Caine78    

Membre depuis 4676 jours | Dernière activité : 19/09/2018

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Les Visiteurs - La Révolution

Critique de Les Visiteurs - La Révolution

   1 - Très mauvais
Si ce retour des « Visiteurs » a pu apparaître comme un événement jusqu'à sa sortie, il est vite apparu encore plus vite qu'il n'en était rien, regarder ce quatrième volet (si on compte le remake américain) apparaissant plus aujourd'hui comme de la curiosité malsaine qu'autre chose. À ce titre, c'était même un peu moins pire que ce que je pouvais craindre. D'ailleurs, niveau costumes et décors, je trouve que le film fait bonne figure, la belle photographie (enfin, sauf pour les scènes de nuits) donnant également un certain charme à la reconstitution. Seulement, ces réels efforts formels sont balayés par un niveau comique proche du zéro. Perso, voir nos amis se retrouver en pleine Révolution française, je trouvais ça sympa. Mais encore fallait-il profiter de cette aubaine pour créer une émulation, un « choc des cultures » de qualité. Si l'idée de se placer du côté des royalistes était plutôt bonne, Jean-Marie Poiré et Christian Clavier (également à l'écriture) n'en font absolument rien. Au total, j'ai dû sourire trois fois. Aucune recherche historique, juste quelques grandes figures balancées comme ça de façon stéréotypée, doublées d'une opposition caricaturale au possible entre les Révolutionnaires, tous obsédés par la République et la guillotine face à des grands bourgeois ne pensant qu'à conserver leur luxe (OK, il y a un peu de vrai, mais c'est quand même très, très simpliste). Tout sent la facilité, le travail vite fait, se contentant de reprendre ad nauseam les plaisanteries qui avaient fait l'immense succès de l'original, sans inspiration ni talent. C'est lourd, laborieux, sans aucune originalité ni surprise dans le déroulement, avec notamment beaucoup de blagues sur les odeurs : une fois ça passe, vingt c'est insupportable. L'occasion, également, d'un festival de seconds rôles où chacun fait son numéro sans apporter grand-chose à l'intrigue, les seuls s'en sortant avec un semblant de dignité étant Sylvie Testud et Alex Lutz. Qu'ils se rassurent, toutefois, car s'il y en a bien un qui sombre comme jamais, c'est Clavier, apocalyptique en Jacquouille dans une caricature de caricature de ce personnage pourtant si réjouissant lors de sa création en 1993 Spoiler : (il est un peu mieux en partisan de la Terreur et en collabo dans les dernières minutes), Jean Reno se contentant du minimum (en même temps, a t-il jamais été vraiment bon dans sa carrière?), mais ayant au moins le mérite d'être supportable. Une période passionnante et décisive dans l'Histoire de France réduite à une grosse comédie sans âme ayant plus de vingt ans de retard quasiment à tous les niveaux, c'est triste mais en même temps, j'étais prévenu : « Les Visiteurs : la Révolution » est depuis longtemps un concurrent sérieux à Nanarland. Ça n'a aucun intérêt. Ah oui : à la fin du générique on voit Poiré apparaître une seconde en train de fermer rapidement une porte : nul doute que celle-ci n'aurait jamais dû se rouvrir...
Monsieur Paul

