existentielle trouve toute sa raison d'être : le sujet du film de Rohmer est bel et bien l'importance du geste, celui qui fait charnière entre la volonté d'agir et l'acte en lui-même. Le genou de Claire, sorte de pôle magnétique inaccessible, fruit de l'obsession fétichiste du protagoniste ( surprenant Brialy ) est un punctum exemplaire, un de ces détails purement emblématiques du cinéma de l'affect. Nous ne sommes donc pas tout à fait dans l'intellect absolu : Rohmer parvient à créer un film sensible, un poème cinématographique visuellement proche d'un métrage de Ozu ( photographie magnifique, presque chatoyante ). La manière dont il utilise en permanence le panoramique est remarquable : les mouvements de caméra épousent les personnages, comme pour les toucher à distance. Tout est dans le titre : Le Genou de Claire, c'est le film d'un lien, d'une articulation entre deux mondes. Celui d'un geste décisif. Beau et profond.
    nicothrash60
    nicothrash60

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    2,0
    Publiée le 20 novembre 2012
    Une première partie longue à démarrer, Claire qui n'apparait qu'après une heure de film, des dialogues longuets et trop bavards, non vraiment je ne retrouve pas le charme fou de "Ma Nuit Chez Maud", je me suis à nouveau ennuyé par contre les acteurs sont au niveau, c'est toujours ça de pris ...
    CineRepertoire.free.fr
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    2,5
    Publiée le 6 août 2014
    C'est le cinquième des six "contes moraux" réalisés par Éric Rohmer entre 1962 et 1972. Avant ce Genou de Claire, il y a eu La Boulangère de Monceau (court-métrage), La Carrière de Suzanne (moyen-métrage), La Collectionneuse et surtout Ma Nuit chez Maud, probablement le chef-d'oeuvre du cinéaste. Après, il y aura L'Amour l'après-midi, moins connu. Dans cette série de films, Rohmer renoue avec l'esprit littéraire et philosophique du XVIIIe siècle, un peu aussi hélas avec la préciosité du XVIIe, pour faire disserter des personnages contemporains sur la liberté, l'amour, la foi, la morale... Entre libertinage et marivaudage modernes. Tendance intello. Mais autant le réalisateur avait su trouver une austérité, une crédibilité et une profondeur magnifiques dans la joute verbale de Ma Nuit chez Maud, autant il peine ici, dans Le Genou de Claire, à faire oublier l'artifice de son dispositif, une verbosité un peu décalée dans un contexte de légèreté estivale, un peu anachronique aussi. Impression renforcée par le fait que certains acteurs, notamment Aurora Cornu, récitent leur texte bien peu naturellement (Jean-Claude Brialy, heureusement, s'en sort mieux). Ça cause donc beaucoup, très bien, trop bien. C'est toujours très fin, très subtil, mais aussi légèrement pédant et lassant sur la durée. Et puis on est sensible ou pas à ce type d'expérience de vie et d'expérience de cinéma. Écouter des bourgeois oisifs philosopher à bâtons rompus sur les choses de l'amour, entre sorties en bateau et parties de tennis, peut laisser vaguement indifférent, voire agacer, aussi beau soit le décor du lac d'Annecy, superbement photographié par Néstor Almendros... De ces jeux de l'amour sans hasard, très calculés, on garde quand même quelques pépites : un fétichisme amusant (mais développé tardivement) qui fait du genou de Claire "le pôle magnétique" du désir du personnage de Brialy, ou encore le premier rôle au cinéma de Fabrice Luchini, très blond et déjà très bavard...
    Moorhuhn
    Moorhuhn

