À quoi ressemble "la famille normale", celle annoncée dans le titre du film signé Jin-Ho Hur ? Si tant est qu'elle existe, elle ressemblerait à celle du portrait de la famille Yang. Yang Jae-wan (Seol Kyeong-gu) est un avocat reconnu et impitoyable, tandis que son frère, Yang Jae-gyoo (Jang Dong-gun) est un médecin respecté et aux valeurs humanistes.
Sauver les apparences
Insidieusement, une rivalité règne entre les deux hommes qui se réunissent une fois par mois le temps d'un repas accompagnés de leur femme respective. Le torchon brûle et il va s'embraser davantage quand une vidéo de surveillance montrant deux ados rouer de coups un sans-abri est rendue publique. Le fils de l'avocat et sa cousine sont suspectés.
À la toute première question posée au-dessus, le film de Jin-Ho Hur apporte une réponse claire : "la famille normale" n'est qu'un fantasme, elle n'existe pas. À la manière d'un American Beauty de Sam Mendes, le réalisateur vient gratter le vernis de clan qui tente, par tous les moyens, de sauver les apparences.
La jeunesse en Corée du Sud
Cette adaptation du roman néerlandais Le Dîner (Het diner, 2009) d'Herman Koch, déjà transposée à l'écran dans le film américain The Dinner en 2017, offre un regard d'autant plus intéressant qu'elle repose sur la société sud-coréenne.
Hive Media Corp & Mindmark
"Dans mon pays, les enfants et les adultes ne se parlent plus beaucoup, explique le cinéaste dans le dossier de presse. Mais c’est la faute des adultes. Ils ne voient pas les enfants comme des personnes à part entière ; les adultes, les parents, sont persuadés d’avoir toujours raison puisqu’ils ont l’expérience. Les enfants, eux, sont éduqués en grande partie par YouTube par eux-mêmes."
A Normal Family vient questionner l'insensibilité des jeunes face à la violence, les non-dits destructeurs et les conséquences du manque de communication.
A Normal Family, au cinéma dès le 11 juin