Elle est la révélation du moment ! Eva Huault impressionne dans Shana au cinéma ce mercredi
Brigitte Baronnet
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.

Retenez bien son nom ! Elle s'appelle Eva Huault et c'est l'une des actrices incontournables du moment. Vue récemment dans les séries "Privilèges" et "L'affaire Laura Stern", la voici tête d'affiche de "Shana", présenté au Festival de Cannes 2026.

Les séries Privilèges et L'affaire Laura Stern, bientôt Surveillant sur Disney+... En 2026, vous avez de fortes chances de croiser le visage d'Eva Huault à l'écran.

L'actrice est également très sollicitée par le cinéma, de Des preuves d'amour l'année dernière, à Ni vue, ni connue cet automne. Et ce mercredi, elle est à l'affiche de Shana de Lila Pinell, un rôle taillé sur mesure pour cette forte personnalité sur laquelle il va falloir compter !

AlloCiné a pu discuter avec elle sur la Croisette, alors qu'elle s'apprêtait à dévoiler Shana à la Quinzaine des cinéastes. Rencontre !

AlloCiné : Comment présenterais-tu le film pour donner envie aux spectateurs de le découvrir ?

Eva Huault, actrice : Shana, c’est le portrait d’une jeune femme d'aujourd'hui, très moderne. Elle est difficile à définir parce qu'elle ne rentre dans aucune case — ou plutôt, elle rentre dans mille cases à la fois, comme la plupart des êtres humains. On ne peut pas la résumer en un seul trait de caractère ; elle a énormément de facettes.

Le film raconte l'histoire de cette fille en rupture avec sa famille, qui cherche sa place et son identité. À la mort de sa grand-mère, elle hérite d'une bague de famille censée la protéger du mauvais œil. Mais Shana se retrouve dans une telle précarité qu'elle décide de vendre ce bijou, ce qui va déclencher une série de grosses galères. C'est le portrait d'une débrouillarde qui se bat pour garder la tête hors de l'eau, un combat dans lequel beaucoup de gens peuvent se reconnaître aujourd'hui.

"C'est le portrait d'une débrouillarde qui se bat pour garder la tête hors de l'eau"

Sa personnalité est-elle proche de la tienne ?

Complètement. J’ai mis énormément de moi-même dans ce personnage. Parfois, à la fin d'une journée de tournage, je devais faire l'effort de me détacher d'elle et de me rappeler la frontière entre Shana et Eva. En revanche, son histoire n'est pas la mienne, cela reste une fiction.

Je pense que tout le casting a insufflé beaucoup de sa propre vérité dans le film. C’est pour ça que le résultat est si organique, presque à la frontière du documentaire.

Un casting éclectique

Le casting qui t'entoure est composé de professionnels ou de nouveaux visages ?

C’est un mélange des deux. Par exemple, Noémie Lvovsky est une immense actrice, elle est incroyable. Sans vouloir jouer les blasées, car ma carrière débute à peine, c'est la meilleure partenaire de jeu que j'ai eue jusqu'ici. Elle ne triche jamais, elle est d'une sincérité absolue face à vous. Humainement, c'est une femme d'une grande intelligence et d'une belle folie que j'adore.

À côté d'elle, il y a des comédiens talentueux que l'on a encore peu vus à l'écran, et d'autres qui n'avaient jamais joué de leur vie et qui se révèlent tout aussi impressionnants.

Quels les premiers retours que tu as eu sur le film ?

Comme le cadre de Cannes est assez intimiste, tout le monde se croise et voit les films. J’ai eu pas mal de retours ce matin, juste après la projection. Cela fait vraiment plaisir. C'est encore un peu intimidant parce que je n'ai pas l'habitude, mais c'est très touchant.

Quels sont les commentaires que l'on te fait le plus souvent ?

Ce matin, une spectatrice est venue me voir et m'a dit spontanément : « On dirait que tu es ma copine, j'ai l'impression de déjà te connaître. » Je lui ai répondu en riant de ne pas s'inquiéter, que c'était réciproque ! Ce genre de retour me touche profondément. Parfois, je ne sais même plus quoi dire tellement c'est fort.

C'est un personnage qui suscite une empathie et une proximité immédiates. Les gens vont naturellement avoir envie de venir te parler, cela crée un accès très direct...

C’est exactement ce que j’aime. Dans la vie de tous les jours, je suis quelqu’un de très accessible, donc tant mieux si cela se ressent à l'écran. C’est ce que nous avons essayé de construire avec l'ensemble du casting. Si le public ressent cette proximité, notre pari est gagné. Et je pense que cela fera tout autant plaisir à Lila.

En te voyant à l'écran et en t'écoutant, on pense immédiatement à une actrice en particulier : Béatrice Dalle. Tu as ce même naturel, cette authenticité brute. Qu'est-ce que cela te fait ?

