Membre d’une petite bande de voyous peu à peu devenus gangsters, Noodles a été condamné à une lourde peine de prison pour avoir tué un rival de la bande. A sa libération il retrouve ses amis qui sont à la tête d’un bar clandestin et d’une maison close. Mais il va rapidement s’opposer violemment à son ami Max, dont les méthodes lui déplaisent…
On ne se lasse évidemment jamais de voir et revoir l'immense film testament de Sergio Leone, Il était une fois en Amérique; fresque fascinante dans sa démesure, qui clôt la trilogie du cinéaste sur l'histoire de l'Amérique. Un film fleuve porté par d'extraordinaires acteurs, dont Robert de Niro sous les traits de Noodles, qui trouve chez le maître italien rien de moins que l'un des plus grands rôles de sa fabuleuse carrière.
Un cuisant échec commercial devenu un classique absolu
Si le film est largement entré au panthéon de l'Histoire du cinéma, il fut malheureusement un cuisant échec commercial à sortie américaine, puisqu'il ne rapporta que 2,5 millions de dollars sur un budget colossal pour l'époque, de près de 40 millions.
En fait, cet échec commercial fut en grande partie dû à sa mutilation. Contractuellement, Leone était tenu auprès de Warner de livrer un montage ne dépassant pas les 2h45. Si le cinéaste caressait initialement l'idée de livrer un montage de 6h en deux parties, il livra finalement une version de 4h25. Le studio et le producteur du film, Arnon Milchan, furent horrifiés, et refusèrent naturellement ce montage.
De son propre chef, Sergio Leone coupa quelques scènes pour aboutir à ce qui deviendra plus tard la version européenne de 3 h 49, version qu'il ne pouvait se résoudre à réduire encore davantage sans que cela n'entrave la logique narrative. La Major et le producteur passèrent outre les souhaits de Leone, et rabotèrent le film jusqu'à une durée de 2h19 pour son exploitation américaine.
Warner Bros.
Le résultat, critique et commercial, fut un désastre. Non seulement le film fut réduit de moitié, mais tout fut replacé dans l'ordre chronologique, ce qui dénatura complètement l'oeuvre, car c'est aussi ce qui en faisait sa force. Leone en fut logiquement profondément déprimé et meurtri.
C'est en Europe, et particulièrement en France, que le film fut ainsi exploité dès le début dans sa version de 3h49. Mais si les critiques furent pour le coup très élogieuses, le film n'attira que 1,5 millions de spectateurs. Très (très) loin derrière les 15 millions d'Il était une fois dans l'Ouest.
Le temps a heureusement fait son oeuvre, hissant ce monument du cinéma à sa juste place. Et l'inoubliable thème de Deborah signé par Ennio Morricone de rester dans toutes les mémoires...
Il était une fois en Amérique, ce soir sur Arte à 20h55.
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