Caine78    

Membre depuis 4758 jours | Dernière activité : 13/12/2018

  • 1660 notes & favoris
  • 977 critiques
  • 49 suivis
  • 691 abonnés
Suivre son activité
Toutes ses critiques
  • Ses critiques de films
  • Ses critiques de séries
  • Ses critiques Vidéo
  •    
  •    
  •    
  •    
Les Filles du soleil

Critique de Les Filles du soleil

   3 - Pas mal
Massacré de toutes parts, j'avoue être très loin de ce déferlement. Certes, tout n'est pas parfait : les personnages sont assez stéréotypés, on peut parfois discuter de la construction narrative, notamment au début, où l'intégration des flashbacks paraît quelque peu bancale. Reste que même si je n'ai pas eu l'impression d'en apprendre beaucoup plus sur le conflit, voire ces femmes toutes plus courageuses les unes que les autres, prêtes à tous les sacrifices pour se battre face à ce fléau qu'est Daesh a quelque chose de fort, d'intense, que ce soit à travers leur quotidien, les chants, la menace constante et souvent invisible... Surtout, Eva Husson montre une réelle maîtrise de l'image, des plans, du moins lorsqu'il s'agit de filmer ces combattantes au plus près du réel, les échanges entre les deux héroïnes, cette violence, cette souffrance qui pourtant jamais ne vient remettre un seul instant en cause leur foi pour leur combat. C'est un peu plus compliqué pour les scènes d'action, manquant d'ampleur et pas toujours très contrôlées, cela n'empêche nullement la pertinence de l'entreprise, ni d'être admiratif de cette lutte infernale, présentée de façon relativement claire par le récit et ses enjeux, les décors très réalistes amenant également une certaine authenticité. Alors même si les protagonistes manquent un peu de chair, que le dénouement est Spoiler : vraiment « too much » et que l'on aurait aimé avoir un éclairage plus approfondi, plus « politique » du sujet, je trouve que ça se prend, d'autant que si Emmanuelle Bercot est impeccable, elle ne peut faire de l'ombre à la magnifique Golshifteh Farahani, d'une sobriété, d'une intensité comme toujours exemplaire : un diamant brut. Rien de nouveau, peut-être, mais un vibrant hommage à des femmes qui, assurément, le méritent plus que tout.
Dix pour cent

Critique de Dix pour cent - Saison 3

   3 - Pas mal
Assurément, l'effet de surprise est passé et cette troisième saison n'a plus la saveur des débuts. C'est particulièrement palpable dans la première partie, où l'on a beau sourire des situations et des doutes (parfois bien superficiels) des guest-stars, donnant toujours une légère impression de déjà-vu, de tenter de se renouveler sans réellement y parvenir. Non pas que ce soit désagréable, loin de là, mais on a presque l'impression que ces vedettes apparaissent plus comme un gadget qu'un réel apport aux scénarii. Je me suis même surpris à être nettement plus intéressé par les problèmes de l'agence et les tensions entre ses différents membres (Camille Cottin y est toujours aussi irrésistible), Fanny Herrero prenant le soin de modifier (sans doute un peu trop) notre ressenti sur la personnalité des uns et des autres Spoiler : (celle d'Hicham en premier lieu). Heureusement, dans la dernière ligne droite, la série parvient à retrouver un peu de cette folie qui la caractérisait, cette dimension légèrement imprévisible, notamment avec l'épisode consacré à Spoiler : Isabelle Huppert, puis le dernier, savoureux, renouant pleinement (et de façon totalement assumée) avec l'esprit de la première saison. Enfin, si les invités sont ici un peu inégaux, et j'ai beau ne pas être fan, j'ai trouvé le récit consacré à Spoiler : Béatrice Dalle vraiment réussi, celle-ci s'y livrant avec beaucoup de sincérité et, osons l'écrire, de pudeur. Cette seconde moitié, faisant également la part belle aux seconds rôles (notamment l'inénarrable Nicolas Maury et la tempête Laure Calamy) permet de terminer sur une bonne note, à défaut d'être aussi réjouissante et piquante que n'avait pu l'être la fiction au départ. Je suivrais (évidemment) la quatrième (et dernière?) saison avec plaisir, tout en restant lucide sur le fait que « l'âge d'or » de « Dix pour cent » s'est très probablement arrêté il y a déjà quelques temps.
Les Bonnes intentions

