Cris et chuchotements
Note moyenne
3,9
913 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

78 critiques spectateurs

5
21 critiques
4
32 critiques
3
12 critiques
2
8 critiques
1
4 critiques
0
1 critique
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
MemoryCard64
MemoryCard64

57 abonnés 375 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 3 octobre 2015
Cris et Chuchotements est mon premier Bergman. Ça faisait un moment que j'avais envie de découvrir son travail, et étrangement je suis rarement déçu quand j'en attends autant d'un grand réalisateur. Et évidemment, le film n'est pas loin du chef-d’œuvre. Impossible de se tromper sur la qualité du film, la première scène, pourtant toute simple, révèle déjà que ce n'est pas n'importe qui derrière la caméra. On voit la malade, Agnès, se réveiller, presque hébétée d'être toujours en vie, et aussitôt une détresse foudroyante vient assombrir son regard. Elle se lève, va écrire quelques mots dans son journal, tandis que les habitants de la maison quittent le pays des songes à leur rythme. On est alors témoins de la souffrance que partagent ces trois sœurs et leur gouvernante, si forte qu'elle impose le silence, brisé uniquement par le bruit du vent et le tic-tac des pendules. Le long-métrage n'est pas très bavard, il repose beaucoup sur les non-dits. Le développement psychologique des personnages se fait par flash-backs, annoncés par de très nombreux fondus au rouge. On apprend que la relation de Karin et Maria, construite sur des ressentiments refoulés depuis l'enfance, ne fait que se dégrader au fil de leurs disputes sur l'état d'Agnès et l'avenir de la propriété. Quant à Anna, la gouvernante très proche de la mourante, elle se rend compte qu'elle ne peut plus aider son amie que par sa présence, et que tout discours est inutile. Les cris d'Agnès brisent le silence, et on s’apitoie sur le sort de cette jeune femme que personne ne peut aider. Pourtant, au fil du film, on découvre qu'il vaut mieux réserver la pitié aux autres personnages, qui font bien plus de peine que la mourante, qui est la personne la plus vivante parmi eux. C'est beau ce que fait Bergman...
QuelquesFilms.fr