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    3,0
    Publiée le 14 février 2012
    Mon premier Rohmer et j'en ai une drôle d'impression. Plusieurs aspects du film m'ont plutôt agacé mais en fin de compte j'en suis ressorti plutôt satisfait, j'ai relativement apprécié ce long-métrage malgré tout. Sur un plan technique j'ai apprécié la sobriété de Rohmer, il n'en fait pas des tonnes, aucune effet de style, pas de musiques si je ne m'abuse, c'est calme, on se laisse balader, il y a des prises de vue sympathiques et il excelle dans les (rares) non-dits. Par contre c'est très bavard sans que ça n'ait forcément lieu d'être... Je m'explique, je trouve que les passages où Rohmer capte les émotions, les regards, les expressions beaucoup plus éloquents que la majorité des dialogues. D'ailleurs je ne suis vraiment pas fan de cette manière de déclamer un texte. les dialogues sont très bien écrits mais je les trouvais inappropriés, ça m'énervait un peu de voir une jeune ado s'exprimer comme Marguerite Duras. Je suis conscient que c'est un choix de la part du cinéaste mais ça ne m'emballe absolument pas. Ca embourbe le film dans un côté vieillot un peu déplaisant, c'est dommage car ça va à l'encontre de ce sentiment de fraîcheur que j'ai pu ressentir d'un côté. Ce film est léger, bien construit. Le fait que l'histoire soit découpée de manière chronologique m'a plutôt plu, c’est ultra linéaire mais ua moins on se repère facilement dans le temps. Mais certains choix me laissent songeur. Le côté très théâtral du jeu des acteurs et l'aspect très littéraire des dialogues m'a refroidi. Mais Brialy est génial dans le film, j'aime sa présence, sa voix, son visage. Une très bonne performance qui, je dois l'avouer, a maintenu mon intérêt en partie. Après je m'attendais peut-être à moins sage car en effet le film est très sage, très pudique et j'aurais préféré plus de tension sexuelle avec un sujet pareil. Mais bon on fait avec ce qu'on a! Mon premier Rohmer ne m'a pas chamboulé mais j'en garde une impression assez positive, j'en verrais d'autres c'est certain et je n'exclus pas de revoir celui-là par la suite car même si les défauts sont là, il a un capital sympathie non négligeable.
    Clingo
    Clingo

