Exclu. Pas vu à la télé dans Oradour : "On a eu besoin de rester ensemble après", Matt Pokora et Caroline Anglade dévoilent leur scène la plus compliquée
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INTERVIEW. À l’occasion de la diffusion d’Oradour sur TF1, Matt Pokora et Caroline Anglade se sont confiés au micro d’Allociné sur l’importance et la responsabilité de porter un tel projet à l’écran.

PIXELINE / MAKING PROD / M2THEP ENTERTAINMENT / TF1

Matt Pokora et Caroline Anglade sont les héros d’Oradour, le drame historique diffusé ce jeudi 24 septembre sur TF1. Une fiction bouleversante qui revient sur le massacre d’Oradour-sur-Glane, le plus grand commis sur des civils en France pendant la Seconde Guerre mondiale.

À l’occasion de la sortie du film, les deux comédiens se sont confiés au micro d’Allociné sur la genèse du projet, le devoir de mémoire et l’importance de porter une telle histoire à l’écran.

Oradour, ne m'oublie pas
Oradour, ne m'oublie pas
1h 30min
De Pierre Aknine
Avec Matt Pokora, Caroline Anglade, Chloé Stefani

Allociné. Pouvez-vous nous parler de la genèse du projet ?

Matt Pokora : Après avoir fait mon premier téléfilm qui traitait de la maladie d'Alzheimer, j'avais envie de m'attaquer à un fait historique. Mon manager m'a alors parlé du massacre d'Oradour. Mais ça n'a pas fait tilt tout de suite dans ma tête. J'ai donc fait des recherches et je me suis rendu compte que je n'avais pas assez de connaissances sur le sujet. Pourtant, il s'agit du plus grand massacre de civils en France. En en parlant autour de moi, je me suis également rendu compte que beaucoup de gens ne connaissaient pas cet épisode de notre Histoire. Je me suis alors dit qu'il fallait raconter cette histoire.

Je suis donc allé sur place où j'ai eu la chance de rencontrer Robert Hébras, le dernier survivant encore en vie. Il nous a malheureusement quittés depuis. En me faisant découvrir le village, il m'a raconté sa vie, ce qu'était le quotidien à Oradour avant le drame puis cette terrible journée du 10 juin 1944.

Il m'a tout raconté dans les moindres détails : l'état d'esprit dans lequel ils étaient, l'endroit où il a vu sa petite sœur pour la dernière fois et tous ces moments qui m'ont profondément bouleversé.

À partir de là, je me suis senti investi d'une mission. Il fallait parler de cette histoire, parler d'Oradour et remettre la lumière sur ce village pour qu'on n'oublie jamais. A partir de là, cinq années de travail acharné se sont enchaînées avec les équipes. TF1 nous a suivis dans cette aventure et nous sommes aujourd'hui très fiers que ce film voie le jour et de pouvoir raconter cette histoire.

Avant ce projet, que saviez-vous réellement d'Oradour-sur-Glane ?

Caroline Anglade : J'avais déjà entendu cette histoire dans le podcast Affaires sensibles. Je connaissais donc un peu l'histoire du massacre d'Oradour-sur-Glane, mais finalement assez mal. Du coup, je me suis replongée dans le sujet. J'ai regardé des documentaires, des interviews et plein d'autres choses pour essayer de mieux comprendre ce qu'il s'était passé.

Je trouvais ça assez fou, surprenant et même impressionnant que Matt ait envie de porter un projet comme celui-ci à l'écran, surtout sur TF1. Quand on s'est rencontrés et que j'ai compris les raisons pour lesquelles il faisait ce film, j'ai été vraiment admirative. J'ai tout de suite eu envie de rejoindre l'aventure.

Au-delà du fait historique, il y avait aussi toute la dimension humaine et fictive du récit. Le parcours de mon personnage m'a particulièrement touchée. C'est une femme qui fuit un mari violent et qui trouve la force de partir à une époque où ce genre de décision était encore plus difficile à prendre qu'aujourd'hui. J'ai trouvé son combat très moderne. Il y avait beaucoup de choses qui me semblaient importantes à défendre.

Jouer dans une fiction inspirée d'un drame réel impose-t-il une responsabilité particulière à un acteur ?

Caroline Anglade : Quand on participe à des tournages comme celui-ci, on se sent forcément responsable de quelque chose, ne serait-ce que de transmettre un devoir de mémoire. C’est une histoire vraie donc on n’a pas envie de la trahir ni de trahir les personnes qui l’ont vécue.

On est à l’aube d’un monde en guerre donc oui, il y a quelque chose à transmettre. On s’empare aussi de cette responsabilité quand on parle de sujets comme les violences faites aux femmes ou les enfants maltraités. Il y a une vraie nécessité d’implication et d’investissement sur des sujets comme ceux-là. On se sent investi d'une mission.

Matt Pokora : C'est important qu'on se serve de la lumière dont bénéficie le film pour la projeter sur Oradour, les associations et cette envie de transmettre cette histoire.

À une époque où les derniers témoins directs de la Seconde Guerre mondiale s’éteignent peu à peu, le devoir de mémoire semble plus important que jamais...

Matt Pokora : Maintenant que Robert Hébras s’en est allé, il n’y a plus personne de cette journée-là pour raconter cette histoire. C’est à nous de faire ce travail de transmission désormais. J’espère que le film y participera en tout cas.

Quelle scène a été la plus difficile à tourner et pourquoi?

Caroline Anglade : La scène de l’église, avec les femmes et les enfants avant qu'ils ne fassent tout exploser et brûler, a été particulièrement difficile à tourner. C’était extrêmement bouleversant et saisissant à jouer. On n’a pas vraiment les mots pour le décrire. Il y a eu ce bruit de mitraillette. Pourtant, on avait les oreilles protégées par des bouchons mais on ne s’attendait pas à une déflagration aussi puissante. Tout le monde a été saisi.

Matt Pokora : Le silence qui s'en est suivi... C'était la scène la plus bouleversante. Il y avait des respirations fortes, des pleurs et beaucoup d'émotions. C'est comme si on y était. C'est-à-dire qu'on a la vision de corps allongés sur le sol avec de la fumée partout, c'était assez saisissant. Tu as beau savoir que ça va arriver, au moment des détonations, ça te plonge dans un état de stress et d’urgence. À ce stade-là, ce n’est presque plus du jeu. Ce sont des réactions naturelles de peur et de surprise.

Caroline Anglade : C’est l’un des rares jours où on a eu besoin de rester ensemble après le tournage. On est allés au petit PMU du coin boire un verre parce que c’était trop dur. Même les enfants, les figurants ou les personnes présentes sur place avaient été marqués. Il fallait recréer autre chose derrière, retrouver un peu de légèreté. On ne s’attendait pas à être saisis à ce point.

Jennifer Radier
Jennifer Radier
-Journaliste séries
Adepte de la zapette depuis toute petite, elle a vécu mille et une vies devant sa télévision et décortique avec passion tout ce qui passe sur le petit écran.
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