354 abonnés 1 760 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 30 octobre 2014
Rouge. C'est la couleur qui domine à l'écran et qui reste longtemps en tête après le film. Le rouge des tapis et des tentures murales, le rouge des fauteuils, d'un paravent, d'une couverture. Le rouge des cernes du personnage d'Agnès qui agonise. Et cinématographiquement, le rouge des fondus qui ponctuent les séquences du film. Violente et déstabilisante, cette couleur omniprésente intensifie les thématiques centrales du film : la souffrance/passion, la mort, les relations entre soeurs. C'est le rouge d'un sang malade, c'est le rouge des liens du sang. Certains critiques ont aussi vu dans cette couleur l'intérieur d'un ventre maternel. Ingmar Bergman y voyait quant à lui l'intérieur de l'âme. En tout cas, ce rouge, qui contraste fortement avec le blanc des robes des actrices (et qui surprend dans la filmo du cinéaste suédois, plus porté sur le noir et blanc que sur la couleur), participe d'une esthétique intérieure somptueusement morbide, où la mise en scène, la lumière, les décors et les costumes sont à l'unisson pour faire de chaque plan une composition picturale. On retiendra notamment un plan fugitif qui voit la servante Anna, à demi-dénudée, tenir dans ses bras le corps d'Agnès. Une pietà hallucinante. À l'inverse, les quelques scènes d'extérieur, automnales, respirent la mélancolie d'un bonheur passé, dans une tonalité tchekhovienne. À l'intérieur comme à l'extérieur, le chef op' Sven Nykvist a réalisé un travail superbe, récompensé par un Oscar de la meilleure photo en 1974.
Sur le fond, on trouve dans Cris et Chuchotements deux obsessions majeures de Bergman, qu'il aura déclinées dans la plupart de ses films : la mort et les femmes. Le réalisateur filme la mort au travail en montrant sans détour les souffrances atroces d'une mourante, mises en balance avec quelques réminiscences heureuses qui semblent dire, à la fin, que la vie vaut la peine d'être vécue. Bergman s'interroge ainsi sans didactisme sur le sens de la vie, à l'aune de la douleur et du bonheur qu'elle réserve, et à cet égard questionne la foi, ou Dieu, via le discours dubitatif d'un prêtre. Il sonde par ailleurs la vie de quatre femmes (trois soeurs et une servante), d'où jaillissent l'amour familial et la dévotion (pour les personnages d'Agnès et d'Anna), mais aussi l'égoïsme, l'indifférence, les frustrations et les névroses liées au sexe (pour les personnages de Karin et Maria). Aux quelques moments de chaleur humaine réconfortante et magnifique s'oppose un petit théâtre froid et cruel de relations tourmentées, où dominent incommunicabilité et désespoir. Un petit théâtre de relations bourgeoises, terriblement dénué d'affection et de compassion.
Au final, Cris et Chuchotements laisse une très forte impression d'acuité psychologique, à la fois cinglante et amère, touche par un sentiment tragique lié à la fugacité de la vie et des moments heureux, et fascine par son raffinement visuel.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 26 septembre 2014
Le génie de Bergman n'est pas de nous montrer la mort c'est de nous la faire ressentir, dans ce chef d'oeuvre tout est mit pour faire ressentire un sentiment d'oppression.
Les plans sont lourd, l'action se passe uniquement dans une maison, la caméra se concentre surtout sur les visages, celui d'une femme en décomposition qui est d'une pâleur effroyable. Celui de ses sœurs tantôt rayonnants de folie, tantôt refermés, ressortant la haine enfouie au plus profond de leurs êtres.
Cette sensation d'oppression se joue aussi et surtout sur le jeu d'acteur. Harriet Andersson est si incroyable dans son rôle de condamnée et femme en décomposition que l'on à presque l'impression que ce tournage lui a été fatal, les deux actrices jouant le rôle des sœurs sont aussi tout bonnement effarantes.
Liv Ullman nous sort le grand jeu mais c'est surtout Ingrid Thulin qui se démarque en nous sortant un double jeu, une double manière de pensé incroyable, son personnage et tout juste détestable tant elle joue à merveille son rôle de sœur démoniaque. Kari Sylwan jouant la servante de la famille en étant très proche d'Agnès joue son rôle de servante un peu renfermée excellemment, la bonté de son âme se fait ressentir, c'est dire...
Bergman nous pond un diamant d'une valeur inestimable qui ne peut pas laisser de marbre après visionnage tant l'oeuvre est puissante, émouvante et tragique, encore un coup de maître.
Le comptoir du cinéphage
Le comptoir du cinéphage

32 abonnés 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2014
Un véritable classique du cinéma, qui je l'avoue, m'avait complètement échappé. Participer à une soirée entre cinéphiles et dire ouvertement que l'on a jamais vu Cris et chuchotements, c'est à coup sûr se prendre en pleine gueule le regard plein de dédain de toute l'assemblée. En même temps, je ne participe jamais à des soirées de merde comme celles-ci, donc j'ai juste regardé ce film pour satisfaire ma curiosité.

Le pitch: Dans un manoir glauquissime vivent trois frangines, Karin, Maria, Agnès, et la servante Anna. Agnès, atteinte d'un cancer de l'utérus, est en train de mourir. Karin, Maria et Anna se relaient à son chevet, et tentent de l'aider à passer ses derniers moments. Avant que la jalousie, la manipulation et l'égoïsme ne finissent par s'inviter à cette veillée funèbre...

Réalisé en 1973 par le grand Ingmar Bergman, le pape suédois du cinéma intello, Cris et chuchotements mérite sa réputation de film d'auteur exigent. 1973, c'est aussi la date de sortie du film l'Exorciste! Les puristes me crucifierons bientôt en lisant ces lignes, mais en 1973, on pouvait donc se mater deux grands films d'horreur au cinoche!

Cris et chuchotements, c'est selon moi un véritable film d'horreur réalisé par un esthète philosophe. Le lieu déjà : un manoir recouvert de tapisseries rouge sang, un lieu de villégiature que le conte Dracula aurait sans doute bien kiffé. Vient ensuite la présence oppressante de la mort, une présence presque palpable qui imprègne tout le film. On rajoute la dessus la jeune cancéreuse qui n'a de cesse de hurler de douleur pendant les 30 premières minutes et on a déjà un bon film d'horreur made in Ikéa. Ces scènes de douleurs n'ont presque rien à envier aux séquences d'exorcismes de la chtite Regan, c'est pour dire... Bergman les filme en gros plan et étire leur durée afin que le spectateur ressente bien l'horreur de la situation.

