De quoi ça parle ?
Une équipe de braqueurs chevronnés prépare méticuleusement un gros coup. Un braquage rapide, brutal, sans bavure et sans trace. Mais une erreur va tout changer. Il faut tout abandonner, disparaître. Maintenant.
Reda Kateb multiplie les registres dans les séries et les films, de la comédie (Hippocrate, Hors Norme...) aux films d'action comme Le Chant du loup, Démineurs, ou le drame carcéral Un Prophète. Ce mercredi il est l'une des têtes d'affiche de L'Ultime braquage.
Ce long métrage nerveux, plein d'action et de suspense est signé Anders Frithiof August au scénario, et mis en scène par Frederik Louis Hviid (Shorta).
Une réalisation nerveuse dans les codes du polar
Dès les premières secondes du film, le spectateur est plongé dans l'action avec une scène d’ouverture sous tension qui donne le ton de ce que sera le film. La caméra est placée à l’intérieur du fourgon, au plus proche des personnes ciblées par l'attaque qui se joue sous nos yeux en ouverture du film.
Reda Kateb développe : "J’ai aimé cette radicalité et la sensation de claustrophobie qu’elle crée, tout en laissant de la place à tout ce que l’on ne voit pas. Comme spectateur, j’aime quand on me laisse la place pour imaginer des choses. "
Inspiré autant par Michael Mann que par Jean-Pierre Melville
"En lisant L’Ultime braquage, j’ai immédiatement ressenti l'atmosphère et cette articulation remarquablement orchestrée entre des scènes d’action très découpées et haletantes, et des moments de tension beaucoup plus intimes. Un mélange entre deux types de grammaire que l’on ne voit pas souvent dans un même film. Frederik Louis Hviid est autant inspiré par Michael Mann que par Jean-Pierre Melville."
L'Ultime braquage s'inspire de faits réels, précisément d'un énorme braquage, peu connu chez nous, mais qui a profondément marqué la société danoise.
"[Frederik Louis Hviid] m’a parlé du fait divers dont ce film est inspiré, le braquage d’un dépôt d’espèces à Copenhague. Une histoire qui a traumatisé les Danois, dans leur rapport au civisme et au bien d’autrui. Pour eux, il y a eu un avant et un après ce braquage, qui a été rendu possible par la faiblesse de la protection de cet argent, fruit d’une confiance aveugle qui est l’ADN de ce pays. C’était intéressant pour moi de comprendre en amont la portée d’un film comme L’Ultime braquage sur les Danois."
Ni un braqueur romantique, ni un bad guy
Avec L'Ultime braquage, Reda Kateb se voit offrir un rôle très riche, en anglais. "Cet homme n’est ni un braqueur romantique, ni un bad guy. Le fait que l’on ne soit ni dans la caricature, ni dans les stéréotypes m’a aussi forcément intéressé. (...) [C'est] une sorte de psychopathe à l’esprit extrêmement structuré. Quelqu’un qui est hors limite dans son rapport à l’autre et à la morale, mais qui a finalement trouvé dans ce métier de braqueur un endroit dans lequel il peut s’exprimer.
Dans ces braquages, il cherche une forme de réalisation personnelle, une forte dose d’adrénaline. Et c’est d’ailleurs ce qui crée le contraste avec le personnage de Kasper, qui lui est à la fois en quête d’argent et de réussite personnelle. Mais tous deux sont accros à la même drogue dure. Celle du besoin du dépassement de soi, du goût du risque."
L'Ultime Braquage a été sélectionné dans plusieurs festivals, dont Reims Polar, Les Arcs et le TIFF de Toronto.