Qu’est-ce qui fait la crédibilité d’un film de guerre ? Est-ce la fidélité historique ? La maîtrise technique, à l’image de l’introduction saisissante de Il faut sauver le soldat Ryan de Steven Spielberg, si réaliste qu’une ligne d’assistance téléphonique avait été créée pour les vétérans ? Ou encore l’approche en plan-séquence quasi intégral de 1917 de Sam Mendes ?
Pour James D. Dever, ancien Marine américain retraité à la fin des années 1990 et désormais consultant militaire à Hollywood, ce qui compte avant tout, ce sont les détails liés aux uniformes, à la manière dont les soldats bougent et interagissent. C’est ce qui, selon lui, définit véritablement le réalisme d’un film de guerre.
“L’époque n’a pas d’importance. Ce sont les uniformes et la façon dont [les personnages] bougent et se comportent qui, pour moi, définissent le réalisme d’un film de guerre”, a-t-il déclaré (via SensaCine).
Ces subtilités échappent souvent au spectateur lambda, mais sautent aux yeux de ceux qui ont réellement combattu : un jargon militaire incorrect, un maniement d’armes peu crédible, ou encore des uniformes propres et bien repassés là où on attendrait au contraire traces d’usure, de saleté ou de sueur.
“Dans certains de ces films aujourd’hui, on dirait que les vêtements ont été retirés du portant”, a-t-il souligné. “Ils n’ont pas l’air sale ou plein de sueur, et rien n’indique que l’uniforme a été porté depuis un certain temps.”
De quel film s’agit-il ?
Dès lors, pour lui, ni Il faut sauver le soldat Ryan, ni 1917, ni Platoon ne détiennent le titre du film de guerre le plus réaliste. Il mentionne à la place un classique des années 1960, un film moins célèbre mais salué pour son authenticité : Zoulou, sorti en 1964 et avec Michael Caine en tête d’affiche. Ce long-métrage obtient une note impressionnante de 96% sur Rotten Tomatoes, et le vétéran loue son souci du détail.
“Si vous n’avez jamais vu le film, vous devriez absolument le regarder”, insiste Dever. Zoulou se déroule durant la guerre anglo-zouloue de 1879 et dépeint avec précision les formations militaires, les fusils utilisés, ainsi que le comportement des soldats, le tout dans un souci d’exactitude historique qui rend le film particulièrement convaincant. “Les formations sont exactement adaptées à l’époque, les fusils, la façon dont les [soldats] se comportent. C’est tellement réel que cela seulement en fait un bon film.”
Paramount Pictures
Outre Michael Caine, on y retrouve aussi Stanley Baker (connu pour Les Canons de Navarone) et Jack Hawkins (Ben-Hur). Réalisé par Cy Endfield, le film relate la bataille acharnée entre les forces coloniales britanniques et la puissante tribu zouloue, lors de l’affrontement de Rorke’s Drift, où 139 soldats britanniques ont tenu face à environ 4 000 combattants zoulous.
Si vous souhaitez (re)découvrir Zoulou, direction la VOD.