Le drame psychologique féminin, marque de fabrique du cinéaste, est ici traitée de manière bien spécifique. On assiste pas réellement à un jeu de massacre entre frangines comme le laisse supposer le pitch, mais plus à une démonstration hallucinée du long processus qui a mené les héroïnes à la folie. Enfermées dans leurs corsets, coincées dans leur château et étouffant sous les bonnes manières de la haute société suédoise de l'époque, les sœurs sont logiquement en mode nervous breakdown. "Ne jamais faire étalage de ses sentiments", voilà ce qu'on a inculqué à ces femmes. Le résultat: Une sœur aînée chaude comme l’antarctique et heureuse comme une petite fille dont le chiot vient de mourir sous ses yeux, et puis une sœur cadette, une manipulatrice au comportement bien l'on ne peut parler de Cris et chuchotements sans aborder le travail dantesque du directeur de la photographie Sven Nykvist. Le film est un régal pour les mirettes! Éclairage naturel, flous ultra maîtrisés, rouge pétant à tous les étages, du Le Caravage en live, bref, la claque totale! A noter quand même que le film est un peu ennuyeux par moment et qu'il fait parfois penser au sketch "Le Doutage" des inconnus, sketch d'ailleurs fortement inspiré par le film de Bergman. Cris et chuchotements n'est pas la bombe ciné à laquelle je m'attendais, mais le film reste impressionnant par sa maîtrise technique et son unicité.
Benjamin A

809 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2014
C'est un film dur, glauque, effrayant mais aussi magnifique d'un certain point de vu que nous livre Ingmar Bergman avec "Cris et chuchotements". Une très belle et sobre réalisation et techniquement intelligent à l'image de l'utilisation des couleurs, le rouge symbolisant la mort, la maladie et l'agonie et qui est omniprésent. L'atmosphère est oppressante et étouffante et Bergman aborde intelligemment les thèmes de la maladie, les conflits familiaux, la mort (et son acceptation) ou encore l’égoïsme. La photographie est sublime et les jeux de lumières, notamment en extérieurs, sont superbes. Que ce soit les dialogues ou les personnages, c'est très bien écrit, que ce soit la servante dévouée ou les sœurs, l'une est aigrie émotionnellement et physiquement, tandis que l'autre d'apparence chaleureuse est mal dans sa peau alors que la troisième agonise... Comme souvent chez Bergman, la réussite vient aussi de sa direction d'actrice qui est ici excellente, et bien évidemment des interprètes toutes extraordinaires et prenantes. Une très belle œuvre, triste, poignante et doté d'une grande réalisation.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 8 novembre 2013
Je viens de le voir en Dvd à l'instant,c'est un tres bon film.
Grouchy
Grouchy

140 abonnés 1 033 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 mai 2013
Un silence parsemé de souffrances intérieures et extérieures : tel est le film de Bergman qui fait plonger le spectateur dans l'intimité de trois soeurs ayant perdu la joie de vivre et leur amour entre elleselles après que La mort de l'une d'entre elles aie engendré la discorde. Les interludes de portraits remplis de murmures inquiétants font que l'oeuvre de Bergman est un film de fantômes : les spectres du passé hantent les héroïnes, dont le souvenir d'enfance et la lecture du journal intime, ainsi que la voix de la défunte qui est la conscience des deux soeurs. Le peu de dialogues incite le cinéaste à exploiter le maximum des talents de ses comédiennes : il privilégie le plan fixe à longue durée, au but de chercher la moindre expression de tristesse dans les personnages. Chacun n'osera prouver le contraire : Bergman est un maître unique du cadrage. Ses cadres sont de véritables tableaux, les couleurs ( dominante violente rouge ) sont parfaitements gérées et la lumière fluide et douce. Il pourrait bien rivaliser avec les plans-tableaux de Barry Lyndon de Kubrick. Le cinéma de Bergman est un univers de l'humanité sous une forme mélancolique, dans tous les sens artistiques et narratifs.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 11 avril 2013
Une des plus célèbres œuvres du cinéaste que je découvre enfin, réunion de ses actrices fétiches – hormis Bibi Anderson – autour de ce drame se déroulant au XIXème siècle. Preuve de qualité, même notre illustre ancien président Sarkozy l’a adoré…

Partant sur de si belles bases, on ne peut qu’être fasciné par ce film, et pour ma part ce fut le cas. C’est peut-être paradoxal de faire cette comparaison car le réalisateur en question n’est apparu que bien plus tard, mais il y a tout d’abord un côté assez hanekien, de par l’évocation du titre, et Bergman exploite cette idée à merveille. Dans ce grand manoir où le rouge si significatif est prédominant, Bergman déshabille chacune de ses actrices, allant des sœurs à la servante, et nous les expose nues, telles qu’elles sont réellement, en dehors de leurs couvertures sociales.

