Victime d’un coup monté de son petit copain trafiquant de drogue pour le vol d’une petite fortune à un cartel, Lydia, 17 ans, part en cavale. À ses côtés, un seul allié : son éternel paumé de père, John Link, ancien motard hors-la-loi et repris de justice, qui devra renouer avec un passé qu’il fuit afin de pouvoir la sauver...
"Il y a très peu d'acteurs qui véhiculent de l'émotion. Mel Gibson, il n'y a pas de doute."
Ce pitch, c'est celui d'un excellent thriller d'action sorti en salles il y a tout juste une décennie : Blood Father, deuxième expérience hollywoodienne du Français Jean-François Richet après Assault sur le central 13. L'occasion pour le cinéaste (dont le Mutiny avec Jason Statham est actuellement en salles) d'offrir un superbe rôle à un Mel Gibson barbu, tatoué et musclé, aussi badass que touchant.
"Il y a beaucoup d'acteurs qui peuvent être badass. Mais dans l'émotion, il n'y en a pas beaucoup. Et en plus, faire les deux, encore moins", déclarait Jean-François Richet à notre micro. "Mel Gibson, il peut faire les deux. Il peut faire les cascades, il peut faire les scènes d'émotion avec sa fille. (...) Un acteur, on ne lui demande pas d'être seulement juste. Un acteur, c'est un vecteur d'émotions. Il y en a très peu qui véhiculent de l'émotion. Le choix est restreint. (...) Et Mel Gibson, il n'y a pas de doute."
Un passage par la Croisette
Présenté en Séance de Minuit du Festival de Cannes 2016, Blood Father, avec sa mise en scène nerveuse et sa star impressionnante de justesse, est une franche réussite. Jean-François Richet, qui avait lu le roman de Peter Craig dont le film est adapté, avait été séduit dans ce qu'il décrivait, à savoir une Amérique chamboulée, une jeunesse aisée qui fuit dans la drogue et une certaine glorification de la voyoucratie en opposition à l’Amérique prolétaire.
"Il y avait la matière sociétale que j’aime", déclare Jean-François Richet. "Le conflit dramaturgique entre le père et la fille était déjà installé au vu de leurs mondes respectifs. Le personnage qu’interprète Mel est une figure iconique. En effet, il a des valeurs, en effet, sa vie n’est qu’un sacrifice. Toute sa vie il a encaissé, il ira même en prison pour protéger son "père adoptif". Il en récolte quoi ? Rien ! Pour sauver sa fille, pour effacer son absence, pour lui transmettre le goût de vivre, il se libérera dans la violence. Alors la violence devient libératrice."
Envie de (re)découvrir Mel Gibson dans l'un de ses films les moins connus mais qui est aussi l'un de ses plus réussis ? Alors n'hésitez pas une seconde et voyez vite l'excellent Blood Father, vous ne serez pas déçus !
La bande-annonce de "Blood Father" :