Quatre reptiles mutants, des arts martiaux, des pizzas à volonté et une énergie typiquement années 90 : il n’en fallait pas davantage pour conquérir les jeunes spectateurs. Sorti en France le 12 décembre 1990, Les Tortues Ninja est rapidement devenu un incontournable des vidéothèques familiales.
Pour de nombreux enfants et adolescents de l’époque, la cassette VHS a tourné jusqu’à l’usure. Trente-six ans plus tard, cette première aventure en prises de vues réelles de Leonardo, Raphael, Donatello et Michelangelo conserve ainsi une saveur toute particulière. Loin d’être parfait, le film de Steve Barron reste un divertissement aussi généreux qu’attachant, dont les imperfections participent pleinement au charme.
Un phénomène bien plus imposant que son budget
Avant de devenir un objet de nostalgie, Les Tortues Ninja a surtout été un immense succès commercial. Lancé aux États-Unis le 30 mars 1990, le long-métrage s’est immédiatement installé en tête du box-office et a engrangé plus de 25 millions de dollars dès son premier week-end. Une performance qui constituait alors un record pour le démarrage d’un film indépendant.
Produit pour seulement 13 millions de dollars, il a finalement rapporté plus de 135 millions en Amérique du Nord, auxquels se sont ajoutés plus de 66 millions de recettes internationales. Son total mondial a ainsi franchi la barre des 200 millions de dollars, lui permettant de se hisser à la neuvième place des plus grands succès de l’année 1990 dans le monde.
Le public français a lui aussi répondu présent, puisque 1,2 million de spectateurs sont allés découvrir les célèbres chevaliers d’écaille dans les salles. Face à un tel triomphe, une suite est arrivée dès 1991, avant qu’un troisième épisode ne complète la trilogie en 1993. Pourtant, malgré ces prolongations, le premier volet demeure pour beaucoup le plus réussi.
Golden Harvest
Une adaptation qui n’avait pas peur de se salir
Inspiré du comics imaginé par Kevin Eastman et Peter Laird, le film parvient à trouver un équilibre réjouissant entre l’univers plus sombre de l’œuvre originale et la fantaisie de la série animée Les Chevaliers d’écaille.
Son New York nocturne, humide et menaçant possède une véritable personnalité. La ville est alors la cible du clan des Foot, une organisation de ninjas qui recrute de jeunes délinquants et multiplie les vols sous le regard impuissant des autorités. Bien décidée à exposer leurs agissements, la journaliste April O’Neil devient rapidement une cible à éliminer.
C’est là qu’entrent en scène quatre combattants aussi improbables qu’efficaces. Cachées dans les égouts avec leur maître Splinter, ces tortues mutantes maîtrisent les arts martiaux avec une aisance qui pourrait presque faire pâlir Jackie Chan et Jet Li.
Quatre frères aux personnalités inoubliables
Si le film fonctionne toujours aussi bien, c’est avant tout grâce à la complicité de ses héros. Leonardo est le meneur réfléchi du groupe, Donatello son cerveau, Michelangelo son infatigable boute-en-train et Raphael son tempérament explosif. Quatre caractères immédiatement reconnaissables, réunis par une affection fraternelle que le récit ne tourne jamais en dérision.
Après avoir sauvé April d’une attaque, les Tortues voient leur quotidien bouleversé. Raphael croise notamment la route de Casey Jones, un justicier masqué qui préfère régler les problèmes avec une batte ou une crosse de hockey. Leur première rencontre est musclée et se conclut par un KO pour le reptile au bandana rouge.
Golden Harvest
L’enlèvement de Splinter par Shredder donne ensuite au récit une dimension plus grave. Contraints de quitter New York, les quatre frères trouvent refuge avec April et Casey dans une ferme. Entre entraînements, plaisanteries et moments de doute, cette parenthèse permet au film de ralentir et de rappeler que, sous les coups de pied sautés, il raconte aussi l’histoire d’une famille.
Lorsque le groupe revient en ville, l’affrontement avec les Foot devient inévitable. Casey rejoint la bataille, tandis que Danny, jusque-là séduit par le clan, finit par se détourner de ses mauvaises fréquentations. Tous convergent alors vers un ultime combat contre Shredder, dont l’armure impressionnante n’a rien perdu de son charme délicieusement excessif.
Le plaisir coupable ultime des années 90
Oui, Les Tortues Ninja accuse parfois son âge. Son intrigue est simple, certaines répliques sont délicieusement kitsch et son goût pour les poses héroïques ne fait jamais dans la retenue. Mais c’est précisément cette sincérité qui le rend si plaisant. Le film assume jusqu’au bout son mélange de kung-fu, d’humour, d’émotion, de pizzas dégoulinantes et de cris de guerre à base de “Cowabunga !”.
Golden Harvest
À la réalisation, Steve Barron dirige notamment Judith Hoag dans le rôle d’April O’Neil et Elias Koteas, particulièrement savoureux en Casey Jones. Sous les costumes des quatre héros se trouvent Lee Josh Pais pour Raphael, David Forman pour Leonardo, Michelan Sisti pour Michelangelo et Lief Tilden pour Donatello. Plus de trois décennies après sa sortie, cette première adaptation live demeure donc le film d’action doudou de toute une génération.
Pour retrouver ses combats, ses punchlines et ses pizzas, Les Tortues Ninja est disponible en VOD, ainsi qu’en DVD et Blu-ray.
AlloCiné, c’est tous les jours plus de 40 articles traitant de l’actualité du cinéma et des séries, des interviews, des recommandations streaming, des anecdotes insolites et cinéphiles sur vos films et vos séries préférés. Vous abonner à AlloCiné sur Google Discover, c’est l’assurance d’explorer au quotidien les richesses d’un site conçu par des passionnés pour des passionnés.