Critique de Les Bonnes intentions

   3 - Pas mal
Question intéressante : faire preuve d'une générosité, d'une dévotion extrême est-il un risque pour notre vie familiale et son quotidien ? Gilles Legrand tente d'y répondre habilement, proposant différentes situations savoureuses à travers un scénario cohérent, soignant aussi bien ses répliques que ses personnages, principaux comme secondaires (non sans quelques stéréotypes). Il y a un réel plaisir à voir chacun évoluer, faire face à ses contradictions, devant faire face à des moments difficiles tout en restant fidèle à ses idéaux. À ce titre, les scènes entre Agnès Jaoui (excellente) et Tim Seyfi (pas mal du tout), notamment chez la conseillère conjugale, sont éloquentes, à l'image d'un ton séduisant dans son ensemble, parfois très drôle, n'hésitant pas à balancer quelques répliques vachardes du meilleur effet. Dommage que, cinéma français oblige, la forme soit quand même très basique, voire bancale, le réalisateur ne semblant souvent pas du tout quelle identité donner au film : c'en est presque assez triste. Mais pour le coup, j'ai envie d'être indulgent : si visuellement c'est pauvre, au moins est-ce donc compensé par un scénario (bien qu'un peu répétitif) et une écriture de qualité, offrant à la fois une vraie réflexion sur l'engagement (social) et un portrait de femme beaucoup plus subtil et nuancé qu'au premier abord, la présence d'excellents seconds rôles (Alban Ivanov et la très séduisante Claire Sermonne en tête) ne faisant qu'ajouter à la bonne impression générale. Un peu maladroit, sans doute, mais touchant.
Les Tuche 2 - Le rêve américain

Critique de Les Tuche 2 - Le rêve américain

   1 - Très mauvais
Peu convaincu par le premier volet, j'ai tout de même tenté cette suite, passant pour être plutôt supérieure et très gros succès au box-office (même si cela ne veut pas dire grand-chose, nous sommes d'accord), d'autant que voir la famille débarquer aux États-Unis pouvait laisser espérer un choc des cultures amusant. Oui... mais non. Oh, je ne dis pas que je n'ai pas souri de temps en temps, ce ton décontracté et ces personnages loufoques, sans oublier quelques répliques vachardes, ne m'ayant pas déplu. Mais bon, à côté de ça, il faudra se coltiner des situations répétitives, des moments se voulant décalés alors qu'ils sont juste lourds, une morale finalement bien peu surprenante et un quasi-éloge de la beaufitude, car au fond pleine de tendresse... Alors OK, il y a un peu de mauvais esprit (notamment sur la mentalité férocement libérale des américains), reste que celui-ci est presque uniquement là pour que les choses Spoiler : rentrent finalement dans l'ordre, à l'image d'un scénario qui, s'il joue parfois de façon amusante des clichés, n'en est pas moins faiblard et d'un intérêt fort mineur. Sans oublier quelques moments extrêmement gênants Spoiler : (le « discours » de Jeff Tuche sur les cartes perdues : au secours), la grand-mère apportant, certes, un peu de folie, mais surtout pas mal d'embarras. Bref, si les acteurs se donnent assurément à fond (Jean-Paul Rouve n'a clairement pas peur du ridicule), pas grand-chose à retenir de cette énième comédie franchouillarde bien de chez nous, me laissant peu d'espoir quant à l'arrivée du quintette à l'Élysée, même si j'y jetterais sûrement un coup d'œil, par curiosité (malsaine?)...
Le Phare du bout du monde