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    1,0
    Publiée le 2 février 2012
    Comme les héros rohmériens, je suis partagé entre deux côtés. D'une part il y a l'ennui, de l'autre une joie intense. L'ennui vient du film - chiant comme un dimanche pluvieux -, la joie vient de ma relation au cinéma de Rohmer : nous venons de rompre, c'était mon dernier film avec lui ( pardon, j'ai utilisé le mot cinéma, il est en trop ici ). Je voulais voir plusieurs de ses films avant de juger définitivement. Je suis venu, j'ai vu, je suis déçu. Déçu parce qu'on m'avait dit que Rohmer était un des plus grands cinéastes français de l'Histoire. Pauvre cinéma français ! Etre associé à une telle absence de forme(s), de mise en scène, être confondu avec le théâtre ( non pas que je n'aime pas le théâtre...)...car au pire, Rohmer aurait mieux fait d'en faire, du théâtre. Il faut reconnaître que chez lui, il y a au moins quelque chose d'intéressant : la musique des dialogues. Il y a chez Rohmer un sens du rythme très intéressant, une manière qu'ont les mots de s'enchaîner qui s'avère agréable. Seulement, les mots ne sont pas intéressants. On parle beaucoup pour ne rien dire, ou alors pour dire des choses qui auraient très bien pu intéresser un public du 17ème siècle. Car c'est précisément ça le problème de Rohmer : il a trois cents ans de retard sur tout. Son cinéma est daté, et parfois je regrette que le septième art ait été inventé au 19ème siècle, me disant que s'il l'avait été en février 2010, Rohmer n'en aurait jamais fait et qu'il se serait concentré sur la littérature ou la scène donc. Mais il a choisi le cinéma et ça ne fonctionne pas, c'est plat, vain, c'est le degré zéro de la mise en scène. Loin de moi l'idée que le théâtre exclue la mise en scène évidemment, mais au cinéma le degré d'exigence est différent, et il me semle que Rohmer l'oublie un peu. Il y a cette fameuse phrase d'Hitchcock sur le mauvais cinéma qui n'est que du théâtre filmé, qui fait inévitablement penser à Rohmer. On a l'impression que sa caméra fait dans le prêt-à-filmer, que ni l'espace ni les corps n'intéressent l'homme. Ce qui l'intéresse ce sont les états d'âme de ses pauvres personnages qui ne savent pas très bien où ils en sont dans leur vie sentimentale. Ils hésitent, c'est ça l'amour pour Rohmer : de l'insatisfaction permanente. C'est très bien mais le problème réside dans l'incapacité à créer de l'émotion et à toucher le spectateur dans la mesure où la forme ne développe rien. Comment s'intéresser à des personnages quand la matière qui les entoure est flasque et repoussante ? Comment se passionner pour ce qu'ils sont quand ce qu'ils disent est d'une affligeante monotonie ? Ils souffrent, mais on s'en fout. L'amour est certes universel et atemporel, mais ça n'est pas une raison pour traiter le sujet comme on le faisait il y a quelques siècles. Le cinéma de Rohmer manque d'idées - ce que ses défenseurs appelleront de la simplicité -, de modernité - " un charme désuet " -, c'est un cinéma qui au sein de la Nouvelle Vague aurait dû faire figure de paradoxe : ça sent trop la naphtaline, c'est à l'opposé d'une certaine idée de la fraîcheur que pouvait représenter A Bout de Souffle ( wahou, je défends ce film, c'est dire ), c'est encore pire que le cinéma " de papa " français, contre lequel s'établissaient les Cahiers et ses critiques de l'époque. Dans le film, même les jeunes de seize ans semblent en avoir soixante-dix. Le choix d'une diction théâtrale et l'incohérence des dialogues - surécrits, surpensés - enlèvent toute jeunesse au film. Il n'y a là aucune modernité, c'est un monde bourgeois fermé sur lui-même, sans aucun repère social. Ca n'est pas un hasard si Rohmer filme souvent des lieux où la modernité est absente : campagnes, plages, montagnes, forêts. Comme si le contemporain n'avait pas sa place ici. Il y a cet examen que l'on fait chez le médecin, quand il nous tape le genou pour tester son réflexe. Si le film de Rohmer passait ce test, il ne bougerait pas, parce que le genou de Claire est inerte, vieux, déjà un peu mort. J'ajoute que s'il vous venait à l'idée de me torturer, inutile d'appeler Jack Bauer, montrez-moi deux films de Rohmer d'affilée, je ne tiendrais pas longtemps. Un des meilleurs films de son auteur.
     Kurosawa
    Kurosawa

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    4,5
    Publiée le 2 mars 2017
    Sur les bords du lac d'Annecy, le loup rôde. Dans cette somptueuse relecture de "Don Juan", Rohmer met en scène un personnage qui dit uniquement vouloir séduire et non pas posséder (il se dit pourtant timide), et qui va s'attaquer aux jeunes Béatrice et Claire, dans un élan à la fois animal et amoral. La dimension prédatrice de Jérôme est évidente, d'abord physiquement, avec une barbe imposante, et verbalement, puisque le personnage manipule le langage avec brio, l'adapte suivant la proie séduite. Mais l'amoralité de Jérôme ne réside pas dans le fait qu'il s'intéresse à ces deux jeunes filles - la première est d'ailleurs amoureuse de lui - mais plutôt dans l'idée qu'il compte se marier dans les semaines qui suivent. Si la conquête de Béatrice est plutôt simple, celle de Claire l'est nettement moins, parce qu'elle en couple et surtout parce qu'elle ne l'aime pas : il va donc falloir ruser pour pouvoir l'approcher et la toucher. Pourtant, le cynisme de Jérôme ne le rend pas pour autant détestable ou plutôt tempère le jugement que le spectateur devrait lui porter. C'est d'ailleurs le coup de force du film de créer une distance avec ce personnage - on se fout de savoir si son mariage sera réussi - tout en nous troublant également face à l'érotisation du corps de la jeune fille et nous rendant ainsi curieux de savoir s'il posera ou non sa main sur le genou de Claire.
    Jean-Sébastien T.
    Jean-Sébastien T.

