De la Comédie-Française : une comédie irrésistible qui va vous faire aimer le théâtre !
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À trois heures du lever de rideau, tout peut encore déraper. Avec De la Comédie-Française cette semaine en salle, Martin Darondeau et Bertrand Usclat signent une comédie aussi rythmée que drôle, dans les coulisses d’une institution mythique…

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Dans 3 heures, Nina dévoile sa première mise en scène à la Comédie-Française. Mais dans l’agitation des dernières répétitions, rien ne se passe comme prévu : retards, coups de stress, problèmes techniques et problèmes d’égo secouent la troupe. Pourtant, Nina n’a pas d’autre choix que d’aller jusqu’au bout car s’il y a bien une règle d’or à la Comédie-Française, c’est qu’on n’annule pas une représentation…

Une comédie haletante, servi par un casting d'exception

Déjà complices sur les séries humoristiques à succès Fleur Bleue et Broute 24, Martin Darondeau et Bertrand Usclat unissent de nouveau leurs talents pour réaliser un premier long-métrage : De la Comédie-Française.

Le pitch de cette comédie captive d'emblée par son efficacité redoutable. À trois heures du lever de rideau, les tensions montent, les imprévus s'enchaînent et l'échec n'est pas une option. Cette course contre la montre installe une tension permanente où chaque minute compte, entraînant le spectateur dans un récit haletant dont il est difficile de décrocher. Mais cette urgence devient aussi une formidable source de comédie : plus la représentation approche, plus les situations semblent échapper au contrôle des personnages, donnant naissance à des rebondissements inattendus, des moments de panique et des dérapages comiques.

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À cette mécanique implacable s'ajoute un huis clos immersif. En ouvrant les portes des coulisses de la Comédie-Française, le film entraîne le public au cœur d'un univers aussi prestigieux que méconnu, où se mêlent passion, pression, doutes et esprit de troupe. Enfermé aux côtés des personnages, le spectateur partage leur fébrilité, assiste aux préparatifs de dernière minute et découvre l'effervescence qui précède une première. Les coulisses deviennent alors un véritable théâtre dans le théâtre, où chaque loge révèle un nouveau problème et provoque le rire. Un doux mélange d’urgence et d’humour donc, qui donne au film son rythme si particulier !

Et qui de mieux pour nous faire vivre cette expérience que les comédiens de la Comédie-Française eux-mêmes ? Le film réunit de véritables membres de la troupe : Benjamin Lavernhe, Marina Hands, Laurent Stocker, Julien Frison, Séphora Pondi, Guillaume Gallienne, Serge Bagdassarian et bien d’autres, aux côtés de Pauline Clément – fidèle acolyte et muse de Bertrand Usclat –, qui incarne Nina. Leur présence confère au film une authenticité exceptionnelle. Leur complicité à l'écran, leur justesse de jeu et leur connaissance intime de ce lieu offrent au spectateur une immersion rare dans le quotidien de cette institution d'exception, portée par celles et ceux qui la font vivre chaque soir.

Un hommage au théâtre et à celles et ceux qui le font vivre

Au-delà de son intrigue, De la Comédie-Française est avant tout un hommage au théâtre et à ses comédiens. Le film met en lumière la réalité d'un métier d'une exigence rare, où il faut monter sur scène quoi qu'il arrive : malade, déprimé, fatigué... Comme des sportifs de haut niveau, les comédiens et comédiennes sont soumis à une discipline de tous les instants.

Pour guider le spectateur dans cet univers aussi passionnant qu'exigeant, le film choisit le regard de Nina, une jeune metteuse en scène qui tente de trouver sa place au sein de la troupe. Loin des héroïnes conquérantes, elle avance avec discrétion, doute souvent, mais ne renonce jamais. « Elle n’est, à la fois, pas hyper sûre d’elle et en même temps, elle ne lâche rien. », explique Pauline Clément. Cette « force douce » fait toute l'originalité de Nina. Sans jamais chercher à s'imposer, elle avance avec ténacité, portée par sa passion du théâtre et son attachement à la troupe. Une héroïne profondément attachante, dans laquelle chacun peut se reconnaître.

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À travers son parcours, le film explore les défis de la création sans jamais perdre de vue l'humanité de celles et ceux qui la portent. C'est notamment à travers la figure de Molière, incarné par Benjamin Lavernhe, que le récit livre son message le plus émouvant. Apparaissant avec humour auprès de Nina alors qu'elle est sur le point de tout abandonner, il lui rappelle que le doute fait partie intégrante du métier de comédien et que l'esprit de troupe doit toujours l'emporter. De la Comédie-Française célèbre ainsi le théâtre comme un art collectif, où l'exigence ne prend tout son sens que lorsqu'elle est portée par les autres.