Critique de Le Phare du bout du monde

   3 - Pas mal
Adapté de Jules Verne avec Kirk Douglas en vedette, c'est, c'est... Et non, ce n'est pas « Vingt mille lieues sous les mers », mais bien « Le Phare du bout du monde », production autrement moins célèbre ayant connu un sévère échec au box-office. Très moyennement apprécié à l'époque, le redécouvrir aujourd'hui paraît pourtant salutaire. Tout n'est pas parfait : il ne s'y passe finalement pas tant de choses, la réalisation de Kevin Billington (dont c'est le principal fait d'armes principal, sans doute injustement) peut déconcerter, les motivations de certains personnages restent quelque peu floues... Reste que voir une telle production tenter des choses aussi étonnantes, c'est à saluer. Beaucoup de cruauté, de violence, n'hésitant pas à malmener son héros (et les spectateurs avec), le tout au milieu d'un cadre souvent bien exploité, pouvant être aussi séduisant qu'inquiétant. Pas de romantisme (ou si peu, et certainement pas comme on l'entend), de grands discours, juste une chasse à l'homme étrange, presque surréaliste, sachant ponctuer son récit de scènes marquantes, parfois imprévisibles malgré quelques arrangements scénaristiques. Dommage que les relations entre les différents protagonistes, pourtant dotées d'un réel potentiel, ne soient que très partiellement exploitées, à l'image d'un affrontement Kirk Douglas - Yul Brynner (refaisant en quelque sorte le match des Oscars 1957 remporté par le second!!) intrigant mais manquant de fond, même si cela lui donne une dimension mystérieuse plutôt intéressante. Sans doute aurait-il fallu également mieux utiliser la très belle Samantha Eggar, mais là encore, son « absence-présence » apporte une tournure plutôt inattendue au film, loin des situations traditionnelles que l'on pouvait imaginer, provoquant un certain trouble pour le spectateur. Beau casting, donc, comme vous avez pu le comprendre, auquel vient notamment s'ajouter Renato Salvatori ou encore Jean-Claude Drouot, surprenant dans un rôle pour le moins antipathique. Une œuvre à part, souvent au bord de la folie (à l'image d'antagonistes assez ravagés), qui mériterait assurément d'être connu par un nombre beaucoup plus important.
Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald

Critique de Les Animaux fantastiques : Les crimes de Grindelwald

   2 - Pas terrible
Le premier volet était une belle réussite visuelle péchant par un scénario moyen, le second est une belle réussite visuelle péchant par... un scénario moyen, voire très moyen. J.K. Rowling confirme ici sa plus grande aisance comme romancière, notamment sur la durée. Car dans un premier temps, j'ai été plutôt séduit. Que ce soit les personnages, le nœud de l'intrigue, les différents enjeux : rien de bien original et encore moins novateur, mais un réel potentiel pour stimuler l'intérêt des spectateurs. Seulement, il faut se contenter du minimum, non sans quelques scènes tendues et de bonne facture permettant de ne pas totalement décrocher, mais quand même un peu vide. C'en est même éloquent à la moitié, où l'on brasse joyeusement de l'air sans faire avancer d'un pouce le récit au point d'en être presque assommant. Heureusement, « Les Crimes de Grindelwald » est incontestablement réalisé dans les règles de l'art. Beaucoup de numérique, certes, mais se voyant finalement assez peu tant l'univers est soigné, élégant, à l'image de cette reconstitution du Paris des années 20 d'un grand raffinement. Pas mal d'idées séduisantes, à l'image de ce Spoiler : très beau dragon chinois, une photographie presque cristalline éclatante et un univers assez riche, notamment en décors de belle facture. Surtout, au milieu d'un casting sans grande saveur (allez, Jude Law et Zoë Kravitz ne sont pas trop mal), il y a Johnny Depp. Alors OK, le rôle est porteur. N'empêche, quelle présence, quel charisme, quel talent ! Il éclipse tous les autres sans la moindre difficulté (notons une Katherine Waterston totalement transparente), offrant au film ses meilleures scènes Spoiler : (franchement, ce discours de meeting à la fois si séduisant et inquiétant, faisant subtilement écho aux heures les plus sombres du XXème siècle, je l'ai trouvé saisissant) et l'un des méchants les plus marquants de ces dernières années (même si j'avoue ne pas avoir trouvé son évasion si bien foutue, notamment dans le découpage). Quelques vraies qualités, donc, notamment dans le travail formel de David Yates. En revanche, il faudrait sérieusement songer à ce que Rowling passe la main pour l'écriture, car on reste loin des standards « harrypotteriens » que nous avions tant aimé. De quoi attendre la suite avec un certain détachement.
Le Prodige