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    0,5
    Publiée le 30 juillet 2017
    Tout pour déplaire : à part Brialy et Luchini la direction d'acteurs est abominable (les acteurs qui ont du métier ne manquent pourtant pas, pourquoi aller chercher des gens qui ne savent pas jouer ?). Nous avons des dialogues aussi naturels que chez des écrivains qui peinent à se faire publier, un enjeu dont on se fout royalement, des bobos déconnectés du monde et qui n'aiment pas que des pauvres viennent troubler leur pauvres petites vies. Bref une vraie purge.
    chrischambers86
    chrischambers86

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    4,0
    Publiée le 13 octobre 2011
    Avec ce cinquième volet du cycle des "Six contes moraux", dont les deux premiers furent des courts-mètrages en noir et blanc, Eric Rohmer nous emmène au bord du lac d'Annecy dans une remarquable tragi-comèdie à la photographie exceptionnelle! Jean-Claude Brialy donne dans "Le genou de Claire", qui a reçu le prestigieux prix Louis-Delluc, l'exemple d'une perversitè raffinèe, où l'on reconnaît l'attirance de Rohmer pour les ècrivains du XVIIIe siècle! Dans ce cadre de rêve, où les personnages ont le loisir de s'ècouter parler et d'analyser leurs sentiments, le cinèaste rèalise un conte en èquilibre subtil avec comme toujours des dialogues intelligents, où la beautè de Laurence de Monagham et la fraîcheur de Bèatrice Romand ne sont pas en reste! Un excellent film pour une excellente histoire dans la tradition d'un XVIIIe siècle modernisè, où la sèduction sinon le libertinage occupe une très grande place ici...
    gimliamideselfes
    gimliamideselfes

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    3,0
    Publiée le 4 août 2011
    Luchini qui tient un petit rôle dans le film parlait (si je me souviens bien), de ce film, comme d'un jeu érotique pour savoir si oui ou non le personnage principal attiré par le genou de Claire, va la mettre dans son lit ou non. Alors j'ai été déçu, sans doute car je m'attendais à ça justement, voir un personnage masculin totalement tiraillé par ce genou et ce dilemme, tromper sa femme ou non. Alors qu'en fait Claire débarque très tard dans le film, et la question se règle assez "facilement". Il n'empêche qu' on a droit à des très belles pensées, par exemple le moment où le copain de Claire pose sa main sur ce fameux genou, le personnage principal, dont le nom m'échappe, arrive à nous faire sentir son agacement de voir un geste aussi banal et vulgaire sur un si beau genou. Et je trouve ça merveilleux, je dois le dire. Le côté jeu amoureux, on tente de séduire l'autre a lui aussi quelques petits côtés très jouissifs, ainsi que la scène clef du film, sous la pluie, tout à la fin, touchera, ou ne touchera pas le genou de Claire ? Et ce que j'adore aussi chez Rohmer se sont les fins, très brutes j'ai l'impression. Ici je la trouve très bien choisi, elle dégage vraiment quelque chose, malgré que ça soit loin d'être mon Rohmer préféré. Rohmer c'est pas quelqu'un qui raconte quelque chose d'inutile, j'aime ça aussi chez lui, ainsi on a que les scènes essentielles à la compréhension de l'histoire, pas de scènes où justement il ne se passe rien, du coup dans le découpage narratif de l'histoire on peut avoir avec une scène qui dure 10 secondes, on a vu ce qui se passait d'intéressant ce jour là, on passe à la suite, il ne va pas chercher à justifier cette scène en brodant, non directement à l'essence même. C'est une vision assez intéressante. Du coup j'ai pas détesté, et j'ai plutôt aimé, malgré ma déception.
    GabbaGabbaHey
    GabbaGabbaHey

