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5 - Chef d'oeuvre
Adaptation du roman homonyme d'Alberto Moravia, cette coproduction italo-française, nous compte de manière sobre et poignante les évènements tragiques qui ont jalonnés la fin de la seconde guerre mondiale en Italie, via l’histoire réelle d’une jeune veuve fuyant la capitale avec sa fille pour retrouver le calme de son village natal en 1943. Et, outre les exactions commises par les nazis allemands et les fascistes italiens, notamment, les crimes commis par des corps expéditionnaires composés de soldats algériens, tunisiens, marocains et sénégalais, qui ont fait subir les pires outrages à la population civile. Ces troupes maghrébines se sont rendues coupables de crimes de guerre dans les environs de la région de la Ciociaria, via le pillage et la destruction systématiques de villages, mais surtout de viols de masse et assassinats qui se multiplièrent dans les environs du Monte Cassino, totalisant un sombre bilan de plus de 2000 femmes (et hommes : y compris des prêtres) violés, et près d’un millier de morts. C'est de ce triste épisode que vient le terme « marocchinate » (littéralement « marocanités », dans le sens de « violé(e)s par des Marocains »). La performance époustouflante d’une Sophia Loren somptueuse et magnifique, très justement récompensée par l’oscar de la meilleure actrice en 1962 (ce fut le premier oscar remporté par une actrice pour un rôle dans un film non anglophone), ainsi que de la jeune Eleonora Brown, et de Jean-Paul Belmondo, alors au début de son impressionnante carrière, qui excelle dans le rôle d’un jeune enseignant idéaliste, contribuent à faire de ce film un des chefs-d’œuvre du début des années 1960. Finalement, c’est aussi un film à montrer en classes d’Histoire, en hommage aux victimes, et pour que cela ne se reproduise plus.
Ajoutée le 10 mars 2010 à 13h30
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