Critique de Le Prodige

   3 - Pas mal
De Bobby Fischer, hormis la discipline, le talent et la personnalité pour le moins particulière, je ne savais pas grand-chose, « Le Prodige » apparaissait donc comme un bon moyen de combler en partie ces lacunes. Alors c'est vrai : ce n'est pas le film le plus dansant qui soit, sa dimension assez froide ne permettant pas de réel engouement. Cela écrit, je ne peux pas reprocher aux biopics de tous se ressembler et reprocher à ce dernier de faire différemment. Car cette histoire, elle sait parfois être étonnante, voire franchement déstabilisante. Même si j'imagine que ceux passionnés par le sujet n'apprendront pas grand-chose ici, pour un spectateur « normal », il y a vraiment de quoi être surpris à plusieurs reprises. D'abord, bien sûr, par le caractère déconcertant, voire franchement déplaisant du héros (excellent Tobey Maguire, habité, intense), l'amenant à un comportement, des réactions totalement surréalistes, notamment durant la finale des championnat du monde d'échecs, mais aussi vis-à-vis de sa garde rapprochée, le calme de cette dernière amenant un contre-point rassurant à ses éclats constants. Ensuite parce que la réalisation est signée Edward Zwick : sans génie, donc, mais ultra-professionnelle et ne cherchant ici jamais le spectaculaire, s'attachant, au contraire, aux hommes, au contexte, notamment à travers les enjeux politiques (nous sommes alors en pleine Guerre froide, son affrontement avec le champion russe Boris Spassky ayant ainsi une répercussion internationale), même si cet aspect aurait sans doute gagné à être plus mis en avant. Enfin, elle a beau discrète, la reconstitution, notamment à travers l'ambiance si particulière des 70's, fait illusion, notamment incarnée par la dimension ultra-paranoïaque de Fisher, donnant parfois à l'œuvre un aspect anxiogène approprié. Bref, si Zwick est habituellement plutôt un metteur en scène d'action, il s'est intelligemment adapté au projet pour faire du « Prodige » un titre singulier dans ce registre si formaté qu'est le biopic : peu aimable, mais intrigant.
Histoires enchantées

Critique de Histoires enchantées

   1 - Très mauvais
J'avais envie de le voir depuis longtemps, « charmé » par l'idée de ces histoires enchantées prenant vie dans le monde réel, tout en sachant que je ne pourrais en retirer une réelle satisfaction pour deux raisons : production Disney (un peu) et Adam Sandler (surtout). D'ailleurs, si l'introduction, gentillette, reste convenable, il suffit que l'ami Adam apparaisse pour que l'on comprenne quel sera le ton de la comédie. S'appuyant sur une construction extrêmement bancale, tirant constamment le scénario vers un humour lourdaud ne laissant que peu de place à l'imaginaire, l'entreprise s'apparente presque à un « Sandler Show » permettant à l'acteur de faire tout et surtout n'importe quoi. Je vais être clair : s'il y a une poignée d'exceptions, je ne trouve en général le bonhomme absolument pas drôle, pire : je ne comprends même pas qu'il puisse faire rire ou devenir à ce point une vedette aux États-Unis. La démonstration est ici juste implacable : non seulement ce numéro n'a absolument pas marché sur moi, mais vampirise tous les seconds rôles, pourtant infiniment plus talentueux que lui, si l'on excepte peut-être Richard Griffiths et surtout Russell Brand, les deux seuls à apporter un peu de saveur au film. Frustration ultime : les fameuses histoires représentent une place fort mineure du récit, et si elles sont plutôt bien faites, elles ne sont finalement pas très bien intégrées, apparaissant plus comme un gadget qu'un réel atout pour le scénario : un comble... Reste alors l'idée que ces récits Spoiler : se reproduisent (dans un contexte plus réaliste) dans la vraie vie], amenant quelques sourires et le seul vague suspense quant à leur transposition... Dommage pour ce joli casting, donc, auquel on laisse difficilement la possibilité d'exister, qui méritait clairement mieux. Bref, une belle occasion de nous émerveiller complètement gâchée par la médiocrité du traitement et une tête d'affiche tirant irrémédiablement « Histoires enchantées » vers le fond, le tout évidemment à base de morale pontifiante sur la famille, le travail, le mérite... Un vrai désenchantement.
Millenium : Ce qui ne me tue pas