Critique de Monsieur Paul

   2 - Pas terrible
Excellent sujet que l'affaire Paul Touvier, ancien milicien ayant gardé sa liberté sans jamais être réellement inquiété pendant de très nombreuses années, presque avec la bénédiction de l’État au vu des « dossiers » que le bonhomme avait sur de nombreuses personnalités. Malheureusement, si j'ai pu croire un temps que nous aurions droit à un téléfilm-dossier de qualité, mes espoirs se sont vite estompés. Mise en scène approximative et parfois lourdingue, musique pompière en devenant presque risible, scénario cédant à beaucoup de facilités... On est souvent plus proche de la production France Télé standard que de l'œuvre ambitieuse qu'elle aurait mérité d'être, à quoi s'ajoute une reconstitution TRÈS peinarde des années 70, à l'image des rouflaquettes assez risibles arborées par Laurent Gerra, au demeurant convenable. Le casting, d'ailleurs, ne se tient pas trop mal (on peut notamment saluer les prestations d'Eric Naggar et de la magnifique Sophie-Charlotte Husson parmi les seconds rôles), bien que l'on ne sente pas François Morel plus investi que ça dans le rôle-titre. Reste que pour ceux ne connaissant rien à cette histoire, c'est l'occasion d'en savoir un peu plus sur cette dernière, que ce soit quant au rôle de Georges Pompidou et surtout de l’Église, montré ici sous un jour fort peu flatteur. La façon dont Touvier a été retrouvé est originale, ce qui permet de suivre cela avec un minimum d'intérêt, certains aspects (notamment la manière qu'avait le collaborateur de s'enregistrer sur des dizaines de cassettes) montrant un personnage un minimum complexe. Ça reste trop peu, certaines situations et répliques frôlant le ridicule (embêtant pour un « téléfilm historique !! »), tandis que les sous-intrigues autour des origines juives du héros ou son « idylle » avec une témoin de l'époque affadissent plus le récit qu'autre chose. Le réalisateur se contente de peu, ne donnant jamais l'impression d'approfondir son propos, comme s'il passait presque à côté de l'essentiel. Disons que si vous ne connaissiez rien à l'affaire, « Monsieur Paul » peut avoir un très vague intérêt. Les autres ne manqueront qu'un téléfilm assez faible, ne narrant, qui plus est, qu'une seule partie de cette « étrange » affaire. Une belle occasion manquée.
Whitney

Critique de Whitney

   3 - Pas mal
Pour moi comme pour beaucoup de gens, Whitney Houston, c'est avant tout une voix, quelques morceaux inoubliables, un film et une disparition prématurée. Ce documentaire, bien qu'un peu inégal (certains aspects sont nettement plus intéressants que d'autres) permet de revivre toutes ces « années Whitney » avec beaucoup d'authenticité. Sur la forme, les choses sont claires d'emblée : alternance de témoignages et d'images d'archives, mélangeant scènes, coulisses, événements et vidéos personnelles. Mais Kevin Macdonald sait créer une vraie dramaturgie autour de cette vie hors-normes, comme si nous étions dans un doc tout en étant en même temps dans un film de « fiction ». Sans doute un peu trop linéaire, paradoxalement on s'y perd parfois un peu, notamment lors de l'évocation des drogues, nous ramenant de nombreuses années en arrière alors que nous les avions déjà passées depuis un moment. Cela écrit, les témoignages sont forts, pour ne pas dire souvent poignants. Il y a à la fois beaucoup de dignité, de pudeur et d'émotions dans les propos de quasiment chacun d'entre eux, leur langage corporel en disant parfois plus long que leurs paroles : entre ceux pleurant carrément et ceux ayant les larmes aux yeux, il est dire l'impact que cette dernière a pu avoir sur leur vie. Si le portrait est plutôt positif (on le comprend), il n'est pas béat non plus, que ce soit sur les (graves) errements connus par la star à la fin de sa vie, n'étant quasiment plus que l'ombre d'elle-même (vocale comprise). Le but n'est pas de tout nous dire ou de tout nous expliquer sur Whitney Houston : on peut même trouver que nous restons un peu trop à la surface des choses. Mais d'en savoir plus sur sa personnalité, son rapport passionné à la musique, l'importance démesurée (pour le pire et le meilleur) de sa famille dans son entourage, son mariage ne lui ayant nullement apporté le bien-être auquel elle aspirait... On ne tombe jamais pour autant dans l'anecdote « people » : le réalisateur sait donner du sens à son parcours, à sa vie. Mine de rien, et de façon un peu étrange, c'était une personnalité assez secrète sur des choses essentielles : impossible de savoir si un « traumatisme enfantin » (évoqué de façon totalement explicite) a vraiment eu une influence sur sa vie de femme, par exemple. Ce qui fait toutefois clairement la différence, ce sont les images d'archives. Manifestement choisies avec beaucoup de soin et de rigueur, elles montrent une Whitney à toutes les étapes de sa vie et de sa prestigieuse carrière, passant un peu par toutes les émotions sans réellement se livrer plus que ça, si ce n'est à de rares exceptions (et souvent à l'aide de substances illicites). L'occasion également de redécouvrir, si besoin était, sa voix prodigieuse, exceptionnelle, notamment lors d'extraits de concerts parfois enivrants (j'étais au bord des larmes durant son « I Will Always Love You » en Afrique du Sud). Sans oublier un court, mais décisif, passage sur « Bodyguard », montrant en seulement quelques minutes à point le film a pu être décisif pour son statut d'icône mondial. Après, comme écrit précédemment, je ne me suis pas passionné pour le côté « femme noire » ou l'enfance chaotique de sa fille Bobbi Kristina, même s'il était difficile de ne pas l'évoquer, je suis d'accord. Quoi qu'il en soit, lorsqu'il s'agit de dresser un bilan de cette « Whitney », il est positif. Un peu larmoyant, certes (pas bien grave), mais surtout instructif, touchant et même vraiment fort par moments. Bel hommage, sans glorification mal placée : aucun doute, la Diva le méritait.
Poulet au vinaigre

