Et pour quelques dollars de plus a marqué l'histoire du western en confirmant le talent et le style de Sergio Leone, tout en lançant la vague du western à l'italienne. Mais souvenez-vous de la scène d'ouverture du film ? Brillante, cynique et originale, elle est devenue culte avec le temps par son audace et toujours l'humour noir de son réalisateur en filigrane.
Voici comment tout commence...
Constantin Film
Au loin, un cavalier avance tranquillement dans le désert. Le silence de la scène est brisé par un sifflement détendu d'une personne dont on devine qu'elle est proche de nous, sur une hauteur, en train d'observer le cavalier. Ce dernier poursuit son avancée au pas, et les sifflements continuent. Quand soudain, un bruit retentit.
C'est le bruit d'armement d'une winchester. On ne la voit pas, mais la menace existe. Le sifflement s'arrête. Un coup de feu retentit, le cavalier tombe de sa monture, qui s'éloigne. Notre siffleur était aussi un flingueur. Et le générique commence.
Chaque inscription de ce générique est évacuée par un coup de feu, comme si le siffleur était déchainé et tirait à tout va, le tout accompagné du thème original du film signé du compositeur Ennio Morricone.
Une façon non seulement surprenante et percutante de commencer un film, mais en plus complètement raccord avec son sujet, puisque Et pour quelques dollars de plus raconte l'histoire de deux chasseurs de primes. Et comment mieux entrer dans leur univers que de nous en montrer un abattre un truand de sang froid et sans prendre le moindre risque ?
Pour l'anecdote d'ailleurs, le sifflement sur cette séquence est réalisé par Sergio Leone lui-même.
Cette séquence d'ouverture conduit à la première scène du film, un gros plan sur une Bible cachant le visage du colonel Mortimer, personnage interprété par Lee Van Cleef. Et pour quelques dollars de plus marquera le premier grand succès commercial de Sergio Leone, et c'est à partir de cette réussite que les Américains commenceront à parler de "western spaghetti" pour désigner ce genre émergeant en Italie et à comprendre son impact.