Sharon Stone n'a pas connu que de bons moments avec le réalisateur néerlandais Paul Verhoeven sur Basic Instinct mais au moins, le tournage s'était bien passé. Et s'il s'était bien passé, c'est parce que l'actrice avait su mettre les points sur les "i" dès leur projet précédent, le film de science-fiction Total Recall.
Rencontrée par le biographe Rob Van Scheers pour son livre Paul Verhoeven, une vie de cinéaste, Sharon Stone raconte comment elle a dompté ce réalisateur volcanique, doté d'une personnalité à double facette :
"Je suis allée voir un hypnotiseur"
Carolco
"Lors de notre première rencontre, ça a immédiatement collé, mais sur le plateau, on aurait dit un autre homme. Pendant Total Recall, nous étions sans cesse en train de nous quereller, car je ne suis pas non plus du genre à me laisser marcher sur les pieds. Il était continuellement en train de crier et de pester, et je pensais : 'Qu’est-ce qui ne va pas chez cet homme ?'
"Je voyais bien qu’il était comme ça avec tout le monde, peu importe la personne, mais à un moment, j’ai trouvé ça vraiment trop grave. Honnêtement, j’ai bien failli en devenir folle. Pendant les quelques jours de congés que nous avons eus à la moitié de Total Recall, je suis allée voir un hypnotiseur à Hollywood."
Quel effet a eu cet hypnotiseur ?
Carolco
L'hypnotiseur a permis de créer une meilleure atmosphère de travail entre l'actrice et son metteur en scène. "Il m’a appris à ne pas réagir aux remarques de Paul hors caméra", poursuit-elle. "Il ne pouvait plus me diriger que pendant le tournage. Ils discutent avec vous, puis vous assoupissent, le rituel classique quoi. J’ai dû passer par là parce que j’étais trop énervée par l’attitude de Paul."
Après cette expérience, Stone retourne sur le plateau de Total Recall, qui se tourne à Mexico. Et sur place, leur relation est effectivement changée : "Je trouvais plus facile de lui répondre. Alors on criait et on vociférait tous les deux jusqu’à ce qu’on éclate de rire. Toute l’équipe nous croyait dérangés, mais, pour nous, c’était justement à partir de ce moment-là que commençait le plaisir. Paul est un homme très brillant, il faut juste apprendre à le connaître. Je crois que les autres ne comprenaient pas ce que je lui trouvais de si marrant."
"Que fais-tu, au nom du ciel ?"
Et parfois, rien de mieux que de laisser la personne s'énerver en vain, comme Sharon Stone s'est amusée à le faire :
"Un jour où il s’était encore mis à me crier dessus, je suis allée chercher un tonneau en bois, me suis tranquillement assise et l’ai regardé. Soudain, il s’est arrêté et a demandé : 'Que fais-tu, au nom du ciel ?' J’ai répondu : 'J’attends que tu aies fini de hurler pour que nous puissions nous remettre à travailler.' À partir de là, nous n’avons plus eu que de bons moments. Et nous avons travaillé dur, naturellement."