Un huit clôt de Polanski brillant avec une tension qui monte crescendo et un trio d'acteur impeccable. Une ancienne opposante politique au régime de Pinochet (Sigourney Weaver) se retrouve confrontée à son ex tortionnaire (Ben Kingsley) qu'elle séquestre en voulant des aveux, lui nie tout en bloc. Son mari (Stuart Wilson) se retrouve confronté à un dilemme, qui croire dans cette histoire ? Leur maison se transforme alors en un tribunal de la vengeance où l'on ne sait qui défendre, on est sur le fil du rasoir tout le long du film, jusqu'à un dénouement final superbement interprété par Kingsley. Un très bon film, passionnant et éprouvant.
Un rôle dur pour une Sigourney weaver toujours aussi impréssionnante mentalement et physiquement à l'écran, face à un Ben Kingsley impénétrable et un Polanski qui brouille les cartes à la réalisation. D'autant que le réalisateur fait affleurer par l'image une dimension trouble, suggérant une relation SM des 2 protagonistes. Les dialogues auraient pu être plus constructifs tout de même.
Polanski joue avec nos pulsions les plus morbides et les moins avouables. On ne s'ennuie pas une seconde dans ce hui-clos au suspense à toute épreuve qui souffre cependant d'une musique qui souligne trop...
Quand l'homme est totalement libre, qu'il n'est plus dans un état de droit, qu'il peut sans risque réaliser ses pires fantasmes, alors, mème le médecin le mieux intentionné, le bon père de famille, celui qui ne tuerait jamais personne ("il n'y a pas mort d'homme"), devient le pire des bourreaux. La mince couche de civilisation disparait. A l'etat de nature l'homme est bien un loup pour l'homme. Polanski donne raison à Hobbes contre Rousseau.
Je trouve que ce film est très décevant sur plusieurs points. Déjà, les acteurs c'est un peu du n'importe quoi : ils sont anglophones mais ils sont censés être d'un pays d'Amérique du sud... en plus ils sont vraiment très moyens, j'aime beaucoup moi Sigourney Weavers, mais bon, elle est quand même pas top, faut le dire. En plus de ça, le film aurait eu un intérêt s'il y avait un quelconque doute là dedans, avec la question : est-il coupable (même si la vraie question aurait pu être : peut-on se faire justice ? question que Polanski élude trop facilement), mais cette question n'est même pas vraiment abordée. Franchement, quel spectateur a le doute ? Tout est là dès le début quasiment, tout est dit, et puis la fin résolve vraiment tout de façon trop simpliste. Je sais que c'est une pièce de théâtre à la base, mais il aurait très bien pu la changer. C'est décevant. Et en terme de mise en scène la tension est quand même assez maigrichonne. Un Polanski vraiment très très secondaire.
Un huit clos plutôt efficace, le suspense est bien mit en scène (spoiler: bien que j'ai rapidement donné raison à Paulina, alias Sigourney Weaver ) et le face à face est de qualité. Le film est par contre un poil long et je me suis par moments un peu ennuyé.
Un huis-clos tout en émotion. Même si ce film revête des imperfections, le sujet reste douloureux et on ne peut y être indifférent. Sigourney est égale à elle-même à savoir fragile et forte à la fois
Un film plutôt réussi et maîtrisé, mais finalement assez insignifiant. Avec une histoire de vengeance, somme toute assez classique, Roman Polanski prend le parti original de réaliser un huis-clos étouffant en lieu et place des habituelles courses-poursuites propres à la thématique. Ce style lui va comme un gant et grâce à un rythme parfaitement distillé et à une mise en scène au cordeau, il parvient à instaurer une certaine tension. Malgré tout, les dialogues sont assez lourdement écrits et à vouloir montrer la brutalité toute nue, il en enlève l'horreur et bascule dans une démonstration appuyée un brin maladroite. Bref le film fait preuve d'un certain manque de finesse pour traiter les questions ardues de la vengeance, de la culpabilité et du pardon. Les acteurs sont excellents, mais le film est sans doute à regarder en VO, le doublage étant absolument catastrophique.
Polanski confronte tortionnaire et victime (interprétés brillamment par le duo Kingsley/Weaver) dans un huis-clos étouffant, à l'issue toujours incertaine, rythmé par le sublime quatuor de Schubert. 3,75
Huit-clos sous haute tension entre un ex-tortionnaire (Roberto) et sa victime (Paulina). Pendant tout le film, le doute subsiste et est incarné par Gerardo, le mari de Paulina, qui ne cesse de poser la question cruciale : est-ce vraiment le véritable bourreau ? cette femme n'est-elle pas simplement victime de ses souffrances passées et ne voit-elle pas son Mal partout ? Si l'on peut s'identifier au besoin de vengeance de Paulina, on reste complétement dans le doute, pendant tout le long du film. Un doute qui soulève de grandes questions : quelle est la vérité ? cette vengeance est-elle légitime ? Le génie de Polanski dans ce film réside dans sa volonté d'entretenir une grande ambiguïté entre le bien et le mal, en faisant de la victime le nouveau bourreau. Ben Kingsley (Roberto), qui a été choisi par Polanski parce qu'il "n'avait pas la tête de l'emploi" est parfait dans son personnage à la fois terrifiant et pathétique. La musique de Franz Schubert, qui revient de façon quasi obsessionnelle contribue au climat de tension intense du film et a un rôle très symbolique : c'est la musique que le bourreau de Paulina lui faisait écouter pendant qu'il la torturait...
Un étonnant thriller dense, sombre, malsain. Un face-à-face au sommet entre une Sigourney Weaver intrigante dans un rôle de victime meurtrie et paranoïaque et l'excellent Ben Kingsley. Magnifique plaidoyer réactionnaire contre le totalitarisme et la torture.
Une voix, juste une voix, est à l'origine de ce huis-clos tendu. Cette voix c'est celle du Docteur Roberto Miranda, l'excellent Ben Kingsley, que reconnait Paulina Escobar, la talentueuse Sigourney Weaver, comme celle du docteur qui la torturait durant la dictature et qui vient justement de raccompagner son mari à la maison par pur hasard. Roman Polanski s'efface alors derrière sa caméra pour filmer avec intimité ce trio, se servant du décor avec parcimonie pour un rendu toujours plus tendu. En plus de sa structure dramatique extrêmement bien maîtrisé, le film jouit aussi d'un trio d'acteurs au sommet qui campent leurs personnage en faisant preuve de beaucoup de retenus, rendant le film glaçant et d'autant plus prenant.