"John Travolta est un problème. C'est un gars de la télévision. Vous ne mettez pas quelqu'un de la télévision dans un film. Le gamin ne va pas remplir les fauteuils". C'étaient les propos pas très aimables glissés à l'oreille de Barry Diller, le tout puissant patron du studio Paramount, le soir de l'avant-première du film La Fièvre du samedi soir organisée au fameux cinéma Chinese Theater à Los Angeles.
Le film est sorti dans tout le pays deux semaines plus tard, devenant du jour au lendemain un immense succès. "Il y avait d'immenses files d'attente dans tous les cinémas d'Amérique", raconte Diller dans ses mémoires, intitulée Who Knew. La Paramount, qui était tombée à une lointaine cinquième place parmi les grands studios après l'arrivée de Diller, est redevenue numéro un grâce au film réalisé par John Badham et porté à bout de bras par son interprète principal.
La Fièvre du samedi soir, c'est l'histoire de Tony Manero. Il n'est pas heureux. Ses parents, d'origine italienne, ne jurent que par son frère aîné, Frank, que sa vocation, la prêtrise, met au plus haut de l'affection familiale. Lui se contente de faire le garçon de courses pour la boutique familiale et d'encaisser les reproches des siens.
Mais le samedi soir, c'est un autre homme qui revêt un costume de paillettes et éblouit la piste du «2001», sa discothèque préférée, de la vigueur de ses pas de danse. Une nouvelle venue, Stéphanie, le convainc de tenter sa chance et de s'inscrire au concours organisé par le «2001»...
Au-delà de son sujet à priori très superficiel, à base de strass et paillettes, John Badham signe pourtant un drame social d'une vraie justesse qui s'intéresse au quotidien difficile de la jeunesse des Italo-Américains de Brooklyn, entre racisme, violence et chômage. Le, tout, quand même, emballé par une BO absolument culte composée par les Bee Gees, et vendue à plus de 40 millions d'exemplaires !
La Fièvre du samedi soir, ce soir sur Arte à 21h.