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    3,5
    Publiée le 22 août 2011
    Un tres tres bon Eric Rohmer. Même l'un de ses meilleurs... Film sans réelle intrigue, sans réelle histoire, seulement des personnages, d'un naturel touchant et d'une profonde sincérité (naturellement, c'est ca le cinéma de Rohmer). Un film d'une grande pureté, transmettant admirablement de nombreuses émotions diverses. "Le Genou De Claire" est un film sublime, tres tres émouvant.
    EricDebarnot
    EricDebarnot

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    4,0
    Publiée le 9 octobre 2017
    Peinture incroyablement touchante d'un été lumineux au bord du Lac d'Annecy, et de la ridicule mais émouvante complexité de jeux amoureux précieux et puérils, "le Genou de Claire" est le cinquième "Conte Moral", et est généralement considéré comme l'un des tous meilleurs Rohmer. D'abord parce qu'il célébrait magnifiquement cet "esprit français" hérité du XVIIIe siècle, ce dialogue libre entre les hommes et les femmes, l'amour et l'amitié : vu de 2017, il est d'ailleurs frappant combien on était, en ce début des années 70, loin du politiquement correct qui sévit de nos jours, les objets de désir du personnage principal, joué par un Jean-Claude Brialy déjà mûr, qui trouvait là sans doute son meilleur rôle, n'étant pas "majeures" ! Ensuite, ce qui est littéralement magique ici, c'est la manière dont Rohmer questionne le désir masculin, la soif de posséder l'autre, à travers l'irruption à la moitié du film (quel culot...!) du "petit cinéma" d'une minette (la fameuse Claire) au milieu du "petit théâtre" des marivaudages et des babillages habituels à son cinéma. Sur le thème du temps qui passe, et non sans quelques détours par la littérature qui semblent tout justifier, tout expliquer, voici une une toute petite histoire grâce à laquelle Rohmer nous fait encore et toujours rêver de l'infinie sensualité des meilleurs moments de la vie. PS : Notons aussi combien la toute jeune Béatrice Romand enchante ici, et combien un adolescent blond nommé Fabrice Luchini séduit déjà avec un phrasé et une sensibilité exemplaires. Deux autres excellentes raisons de se laisser aller au plaisir inusable du "Genou de Claire" !
    andika
    andika