Malgré les désaccords, les tensions et les fragilités de chacun, c'est le collectif qui permet d'avancer et de surmonter les épreuves. « Il y a beaucoup d’entraide à devoir jouer tous les soirs ensemble. Chacun arrive au théâtre avec ses petites histoires personnelles du moment. », confie Pauline Clément.

Le long-métrage rappelle également que derrière les costumes et les planches se trouvent des femmes et des hommes confrontés aux mêmes défis que tout le monde : concilier une carrière passionnante avec une vie personnelle et familiale. À travers Nina, il évoque avec justesse cette charge mentale permanente, ce sentiment de ne jamais être là où l'on devrait être. L'arrivée imprévue d'un bébé dans les coulisses, loin d'être un simple ressort comique, illustre une réalité bien connue au sein de la troupe et met une nouvelle fois en lumière l'entraide qui unit ses membres.

Une plongée au coeur d’un microcosme fascinant

De la Comédie-Française ouvre les portes d'un univers que le grand public a rarement l'occasion d'explorer. Derrière l'image parfois solennelle de cette institution centenaire, le film révèle une communauté bien vivante, peuplée de femmes et d'hommes d'aujourd'hui, avec leurs ambitions, leurs doutes, leurs joies, leurs contradictions et dotée d’humour !

Bertrand Usclat raconte la genèse de ce projet : « J’étais au Conservatoire avec Benjamin Lavernhe et Adeline d’Hermy et j’ai souvent eu l’occasion de voir les deux facettes de la Comédie-Française : ce côté sérieux, et même patrimonial, et la capacité qu’ont ces acteurs et actrices incroyables à déconner comme tout le monde. Il y avait un frottement intéressant à montrer. »

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Le film dépeint ainsi la troupe comme une véritable microsociété. Les générations s'y côtoient, les personnalités s'y confrontent, les ego se frottent aux exigences du collectif. Entre artistes installés depuis plusieurs décennies et jeunes recrues qui cherchent leur place, les rapports évoluent sans cesse, offrant des situations comiques jubilatoires. Mais c'est surtout la pression permanente qui fait surgir la comédie. Un oubli de dernière minute, une demande impossible à satisfaire ou un incident en coulisses deviennent autant d'obstacles à surmonter dans l'urgence, transformant chaque problème en potentiel moment de rire.

Comme le résume Clément Hervieu-Léger, administrateur général de la Comédie-Française : « La Troupe est une petite société, un microcosme artistique (...) le film raconte surtout l’histoire de personnes qui sont extrêmement attachées les unes aux autres. » Et Bertrand Usclat, de souligner la singularité de cette organisation : « Ce sont des endroits d’hyper pouvoir. Deux personnes peuvent se côtoyer alors que l’une est payée cent fois plus que l’autre. (...) Cela crée des endroits d’égo très forts et très politisés qui me fascinent. »

Mais le film sait aussi regarder cette petite société avec beaucoup d'humour. Nombre de situations sont directement inspirées de témoignages recueillis auprès des membres de la troupe. Parmi les détails les plus savoureux, les habilleuses et costumières, dont la franchise légendaire surprend souvent les nouveaux venus. Dans les coulisses, un « tu as grossi » ou « tu as perdu des seins » n'a rien d'une remarque déplacée : c'est pour elles une observation technique, indispensable pour ajuster un costume au centimètre près. Autant de scènes qui rendent cette microsociété profondément authentique et attachante, et donnent au spectateur le sentiment rare d'avoir franchi la porte d'un univers habituellement inaccessible.

Drôle et touchant, De la Comédie-Française invite le spectateur à franchir les portes d'un monde habituellement inaccessible. Un huis clos savoureux où les imprévus deviennent des éclats de rire et où l'esprit du théâtre révèle toute sa force. À découvrir cette semaine en salle.

Élise Gries-Braun
Élise Gries-Braun
-Rédactrice ciné-séries
Apaisée à la seule vue de la cassette de Mary Poppins et au déhanché de John Travolta, Élise passe allègrement de la chanson aux larmes, avec une préférence pour les comédies dramatiques françaises et les films indépendants d'ici ou d'ailleurs.