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«Cris et Chuchotements» est un film terrible sur la maladie et la mort, mais aussi sur les dissensions au sein d'une famille en apparence unie. Ici, la convalescence d'Agnes ravive les tensions familiales et brise tout espoir de réunification pour les trois soeurs : Karin évitant son mari et finalement tout contact humain, Maria l'air désinvolte et fuyant, il ne reste en définitive que la servante Anna pour s'occuper de la souffrante. Il apparaît rapidement que la douleur de la malade rappelle celle de ses soeurs, semblant vivre une existence tout compte fait peu enviable à celle d'Agnès puisque sans aucun amour. La figure centrale du film est peut-être alors celle de l'humble Anna, qui accompagnera Agnès jusqu'à ses derniers instants pour se faire ensuite brutalement licencier par ses harpies de soeurs, plus préoccupées par l'héritage à se partager qu'à récompenser le dévouement. Il est donc clair que «Cris et Chuchotements» est un long métrage très sombre, très pessimiste, et que l'omniprésence du rouge dans les plans n'a d'égale que l'intensité des passions qui s'y déploient. De plus, Bergman réalise ici un film ultra-esthétisé et ainsi fortement dénué d'humanité (à mon sens). La forme est rationnalisée et mathématique : 4 couleurs, 4 femmes dont chacune fait l'objet d'un récit,... Le film devient ainsi plus abstrait et s'il parvient sans peine à retranscrire une atmosphère lourde de non-dits et oppressante, les sentiments s'en trouvent d'autant moins précis et d'autant plus ambigus. Mais cela n'affecte en rien l'intensité du propos, au contraire il prend une dimension plus tragique car fataliste, dénuée d'espoir. Au final, «Cris et Chuchotements» s'avère être encore une grande réussite pour Ingmar Bergman, qui se trouve aussi à l'aise (sinon plus) avec la couleur qu'il l'était avec le noir et blanc. [4/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
Ajoutée le 16 mai 2012 à 11h31 Signaler un abus
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