Il y a près de 30 ans, en décembre 1995, sortait sur nos (grands) écrans Goldeneye, le 17e opus de l'increvable saga James Bond, porté cette fois-ci par Pierce Brosnan qui se glissait sous le costume de l'agent 007.
Un film sorti aussi après un hiatus de six ans dans la franchise, en raison de conflits légaux. Le film a aussi eu une portée historique : c'était en effet le premier de la série a être réalisé après la chute de l'URSS et la fin de la Guerre Froide, qui reste la trame de fond de l'histoire.
Un jeu mythique
Comme souvent, pour ne pas dire toujours ou presque, une licence aussi forte a drainé dans son sillage de nombreux produits dérivés, dont un jeu vidéo. Mais, à la grande différence des nombreux titres développés à la va-vite par des équipes sous-dimensionnées et aux budgets étriqués, conçus comme de simples produits dérivés opportunistes, le jeu Goldeneye, sorti sur la console Nintendo 64 et développé par le studio Rare, fut une petite révolution dans le monde vidéoludique.
Il fut le premier jeu de tir à la première personne (FPS) à intégrer des éléments d'infiltration et à atteindre un réalisme aussi poussé, avec des ennemis dotés d'une véritable intelligence artificielle, ainsi que pour la qualité de son mode multijoueur.
Nintendo
Avec des ventes estimées à huit millions d'exemplaires malgré une sortie tardive deux ans après le film, il a beaucoup contribué à la popularité du genre FPS, tout en étant un des rares cas d'adaptation réussie de film en jeu.
Un titre aussi important et séminal que furent Wolfenstein 3D ou Doom en leurs temps, tous deux développés par les apprentis sorciers d'Id Software. Le jeu Goldeneye montrera que le FPS avait aussi sa place sur console, alors que le genre constituait jusque-là une chasse gardée du PC.
C'est à l'aune de cette contextualisation que l'on savoure encore plus cette séquence du Jimmy Fallon Show, qui remonte à dix ans, où Pierce Brosnan joue pour la première fois à ce jeu mythique en prenant les commandes de son double numérique, en affrontant l'animateur du show.
"J'ai battu monsieur James Bond !" lâche Jimmy Fallon, au terme de son (bref) affrontement en 1 Vs 1 avec Pierce Brosnan. On pardonnera à l'ex agent 007 son manque de dextérité, vu qu'il posait pour la première fois ses mains sur le jeu. Et sur une manette notoirement peu pratique, soit dit en passant.
Une cartouche qui vaut de l'or
Si le jeu Goldeneye a aussi laissé de mémorables souvenirs, c'est également grâce à ce volet multijoueurs justement, qui offrait des sensations folles et frénétiques, avec la possibilité de jouer jusqu'à 4 simultanément en écran partagé.
A l'époque, seule la console Nintendo 64 était équipée pour accueillir jusqu'à 4 manettes en même temps. Des heures et des heures d'amusement, en un temps où les joueurs pouvaient encore largement partager le plaisir assis sur un même canapé, plutôt que par box fibrée (ou non d'ailleurs) interposées...
Troisième plus grand succès commercial sur la console Nintendo 64, Goldeneye 007 a connu plusieurs héritiers spirituels. De Half-Life à Splinter Cell en passant par les (més)aventures de l'agent 47 alias Hitman, nombreux sont les titres à lui devoir beaucoup.
Signe de la valeur du jeu et de son aura, un exemplaire sous blister s'était adjugé lors d'une vente aux enchères chez Drouot en 2013, pour un prix de 9800 €. Son propriétaire s'était finalement rétracté. Si vous avez des cartouches de jeux des anciennes consoles qui traînent quelque part dans votre cave ou votre grenier, ca vaut le coup d'y jeter un oeil (ou deux), sait-on jamais...