Producteurs véreux, acteurs et actrices sans foi ni loi, scénaristes dévorés par l'ambition, carrières brisées, Star System frelaté, escrocs en tous genres... Cela fait déjà bien longtemps qu'Hollywood flingue Hollywood au cinéma, livrant même des chefs-d'oeuvres absolus du genre. Il suffit de voir Boulevard du crépuscule, le film le plus célèbre sur cette thématique, pour s'en convaincre.
Ou encore cette merveille qu'est Les ensorcelés, où l'on y voit un Kirk Douglas absolument génial dans un de ses très rares rôles d'authentique salaud. Celui d'un producteur tyrannique, égoïste, vil et odieux, sans scrupule et manipulateur. Une authentique ordure comme l'était son père dans le film et dont il prend la succession.
Dans cette veine, il y a, évidemment, cette pépite lâchée par les frères Coen en 1991, qui sera auréolée de la Palme d'or : Barton Fink. Ce sensationnel film est disponible sur la plateforme France.tv jusqu'à la fin juillet. Et son visionnage est totalement gratuit ! La seule contrainte, minime au demeurant, est de créer un compte.
L'angoisse de la page blanche d'un scénariste en panique
L'histoire ? Elle débute en 1941. Barton Fink est un jeune auteur timide et effacé de pièces de théâtre, dont la dernière pièce est encensée par la critique à New York. Son agent le pousse à tenter sa chance à Hollywood comme scénariste sous contrat pour un studio, Capitol Pictures.
Arrivé à Hollywood, le patron du studio, Jack Lipnick, lui demande de scénariser un film de série B sur le monde des lutteurs. Barton Fink accepte alors qu'il ne connait pas du tout cet univers sportif. L'auteur s'installe dans un grand hôtel suranné quasi désert et bien étrange. Dès les premières heures, l'angoisse de la page blanche envahit Barton Fink. C'est à ce moment que le jeune auteur rencontre Charlie Meadows , un étrange voisin...
En plus d'abriter des galeries de Freaks impayables, les films des frères Coen sont aussi souvent peuplés de personnages vénaux et louches derrière leurs bureaux, des hommes souvent vulgaires dont le pouvoir aiguise les appétits.
20th Century Studios
C'était le cas par exemple du détective privé Emmet Walsh dans Blood Simple. Dans Miller's Crossing, c'était Albert Finney, en boss mafieux. Dans Barton Fink, c'est Michael Lerner, le puissant producteur de films, que vient voir John Turturro (dont le personnage s'inspire du vrai scénariste Clifford Odets).
Auteur de théâtre au talent reconnu à New York, gravitant dans un cercle plutôt élitiste, il est finalement attiré par la promesse hollywoodienne de faire de l'argent en tentant sa chance au sein de la Mecque du cinéma. Mais Hollywood détruit ses rêves. Il tombe même sur un (savoureux et drôle) William Faulkner porté sur la bouteille, écrivant lui aussi des scénarios pour gagner assez de quoi vivre...
Chef-d'oeuvre de comédie noire, Barton Fink mélange l'univers d'un David Lynch avec une touche de Bunuel, enrobé dans le style et la patte inimitable des frères Coen. Immanquable !