Léa Drucker va vous bouleverser dans son nouveau rôle : l'actrice aux deux César revient avec La vie d'une femme en compétition à Cannes
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Quelques mois après avoir reçu un César pour "Dossier 137" de Dominik Moll, Léa Drucker est à l'affiche de "La vie d'une femme" avec Mélanie Thierry. Un rôle sensible et émouvant dans un film romanesque de Charline Bourgeois-Tacquet.

De quoi ça parle ?

Gabrielle se consacre corps et âme à son métier. Chirurgienne et cheffe de service dans un hôpital public, elle court et se démultiplie, assaillie de responsabilités. Il lui reste peu de temps pour sa vie privée — un mari qui l’aime et une mère dont elle doit s’occuper. Lorsqu'une romancière vient passer quelques semaines dans son service pour les besoins d’un livre, son équilibre vacille. Dans le quotidien que Gabrielle s’est construit, y a-t-il de la place pour l’inattendu ?

La Vie d'une femme
La Vie d'une femme
Sortie : 9 septembre 2026 | 1h 38min
De Charline Bourgeois-Tacquet
Avec Léa Drucker, Mélanie Thierry, Charles Berling
Presse
3,7
Spectateurs
3,7
Séances (709)

C'était l'un des films français en compétition à Cannes cette année. La vie d'une femme sort au cinéma ce mercredi et réunit un grand tandem d'actrices - Léa Drucker et Mélanie Thierry.

Ce film marque le retour de Léa Drucker quelques mois après avoir reçu un César pour Dossier 137 de Dominik Moll. Il s'agissait de son deuxième César après Jusqu'à la garde en 2019.

La vie d'une femme est le second long métrage de Charline Bourgeois-Tacquet, après le remarqué Les Amours d'Anaïs, sélectionné à la Semaine de la critique en 2021. Nous l'avons rencontrée et évoqué notamment son envie forte de diriger Léa Drucker.

AlloCiné : Vous avez attendu Léa Drucker plusieurs mois avant de pouvoir lancer votre tournage. Pouvez-vous raconter cette démarche et expliquer ce choix ? Qu'est-ce qui vous a particulièrement intéressée chez elle ?

Charline Bourgeois-Tacquet : Quand je lui ai proposé le rôle, elle était engagée sur d'autres tournages et j'ai dû l'attendre un an. Si je tenais absolument à ce que ce soit elle, c'est d'abord parce que je l'admirais depuis longtemps en tant qu'actrice. Mais j'ai eu un vrai déclic en voyant le film de Catherine Breillat, L'Été dernier, dans lequel Léa explore quelque chose de neuf du côté du trouble, de la vulnérabilité, de la sensualité et de l'abandon.

J'avais besoin de ces facettes pour mon personnage, en plus de l'autorité, de l'énergie, de l'intelligence et de l'humour qu'elle possédait déjà, ainsi que de son humanité très touchante.

Écrivez-vous en pensant directement à une actrice en particulier ?

Je n'écris jamais en pensant à des acteurs ou des actrices précises, ce qui me laisse une grande liberté dans l'écriture du scénario. Je mets toujours beaucoup de moi-même dans mes personnages, qui héritent de traits de ma personnalité ou de mon comportement. C'est uniquement une fois le scénario terminé que je me suis demandé qui pourrait incarner le rôle, et c'est là que j'ai pensé à Léa.

Léa Drucker dans La vie d'une femme Pyramide Distribution
Léa Drucker dans La vie d'une femme

Pour Mélanie Thierry, comment s'est déroulée sa recherche et son intégration pour ce deuxième rôle fort ?

Léa étant déjà engagée sur le projet, j'ai organisé un casting et j'ai rencontré Mélanie en tête-à-tête. Elle avait lu le scénario et en proposait une lecture extrêmement intelligente et sensible, tant sur le personnage que sur l'ensemble du film.

Elle était très enthousiaste à l'idée d'incarner Frida et a fait preuve d'une belle générosité pour se projeter dans ce rôle. Léa était ravie à la perspective d'avoir Mélanie pour partenaire, et réciproquement. Lors de la première lecture intégrale du scénario ensemble, une vraie alchimie s'est créée. Leurs énergies et leurs manières d'incarner ces deux personnages étaient complémentaires et très différentes, ce qui s'est révélé passionnant au plateau.

La question de la coordination d'intimité occupe une place de plus en plus importante au cinéma. Quelle est votre vision sur ce sujet pour les scènes d'intimité de votre film ?

Il était crucial pour moi de montrer un personnage féminin de 50 à 60 ans s'épanouir dans sa vie amoureuse, érotique et sensuelle. Faire appel à une coordinatrice d'intimité me paraissait évident et nécessaire pour protéger tout le monde et établir des conditions de travail propices.

Cependant, comme ce métier est encore récent, des progrès restent à faire concernant la formation. Les actrices ne sont pas dans le même état d'esprit selon qu'elles tournent une scène de réunion ou une scène d'intimité : elles ont une émotion à incarner. Il faut éviter que l'encadrement ne devienne purement mécanique ou technique, au risque d'infantiliser des comédiennes d'expérience qui n'ont pas besoin qu'on leur tienne la main. Il est essentiel d'écouter les comédiens pour que la technique s'efface et laisse le jeu se déployer pleinement.

À propos du découpage du film, en chapitres, cela veut-il dire que vous auriez pu envisager cette même histoire sous la forme d'un roman ?

Non, absolument pas. Je ne me projette pas dans l'écriture littéraire. Ce choix de structure par fragments répond au désir de travailler sur les ellipses, de surprendre le spectateur en décalant les attentes et d'accélérer le rythme. Cela permet aussi d'éclairer les différentes facettes du personnage principal selon ses interlocuteurs — que ce soit sa mère, ses collègues ou son mari — car on n'agit pas tout à fait de la même manière avec chacun. Au montage, cette approche s'est avérée ludique et insuffle un vrai rythme au récit.

Vous avez présenté votre film à Cannes et dans plusieurs festivals cet été. Que représente l'accompagnement d'un film en festival auprès du public ?

C'est une facette du métier très enrichissante. En dehors des grands rendez-vous professionnels comme Cannes où les échanges directs sont absents, les festivals à taille humaine ou comme celui d'Angoulême offrent de véritables rencontres avec un public de passionnés et de curieux. C'est un plaisir de constater la diversité des regards, des sensibilités et des interprétations de chaque spectateur. Concevoir un film exige une énergie et une endurance considérables ; pouvoir enfin partager cet objet avec le public constitue la meilleure des récompenses.

Propos recueillis par Brigitte Baronnet, au Festival du film de Lama, en juillet 2026

La vie d'une femme, écrit et réalisé par Charline Bourgeois-Tacquet, sortira le 9 septembre 2026 au cinéma.

Brigitte Baronnet
Brigitte Baronnet
-Journaliste cinéma
Passionnée par le cinéma français, adorant arpenter les festivals, elle est journaliste pour AlloCiné depuis 15 ans.
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