C'est un immense compliment, cela me touche énormément ! J'adore cette femme, son travail et sa mentalité. Elle est tellement entière. Je n'oserais pas me comparer à elle car elle est unique, mais recevoir ce compliment me fait vraiment chaud au cœur. Je ne l'ai jamais rencontrée, mais ce serait un rêve.

Est-ce qu'il y a des films d'elle qui t'ont particulièrement marquée ou inspirée ?

Pour être tout à fait honnête, je suis très lacunaire en cinéma. Je regarde surtout des grosses productions comme Batman ou Spider-Man. Je commence tout juste à parfaire ma culture cinématographique. Récemment, j'ai découvert le cinéma de Jim Jarmusch, et je sais qu’elle a tourné avec lui (notamment dans Night on Earth). Je n'ai pas honte de dire que j'ai encore tout à apprendre. C'est mon métier désormais, et je veux m'y investir pleinement pour m'enrichir intellectuellement.

La rencontre avec Lila et les débuts au cinéma

Tu connais Lila Pinell, la réalisatrice, depuis très longtemps. Peux tu nous raconter ?

Oui, depuis que j'ai 8 ou 9 ans. À l'origine, nous nous sommes rencontrées par hasard dans une colonie de vacances où elle tournait un documentaire. Dix ans plus tard, elle m'a recontactée via Facebook pour me proposer de jouer dans son court-métrage, Le Roi David.

Le long-métrage Shana s’inscrit dans la continuité de cette aventure. Ce projet a littéralement changé ma vie. Je n'avais jamais envisagé de faire du cinéma, la question ne s'était même jamais posée. D'un côté, c'est presque une suite logique parce que petite, j'adorais me déguiser et m'inventer des histoires. Mais Lila a vu quelque chose en moi que je n'avais pas soupçonné. Je lui en suis extrêmement reconnaissante.

Shana n'est pas ton premier projet. Tu as aussi tourné dans plusieurs séries, notamment L'affaire Laura Stern, qui a rencontré un large public. Quel souvenir en gardes-tu ?

J'ai eu la chance de participer à des projets très variés. Dans la série dramatique L'affaire Laura Stern d'Hakim Isker, j'incarnais une victime de violences conjugales. Le projet s'ouvre sur mon témoignage lors d'un groupe de parole. C'était un rôle très intense et lourd émotionnellement. Pour me préparer, j'ai rencontré des femmes au sein d'associations ; leurs récits étaient bouleversants et j'ai souvent fini en larmes. C'est une série nécessaire.

À l'inverse, je viens de tourner dans une série très humoristique pour Disney+, Surveillant, qui sortira bientôt. Le casting est incroyable : Jean-Pascal Zadi, Audrey Lamy, Benjamin Tranié, Ramzy, François Damiens, ou encore Delphine Baril, que j'admire beaucoup. Le rythme des séries est plus soutenu que celui du cinéma, il faut être efficace tout de suite, mais je m'amuse énormément dans les deux registres.

J'ai encore du mal à réaliser que c'est mon métier et que je suis payée pour vivre ma passion. Après, cela reste un vrai travail de composition. Je pense à des acteurs comme Karim Leklou qui se métamorphosent physiquement pour un rôle. J'ai soif de travail et de défis, j'ai envie d'apprendre à me glisser dans la peau de personnages radicalement différents de moi.

Ses projets et ses envies pour l'avenir

Tu as également joué dans la série Privilèges, aux côtés de Manon Bresch et Melvil Poupaud, qui se déroule dans l'univers des grands hôtels. C'est un joli clin d'œil avec le cadre des palaces cannois qui nous entourent...

Tout à fait ! C'était une super expérience. Manon Bresch est une actrice formidable que je connaissais d'ailleurs depuis l'enfance, c'était amusant de se retrouver sur un plateau. Cet univers de luxe fait aussi écho, d'une certaine manière, aux thématiques de Shana et au monde de la joaillerie.

Qu'est-ce qu'on peut te souhaiter pour la suite ? As-tu envie d'aller vers des rôles à contre-emploi ?

Oui, absolument. J’aimerais beaucoup incarner des femmes très strictes, froides ou autoritaires. Des rôles où je devrais abandonner mes codes habituels, mes faux ongles, par exemple. J'ai bien conscience de l'image que je renvoie, de ma façon de parler ou des remarques que l'on peut faire sur mon physique et mes injections. Je ne suis pas dupe. Mais la comédie reste un travail de métamorphose. Je suis jeune, j'ai tout à apprendre et l'avenir dira si j'en suis capable. On verra bien !

Propos recueillis par Brigitte Baronnet au Festival de Cannes 2026

Shana de Lila Pinnell est au cinéma ce mercredi 17 juin 2026.

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