Sean Connery aurait dû apparaître dans ce film d'action culte noté 4,2 sur 5 qui a été un succès planétaire !
Clément Schmidt
Clément Schmidt
Horreur, thriller, docu, romance... En séries comme en films, Clément ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît.

Disponible sur Prime jusqu’au 30 novembre, “Skyfall” a rencontré un succès mondial en choisissant de faire table rase du passé. Mais saviez-vous que l’acteur Sean Connery, interprète historique du personnage, aurait dû apparaître dans le film ?

Skyfall, réalisé par Sam Mendes, est encore aujourd’hui le plus gros succès de toute la saga James Bond (1,1 milliard de dollars au box-office mondial) et le film le mieux noté de la franchise par les utilisateurs d’AlloCiné, avec une moyenne de 4,2 sur 5. Sorti en 2012, le film marque le 50ᵉ anniversaire de la saga légendaire, en lui faisant un cadeau… assez surprenant. 

Skyfall
Skyfall
Sortie : 26 octobre 2012 | 2h 23min
De Sam Mendes
Avec Daniel Craig, Judi Dench, Javier Bardem
Presse
4,0
Spectateurs
4,2
Streaming

Sur bien des aspects, Skyfall est un film très différent des autres long-métrages de la saga. Il s’agit par exemple du tout premier film James Bond à avoir envisagé de caster un ancien interprète du personnage, mais pour un rôle différent. Selon Sam Mendes, Sean Connery aurait ainsi dû interpréter le rôle du garde-chasse écossais Kincade, avant que le réalisateur ne choisisse de faire marche arrière au dernier moment et ne confie le rôle à Albert Finney.

Cette anecdote, amusante sur le papier, est en réalité un des nombreux exemples de la radicalité du geste opéré par Skyfall : déconstruire méthodiquement un mythe cinématographique vieux de 50 ans, pour devenir le “dernier film James Bond”. 

Déconstruire le mythe

Avec 22 films, James Bond a depuis longtemps dépassé le simple statut de “personnage” pour devenir un mythe cinématographique à part entière : le smoking, la voiture, le modèle de pistolet (un Walther PP 9 mm pour les connaisseurs), le vodka martini surtout pas à la cuillère, etc. Des attributs intemporels et si reconnaissables par le public que le “corps” du comédien qui les endosse peut être remplacé indéfiniment. James Bond n’est pas un homme, c’est une certaine idée du cinéma d’espionnage.

D.R.

Si Skyfall marque un tournant si important dans la saga, c’est justement parce qu’il ramène James Bond au statut de personnage, et ce, dès l’ouverture du film. Lors de la première course-poursuite, le personnage se prend une balle et s’évanouit dans une rivière. C’est une prise de position scénaristique très importante dans la saga : désormais, James Bond a un corps qui saigne et il peut perdre un combat. 

Quelques scènes plus loin, les personnages mentionneront que James Bond est un espion “dépassé”, symbole d’une époque révolue. Quant à son adversaire, interprété par Javier Bardem, c’est un hacker qui utilise des technologies “modernes” que 007 ne comprend absolument pas. Dans Skyfall, James Bond a donc non seulement un corps qui saigne, mais il est aussi soumis aux affres du Temps : le contraire d’un mythe, et de ce qu’il a toujours été au cinéma !

Francois Duhamel / Danjaq, LLC, United Artists Corporation, Columbia Pictures Industries, Inc.

Bond, un homme comme les autres ? 

La prise de position la plus radicale de Skyfall se situe à la fin du film, lorsque James Bond et M sont contraints de fuir en Écosse. Ils se rendent alors dans le “manoir Skyfall”, propriété des parents (!) du personnage, lesquels sont nommés (!) par le biais de leur pierre tombale. James Bond n’a plus rien de mythologique, il est un homme comme les autres, qui a eu des parents comme tout le monde, et qui vieillit comme n’importe quel spectateur du film. 

Francois Duhamel / Danjaq, LLC, United Artists Corporation, Columbia Pictures Industries, Inc.

C’est ici qu’aurait dû intervenir l’acteur Sean Connery dans le rôle du garde-chasse Kinkade, et cela aurait été l'apothéose de la déconstruction. James Bond n’est tellement pas un mythe qu’il peut être en quelque sorte "parodié", la preuve : cet acteur qui a joué James Bond peut revenir dans un rôle de garde-chasse perdu au fin fond de l’Écosse ! Un geste qui a sûrement été jugé trop radical (à raison), et qui aurait franchement perturbé une partie du public. 

Cette idée du “personnage remplaçable” a cependant été conservée dans le film avec le personnage de M., qui changera d’identité (et de genre !) au cours de l’histoire. Car les espions sont d’abord et avant tout des soldats anonymes de l’Institution, et ils seront remplacés par d’autres lorsque le temps sera venu. 

Francois Duhamel / Danjaq, LLC, United Artists Corporation, Columbia Pictures Industries, Inc.

C’est sur cette prise de position finale que se conclut Skyfall, abattant ainsi sa dernière carte de la déconstruction du mythe. James Bond est désormais un être de chair et de sang, avec un passé, et donc un avenir : il deviendra d’ailleurs père dans les films suivants, ce qui aurait été impensable il y a quelques années. Le personnage que nous connaissons a définitivement disparu. Une évolution nécessaire pour continuer à faire vivre une saga de plus de 50 ans qui, si on en croit le succès mondial de Skyfall, a eu raison de faire table rase du passé. Comme dirait le personnage de Q : "L’âge n’est en rien gage d’efficacité".

Skyfall est disponible jusqu’au dimanche 30 novembre sur Prime Vidéo. 

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