Critique de Poulet au vinaigre

   2 - Pas terrible
Sincèrement, j'ai presque hésité concernant la note. Claude Chabrol sait y faire pour être à contre-courant de ce qui se fait habituellement en matière de polar. Narration, intrigue, personnages... Son approche est singulière, voire imprévisible par moments, notamment dans la structure, ne faisant, par exemple, intervenir son héros qu'au bout de quarante minutes. Côté casting, c'est également très bon, à l'image d'un savoureux Jean Poiret, bien entouré par Michel Bouquet, Jean Topart ou encore d'un tout jeune Lucas Belvaux, sans oublier, surtout, la magnifique Pauline Lafont, que je découvrais un peu ici et me faisant d'autant plus regretter sa disparition tragique : elle est irrésistible, une grande carrière l'attendait probablement. Maintenant, et même si lire une ou deux critiques professionnelles m'ont un peu aidé pour y répondre : qu'a voulu faire Chabrol ? Un policier ? Au vu du manque d'intérêt qu'il montre parfois pour l'enquête, on peut en douter. Une étude de mœurs ? Sans doute plus, mais là encore, étant donné le peu d'attachement et encore moins de sympathie qu'on a pour les uns et les autres, ce n'est pas très convaincant. Une critique de la bourgeoisie ? Sûrement, il l'a fait très souvent, et après ? Ces notaires, médecins et autres bouchers ont beaux être odieux, je ne vois pas trop ce que ça prouve. Sincèrement, hormis un regain d'intérêt dans la dernière partie où il y a enfin du concret quant aux deux « disparitions », je me suis un peu ennuyé, peu sensible à cette approche très « chabrolienne » (faisant toutefois preuve d'une certaine humanité dans les dernières minutes, même si l'on peut discuter de la manière), peu concernée par le plaisir du spectateur. Reste quelques répliques, quelques situations pas mal, l'ami Claude ayant le sens du détail, et ne serait-ce que pour avoir découvert la belle Pauline, je n'ai pas totalement perdu mon temps. Pas sûr que cela justifie le visionnage de ce vrai-faux polar plutôt original dans sa forme, peu captivant sur le fond. Passable.
Dangerous Housewife

Critique de Dangerous Housewife

   3 - Pas mal
Fort peu apprécié outra-Atlantique (ce que je n'ai découvert qu'après visionnage), j'avoue que moi, je n'ai trouvé ça vraiment pas si mal. Malgré quelques grosses réserves, il y a un certain plaisir à voir l' « American Way of Life » mis à mal avec pas mal d'humour noir. Alors c'est évident : il y a beaucoup de défauts. Au vu du potentiel, on peut vraiment regretter que la réalisation soit aussi fonctionnelle, le scénario souffrant de nombreux poncifs et de personnages secondaires qui, s'ils sont « nécessaires » pour faire avancer l'intrigue, n'en sont pas moins banals et sans grand intérêt. Mais c'est bien de voir aujourd'hui un film où tout le monde en prend son grade : hommes, femmes, maris, époux, fidèles, infidèles... Personne n'est épargné par un regard critique assez acerbe et fort peu porté sur la bien-pensance : en gros, les mecs sont des lâches ou des truands, les nanas des sociopathes ou Spoiler : des vénales pour qui la fin justifie largement les moyens (la seconde catégorie étant incarnée par une Jordana Brewster affolante de sensualité). D'accord, à plusieurs reprises cela vire franchement au banal, avec beaucoup de situations vues ailleurs en bien mieux. En fait, je crois même que l'intérêt de l'entreprise doit énormément à une personne : Katherine Heigl. Souvent cantonnée dans des comédies romantiques sans grand intérêt où elle est le seul atout, elle excelle ici en « control freak » obsessionnelle, volontiers psychopathe et sadique sur les bords, d'un sang-froid assez flippant dans presque toutes les situations Spoiler : (sa transformation en Dexter lors du découpage (bien sanglant) du cadavre sans montrer la moindre émotion est réjouissante) : un formidable personnage de comédie, accentué par un physique de rêve la rendant à la fois follement inquiétante et terriblement désirable). Et comme « Dangerous Housewife » a décidé d'aller jusqu'au bout de sa logique, on apprécie une fin qui, Spoiler : sans être forcément la meilleure possible, fait, là encore, preuve d'une certaine méchanceté, très loin des bons sentiments redoutés... Bref, si l'on fortement regretter qu'une telle entreprise de démolition se limite à un format téléfilm avec tout ce que cela implique dans l'écriture et la réalisation, on peut aussi savourer qu'une « petite production » ose un peu ruer dans les brocards de la sacro-sainte famille américaine avec pas mal de mauvais esprit : que voulez-vous, la critique US ne doit plus être habituée... Une bonne surprise.
Photo De Famille

