"Ça va être brutal ce que je vais dire" : il y a 40 ans, cet acteur a refusé de faire partie des Inconnus aux côtés de Didier Bourdon, Bernard Campan et Pascal Légitimus
Aude Mackau
Aude Mackau
Passionnée de cinéma, Aude a grandi dans les salles obscures tout en tombant amoureuse des séries à côté. Jonglant entre le petit et grand écran, elle se spécialise désormais dans tout ce qui fait l'actualité, de l'anecdote du passé à la dernière info sensationnelle à relayer.
Co-écrit avec :
Clément Cuyer

Avant d’être trois, Les Inconnus étaient… cinq. Retour sur les débuts méconnus du groupe et le choix de Smaïn, puis de Seymour Brussel, de tracer leurs propres voies.

Avant de devenir le trio emblématique que tout le monde connaît, Les Inconnus ont d’abord été une formation bien plus large. Au début des années 80, cinq jeunes humoristes se croisent sur le plateau du Théâtre de Bouvard : Didier Bourdon, Bernard Campan, Pascal Légitimus, mais aussi Seymour Brussel et Smaïn. Tous y enchaînent des sketches écrits à toute allure, une période que Smaïn qualifie encore aujourd’hui de très formatrice tant Philippe Bouvard se montrait exigeant.

J’en garde de très bons souvenirs, c’était de très bons sketches qu’on écrivait en cinq minutes. Ça nous a donné cette qualité – parce que Bouvard était extrêmement exigeant : on arrivait le matin, il fallait un sketch pour l’enregistrer dans l’après-midi.

Premier groupe, premier film, premier départ

De cette expérience commune naît un premier groupe, sobrement appelé Les Cinq. Ensemble, ils se lancent même dans une comédie pour le cinéma, Le Téléphone sonne toujours deux fois, sortie en 1985. C’est peu après ce tournage que Smaïn choisit de s’éloigner de la troupe, une décision sans tensions, ni désaccord personnel.

Le Téléphone sonne toujours deux fois
Le Téléphone sonne toujours deux fois
Sortie : 23 janvier 1985 | 1h 30min
De Jean-Pierre Vergne
Avec Didier Bourdon, Seymour Brussel, Bernard Campan
Spectateurs
3,0
Streaming

L’humoriste explique en 2024, lors d’une interview au Buzz TV relayée par TVMag – Le Figaro, qu’il redoutait d’être cantonné éternellement au rôle de “l’Arabe de service”. Il savait que rester dans la troupe l’enfermerait dans une identité unique, et a préféré tracer sa propre voie.

Ça va être brutal ce que je vais dire : je ne voulais pas faire l’arabe de service. Je savais pertinemment que si je continuais à faire des sketches avec eux, j’aurais continué à jouer cette identité”, confie-t-il, précisant qu’il est toujours resté proche de ses anciens camarades. “En m’échappant et leur laissant leur propre talent, ils m’ont laissé le mien, et j’ai réussi aussi. Je ne me suis pas trompé, je n’ai aucun regret et je suis resté très copain avec Pascal, Didier et Bernard.

StudioCanal

La consolidation d’un trio

Après son départ, la formation devient Les Cat Car avant d’adopter le nom qui fera sa légende : Les Inconnus. Le groupe sillonne alors les petites salles et gagne rapidement en notoriété grâce au bouche-à-oreille. Quand Seymour Brussel quitte lui aussi l’aventure en 1988, le trio se stabilise et signe quelques années plus tard une série de succès qui marqueront durablement l’humour français : La Télé des Inconnus, puis le film devenu culte Les Trois Frères qui bénéficiera d’une suite moins populaire en 2014, Les Trois Frères, le retour.

Et l’histoire n’est pas terminée : les trois complices devraient faire leur retour au cinéma prochainement, dirigés par Riad Sattouf dans le film Le Grand départ.

En attendant, pour les nostalgiques, Le Téléphone sonne toujours deux fois est disponible en VOD, tandis que Les Trois Frères est à redécouvrir en streaming sur HBO Max.

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