Ni James Bond, ni John Wick... Il y a 23 ans, cette saga d'action culte a changé pour toujours le cinéma américain et elle débarque aujourd'hui en intégralité sur Netflix !
Clément Schmidt
Clément Schmidt
Horreur, thriller, docu, romance... En séries comme en films, Clément ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.

La saga d’action culte “Jason Bourne” débarque sur Netflix ce 23 novembre, et c’est un tournant dans le cinéma d’action américain des années 2000 ! À rattraper d’urgence !

Créé en 1980 par l’écrivain américain Robert Ludlum, le personnage de Jason Bourne a imposé une nouvelle représentation de la figure de l’espion dans l’imaginaire collectif. Loin des martinis au shaker (pas à la cuillère) du charismatique James Bond, Jason Bourne est un anonyme : le rouage défectueux d’une administration sans foi ni loi prête à tout pour parvenir à ses fins.

La Mémoire dans la peau
La Mémoire dans la peau
Sortie : 25 septembre 2002 | 1h 58min
De Doug Liman
Avec Matt Damon, Franka Potente, Chris Cooper
Presse
3,5
Spectateurs
4,0
Streaming

Cette opposition sera d’autant plus amplifiée avec l’adaptation de 2002, La mémoire dans la peau de Doug Liman, et le personnage deviendra carrément une métaphore politique des crimes de guerre étasuniens dans les suites réalisées par Paul Greengrass : La Mort dans la peau (2004), La Vengeance dans la peau (2007) et Jason Bourne (2016). Mais n’allons pas trop vite.

Le film d’action après le 11 Septembre 2001

Un an après les attaques terroristes du 11 Septembre 2001, deux films d’espionnage à grand spectacle sortent dans les salles de cinéma : Meurs un autre jour, dernier film de la saga où James Bond est incarné par Pierce Brosnan, et La Mémoire dans la peau, premier film de la saga Jason Bourne avec Matt Damon

Le contraste est saisissant : d’un côté, l’espion britannique glamour habillé chez les plus grands tailleurs et dont les aventures se concluent dans un palais sur la banquise, de l’autre, un jeune agent US traumatisé poursuivi par sa maison mère la CIA dans le dédale d’une mégapole européenne. Deux salles, deux ambiances, et un seul vainqueur.

United International Pictures

Le film suivant de la saga James Bond est Casino Royale (2006), où le personnage est pour la première fois interprété par Daniel Craig. Beaucoup plus terre à terre, centré sur le financement du terrorisme international, le film marque un tournant majeur dans la saga britannique : pour la première fois, les aventures de l’espion se teintent d’un “réalisme” inédit. Jason Bourne est passé par là, et les standards ont changé.

Un nouveau standard du cinéma d’action

Il faut dire que la période n’est plus vraiment au glamour en Occident. Les États-Unis et le Royaume-Uni sont en guerre au Moyen-Orient, la peur du terrorisme est un sujet quotidien, il est donc impossible pour le cinéma de continuer à “faire rêver” avec les espions. Ces derniers ont désormais un objectif clair qui s’expose au journal de 20 h : empêcher d’autres attaques. 

Les films suivants de la saga Jason Bourne, réalisés par Paul Greengrass, vont alors se saisir de cette “urgence de vérité” et développer un style cinématographique qui a depuis fait florès : la caméra tremblante. Les scènes d'action sont désormais filmées comme des reportages de guerre, des séquences “dans le feu de l’action”, les mêmes que celles diffusées par les chaînes d’informations. Un nouveau cinéma d’action est né. 

Paramount

L’histoire de Robert Ludlum est également réécrite pour faire du traumatisme de Jason une conséquence directe de la politique américaine contre le terrorisme : transformer des jeunes hommes bien intentionnés en machines à tuer sans la moindre émotion, ni la moindre question. Car s’il faut empêcher d’autres attaques, alors tous les moyens sont bons, n’est-ce pas ? 

La saga Jason Bourne est ainsi un moment majeur dans l’histoire du film d’action américain. Ces films se sont saisis de l’ère du temps pour proposer aux spectateurs des thèmes (et une forme) correspondant à l'actualité dans laquelle ils étaient plongés. Une preuve de plus que le cinéma de divertissement ne sert pas simplement à se vider la tête, mais qu’il peut aussi nous parler du monde qui nous entoure.

La saga Jason Bourne est disponible sur Netflix. 

FBwhatsapp facebook Tweet
Sur le même sujet