Critique de Photo De Famille

   2 - Pas terrible
J'avais bien aimé « Je me suis fait tout petit », précédent film signé Cécilia Rouaud, au point d'être surpris de la voir mettre autant de temps à concrétiser sa seconde réalisation (oui, cela remonte quand même à six ans!). Malheureusement, je ne peux pas écrire que ces années justifiaient l'attente. Globalement, le compte n'y est pas. D'accord : la famille, c'est un bon sujet, il y a beaucoup de choses à dire dessus et ça parle à tout le monde. Seulement, j'ai parfois l'impression que le cinéma français ne sait plus parler que de ça. Sincèrement, il faudrait compter le nombre d'œuvres abordant le sujet chez nous, cela doit être prodigieux. J'ai eu du mal à y croire, l'aspect fort peu crédible de certaines situations Spoiler : (le gamin voulant absolument partir de chez sa mère adorable juste parce qu'elle est « pauvre » : sérieux?) ou le comportement de certains personnages Spoiler : (ba toujours celui de cette maman, mais dans ses relations amoureuses, en l'occurrence!) : on sent qu'il faut vraiment les rendre très différents histoire qu'on puisse aussi bien les opposer que les réunir. Le scénario tourne également trop autour de la grand-mère : c'est le moteur de l'histoire, certes, mais à force d'en parler à longueur de temps, on se lasse fortement, malgré la jolie prestation de Claudette Walker dans le rôle. Heureusement, si on les prend individuellement, il y a de jolies scènes, un minimum de soin dans les dialogues, parfois assez drôles. On ne cherche pas (trop) à embellir le quotidien des uns et des autres, même si les bons sentiments dominent. Le dénouement est même presque inattendu, évitant également quelques facilités semblant courues d'avance Spoiler : (non, Elsa n'est pas enceinte à la fin du film). Enfin, le casting est très réussi, la réalisatrice ayant choisi des comédiens au plus près de leur vraie nature pour les interpréter : cela aurait pu être une solution de facilité, ça leur donne au contraire une vraie authenticité, l'excellente Camille Cottin en tête, mais vraiment, aucune fausse note de ce point de vue. Du coup, j'ai envie d'être un minimum indulgent. Il y a de la sincérité, un minimum de vécu. Mais aussi pas mal de banalité, les quelques velléités pour en sortir étant rarement convaincantes. Le syndrome du deuxième film aurait-il encore frappé ? En espérant que la belle Cécilia retrouvera l'inspiration qui avait été celle lors de ses débuts. Plutôt décevant.
Bonhomme

