Oui, c’est bien lui ! Il y a 50 ans, l'un des plus grands réalisateurs de tous les temps passait à la télé française pour évoquer un film qui a traumatisé des générations entières
Vincent Formica
Vincent Formica
-Journaliste cinéma
Bercé dès son plus jeune âge par le cinéma du Nouvel Hollywood, Vincent découvre très tôt les œuvres de Martin Scorsese, Coppola, De Palma ou Steven Spielberg. Grâce à ces parrains du cinéma, il va apprendre à aimer profondément le 7ème art, se forgeant une cinéphilie éclectique.

En 1975, Steven Spielberg, quasiment inconnu chez nous, passait à la télé française pour nous parler de son grand succès, "Les Dents de la mer", évoquant notamment son rapport au célèbre requin.

Grand classique devant l'Eternel, Les Dents de la mer est un des films les plus marquants du maestro Steven Spielberg. L'oeuvre a remporté un énorme succès, propulsant le réalisateur au rang de superstar. Pourtant le pari était loin d'être gagné pour Spielby !

Les Dents de la Mer
Les Dents de la Mer
Sortie : 28 janvier 1976 | 2h 04min
De Steven Spielberg
Avec Roy Scheider, Robert Shaw, Richard Dreyfuss
Presse
3,2
Spectateurs
4,0
Voir sur Disney+

Un jeune Spielby de 29 ans

En 1975, le metteur en scène était venu en France pour nous présenter le film qui avait choqué l'Amérique. Dans une archive dénichée par l'INA, il revient sur les raisons qui l'ont poussé à réaliser Les Dents de la mer.

"Vous avez réussi à faire peur à l'Amérique entière. Visiblement, vous aimez bien ce genre de thème presque mythologique", souligne d'abord le journaliste. "Oui, ce qui m'attire, c'est l'ennemi inconnu", répond Spielberg. "Un ennemi plus difficile à affronter que ne l'est un homme. Un ennemi qui peut à la fois vous faire face, vous regarder dans les yeux, et peut attaquer de tous côtés", poursuit le cinéaste.

Ce qui m'attire, c'est l'ennemi inconnu, un ennemi plus difficile à affronter que ne l'est un homme.

"C'est cela que j'aime. Ca m'intéresse plus de faire un film traitant d'une force supérieure. Dans Les Dents de la mer [prononcé en français], le requin n'est à mes yeux qu'une machine à dévorer, un meurtrier mythique qui ne s'interroge pas sur ses mobiles", explique-t-il.

L'Homme contre la Nature

"Le requin choisit ses victimes parce qu'il est comme ça. C'est sa place dans la nature. Il ne distingue ni phoque, ni tortue, ni homme. L'homme n'est pour lui qu'une nourriture. Plutôt que de montrer la lutte de l'homme contre l'homme, montrer celle de l'Homme contre la Nature, cela m'intéresse davantage", conclut Steven Spielberg.

@ina.fr 1975, le jour où Spielberg a transformé une plage en zone de panique. “Les Dents de la mer” fête ses 50 ans cette année. #SinformerSurTikTok #Spielberg #LesDentsDeLaMer #archives #ina ♬ son original - INA
Plutôt que de montrer la lutte de l'homme contre l'homme, montrer celle de l'homme contre la nature, cela m'intéresse davantage.

En choisissant de traiter de cette manière sa mise en scène du requin, Spielby a réussi son pari. On ne voit que rarement l'animal, mais sa présence menaçante plane tout au long du film, le rendant de plus en plus oppressant et angoissant.

Grâce à cette idée, due aussi en partie au dysfonctionnement du faux requin construit par l'équipe du film, Spielberg a redéfini l'exploitation cinématographique, ouvrant la voie aux blockbusters estivaux. Pour rappel, Les Dents de la mer a rapporté 490 millions de dollars pour un petit budget de 7 millions ! En France, il a attiré 6,2 millions de spectateurs à sa sortie en janvier 1976.

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