Critique de Millenium : Ce qui ne me tue pas

   3 - Pas mal
Ayant vu tous les « Millénium », il était logique que j'aille voir ce quatrième volet, le premier non signé par Stieg Larsson, David Lagercrantz (accessoirement également auteur de la biographie de Zlatan!) reprenant le flambeau avec plus ou moins de succès. N'ayant pas lu le roman, je me garderais de faire des comparaisons, mais il faut reconnaître que ce scénario, en plus de ne pas être toujours très clair (disons que nous comprenons l'essentiel), s'avère moins original que les précédents, même si je n'avais déjà pas été fou du troisième. On est vraiment dans un film d'action classique, moins personnel et dérangeant, à l'image des différents personnages. Mikael Blomkvist n'est ici presque que le faire-valoir d'une Lisbeth Salander moins troublante, moins fascinante que de coutume. Après, si on perd clairement en complexité, on gagne sans doute un peu en rythme : cela s'enchaîne vite, sans temps mort, restant toujours dans une logique de dynamisme empêchant tout ennui. Niveau réalisation, c'est très curieux : Fede Alvarez alterne plans qui claquent méchamment avec bastons basiques pas toujours bien découpées, nous faisant regretter que celui-ci ne prenne pas plus son temps, que ce soit pour l'un ou l'autre aspect (pourquoi ne pas filmer quelques secondes de plus ces magnifiques décors ? On n'est pas aux pièces!). Idem pour les relations entre les deux sœurs, au fort potentiel mais traitées presque à l'arrache (comme les dialogues, scène finale exceptée), légèrement compensé par la splendeur des apparitions de Sylvia Hoeks, Spoiler : toute de rouge vêtue au milieu de ce blanc incandescent : ça a de la gueule. Maintenant, c'est efficace. Ça se tient, à l'image de l'interprétation de Claire Foy qui, sans faire oublier Noomi Rapace ou Rooney Mara, fait le boulot. Un bon divertissement, capable de fulgurances (beau générique, là encore trop court!!), mais apparaissant plus comme un « action movie » classique qu'un nouveau volet de la saga « Millénium ».
Westworld

Critique de Westworld - Saison 1

   4 - Très bien
Loin de moi l'idée de critiquer le plaisant film de Michael Crichton, mais il faut être clair : « Westworld » est d'une toute autre dimension. Pour vous donner une idée, le dernier épisode à lui seul est presque aussi long que le long-métrage ! Mon malheur a voulu que je sois très fatigué à chaque fois que je la regardais, me demandant si je l'ai même apprécié à sa juste valeur. Décors majestueux, réalisation parfois démesurée, scénario d'une richesse impressionnante aussi bien dans les nombreuses pistes qu'il ouvre que sa narration captivante (l'aspect western prendrait presque le pas sur l'aspect science-fiction niveau intensité!)... Au-delà de l'impressionnant spectacle visuel et d'un récit qui, s'il se répète très légèrement parfois, n'en est pas moins passionnant, la réflexion vertigineuse sur la condition humaine (et bien évidemment celle des robots) offre plusieurs scènes (voire épisodes entiers) assez incroyables, nous plongeant dans des abîmes de réflexions, d'émotions, parfois de délices tant l'image, les décors, le montage sont constamment un régal pour les yeux, offrant au passage quelques rebondissements spectaculaires et pour le moins inattendus, provoquant, là encore, des sensations très fortes chez le spectateur, d'autant qu'elles ne sont jamais gratuites et apportent, au contraire, un trouble profond, presque désespéré par moments. D'autant que si elle est relativement discrète (pour peu qu'on puisse appeler discrète des références constantes à Shakespeare, pour ne citer que lui!), elle est pour autant très sûr, précise, sachant exactement comment faire pour qu'une scène fonctionne, ait « de la gueule ». D'ailleurs, si je devais résumer la série, c'est probablement ce que j'écrirais : elle a de la gueule. Mais pas que, loin de là. Même le générique, séduisant sans m'emballer réellement au départ, a fini par devenir un merveilleux moment, tout comme la musique de Ramin Djawadi qui, sans éclipser celle de « Game of Thrones », a... de la gueule, sans oublier l'excellente idée d'y introduire Spoiler : des morceaux mythiques au piano (« Paint It, Black », « House of the Rising Sun » et « Back to Black », notamment). Et je ne parle pas du casting qui, lui, a plus que de la gueule : c'est carrément monstrueux. Entre Evan Rachel Wood, remarquable, un Anthony Hopkins récitant brillamment sa partition, l'impeccable Ed Harris, l'intrigante Thandie Newton ou la glaçante (et splendide) Sidse Babett Knudsen, pour ne citer qu'eux (Jimmi Simpson et Jeffrey Wright sont également excellents), apportant une force supplémentaire à des protagonistes déjà passionnants par leur complexité et leur ambiguïté. Une série sur l'humain, la machine, la vie, la mort, emballée avec une intelligence et un sens visuel hors-norme : merci, merci à Jonathan Nolan et J.J. Abrams d'avoir su mettre en place une telle entreprise, avec pour intime espoir que la seconde saison soit de la même trempe. En attendant... Welcome to « Westworld ».
Précédente Suivante
  • 1
  • 2
  • 3
  • 4
  • 5
  • 6
  • 7
  • 8
  • 9
  • 10
  • ...
  • 713