Critique de Bonhomme

   1 - Très mauvais
Avant, j'aimais bien Marion Vernoux. Mais ça, c'était avant... D'autant que si « Et ta sœur » gardait un minimum d'intérêt quant aux enjeux, ce n'est même pas le cas ici. Je n'irais pas jusqu'à écrire que tout est raté, mais nous n'en sommes pas loin. Malgré un joli potentiel, ça ne fonctionne pas. On tourne souvent en rond, l'histoire n'est pas très intéressante, la réalisatrice ne semble pas quoi faire de ses personnages, notamment secondaires. Elle hésite entre drame et comédie, ce qui est rarement probant. Même les quelques idées intéressantes deviennent presque gênantes dans leur traitement Spoiler : (la prostitution de Piotr, notamment), arrivant presque comme un cheveu sur la soupe, sans réelle cohérence avec le comportement de Marilyn auparavant. Alors c'est vrai : cela évite la bien-pensance totale, permettant de mettre en avant jusqu'où certains doivent aller pour faire face à une situation financière plus que compliquée. Maintenant, si c'est pour ne pas en faire grand-chose, à l'image d'une Vanessa Guide totalement sous-exploitée, ça ne mène nulle part. Idem pour le regard sur le travail : entre vision simpliste de ce dernier, discours caricatural (et pas totalement faux) sur les techniques de communication des patrons et protagonistes changeant de comportement presque du jour au lendemain, là encore le propos ne va pas bien loin. Et je ne parle même pas de la famille du « malade », presque réduite à une caricature pesante et silencieuse. Heureusement, et histoire de ne pas être totalement injuste, ce n'est pas un supplice non plus. Les repas et discussions entre amis ont beau manquer de contenu, j'ai trouvé ça sympa. Et niveau casting, Nicolas Duvauchelle s'en sort plutôt bien, même si c'est surtout Ana Girardot qui retient l'attention : à la fois touchante, drôle et pleine d'énergie, elle est un vrai rayon de soleil. Au point de se demander ce qu'elle fait avec son « bonhomme », tant celui-ci fait (très) mauvaise impression dans les premières minutes, au passage une belle occasion manquée de s'interroger quant au fait que peut-être Piotr est-il, d'une certaine façon, beaucoup plus tendre et attentionné depuis son accident... Enfin, si j'espérais que Vernoux saurait au moins conclure de façon satisfaisante, il n'en est rien : Spoiler : bons sentiments (presque) totaux et banalité presque digne d'un téléfilm sur TF1. Bref, si les intentions étaient sans doute bonnes, le film, lui, est loin de l'être. Reprends-toi, Marion !
Pornography

Critique de Pornography

   3 - Pas mal
Un court-métrage sous forme d'essai animé souhaitant aborder le regard que l'on peut avoir sur la pornographie ? Original ! Se moquant (gentiment) des intellectuels et spécialistes en tout genre, Eric Ledune donne la parole à tout un panel de personnes (anonymes), toujours sous forme d'animation, n'hésitant pas à les entrecouper parfois de séquences assez « trash » représentant l'acte (mais jamais par des humains en « live »), justement dans le but de nous faire réagir sur le sujet. Qu'est-ce que la pornographie ? Pourquoi est-ce tabou ? À des questions pouvant paraître évidentes, l'entreprise démontre qu'elles sont loin de l'être, jusqu'à nous interroger sur sa définition même. Si on peut discuter de certains raccourcis (déjà, il y a de plus en plus de « scènes de cul » dans les films et les séries, mais surtout on peut douter de leur intérêt quant à l'intrigue ! Voilà le vrai problème), les différents propos, à de rares exceptions près (volontaires), sont très pertinents, apportant tous un angle de vue différent sur la question, sans pour autant se contredire. Et Ledune d'en venir alors à son second point : un virulent pamphlet anticapitaliste contre la société de consommation, accusant au passage les grands groupes de tout contrôler afin de formater au maximum la pensée, les convictions de chacun. Vous me direz qu'on s'éloigne du sujet premier, mais justement non. Le réalisateur montre à quel point la pornographie est très loin d'être le premier fléau actuel dans le monde, et combien d'autres images, infiniment plus choquantes et odieuses que celles de deux personnes en train de faire l'amour, passent à longueur de temps sur les chaînes sans que quiconque ne s'en offusque, preuve d'une très grande hypocrisie intellectuelle. Peut-être le réalisateur est-il même trop indulgent avec le porno : pas de réelles réserves ou de contrepoints , limitant légèrement la démonstration. Maintenant, je trouve que cela se tient grandement, que ce soit sur la forme, surprenante, audacieuse, que sur le fond, intelligent, pertinent, presque implacable et non sans humour. « Gaucho » ? Sans doute. Donnant une vraie matière à réflexion ? Surtout.
La Moutarde me monte au nez

