Marion Cotillard incarne l’iconique Reine des Neiges dans La Tour de glace, déjà au cinéma
Isaac Barbat
Isaac Barbat
-Rédacteur ciné-séries
Biberonné aux films de genre dès son plus jeune âge, amoureux des monstres et de l'hémoglobine, ses excursions cinématographiques le mènent parfois jusqu'à Truffaut ou Duvivier… pour son plus grand plaisir !

Récompensée aux César et aux Oscars, Marion Cotillard est à l’affiche de La Tour de glace, où elle incarne l’iconique Reine des Neiges. Une pépite de poésie aussi glaciale que brûlante de passion, à découvrir en salle cette semaine.

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Le retour grandiose d’une comédienne devenue icône…

Années 1970. Jeanne (Clara Pacini) fugue de son foyer de haute montagne pour rejoindre la ville. Dans le studio où elle s'est réfugiée, la jeune fille tombe sous le charme de Cristina (Marion Cotillard), l'énigmatique star du film La Reine des Neiges, son conte fétiche. Une troublante relation s'installe entre l'actrice et la jeune fille.

La Tour de glace
La Tour de glace
Sortie : 17 septembre 2025 | 1h 58min
De Lucile Hadzihalilovic
Avec Marion Cotillard, Clara Pacini, August Diehl
Presse
3,5
Spectateurs
2,2
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En salle cette semaine, La Tour de glace s’est illustré à la Berlinale où il a obtenu l’Ours d’argent de la meilleure contribution artistique. Un succès justifié par le talent de sa créatrice, Lucile Hadzihalilovic (Innocence), mais aussi de sa principale interprète.

Doublement récompensée aux César, notamment pour son interprétation légendaire d’Édith Piaf dans La Môme qui lui permit d’obtenir aussi l’Oscar de la meilleure actrice et de la faire connaître dans le monde entier, l’immense Marion Cotillard fait son retour dans ce drame glaçant et éthéré, aux allures fantastiques.

Une comédienne reconnue, que la cinéaste française retrouve près de vingt ans après Innocence et sur laquelle elle ne tarit pas d’éloges : “Marion possède ce côté à la fois moderne et intemporel que je recherche [...], explique Lucile Hadzihalilovic. Sa très grande cinégénie, sa beauté et sa sophistication ont quelque chose d’hitchcockien et peuvent être absolument fascinantes pour une adolescente. Nous n’avons pas eu besoin de beaucoup parler ni de répéter, peut-être parce qu’Innocence, d’une certaine manière, nous avait liées et que Marion savait que je souhaitais un jeu tout en retenue.

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Si la performance de Marion Cotillard relève effectivement de la sobriété, c’est autant pour évoquer l’aura de son personnage, actrice reconnue et admirée de tous, que la froideur naturelle de celle-ci. En effet, son tempérament glacial ponctue chacune de ses apparitions d’une tension sourde, en filigrane, comme en référence directe à la mythologie populaire dont cette figure controversée est empreinte.

… dans un rôle immense, à la mesure de son talent

Popularisée par le 128e long-métrage d’animation des studios Disney, La Reine des Neiges trouve ses origines dans la littérature fantastique du maître des contes, Hans Christian Andersen (La Petite Sirène, Le Vilain Petit Canard, La Petite Fille aux allumettes). En réalité beaucoup plus trouble dans ses intentions que dans la célèbre adaptation animée ne le laisse paraître, la fameuse Reine des Neiges imaginée par Andersen semble finalement plus proche de l’incarnation de Marion Cotillard, dont l’aura de magnétisme n’a d’égal que la cruauté.

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Et si cette adaptation s’avère aussi fidèle au ton sombre et éthéré du conte, autant dans son intrigue que dans l’interprétation de sa comédienne, c’est grâce à la connaissance profonde que la cinéaste Lucile Hadzihalilovic a de son matériau d’origine.

J’ai eu la chance de découvrir Hans Christian Andersen à l’âge de cinq ans, raconte-t-elle, quand ma mère me lisait inlassablement ses contes, dans des versions non expurgées.

[...] La Reine des Neiges est l’un de ceux que j’aime particulièrement, mais je ne me suis que très librement inspirée de son thème principal. [...] La Reine des Neiges en particulier me fascine : une figure de la perfection et de la connaissance, inaccessible et mystérieuse, attirante et effrayante à la fois.”

Le choix d’une adaptation métafilmique – d’un “film dans le film” – pour traiter cette antagoniste tout en ambiguïté, paraît donc plus que logique : la Reine des neiges devient alors la métaphore cruelle d’une glorification des idoles de cinéma, de l’ambivalence permanente de ces figures assurée du grand écran qui, parfois, dissimule en coulisses une part de faiblesse… ou d’ombre.

Relecture moderne et passionnante de La Reine des neiges portée par une Marion Cotillard au sommet de son art, aussi fascinante que menaçante, La Tour de glace est à découvrir dès maintenant au cinéma.

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