Ainsi, et par un procédé narratif extrêmement intelligent, on entre dans le passé, les fantasmes, souvenirs, et même rêves, de chacune des protagonistes. Liv Ullmann la coquette, cette scène au début où Josephson (le futur couple culte de Scènes de la vie conjugale et Saraband) regarde Ullmann dans le miroir, et fait ressortir de son visage les encoignures, les rides, toute la méchanceté, l’indifférence, qui caractérise le personnage. Puis l’adultère avec ce même médecin, poussant le mari d’Ullmann à une tentative de suicide – ratée. Je ne vais pas tous les faire pour chacun des personnages, mais à chaque fois Bergman détaille avec une précision et une beauté sidérantes la vie de ces femmes.
Les fondus répétés en rouge, associés à toute la décoration de la même couleur, rendent l’ambiance oppressante, âpre. La mort d’Agnès, seule sœur « bonne », qui se souvient de sa mère, ayant la foi – (avec une grosse ironie) même plus que le prêtre qui viendra pour la cérémonie – dont les deux sœurs s’en fichent éperdument (« Personne ne peut m’aider ? » assène-t-elle à plusieurs reprises), et ne trouvant du réconfort que par la pauvre servante Anna.

Après la mort, on a droit à de violentes confrontations entre Ullmann et Thulin, et hormis une scène (réelle ?) où elles semblent heureuses à discuter, ce n’est que déchirement. L’une tente le rapprochement mais l’autre la hait, et refuse tout contact physique, et au moment de partir cette dernière tente de se rattraper, mais c’est cette fois Ullmann, par un égoïsme bien prononcé, qui se désintéresse de sa sœur.
Ce qui est fort ici, c’est que Bergman n’utilise pas un élément familial comme caractérisant la désunion entre les sœurs. Dans les films en général on voit un testament, un crime façon Christie, ou tout autre chose qui divise les membres de la famille…

Non, là dès le départ, avec tous ces flashbacks, on sait que les 2 sœurs sont par essence mauvaises, par leur personnalité, leur caractère, leur attitude, et la mort d’Agnès accentuera un peu plus ça, mais ce n’est pas l’évènement en lui-même qui crée ça. Et là c’est fort, c’est extrêmement fataliste certes, mais on ne tombe pas dans ce genre de mélo où simplement un drame fait ressortir les défauts de chacun, non là les défauts sont déjà présents, dans chacun des personnages, ils sont mauvais par nature, et ce pessimisme me ravit, c’est réaliste.

Enfin comment terminer sans parler de cette dernière scène ? Quelle beauté… Dans le parc du château où les 3 sœurs et la bonne, habillées en blanc, courent, se chamailler, se font balancer, qu’est-ce que c’est magnifique, simplement splendide, un grand moment de cinéma, comme tout le film en somme…
Antonin T.
Antonin T.

38 abonnés 48 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 22 mars 2013
Simplement exceptionnel
Le senario, les actrice, la mis en scène...
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 10 août 2012
Un très beau Bergman, mais excessivement dur. Il ne faut pas s'y tromper : c'est un film horriblement glauque, terrible.
Et pourtant, une force inattendue : les actrices sont magnifiques. Il n'y a, de fait, rien de plus sexy que les actrices de Bergman: filmées comme des statues, des déesses païennes, elles resplendissent, blanches, dans ce véritable tableau.
La maîtrise technique est évidemment incontestable, mais j'aurai plutôt tendance à mettre en valeur la direction d'acteur, et la difficulté qu'il y a justement à exprimer des non-dits, des interdits. C'est là le véritable sujet de film, traité superbement par Bergman.
Flying_Dutch
Flying_Dutch