Critique de La Moutarde me monte au nez

   3 - Pas mal
Pierre Richard, en général, ce n'est pas ma tasse de thé. Mais il y a des exceptions, dont celle-ci fait (relativement) partie. Même si je ne trouve pas ça très sophistiqué, le comique de répétition me fatigant assez vite, il faut reconnaître une fois de plus à Claude Zidi un vrai sens du rythme et du montage : les scènes s'enchaînent bien, sans temps mort, passant d'une situation à une autre avec une certaine aisance, auxquelles la très chouette musique de Vladimir Cosma apporte un vrai plus. De plus, cela a beau rester léger, on peut observer une volonté de se moquer un peu du milieu politique et surtout de la presse à scandales, (déjà) prête aux pires coups bas et ragots pour faire du papier. Et l'ami Pierrot, dans tout ça ? Il fait le boulot, sans surprises mais efficace. Côté seconds rôles, Claude Piéplu est très bon, en revanche, on peut discuter du choix du héros « préférant » Jane Birkin à la délicieuse et plus que charmante Danielle Minazzoli : cette dernière étant la femme de Pierre Richard à l'époque, j'imagine que ce dernier aurait été de mon avis... Dommage, notamment sur la fin, que cela devienne parfois un peu trop bouffon et lourdaud, m'empêchant d'être plus généreux, mais on reste globalement au niveau de la comédie plutôt correcte, avec quelques scènes spectaculaires Spoiler : (celles se déroulant sur le tournage du western, toutes réussies) et un joli clin d'œil à l'immense « L'Impossible Monsieur Bébé » : pourquoi pas.
Neuilly sa mère, sa mère

Critique de Neuilly sa mère, sa mère

   2 - Pas terrible
Je garde un souvenir pour le moins vague de « Neuilly sa mère », que je n'ai d'ailleurs pas revu depuis sa sortie au cinéma, cela aurait pu être l'occasion mais je ne l'ai pas fait. Bref, si dans le premier c'était le banlieusard qui se retrouvait à Neuilly, ici on inverse les rôles en transférant toute la famille droitiste à Nanterre, que l'on a d'ailleurs quelque peu « ghettoïsé » pour l'occasion, j'ai quelques autres noms de villes qui auraient été plus vraies que nature !! C'est assez dynamique, voire assez rigolo par moments, l'énergie d'acteurs plutôt en forme permettant de suivre cela avec un minimum de plaisir, à l'image de ce très bon personnage de comédie qu'est Charles de Chazelle, montant encore d'un cran par rapport au premier volet. Après, on est dans une production Djamel Bensalah, et si celui-ci avait un regard subtil et complexe sur la « banlieue », ça se saurait. Certains passages ne sont absolument pas crédibles (comment un mec aussi lamentable peut arriver en finale d'un concours de rhétorique ? Mystère), l'équipe préférant toujours la blagounette et la décontraction à un minimum d'analyse quant aux différentes communautés. Alors nous sommes dans une comédie ayant pour objectif principal de divertir : d'accord. Mais là, c'est quand même très pauvre, ne posant jamais vraiment de regard sur Nanterre, ses habitants, leurs aspirations : non, juste de la rigolade. D'autant que cela n'est pas franchement compensé par un scénario quasi-inexistant, plus un vague fil narratif composé de scènes plus ou moins amusantes selon les situations. Au moins Gabriel Julien-Laferrière aime ses personnages, sachant les rendre finalement assez attachants, Samy Seghir et le réjouissant Booder dans un savoureux second rôle en tête. De plus, si certaines sous-intrigues sont médiocres (les histoires sentimentales de Sami), tout ce qui tourne autour de la politique a un réel potentiel comique. Cela a beau toujours être aussi caricatural et simpliste, le réalisateur renvoie joliment dos à dos les différents partis politiques (le regard sur « En Marche » est, pour le coup, assez réjouissant et pas très loin de la vérité!!), tout en dressant un portrait à gros traits mais plutôt savoureux d'un opportuniste prêt à tout pour arriver à ses fins (ça vous rappelle quelqu'un??), de loin l'aspect le plus intéressant. Enfin, comme toujours dans ce genre de productions, multitude de caméos, d'un intérêt très inégal : si ceux Spoiler : d’Élie Semoun, Chloé Coulloud et surtout Josiane Balasko sont nazes, ceux d'Arnaud Montebourg, Julien Dray, Eric Dupond-Moretti ou Charline Vanhoenacker sont assez sympas. Bref, « Neuilly sa mère, sa mère ! », ce n'est pas de la dentelle, passant totalement à côté d'un joli potentiel sociologique, sans être déplaisant, notamment quant à sa capacité à avoir su saisir l'évolution et le changement d'environnement politique pour s'en moquer tout autant qu'il y a dix ans : honnête pour une soirée télé durant le quinquennat Macron.
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