Undertone : après Obsession et Backrooms, découvrez le nouveau phénomène horrifique de l’été
Partager cet article

Jamais deux… sans trois. Après le succès mondial d’Obsession et Backrooms, un nouveau phénomène horrifique réalisé par un cinéaste originaire de YouTube s’invite en salle le 12 août : Undertone, qui intrigue notamment par l’originalité de son concept

Contenu partenaire

De YouTube à Hollywood : le renouveau du genre horrifique par une nouvelle génération de cinéastes engagés

La Main, Évanouis, Obsession ou plus récemment Backrooms… Depuis quelques années, une nouvelle génération de cinéastes semble émerger dans le milieu assez balisé du cinéma horrifique. Jeunes et passionnés, tous partagent le point commun d’avoir longtemps réalisé, souvent sur des réseaux sociaux tels que YouTube, des formats expérimentaux inspirés des classiques du genre, mais aussi d’inquiétantes théories développées sur la toile, telles que les fameuses creepypastas. Un véritable vivier d’idées et de talent que des studios prestigieux, notamment A24, ont parfaitement identifié.

De cette nouvelle génération de cinéastes ressort une même envie, celle de relier plus que jamais le cinéma horrifique aux angoisses d’une jeune génération de cinéphiles, préoccupée par les problématiques de son temps : le poids de la parentalité, la négation du consentement, les traumatismes d’enfance… Exit le gore inutile, le trash à l’extrême et les jumpscares faciles : le renouveau horrifique passe par la mise en situation d’inquiétudes générationnelles profondes. Et si les studios l’ont bien compris, les spectateurs se montrent aussi au rendez-vous : plus que jamais, l’épouvante bat des records au box-office et s’impose comme un genre à suivre.

Condor Distribution

C’est dans cette dynamique nouvelle qu’émerge le nom d’Ian Tuason. Et Undertone, son premier long-métrage en salle le 12 août, bat déjà des records : avec seulement 500 000 dollars de budget, Undertone a déjà largement franchi la barre des 20 millions de recettes au box-office mondial. Pari réussi, donc, dont le succès mérite d’être décrypté.

Un hommage aussi intime qu’ambitieux aux classiques du genre

Animatrice d’un podcast consacré aux phénomènes paranormaux, Evy retourne dans la maison de son enfance pour veiller sa mère mourante. Un jour, elle reçoit d’étranges enregistrements. En les diffusant dans son émission, Evy réalise que les événements décrits semblent déteindre sur la réalité. Les sons deviennent de plus en plus troublants, comme si quelque chose cherchait à lui parler. Et plus elle écoute, plus la menace se rapproche.

Undertone
Undertone
De Ian Tuason
Avec Nina Kiri, Michelle Duquet, Keana Lyn Bastidas
Sortie le 12 août 2026

En salle le 12 août, Undertone est donc le premier long-métrage du cinéaste Ian Tuason. Récompensé du Prix du Public à la 29e édition du Festival international du film Fantasia à Montréal et sélectionné pour le Festival de Sundance dans la sélection Midnight, Undertone permet à Ian Tuason de marcher dans les pas de cinéastes tels que Kane Parsons (Backrooms) ou Curry Baker (Obsession), deux réalisateurs en vogue dont il partage notamment le parcours. En effet, comme ses deux collègues, le réalisateur est d’abord passé par la plateforme YouTube, où il réalisait notamment des courts-métrages expérimentaux mais déjà ambitieux en réalité virtuelle, avec la particularité d’utiliser une caméra 360°. Les amateurs du genre retiendront notamment Continuity Problems (2009) et Extreme Close Up (2011), des propositions singulières qui permirent au cinéaste d’atteindre plusieurs millions de vues et de se faire un nom parmi les connaisseurs.

Outre leur parcours similaire, ces jeunes cinéastes sont portés par une même passion du genre horrifique et respire l’esprit des classiques du genre. Hommage non-dissimulé aux grands titres du found footage (Le Projet Blair Witch), Undertone brille par la même authenticité, sa capacité à convoquer l’angoisse avec peu de moyens, à pousser le spectateur à créer le scénario d’épouvante dans sa psyché plutôt qu’à lui figurer à l’écran. Mais c’est dans l’originalité de son concept qu’Undertone se démarque réellement. Refusant de se limiter à la traditionnelle cassette abandonnée, le long-métrage d’Ian Tuason capitalise sur un phénomène d’époque : le podcast.

Condor Distribution

Véritable phénomène culturel du XXIe siècle, le podcast s’impose comme un canal d’information et de divertissement dans l’air du temps, mais aussi et surtout comme un prisme horrifique original et efficace : celui de l’écoute. Appliquant par définition la règle “montrer moins pour laisser l’imagination faire son travail”, ce procédé d’épouvante limite autant que possible le recours aux images pour se restreindre à l’environnement sonore. Murmures, frémissements mais aussi hurlements soudains… Autant de ressorts permettant la création d’une ambiance pesante qui plonge le spectateur dans un état d’attention constant.

Incarnée par la brillante Nina Kiri (The Handmaid’s Tale), le casque rivé rivé sur les oreilles, celle-ci développe une méfiance progressive pour son environnement à mesure que les enregistrements qui lui sont soumis deviennent de plus en plus étranges. Dévouée à sa mère mourante et alitée, Evy est elle-même à un croisement de son existence et se remet constamment en question. Une situation qui semble particulièrement authentique à l’écran, et pour cause : Ian Tuason en a lui-même fait l’expérience. “C’est la maison où j’ai grandi, une maison banale et sans relief avant d’être transformée en décor de cinéma, raconte-t-il.

Condor Distribution

Et d’ajouter : “Il est facile de perdre la foi lorsqu’on regarde ses parents mourir. Cette histoire était extrêmement personnelle. Evy, c’était moi. Tout ce qui apparaît à l’écran ou résonne dans ses écouteurs a été pensé avec sincérité et minutie.”

Prenant pour point d’appui les angoisses de toute une génération, Ian Tuason parvient à exploiter avec ingéniosité le médium sonore pour développer une mythologie horrifique absolument inédite, dont le concept marquera durablement le genre.

Undertone, le nouveau phénomène horrifique de l’été, est à découvrir dès le 12 août au cinéma.

Isaac Barbat
Isaac Barbat
-Rédacteur ciné-séries
Biberonné aux films de genre dès son plus jeune âge, amoureux des monstres et de l'hémoglobine, ses excursions cinématographiques le mènent parfois jusqu'à Truffaut ou Duvivier… pour son plus grand plaisir !