78 abonnés 770 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 26 mai 2012
Cris et chuchotements est la preuve irréfutable que le génie bergmanien peut aussi s'opérer dans un film en couleurs. Véritable bijou esthétique qui allie l'oppression du rouge vif à l'innocence du blanc, Bergman nous plonge au coeur des enjeux qui ont toujours fait son cinéma à travers ce huit-clos poignant et captivant. Grâce à ses comédiennes, maîtresses dans l'art de l’ambiguïté et de mélanger les sentiments, il fait de ce conte de soeurs un drame psychologique qui nous hante et nous bouleverse. En bref, Bergman est ici au sommet de son art, assumant jusqu'au bout son partie prit esthétique et n'hésitant pas à perdre délicieusement le spectateur dans ce spectacle qui frôle l'onirisme. Sa mise en scène audacieuse sert parfaitement le récit, et pour finir la photographie est sublime.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 22 avril 2017
«Cris et Chuchotements» est un film terrible sur la maladie et la mort, mais aussi sur les dissensions au sein d'une famille en apparence unie. Ici, la convalescence d'Agnes ravive les tensions familiales et brise tout espoir de réunification pour les trois soeurs : Karin évitant son mari et finalement tout contact humain, Maria l'air désinvolte et fuyant, il ne reste en définitive que la servante Anna pour s'occuper de la souffrante. Il apparaît rapidement que la douleur de la malade rappelle celle de ses soeurs, semblant vivre une existence tout compte fait peu enviable à celle d'Agnès puisque sans aucun amour. La figure centrale du film est peut-être alors celle de l'humble Anna, qui accompagnera Agnès jusqu'à ses derniers instants pour se faire ensuite brutalement licencier par ses harpies de soeurs, plus préoccupées par l'héritage à se partager qu'à récompenser le dévouement. Il est donc clair que «Cris et Chuchotements» est un long métrage très sombre, très pessimiste, et que l'omniprésence du rouge dans les plans n'a d'égale que l'intensité des passions qui s'y déploient. De plus, Bergman réalise ici un film ultra-esthétisé et ainsi fortement dénué d'humanité (à mon sens). La forme est rationnalisée et mathématique : 4 couleurs, 4 femmes dont chacune fait l'objet d'un récit,... Le film devient ainsi plus abstrait et s'il parvient sans peine à retranscrire une atmosphère lourde de non-dits et oppressante, les sentiments s'en trouvent d'autant moins précis et d'autant plus ambigus. Mais cela n'affecte en rien l'intensité du propos, au contraire il prend une dimension plus tragique car fataliste, dénuée d'espoir. Au final, «Cris et Chuchotements» s'avère être encore une grande réussite pour Ingmar Bergman, qui se trouve aussi à l'aise (sinon plus) avec la couleur qu'il l'était avec le noir et blanc. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Noistillon
Noistillon

94 abonnés 408 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 novembre 2011
Tragique, poignant, déchirant, Cris et chuchotements semble être un condensé de beauté, la quintessence même de la poésie bergmanienne.

La force du cinéma de Ingmar Bergman est de transposer l'intériorité dans le réel, de rendre l'obscur clairvoyant, et par là-même, l'oeuvre de Bergman découle d'un humanisme, non pas obsolète et lourd, mais complexe et nuancé.

Cris et chuchotements marque un aboutissement. Agnès souffre d'un mal anonyme et probablement symbolique et elle hante les autres protagonistes. Cris et chuchotements est davantage un film sur la détresse qu'une oeuvre habitée par le deuil et la mort, bien que certaines scènes, certains plans confinent à l'absolu et à la décadence.

Bergman est un cinéaste un tantinet nietzschéen mais là où le philosophe répond à l'absurdité par le cynisme, Bergman reprend les formules de la tragédie grecque, qu'il incorpore dans une mise en scène purement symbolique.

Mais l'intérêt de ces Cris n'est pas tant de débattre quant à leur contenu et à leur propos, mais de se laisser bercer par la pureté des relations entre les personnages, leur ambiguïté et leurs perversions.

Cris et chuchotements est un objet filmique d'une beauté absolument sidérante, parfois sublime jusqu'au paroxysme : je pense à cette séquence, quand Liv Ullman, se regarde dans le miroir ou des vingt dernières minutes, bouleversantes.

On peut certes déplorer des petites longueurs au milieu mais Cris et chuchotements demeure un film ultime en quelque sorte.

Hautement recommandable.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 11 octobre 2011
Le meilleur film d'Ingmar Bergman. La photo est dantesque et les actrices au sommet de leur art. Un véritable chef d'oeuvre du cinéma.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 5 juin 2011
Incroyable, effrayant et magnifique à la fois : du grand art.
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse