F1 avec Brad Pitt : est-ce vraiment le Top Gun des courses de voitures ?
Maximilien Pierrette
Journaliste cinéma - Tombé dans le cinéma quand il était petit, et devenu accro aux séries, fait ses propres cascades et navigue entre époques et genres, de la SF à la comédie (musicale ou non) en passant par le fantastique et l’animation. Il décortique aussi l’actu geek et héroïque dans FanZone.

Sorti ce mercredi 25 juin, "F1" s'inscrit dans la lignée de "Top Gun : Maverick" à travers sa volonté de nous mettre à la place des pilotes de course. Mais est-ce vraiment le même film ?

Ça parle de quoi ?

Sonny Hayes était le prodige de la F1 des années 90 jusqu’à son terrible accident. Trente ans plus tard, devenu un pilote indépendant, il est contacté par Ruben Cervantes, patron d’une écurie en faillite qui le convainc de revenir pour sauver l’équipe et prouver qu’il est toujours le meilleur. Aux côtés de Joshua Pearce, diamant brut prêt à devenir le numéro 1, Sonny réalise vite qu'en F1, son coéquipier est aussi son plus grand rival, que le danger est partout et qu'il risque de tout perdre.

F1® LE FILM
F1® LE FILM
De Joseph Kosinski
Avec Brad Pitt, Damson Idris, Javier Bardem
Sortie le 25 juin 2025
Presse
3,2
Spectateurs
4,0
Voir sur Canal+

Bienvenue dans le virage de raison

"Par le réalisateur de Top Gun : Maverick", peut-on lire sur l'affiche de F1, mention classique et efficace qui consiste à capitaliser sur une réussite passée pour vendre un nouveau film (Elio, le dernier Pixar en date, est ainsi associé aux "créateurs de Vice Versa 2"). Dans le cas présent, cela va même au-delà du metteur en scène, puisqu'on retrouve une bonne partie de l'équipe qui était derrière le plus gros carton de 2022 : le scénariste Ehren Kruger, le producteur Jerry Bruckheimer, le compositeur Hans Zimmer et même le chef opérateur Claudio Miranda.

Seul Tom Cruise manque à l'appel, mais on imagine que sa présence aurait rendu le tournage plus compliqué, car la star de Mission : Impossible aurait sans doute tenu à conduire elle-même les bolides à tout instant, ce qui n'aurait pas été faisable. C'est donc Brad Pitt , au croisement du Steve McQueen du Mans et du Flash McQueen de Cars, qui est au volant de ce film qui partage bien plus qu'une grosse partie de son équipe avec Top Gun : Maverick, et rend la mention sur son affiche d'autant plus pertinente, car leurs approches, visuelles notamment, se rejoignent.

Depuis ses premiers longs métrages, Tron : l'héritage et Oblivion, Joseph Kosinski aime parler du rapport entre l'homme et la machine, et il a ajouté le mot "immersion" à sa grammaire cinématographique grâce à Top Gun : Maverick. Bien aidé, sans aucun doute, par les envies de réalisme de Tom Cruise qui a fait repousser les prises de vues d'une année afin que chaque acteur prenne des cours de pilotage et puisse tourner dans de vrais avions de chasse, en vol. En troquant le ciel pour le bitume, F1 s'inscrit dans la même lignée, jusque dans sa promotion, qui insistait grandement sur cet aspect.

"F1 est le premier film de voitures où les acteurs sont filmés dans la voiture", nous disait ainsi Brad Pitt à Londres, le soir de l'avant-première. "Sur la piste ! Et nous avons pu tourner pendant les Grands Prix !" A l'aide d'une caméra développée spécialement pour les besoins du long métrage selon Joseph Kosinski, qui a pu multiplier les angles (gros plan sur le visage des comédiens, vue subjective du pilote, caméra posée sur la pointe avant du véhicule...) afin que nous ayons l'impression de vivre une course de l'intérieur.

L'effet est particulièrement réussi et justifie à lui seul de découvrir le film en salles, sur le plus grand écran possible. Mais sa proximité avec Top Gun : Maverick ne se limite pas qu'à cela. Il y a aussi cette manière de confronter des personnages issus de deux générations distinctes, à travers une relation qui oscille entre le mentorat et la confrontation, pour montrer que le plus âgé n'est pas trop vieux pour ces conn***** ; une volonté d'opposer l'instinct (donc l'humain) à la technologie ; ou encore cette façon de jouer avec l'aura légendaire de son acteur principal.

La F1 justifie les moyens

SI l'on note que Joseph Kosinski suit la même trajectoire que Tony Scott, lorsque ce dernier avait enchaîné Top Gun et Jours de tonnerre (sous la houlette de Jerry Bruckheimer lui aussi), F1 est bien le pendant à quatre roues de Maverick, tout autant qu'il ne fait pas office de simple décalque de sa formule. Alors que ce dernier, comme le premier opus sorti en 1986, avait pu fasciner le public en lui faisant découvrir un univers qu'il connaissait peu, ce nouveau long métrage surfe sur l'engouement pour le sport automobile né grâce à la série documentaire Pilotes de leur destin, lancée en 2019 sur Netflix et dont ce film fait office de complément.

Du logo officiel qui lui sert de titre aux vrais pilotes que l'on croise au détour de quelques plans, en passant par les circuits sur lesquels l'équipe a pu tourner quelques plans, avec un nombre de prises très réduit, en marge des vraies courses, l'immersion se fait aussi ainsi, avec un récit classique qui s'articule autour des différentes étapes d'un championnat. S'il ne devrait pas susciter de vocations comme Top Gun l'avait fait, F1 peut permettre d'accroître la popularité du sport, et tout le monde pourra alors monter sur le podium en cas de succès en salles.

Propos de l'avant-première recueillis par Clara Braccini à Londres le 23 juin 2025

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