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Une bulle de bienveillance, entre disco’ et poésie…
De vieux vinyles disco dans le coffre de sa Twingo, à peine remise de la mort de sa grand-mère, Charlie roule. Elle ne sait pas encore que ces disques ressusciteront les pas de danse de sa mère dans les yeux humides de Titou, caviste rêveur, ni qu’une plage méditerranéenne désertée sera le théâtre de sa rencontre avec Marina, qui rêve son idéal de liberté dans la pizzeria du village.
En salle cette semaine après un passage en séance spéciale lors de la dernière édition du Festival de Cannes, Les Matins merveilleux est le premier long-métrage de la cinéaste Avril Besson. Diplômée de la Fémis, cette dernière était nommée pour le César du meilleur court-métrage en 2025 pour Queen Size, dont Les Matins merveilleux constitue un prolongement naturel sur grand écran. Et de cette œuvre bicéphale ressort, comme une évidence, une même impression de bienveillance absolue.
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Bien que l’intrigue des Matins merveilleux s’ouvre sur le plus terrible des sujets – la mort –, le premier long-métrage d’Avril Besson assume farouchement son rejet total de toute forme d’antagonisme. Pas de quiproquo ambigu, de conflit artificiel ou de grand méchant dans cette épopée hors du temps. Loin du drame, le personnage de Charlie ne cherche qu’à se (re)découvrir par le prisme des autres : de sa grand-mère tout juste décédée, de sa mère perdue depuis longtemps, de nouveaux visages tels que Titou et Marina. Ceux-ci, mus par une même quête de liberté et d'apaisement, ne sont aucun obstacle dans son parcours, seulement des ressorts capables de l’aider à se projeter vers l’avant.
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… portée avec passion et authenticité par une distribution attachante
Épopée gorgée de douceur et de fraîcheur, Les Matins merveilleux doit beaucoup à la tendresse que la cinéaste Avril Besson porte à ses personnages – des figures résolument optimistes et accueillantes – mais aussi à leurs interprètes.
Nommée pour le César du meilleur espoir féminin pour ses rôles dans Camille Redouble et Poissonsexe, India Hair offre à Charlie une authenticité propre à son jeu, dont elle a fait sa signature ces dernières années. Spontanée et naturelle, elle trouve dans le personnage de Marina un écho presque parfait, qui la complète comme le second versant d’une pièce. Pour ce rôle sur-mesure, Avril Besson a été séduite par la justesse de Raya Martigny, surtout connue sur les réseaux sociaux pour son expérience de mannequinat, qui trouve dans son personnage un prolongement de sa propre expérience personnelle.
“Je savais que je ne voulais pas faire de leur antagonisme physique un ressort comique [...], explique Avril Besson. C’est un film de rencontre et je voulais que l’on soit proche d’elles, de leurs regards, pour ressentir la naissance du sentiment amoureux.”
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Pour compléter ce duo, la cinéaste peut compter sur le personnage de Titou, vieux caviste lié par son passé à la mère de Charlie, qui apporte aux Matins merveilleux une force tranquille et rassurante, une aura parentale de substitution pour les deux jeunes femmes. Un rôle qu’Avril Besson a décidé de confier à… Éric Cantona !
“Je voulais absolument un acteur qui ait l’accent du sud pour incarner Titou, raconte-t-elle. C’est Constance Demontoy, la directrice de casting qui m’a proposé Éric Cantona et ça a immédiatement été une évidence car il a une masculinité que j’adore, qui n’est pas du tout dans le cliché qu’elle pourrait être.”
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Légende vivante du football, joueur emblématique de Manchester United et de l’équipe de France, Éric Cantona incarne dans l’imaginaire collectif une vision traditionnelle de la masculinité qu’Avril Besson prend un malin plaisir à déconstruire. Loin de s’en offusquer, le comédien joue le jeu de cette proposition à rebours, composant un personnage aussi touchant qu’attachant, toujours habité par ses amours de jeunesse et sa passion pour la danse disco’. Et Avril Besson de conclure “Ça m’amusait justement de lui écrire un rôle aux antipodes du mythe, celui d’un homme très simple, doux, rêveur, et solitaire. Le film a mis beaucoup de temps à se concrétiser mais il est resté très fidèle au projet et a joué le jeu jusqu’au bout, des costumes seventies à l’apprentissage de la chorégraphie disco.”
En salle cette semaine, Les Matins merveilleux s’impose comme une véritable bulle de fraîcheur et de bienveillance, portée par une distribution authentique et attachante qui touchera les spectateurs en plein cœur.