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    4,0
    Publiée le 2 avril 2019
    Le Genou de Claire est le premier film de Rohmer dont j'ai entendu parler mais c'est le quatrième que je vois. Encore un été ensoleillé, mais cette fois-ci, le personnage principal est Jérôme, interprété par Jean-Claude Brialy, 35 ans, diplomate. Il cherche à vendre sa maison familiale dont il a hérité près d'Annecy, sachant qu'il a de grandes chances d'aller vivre à l'étranger avec sa fiancée qu'il doit prochainement épouser. Par un hasard tout à fait rohmérien, il rencontre une vielle connaissance, Aurora, qui va un peu troubler ses plans. Elle est écrivaine et loge chez une amie qui a une fille, Laura. Et cette dernière semble ne pas être indifférente au charme de Jérôme. Que faire alors ? Explorer, assouvir sa curiosité plus que son désir. Et s'enfermer dans les sempiternels débats en le faisant. Qu'est- ce que l'amour ? Ne vaut-il pas mieux rester seul comme le clame Aurora: "La solitude est le plus grand plaisir de ma vie actuelle et tu dis qu’il faut  vivre selon son plaisir." Mais le plus intéressant, ce sont les échanges entre Laura et Jérôme. Lui, homme de 35 ans, elle jeune adolescente mais qui montre un recul étonnant et une précocité habituelle chez Rohmer. "Au fond, je ne suis pas contente d’être amoureuse. Je tape des pieds, je ne m’intéresse à rien. Je le vis plus, ce n’est pas drôle du tout." En effet, pourquoi se mettre dans ces états ? Mais tous ces débats volent en éclat lorsque Jérôme voit Claire. Toute son attention se concentre sur son genou qu'il trouve parfait. Où lorsque tout le désir, toute l'obsession, toute la concupiscence se réduit telle une métonymie sur le petit genou d'une adolescente. Ce petit désir coupable mais en même temps tellement innocent, comment le gérer. Par le faux accident dans un geste rohmerien provoqué par Aurora ? Ou par une compassion forcée qui permet de l'assouvir ce désir. Comme le dit Jérôme, "Une caresse doit être consentie." Et lorsque le désir est ardent, il ne faut pas le perdre de vue. Mais obtenir ce consentement n'est pas une chose aisée, cela requiert une certaine habileté. Et c'est tout le jeu de l'amour, de la romance, de l'été. Il faut parfois être prudent, surtout avec de si jeunes filles, qui sont telles les nymphettes décrites par Nabokov dans Lolita. Mais parfois, il faut prendre des risques, et un peu forcer le destin. Et pourtant, à quoi servent tous ces débats alors que Jérôme avoue lui même la chose suivante: "Tous mes succès me sont venus par surprise. Le désir a suivi la possession." Hormis ces débats, ces dialogues, ce petit côté sulfureux, le Genou de Claire, c'est avant tout la naissance d'un désir irrationnel, d'une passion qui ne demande qu'à être satisfaite. La photographie du côté d'Annecy est merveilleuse, ainsi, certains plans sont de véritables enchantement, lorsque par exemple on vogue sur l'eau sur le lac. Le Genou de Claire provoque une émotion fugace, c'est en cela qu'il est précieux.
    titusdu59
    titusdu59

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    4,5
    Publiée le 22 août 2011
    Que dire? Ou plutôt que reprocher? Rohmer est décidément un artiste, et par n'importe lequel! Car tout dans ce film, et comme tous les autres à vrai dire, est significatif de son cinéma, mais là c'est vraiment l'osmose parfaite ou presque. Entre les dialogues à la fois personnels, intimes et pertinents, ces amourettes ambiguës et aussi vaines que sincères, ces personnages tous plus réels les uns que les autres (et formidablement interprétés, grande performance de Jean-Claude Brialy notamment), cette ambiance légère, fraiche, et ces décors naturels qui ne font que magnifier l'ensemble, on ne peut être que touché par la grâce de ce "Genou de Claire". Assurément un grand film.
    Henrick H.
    Henrick H.

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    4,0
    Publiée le 6 septembre 2014
    Dans le cadre magnifique des Alpes et du Lac d'Annecy, de riches oisifs dissertent sur l'amour, l'engagement et la liberté. On y sent le souffle post-soixante-huitard de l'ode à la liberté au sein du couple. Même si l'ensemble est prude, un certain érotisme latent se dégage en se focalisant sur ce fameux genou (à priori, pas la zone la plus érogène). La beauté de la jeune Claire y contribuant pour beaucoup, également. Malgré la très bonne interprétation de Jean-Claude Brialy, l'ensemble pâtit de l'amateurisme des autres comédiens qui semblent réciter leurs textes tels des écoliers venant d'apprendre leur poésie. D'autre part, il m'aurait semblé plus intéressant d'aborder la même thématique avec des personnages moins nantis car cela affadit le propos (en gros, ils n'ont que ces futiles préoccupations dans l'existence).
    Estonius
    Estonius

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    0,5
    Publiée le 14 décembre 2012
    On pensait retrouver la qualité de "Ma Nuit chez Maud" du même réalisateur. Déception, c'est sans intérêt, mal joué, chiant, réac, et très con ! A obtenu le prix Louis Delluc en 1970 (mort de rire)
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